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22 avril 2011 5 22 /04 /avril /2011 17:34

    Alors, vous voulez tout savoir sur la science économique ?

    Sur la science sociale ?

    Sur ce qu'est la "valeur" ?

    Sur ce qu'est la "richesse" ?

    Sur ce qu'est le "capital" ?

    Sur ce qu'est "l'appropriation" ?

    Sur ce qu'est le "commerce", et sa différence d'avec le "trafic" ?

    Sur ce qu'est la "société" et sur sa formation ?

    Vous voulez tout savoir sur la fraude malthusienne de la théorie de la surpopulation ?

    Sur la fraude ricardienne de la théorie de la rente ?

 

     Hé bien, lisez donc ce tome premier des Principes de la science sociale, de Henry Charles Carey, disciple des thèses d'Alexander Hamilton, de son ami Friedrich List et de son père Matthew Carey sur le protectionnisme éducateur de l'industrie nationale et la promotion de la liberté humaine.

 

     Henry-Charles Carey a aussi été l'ami et principal conseiller d'Abraham Lincoln, qu'il a aidé à réorganiser l'économie états-unienne lors de la troisième guerre anglo-américaine (appelée "guerre de Sécession"), guerre qui s'est conclue par la victoire, aux USA, des Unionistes, et à l'échelle de la planète par la victoire du Système National d'Economie Politique contre le système impérial britannique déjà planétaire.

 

     L'influence mondiale ainsi acquise par les thèses de H. C. Carey auprès des nations victimes du pillage génocidaire impérial produisit, de la part de l'Empire, une réaction dont le nom est : Karl Marx.

Comparez les deux pensées, constatez la soumission de Marx aux thèses de Malthus et de Ricardo, constatez sa défense de l'impérialisme comme une étape nécessaire du progrès humain, et tirez-en vous même la conclusion : Marx était-il un agent de subversion de l'empire britannique voué à la destruction de l'influence de Carey et du "système national d'économie politique" ?

 

     Les thèses de List et de Carey sont la raison de l'apparition "subite", dans la seconde moitié du XIXème siècle, des états-nations agro-industriels à forte densité infrastructurelle et à fort vecteur scientifique.

 

     Et si, avant de vous lancer dans cette lecture, vous voulez savoir ce qu'est une nation, lisez le Droit Des Gens, de Emmerich de Vattel, oeuvre de droit naturel de tradition leibnizienne, dont les principes fondamentaux constituent les fondations de la pensée des auteurs sus-cités.

 

     Bonne lecture.

 


 

 PRINCIPES DE LA SCIENCE SOCIALE
PAR M. H.-C. CAREY (De Philadelphie)

 

henry_charles_carey.jpg


TRADUITS EN FRANÇAIS PAR MM. SAINT-GERMAIN-LEDUC ET AUG. PLANCHE

  1861

 

 

 

 

 

 

TOME PREMIER

 

 

 

 

 

 


PARIS LIBRAIRIE DE GUILLAUMIN ET Cie.

 

 Éditeurs du Journal des Économistes, de la Collection des principaux Économistes du Dictionnaire de l'Économie politique, du Dictionnaire universel du Commerce et de la Navigation, etc.

 

 RUE RICHELIEU, 14

 

 1861

 

~~~ooo0ooo~~~

 

 

 

TABLE DES MATIÈRES

CONTENUES DANS LE TOME PREMIER.

 

 

 

Sources :

Tome I, Tome II, Tome III

 

Format Word ou pdf :

Tome I .doc, .pdf

 

 

 

 

PRÉFACE

 

 

 

 

CHAPITRE Ier :

DE LA SCIENCE ET DES MÉTHODES DE LA SCIENCE.

 

§ 1. — La connaissance positive des phénomènes naturels dérive de l'observation directe. Les plus anciennes conceptions abstraites des lois de la nature ne sont que les points d'attente de l’Expérience. La Logique et les Mathématiques ne sont que des instruments pour faciliter l'acquisition de la science et ne sont pas elles-mêmes des sciences.

§ 2. — Les sciences se développent en passant de l'abstrait au concret, des masses aux atomes, du composé au simple. Les vérités particulières se répandent avec leurs sujets dans toute l'étendue de l'univers, les lois de la nature étant partout identiques et dans toutes leurs applications.
 
§ 3. — Distributions et divisions des connaissances par Bacon. Racines et branches de l'arbre de la science.

§ 4. — L'enfance des sciences est purement théorique ; à mesure qu'elles arrivent à l'état de connaissance positive, les lois remplacent les hypothèses. Les mathématiques servent à régler leur développement, les choses éloignées s'étudient à l'aide de celles qui sont rapprochées de nous, le passé et l'avenir à l'aide du présent. La méthode pour découvrir est la même dans toutes les branches de la science. Auguste Comte en niant ce fait, ne trouve ni philosophie dans l'histoire, ni science sociale.

§ 5. — L'école anglaise des économistes ne reconnaît pas l'homme réel de la société, mais l'homme artificiel créé par son propre système. Sa théorie, ne s'occupant que des instincts les plus bas de l'humanité, regarde ses plus nobles intérêts comme de simples interpolations dans son système.
 
§ 6. — Toutes les sciences et toutes leurs méthodes se trouvent comprises dans la Sociologie. L'analyse conduit à la synthèse. La science est une et indivisible. Les relations économiques des hommes exigent des formules mathématiques pour les convertir en vérités systématiques. Les lois de la société ne sont pas établies d'une manière fixe. Les termes employés par les théoriciens ne sont pas suffisamment définis et sont équivoques.
 
§ 7. — La science sociale, qui contient et concrète toutes les autres, attend encore son propre développement. Obstacles qu'elle rencontre. L'étude métaphysique de l'homme doit être remplacée par son étude méthodique. Les lois physiques et les lois sociales sont indivisibles dans l'étude de la société, tous les phénomènes de cet unique sujet ne formant qu'une seule science.

 

 

CHAPITRE II :

DE L'HOMME, SUJET DE LA SCIENCE SOCIALE.

 

§ 1. — L'association est essentielle à l'existence de l'homme ; comme les planètes gravitent l'une vers l'autre, de même l'homme tend à se rapprocher de son semblable. Les centres locaux équilibrent et répartissent les masses selon les lois de l'ordre et de l'harmonie. La centralisation et la décentralisation sont analogues et également nécessaires, parmi les planètes et au sein des sociétés. Preuves tirées de l'histoire des nations. La liberté d'association maintenue par la balance des attractions. Le bien-être des individus et des agglomérations sociales dépend de leur somme de liberté.

§ 2. —  L'individualité de l'homme est proportionnée à la diversité de ses qualités et des emplois de son activité. La liberté de l'association développe l'individualité. Variété dans l'unité et repos dans la diversité. L'équilibre des mondes et des sociétés se maintient par un contre-poids.

§ 3. — La responsabilité de l'homme se mesure par son individualité. Preuves historiques à l'appui : L'association, l'individualité et la responsabilité se développent et déclinent simultanément.

§ 4. — L'homme est un être créé pour le développement et le progrès. Le progrès est le mouvement qui exige l'attraction, qui dépend d'une action et d'une réaction, et implique l'individualité et l'association. Le progrès a lieu en raison de ces conditions.

§ 5. — Les lois qui régissent les êtres sont les mêmes à l'égard de la matière, de l'homme et des sociétés. Dans le monde solaire, l'attraction et le mouvement sont en raison de la masse des corps et de leur proximité; dans le monde social, l'association, l'individualité, la responsabilité, le développement et le progrès, sont directement proportionnés l'un à l'autre. Définition de la science sociale.

 

CHAPITRE III :

DE L'ACCROISSEMENT DANS LA QUANTITÉ DE L'ESPÈCE HUMAINE.

 

§ 1. — La quantité de matière n'est pas susceptible d'accroissement. Elle ne peut être changée que de forme ou de lieu. Elle revêt constamment des fores nouvelles et plus élevées, passant du monde inorganique au monde organique et aboutissant à l'homme. La puissance de l'homme est bornée à la direction des forces naturelles. Loi de la circulation illimitée.

§ 2. — Préparation de la terre pour recevoir l'homme.

§ 3. — L'homme a cela de commun avec les animaux qu'il consomme des subsistances. Sa mission sur cette terre consiste à diriger les forces naturelles, de telle façon qu'il fasse produire au sol des quantités plus considérables des denrées nécessaires à ses besoins. Conditions sous l'influence desquelles, uniquement, ces quantités peuvent s'augmenter. Elles ne peuvent être remplies que dans les pays où les travaux sont diversifiés, où l'individualité reçoit son développement, où la puissance d'association s'accroit.

§ 4. — Loi de l'augmentation relative, dans l'accroissement de la quantité de l'espèce humaine et de la quantité des subsistances.

§ 5. — Loi de Malthus sur la population. Elle enseigne, qu'en même temps que la tendance de la matière à revêtir les formes les plus humbles n'augmente que dans une proportion arithmétique, on constate que cette même tendance, lorsqu'elle cherche à atteindre la forme la plus élevée, n'existe que dans une proportion géométrique.

 

 

CHAPITRE IV :

DE L'OCCUPATION DE LA TERRE.

 

§ 1. — La puissance de l'homme est limitée, dans l'état de chasseur et dans l'état pastoral. Mouvement du colon isolé. Il commence toujours par la culture des terrains plus ingrats. Avec l'accroissement de la population, il acquiert un accroissement de force, et devient capable de commander les services de sols plus fertiles, dont il obtient des quantités plus considérables de subsistances. Transition graduelle de l'état d'esclave, à celui de dominateur, de la nature.

§ 2. — Théorie de Ricardo. Elle manque de cette simplicité qui caractérise constamment les lois de la nature. Elle est basée sur la supposition d'un fait qui n'a jamais existé. La loi, ainsi que le prouve l'observation, est directement le contraire de la théorie qu'il a proposée.

§ 3. — Marche de la colonisation aux États-Unis.

§ 4. — Marche de la colonisation au Mexique, aux Antilles et dans l'Amérique du Sud.

§ 5. — Marche de la colonisation en Angleterre.

§ 6. — Marche de la colonisation en France, en Belgique et en Hollande.

§ 7. — Marche de la colonisation dans la Péninsule Scandinave, en Russie, en Allemagne, en Italie, dans les iles de la Méditerranée, en Grèce et en Égypte.

§ 8. — Marche de la colonisation dans l'Inde. La théorie de Ricardo est celle de la dépopulation et de la faiblesse croissante, tandis que la loi est celle du développement de l'association et de l'augmentation de la puissance.

 

 

CHAPITRE V :

CONTINUATION DU MÊME SUJET.

 

§ 1. — Le décroissement de la population force l'homme d'abandonner les terrains les plus fertiles, et le contraint de revenir au: terrains les plus ingrats. Causes de la diminution de la population. La quantité des subsistances décroît dans une proportion plus considérable que celle des individus.

§ 2. — Les faits réels sont précisément le contraire de ceux que suppose M. Ricardo. Progrès de la dépopulation en Asie, en Afrique et dans plusieurs parties de l'Europe.

§ 3. — Épuisement du sol et progrès de la dépopulation aux Etats-Unis. A chaque pas fait dans cette direction, l'homme perd de sa valeur et la nature acquiert de la puissance à ses dépens.

 

CHAPITRE VI :

DE LA VALEUR.

 

§ 1. — Origine de l'idée de valeur. Mesure de la valeur. Elle est limitée par le prix de reproduction.

§ 2. — L'idée de comparaison se lie d'une façon indissoluble à celle de valeur. Les denrées et les choses diminuent de valeur, à mesure que la puissance d'association et la combinaison des efforts actifs deviennent de plus en plus complètes.

§ 3. — L'homme augmente en valeur à mesure que celle des denrées diminue.

§ 4. — La diminution, dans les proportions des charges dont est grevé l'usage des denrées et des choses, est une conséquence nécessaire de la diminution dans le prix de reproduction. Définition de la valeur.

§ 5. — Quelles sont les choses auxquelles nous attachons l'idée de valeur? Pourquoi y attache-t-on de la valeur? Quel est leur degré de valeur ?

§ 6. — Inconséquences d'Adam Smith et d'autres économistes relativement à la cause de la valeur. Il n'existe qu'une seule cause pour la valeur de la terre, de toutes ses parties et de tous ses produits. Les phénomènes relatifs à la valeur de la terre se manifestent en Angleterre, aux États-Unis et dans d'autres pays.

§ 7. — Loi de distribution. Son application universelle.

§ 8. — Toutes les valeurs ne sont simplement que la mesure de la résistance opposée par la nature à la possession des choses que nous désirons.

§ 9. — Toute matière est susceptible de devenir utile à l'homme. Pour qu'elle le devienne, il faut que l'homme puisse la diriger. L'utilité est la mesure du pouvoir de l'homme sur la nature. La valeur est celle du pouvoir de la nature sur l'homme.

 

 

CHAPITRE VII :

DE LA RICHESSE.

 

§ 1. — En quoi consiste la Richesse? Les denrées, ou les choses, ne sont pas la richesse pour ceux qui ne possèdent pas la science de s'en servir. Les premiers pas vers l'acquisition de la richesse sont toujours les plus coûteux et les moins productifs. Définition de la richesse.

§ 2. — La combinaison des efforts actifs est indispensable aux développements de la richesse. Moins les instruments d'échange sont nécessaires, plus est considérable, la puissance d'accumulation. La richesse s'accroit avec la diminution dans la valeur des denrées, ou des choses nécessaires aux besoins et aux desseins de l'homme.

§ 3. — De la richesse positive et de la richesse relative. Le progrès de l'homme est en raison de la diminution de la valeur des denrées et de l'accroissement de sa propre valeur.

§ 4. — Caractère matériel de l'économie politique moderne. — Elle soutient qu'on ne doit regarder comme valeurs que celles qui revêtent une forme matérielle. Tous les travaux sont regardés comme improductifs, s'ils n'aboutissent pas à la production de denrées ou de choses.

§ 5. — La définition de la richesse que nous donnons aujourd'hui est pleinement d'accord avec sa signification générale de bonheur, de prospérité et de puissance. La richesse s'accroit avec le développement, à l'égard de l'homme, du pouvoir de s'associer avec son semblable.

 

 

CHAPITRE VIII :

DE LA FORMATION DE LA SOCIÉTÉ.

 

§ 1. — En quoi consiste la Société. Les mots société et commerce ne sont que des modes divers d'exprimer la même idée. Pour que le commerce existe, il doit exister des différences. Les combinaisons dans la société sont soumises à la loi des proportions définies.

§ 2. — Tout acte d'association est un acte de mouvement. Les lois générales du mouvement sont celles qui régissent le mouvement sociétaire. Tout progrès a lieu, en raison directe de la substitution du mouvement continu au mouvement intermittent. Il n'existe ni continuité de mouvement, ni puissance, là où il n'existe point de différences. Plus ces dernières sont nombreuses, plus est rapide le mouvement sociétaire et plus est considérable la tendance à son accélération. Plus le mouvement est rapide, plus est grande la tendance à la diminution de la valeur des denrées et à l'accroissement de la valeur de l'homme.

§ 3. — Causes de perturbation qui tendent à arrêter le mouvement sociétaire. Dans la période de l'état de chasseur, la force brutale constitue la seule richesse de l'homme. Le commerce commence avec le trafic à l'égard de l'homme, des os, des muscles et du sang.

§ 4. — Le Trafic et le Commerce sont regardés ordinairement comme des termes qu'on peut réciproquement convertir, et cependant ils diffèrent complètement, le second étant l'objet que l'on cherche à atteindre et le premier n'étant que l'instrument employé à cet effet. La nécessité d'employer le trafiquant et l'individu chargé du transport est un obstacle qui s'interpose dans la voie du commerce. Le commerce se développe avec la diminution de la puissance du trafiquant. Le trafic tend à la centralisation et à la perturbation de la paix générale. La guerre et le trafic regardent l'homme comme un instrument à employer, tandis que le commerce regarde le trafic comme l'instrument à employer par l'homme.

§ 5. — Le développement des travaux de l'homme est le même que celui de la science ; la transition a lieu, de ce qui est abstrait à ce qui est plus concret. La guerre et le trafic sont les travaux les plus abstraits et, conséquemment, se développent en premier lieu. Les soldats et les trafiquants sont toujours des alliés réciproques.

§ 6. — Les travaux nécessaires pour opérer des changements de lieu, viennent au second rang dans l'ordre de développement. Ils diminuent proportionnellement à mesure que s'accroissent la population et la richesse.

§ 7. — Travaux nécessaires pour opérer des changements mécaniques et chimiques dans la forme; ils exigent un degré de connaissance plus élevé. Avec cette connaissance arrive la richesse.

§ 8. — Changements vitaux dans les formes de la matière. L'agriculture est l'occupation capitale de l'homme. Elle exige une somme considérable de connaissances, et c'est pourquoi elle est la dernière à se développer.

§ 9. — Le commerce est le dernier dans l'ordre successif. Il se développe avec l'accroissement de la puissance d'association.

§ 10. — Plus la forme de la société est naturelle, plus elle a de tendance à la durée. Plus est complète la puissance d'association, plus la sociéte tend à revêtir une forme naturelle. Plus les différences sont nombreuses, plus est considérable la puissance d'association.

§ 11. — Histoire naturelle du commerce. Classification et démonstration des sujets, de l'ordre, de la succession, et de la coordination des classes de producteurs, d'individus chargés du transport et de consommateurs de produits industriels. Les analogies de la loi universelle.

§ 12. — Idée erronée, suivant laquelle les sociétés tendent naturellement à passer par diverses formes, aboutissant toujours à la mort. Il n'existe pas de raison pour qu'une société quelconque n'arrive pas à devenir plus prospère, de siècle en siècle.

§ 13. — La théorie de M. Ricardo conduit à des résultats directement contraires, en prouvant que l'homme doit devenir de plus en plus l'esclave de la nature et de ses semblables. Caractère antichrétien de l'économie politique moderne.

 

 

CHAPITRE IX :

DE L'APPROPRIATION.

 

§ 1. — La guerre et le trafic forment les traits caractéristiques des premières époques de la société: Le besoin des services du guerrier et du trafiquant diminue avec le développement de la richesse et de la population. Le progrès des sociétés, dans la voie de la richesse et de la puissance, est en raison directe de leur faculté de se passer des services de tous deux.

§ 2. — Les rapports intimes entre la guerre et le trafic se manifestent à chaque page de l'histoire. Leur tendance à la centralisation. Leur puissance diminue avec le développement du commerce.

§ 3. — Phénomènes sociaux qui se révèlent dans l'histoire de l'Attique.

§ 4. — Phénomènes sociaux qui se révèlent dans l'histoire de Sparte.

§ 5. — Phénomènes sociaux qui se révèlent dans l'histoire de Carthage.

§ 6. — Phénomènes sociaux qui se révèlent dans l'histoire de Rome.

§ 7. — Phénomènes sociaux qui se révèlent dans l'histoire de Venise, de Pise et de Gènes.

§ 8. — Phénomènes sociaux qui se révèlent dans l'histoire de la Hollande.

§ 9. — Phénomènes sociaux qui se révèlent dans l'histoire du Portugal.

§ 10. — Phénomènes sociaux qui se révèlent dans l'histoire de l'Espagne.

§ 11. — Phénomènes sociaux qui se révèlent dans l'histoire de la France.

§ 12. — Phénomènes sociaux qui se révèlent dans l'histoire de l'Angleterre et celle des Etats-Unis.

§ 13. — Les sols les plus fertiles sont délaissés, dans tous les pays où la guerre obtient la prédominance sur le commerce. La splendeur individuelle s'accroît en raison de la faiblesse croissante de la société. Moins est considérable la proportion qui existe entre les soldats et les trafiquants, et la masse des individus dont la société se compose, plus est considérable la tendance de celle-ci à la force et à la durée.

§ 14. — Plus l'organisation de la société est élevée, plus est grande sa vigueur et plus est heureuse sa perspective de vitalité. L'accroissement dans la part proportionnelle des soldats et des trafiquants tend à la centralisation et à la mort morale, physique et politique.

§ 15. — L'économie politique enseigne le contraire de ces faits. Erreur qui résulte de l'emploi d'expressions identiques, pour exprimer des idées qui diffèrent complètement.

 

CHAPITRE X :

DES CHANGEMENTS DE LIEU DE LA MATIÈRE.

 

§ 1. — Difficulté, dans la première période de la société, d'effectuer les changements de lieu de la matière. La nécessité de le faire constitue le principal obstacle au commerce. Cette nécessité diminue avec le développement de la population et de la richesse.

§ 2. — Diminution dans la proportion de la société nécessaire pour effectuer les changements de lieu. Elle est accompagnée du rapide développement du commerce et du développement, correspondant, du pouvoir d'obtenir des moyens de transport plus perfectionnés.

§ 3. — Plus le commerce est parfait parmi les hommes, plus est grande la tendance à faire disparaître les obstacles qui subsistent à l'association. Le progrès de l'homme, dans quelque direction que ce soit, suit un mouvement constant d'accélération.

§ 4. — La première et la plus lourde taxe que doivent acquitter la terre et le travail est celle du transport. Le fermier placé près d'un marché, fabrique constamment une machine, tandis que le fermier éloigné d'un marché la détruit sans cesse.

§ 5. — L'engrais est la denrée la plus nécessaire à l'homme et celle qui supporte le moins le transport.

§ 6. — Moins est considérable la quantité de travail consacrée à effectuer les changements de lieu, plus est grande celle que l'on peut consacrer à la production. Le pouvoir d'entretenir le commerce se développe en même tempe que ce changement de proportions. Le trafiquant désire perpétuer la nécessité d'effectuer les changements de lieu.

§ 7. — La liberté s'accroit avec l'accroissement de la puissance d'association. L'obstacle à l'association étant la nécessité d'effectuer les changements de lieu, l'homme devient plus libre, à mesure que cette nécessité tend à disparaitre.

 

CHAPITRE XI :

CONTINUATION DU MÊME SUJET.

 

§ 1. — Politique coloniale de la Grèce, de l'Espagne et de la France. Celle de l'Angleterre est la première où l'on rencontre la prohibition de l'association entre les Colons. L'objet de la prohibition est de donner lieu au besoin d'effectuer les changements de lieu de la matière. Ce système est barbare dans ses tendances ; aussi a-t-il engendré la théorie de l'excès de population.

§ 2. — Le système anglais tend à la dispersion des individus et à l'accroissement de la part proportionnelle de la société qui se consacre au trafic et au transport.

§ 3. — Idées d'Adam Smith relativement aux avantages du commerce.

§ 4. — Système colonial de l'Angleterre, tel qu'il se révèle aux Antilles.

§ 5. — La théorie de l'excès de population s'efforce d'expliquer des faits produits artificiellement, à l'aide de prétendues lois naturelles.

 

CHAPITRE XII :

CONTINUATION DU MÊME SUJET.

 

§ 1. — Phénomènes sociaux, tels qu'ils se présentent dans l'histoire du Portugal.

§ 2. — Phénomènes sociaux, tels qu'ils se présentent dans l'histoire de l'empire Turc.

§ 3. —Phénomènes sociaux, tels qu'ils se présentent dans l'histoire de l'Irlande.

§ 4. — Cause réelle de la décadence de l'Irlande.

 

CHAPITRE XIII :

CONTINUATION DU MÊME SUJET.

 

§ 1. — L'action et l'association locales se révèlent d'une façon remarquable dans l'histoire de l'Hindoustan. Elles disparaissent sous la domination britannique.

§ 2. — Partout le commerce de l'Inde est sacrifié pour favoriser le trafic.

§ 3. — Anéantissement des manufactures indiennes. Ses effets désastreux.

§ 4. — Nécessité croissante du transport et déperdition des fruits du travail, qui en résulte.

§ 5. — Perte du capital et destruction du pouvoir d'accumuler.

§ 6. — Sécurité moindre des individus et des propriétés, correspondant avec l'extension de la domination britannique et le développement de la centralisation.

§ 7. — Valeur insignifiante des droits privés, sur le territoire Indien.

§ 8. — L'Inde était un pays qui acquittait des impôts, sous ses princes indigènes. Sa situation a constamment empiré, sous l'influence d'un système qui a pour but d'augmenter le besoin des services du trafiquant et du voiturier.

§ 9. — Causes de la décadence de l'Inde.

 

CHAPITRE XIV :

CONTINUATION DU MÊME SUJET.

 

§ 1. — Tableau des Phénomènes observés dans les quatre grandes sociétés que nous avons citées plus haut. Différentes sous tous les autres rapports, elles se ressemblent quant à ce fait, qu'elles ont été privées de tout pouvoir de diversifier les emplois de leur activité, et se sont trouvées ainsi contraintes de dépendre davantage du voiturier et du trafiquant.

§ 2. — Résultats funestes de la nécessité croissante d'avoir recours aux services du trafiquant.

§ 3. — Le système anglais ne tend qu'à l'accroissement du trafic. Un intérêt personnel éclairé chercherait à favoriser le commerce.

§ 4. — Déperdition constante du capital dans tous les pays soumis au système anglais.

§ 5. — Frottement énorme et déperdition de force qui en résulte, produits par la nécessité croissante d'avoir recours à la navigation.

§ 6. — Origine de l'idée d'excès de population.

 

CHAPITRE XV :

DES CHANGEMENTS MÉCANIQUES ET CHIMIQUES DANS LES FORMES DE LA MATIÈRE.

 

§ 1. — Pour opérer les changements dans les formes de la matière, il est nécessaire d'en connaître les propriétés. L'oeuvre de transformation est plus concrète et plus spéciale que celle du transport, et conséquemment, plus tardive dans son développement. Elle tend à augmenter l'utilité de la matière, et à diminuer la valeur des denrées nécessaires aux besoins de l'homme.

§ 2. — Instruments indispensables pour obtenir le pouvoir de disposer des services que rendent les forces naturelles. Ce pouvoir constitue la richesse. Les premiers pas faits dans cette voie sont les plus difficiles et les moins productifs.

§ 3. — La transformation diminue le travail exigé pour le transport, en même temps qu'elle augmente celui que l’on peut consacrer à la production. Changement qui en résulte dans les proportions des diverses classes entre lesquelles se partage la société.

§ 4. — Économie des efforts de l'activité humaine résultant d'une plus grande facilité de transformation.

§ 5. — Déperdition de travail, lorsque le lieu de transformation est éloigné du lieu de production. La tendance au développement des trésors de la terre est en raison directe de la proximité du consommateur, par rapport au producteur.

§ 6. — Le mouvement sociétaire tend à s'accroître dans une proportion géométrique, lorsqu'on lui permet d'accomplir des progrès sans subir aucune perturbation. Il est souvent arrêté. Causes de perturbation. Efforts pour obtenir le monopole de l'empire sur les forces naturelles, nécessaires dans l'oeuvre de transformation.

§ 7. — L'égoïsme, au sein des sociétés, de même que parmi les individus, se perd lui-même, généralement. Il vaudrait mieux pour l'homme que les forces naturelles n'existassent pas, plutôt que de voir leurs services monopolisés.

 

CHAPITRE XVI :

CONTINUATION DU MÊME SUJET.

 

§ 1. — Caractère grossier du commerce anglais au commencement du XIV siècle. Les phénomènes qu'il offre à cette époque sont exactement semblables à ceux qui se révèlent dans les sociétés agricoles de nos jours.

§ 2. — Changement de système sous le règne d'Édouard III. Ses résultats.

§ 3. — Situation de l'Angleterre, besoins de sa population, tels que nous les montre André Yarranton.

§ 4. — Résultats de la dépendance d'un marché éloigné tels qu'ils se révèlent en Angleterre, dans la première moitié du. siècle. Changements dans la situation de la population résultant de l'amoindrissement de cette dépendance.

§ 5. — Caractère monopolisant du système anglais. On ne peut rien lui comparer pour son pouvoir de produire le mal, avec tout ce qu'on a jamais imaginé antérieurement.

§ 6. —Le pouvoir de faire le mal, lorsqu'il est dirigé dans des vues préjudiciables à autrui, existe partout en proportion de celui de faire le bien, lorsqu'il est guidé dans la voie de la justice.

§ 7. — Le système anglais tend à diminuer la taxe du transport pour le peuple anglais, mais en l'augmentant pour les autres nations du globe.

§ 8. — Pouvoir énorme acquis par ce système pour la taxation des autres agglomérations sociales.

 

CHAPITRE XVII :

CONTINUATION DU MÊME SUJET.

 

§ 1. — Erreurs du système anglais, évidentes pour Adam Smith. Avertissements qu'il donne à ses compatriotes relativement aux dangers inséparables de leur dépendance exclusive à l'égard du trafic.

§ 2. — Ses conseils sont négligés, et telle est l'origine de la théorie de l'excès de population.

§ 3. — Développement du paupérisme, sous l'influence du système anglais, il coïncide avec l'accroissement de l'empire de l'homme sur les forces naturelles.

§ 4. — Caractère belliqueux et monopoliseur du système.

§ 5. — Il est également préjudiciable au peuple anglais et aux peuples des autres pays.

§ 6. — En anéantissant parmi les autres peuples la faculté de vendre leur travail, il anéantit la concurrence pour l'achat du travail anglais. En enseignant que pour permettre au capital d'obtenir une rémunération convenable, le travail doit être maintenu à bas prix, il tend à produire partout l'esclavage.

§ 7. — Le rapprochement dans les prix des matières premières et ceux des produits terminés est le seul caractère essentiel de la civilisation. Le système anglais tend à empêcher ce rapprochement. Il tend à réduire les autres agglomérations sociales à l'état de barbarie.

§ 8. — Ses effets, tels qu’ils se révèlent dans les prix des matières premières et des produits achevés, sur le marché anglais.

§ 9. — Le système anglais tend à augmenter les proportions des diverses sociétés qui se livrent au trafic et au transport. Cet accroissement est la preuve d'une civilisation qui décline.

 

CHAPITRE XVIII :

CONTINUATION DU MÊME SUJET.

 

§ 1. — L'interruption de la circulation est une conséquence nécessaire du système anglais. Inconséquences des auteurs qui enseignent la science sociale.

§ 2. — La décadence du commerce anglais résulte de l'accroissement dans la puissance du trafic. Condition de l'ouvrier agricole.

§ 3. — Le développement de la centralisation trafiquante se manifeste dans toute l'étendue de l'Angleterre.

§ 4. — Accroissement dans les proportions du produit du travail absorbé par les trafiquants et les individus occupés du transport. L'abîme qui sépare les classes supérieures et les classes inférieures s'élargit constamment.

§ 5. — Tendance abrutissante du système.

§ 6. — La centralisation et la démoralisation marchent toujours de conserve.

§ 7. — L'Acte de Réforme n'a pas réalisé les espérances de ses partisans. Pour quels motifs il n'y a pas réussi.

§ 8. — Amoindrissement dans la puissance de se diriger soi-même au sein du peuple et de la société.

§ 9. — Toute mesure qui tend à produire une interruption dans le mouvement sociétaire au dehors, tend également à produire un effet identique à l'intérieur.

§ 10. — Alliance constante de la guerre et du trafic.

 

 

CHAPITRE XIX :

CONTINUATION DU MÊME SUJET.

 

§ 1. — Phénomènes divers qui accompagnent le progrès de la civilisation et le développement de la barbarie.

§ 2. — Dans les pays en progrès, la taxe du transport diminue. Dans les pays en décadence, elle augmente aussi invariablement.

§ 3. — Phénomènes sociaux qui se manifestent dans les histoires de la Grèce, de l'talie, de l'Angleterre, de la Turquie, du Portugal et des colonies anglaises.

§ 4. — Nécessité d'étudier avec soin le système qui a donné naissance à la théorie de l'excès de population.

§ 5. — Les lois de la nature agissent constamment dans la même direction. Mouvement oscillatoire de la théorie de la population offerte à l'examen par Malthus.

§ 6. — La doctrine Ricardo-Malthusienne a une tendance inévitable, celle de faire de l'esclavage, la condition finale du travailleur.

§ 7. — Le système de l'école anglaise est un système rétrograde. Il a pris naissance dans une politique rétrograde.

§ 8. — Dissidences entre Adam Smith et les économistes Anglais modernes.

§ 9. — Lois des proportions définies, manifestée dans les changements graduels de la répartition sociétaire.

 

 

 

FIN DE LA TABLE DES MATIÈRES DU

TOME PREMIER.

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Published by Jean-Gabriel Mahéo - dans L'art - l'histoire et les idées
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commentaires

Jean-Gabriel Mahéo 14/05/2011 12:23



Salut Simon,


 


ça fait bien plaisir d'avoir de tes nouvelles !


 


Merci pour ton message, il est bien évident pour moi maintenant que le duo Marx/Engels n'était qu'une opération destinée à empêcher la diffusion des idées protectionnistes et souverainistes dans
les populations européennes, et à empêcher encore une fois l'unité du peuple nécessaire à la chute des vieilles structures oligarchiques parasitaires. Outre le malthusianisme sous-jacent de son
"Du Capital", ill n'est que de constater la violence de leur théories contre la classe moyenne, la "bourgeoisie", pour comprendre que Marx ne vise qu'à créer de nouvelles divisions et
antagonismes sociaux artificiels, sur lesquels les vieux pouvoirs pourront s'appuyer pour se perpétuer (ce qu'ils ont fait !)


 


Sur la campagne de subversion menée par Engels et Marx contre les principes économiques de Carey et List, et contre le concept d'état-nation souverain agro-industriel, au profit d'une
justification de la pratique impériale de pillage et de destruction au nom d'une utopie mondialisante, as-tu lu cet article de Michael Perelmann, très très intéressant, de la bataille entre Carey
et Marx dans le New-York Daily Tribune ?


 


C'est ici, en anglais : Political Economy and the Press: Karl Marx and
Henry Carey at the New York Tribune


 


A bientôt,


Jean-Gabriel



Simon 14/05/2011 11:57



(suite du message)


 


Et finalement, ne manquez pas le livre Semmel, Bernard. 1970. The rise of free trade imperialism : classical political economy, the empire of free trade and imperialism 1750-1850.  sur
l’empire anglais libre-échangiste : les Hobsons, Schumpeter et Lenin pensaient que le libre-échange était incompatible avec l’Empire, et que les protectionnistes fin 19e et la seconde partie de
l’ère victorienne furentt responsable des nouvelles rivalités… Cela n'a aucun fondement historique : l’Empire anglais ne fit que muter de stratégie, du vieil empire colonial à l’Empire
libre-échangiste où l’Angleterre deviendrait le Workshop du monde (ou l’entrepôt du monde et de la finance selon JP Cain et AG Hopkins, British Imperialism 1688-2000) : explicitement, on quitta
les Corns Laws pour faire baisser le prix de la nourriture pour être plus compétitif et on espérait ainsi que - comme Cobden en fit le rapport à John Bowring - les Européens, incluant les
Français, en ayant un plus grand débouché pour les produits agricoles, ne développeraient pas leurs industries. Par chance, ils ne furent pas si stupide pour tomber dans la trappe pour tout le
19e siècle, et comme le montre Paul Bairoch dans Mythes et paradoxes de l'histoire économique, les pays européens et les Américains qui optèrent pour le protectionniste et le développement
industriel connurent une plus grande croissance que l’Angleterre et c’est cette croissance qui mena, en pleine période protectionniste à la fin du 19e  à une augmentation des échanges
internationaux et non l’inverse! Mais la menace américaine et allemande, si innovateurs malgré le protectionniste, fit réagir l’empire Anglais moribond malgré le libre-échange en organisant la
Première Guerre mondiale… à défaut d’être compétitif, détruisons les autres…


Merci de mettre en ligne, en français, ce livre de Henry C.Carey qui par ailleurs maîtrisait le français parfaitement et était connu pour être grand amateur de bons vins : a besoin d’être circulé
tant l’intoxication à la piquette «libre-échangiste» est grande!

 

Au plaisir,

    Une vieille connaissance du Québec,

                     Simon




Simon 14/05/2011 11:55



Bonjour,


 


Effectivement, la manière de pensée de Marx (et d’être influencé, dirigé par Engels…) le mena à faire un pronostique complètement erroné sur l’avenir de l’Inde sous l’occupation anglaise. De 1849
à 1857, Henry C.Carey fut l’éditeur économique du journal américain le plus influent du pays, le New York Daily Tribune d’Horace Greeley. Carey aujourd’hui trop oublié, le journal reste fameux
parce que Marx y écrivit durant des années; pourtant, les textes de Carey eurent beaucoup plus d’importances et d’influences dans l’histoire américaine. Il y pourfendait le système centralisateur
anglais et son «free trade» qui n’était que la politique de l’intérêt de l’Empire anglais qui continuait la vielle politique coloniale par d’autres moyens, c’est-à-dire de cantonner les colonies
dans la production ou l’extraction de matière première, mais tout cela avec une belle justification théorique, la théorie du libre-échange en l’occurrence : au nom des «avantages comparatifs» de
Ricardo, on justifiait ‘moralement’ une politique coloniale de non-développement (ie, aucun pays non industrialisé est aujourd’hui un pays développé et la politique explicite de l’Empire
libre-échangiste était de cantonner les pays dans une politique de matière première ou de produit agricole).


L’Inde, qui à la fin du 18e avait un niveau de développement préindustriel quasiment équivalent à l’Europe, se vit complètement désindustrialiser au 19e avec des conséquences terribles dans le
pays. Mais Marx ne semblait pas voir l’effet des politiques libre-échangistes sur l’Inde, car il pensa de manière mécanique que la simple introduction du train allait nécessairement mener à
l’industrialisation de l’Inde… Et puis, en plus, la présence anglaise était œuvre bénéfique de civilisation, car détruisait les vielles castes du système technique précédant et allait donc
introduire la machinerie moderne de l’Ouest. Carey était beaucoup plus perspicace et savait très bien, comme F. List (que Marx a honteusement calomnié dans un livre commandité par Engels), que
cette politique allait cantonner le pays dans la fourniture de matière première (ie le coton indien) et le maintenir dans le sous-développement.

Dans le livre The Tools of Empire,  de Daniel R. Headrick, le chapitre 13 est consacré à l’Inde et à l’implémentions du train.


Le 8 août 1853 dans le New York Tribune, Marx déclarait (désolé, pas de traduction, mais j’ai résumé en haut) :

«I know that the English millocracy intend to endow India with railways with the exclusive view of extracting at diminished expenses the Cotton and other raw materials for their manufactures. But
when you have once introduced machinery into the locomotion of a country, which possesses iron and coals, you are unable to withhold it from its fabrication. You cannot maintain a net of railways
over an immense country without introducing all those industrial processes necessary to meet the immediate and current wants of railway locomotion, and out of which there must grow the
application of machinery to those branches of industry not immediately connected with railways. The railway system will therefore become, in India, truly the forerunner of modern industry....
Modern industry, resulting from the railway system, will dissolve the hereditary divisions of labor, upon which rest the Indian castes, those decisive impediments to Indian progress and Indian
power. … England has to fulfill a double mission in India: one destructive, the other regenerating-the annihilation of old Asiatic society, and the laying of the material foundations of Western
society in Asia.»


Le résultat réel? Comme le mentionne l’auteur, la présence anglaise remplit bien une mission de Marx, celle destructrice, mais la fondation matérielle moderne attendra la fin du régime anglais…
Carey eut raison sur toute la ligne. Il faut d'abord mentionner pour les adeptes du 19e siècle «libre-échangiste »  anglais que l’entreprise du train en Inde fut accordée à partir de 1847
avec un profit garanti de 5% pour les investisseurs pendant 25 ans (en 1868, sur 50 000 actionnaires, seulement 400 étaient Indiens, le reste en Angleterre), en plus de terres gratuites et autres
facilités. Toutes pertes encourues furent couvertes par le trésor Indien, ie les taxes sur le peuple indien. Le 1/3 du train fut contrôlé par le gouvernement aussi. Et digne des histoires de John
Perkins aujourd’hui, la construction du train, loin d’avoir provoqué l’essor de l’industrie indienne, fut de toutes pièces importée de l’Angleterre, y compris même à certains moments le charbon
d’Angleterre, pourtant moins cher en Inde (une décision loin de la rationalité économique si chère aux libéraux comme JS Mills…). Pas besoin de mentionner que les ingénieurs furent anglais et que
très peu, sinon aucun transfert de technologie ne fut effectué.


Les coûts de transport diminuèrent effectivement en Inde, mais cela n’aida en rien l’industrialisation du pays (au contraire des contextes protectionnistes américains, canadiens ou allemands),
mais servit seulement à l’exportation du  coton,  jute, grains et autre produit agricole (opium… sic) pour les fabriques anglaises et permit l’importation moins chère des vêtements de
coton, les divers produits finis du métal, les biens manufacturés des UK. Ce faisant, ce qui restait de la main-d'œuvre textile de l’Inde fut détruite et assura le sous-développement du pays. Si
le système de caste fut affecté, un nouveau se mit en place: les premières classes réservées aux anglais, cette partie du train était déficitaire, mais on se rattrapait en surchargeant les wagons
de 3e classes... Pas étonnant que le mouvement nationaliste indien naquit avec le train!


Sur Engels, ne manquer pas le chapitre de l’excellent livre Treason in America de Chaitken :

http://www.archive.org/details/TreasonInAmerica-FromAaronBurrToAverellHarriman

où Engels, dirigeant d’une industrie de coton en Angleterre soi-dit en passant, averti les Allemands dans un discours le 15 février 1845 de ne pas suivre la politique de protection de List , car
si cela créera le marché intérieur, une fois qu’on baissera les tarifs, le pays ne pourrait jamais compétitionner contre l’Angleterre qui a le monde entier comme marché, et que le monde ne peut
se passer de l’industrie anglaise, alors que l’industrie allemande n’est pas indispensable ni même pour l’Allemagne… Et si maintient les tarifs, cela mènera à une lutte à mort où les allemands
perdront du fait de l’avantage centenaire de l’industrie anglaise. Et bien sûr, l’industrie déclinante en Allemagne ne pourra plus nourrir son prolétariat ‘artificiel’ et la révolution
commencera…  p.302, 303.


 


(suite au prochain message)