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1 novembre 2004 1 01 /11 /novembre /2004 10:58

PRINCIPES DE LA SCIENCE SOCIALE
PAR M. H.-C. CAREY (De Philadelphie)

henry_charles_carey.jpg

TRADUITS EN FRANÇAIS PAR MM. SAINT-GERMAIN-LEDUC ET AUG. PLANCHE

  1861

 

 

 

 

 

 

CHAPITRE IX :

DE L'APPROPRIATION.

   

    § 15. — L'économie politique enseigne le contraire de ces faits. Erreur qui résulte de l'emploi d'expressions identiques, pour exprimer des idées qui diffèrent complètement.


    La doctrine Ricardo-Malthusienne ayant été inventée pour expliquer, à l'aide des lois établies par le Créateur, l'existence de la maladie sociale, et pour affranchir ainsi de toute responsabilité la classe qui vit de l'appropriation et dirige les affaires des nations, il n'y a pas lieu d'être surpris que l'économie politique moderne envisage les individus dont les occupations sont la guerre et le trafic, sous un point de vue différent de celui sous lequel nous les avons représentés ici. Mac Culloch nous dit que l'homme qui transporte des denrées est aussi bien un producteur que le fermier, et que l’absentéisme, exigeant l'emploi d'intermédiaires ou de trafiquants, entre le propriétaire de la terre et ceux qui la cultivent, est un bien et non un mal. M. Chevalier borne la sphère de l'économie politique aux transactions dans lesquelles il y a achat ou vente de marchandises (13), et Bastiat nous apprend qu'une des erreurs du socialisme moderne consiste à classer parmi les races parasites les intermédiaires, ou individus qui se placent entre le producteur et le consommateur. Le courtier et le marchand, créant, nous dit-il, une valeur, suivant son opinion, il est parfaitement exact de les classer avec les agriculteurs et les manufacturiers ; tous et chacun étant également des intermédiaires qui rendent des services en retour desquels ils attendent une rémunération.

    Il est complètement vrai que l'intermédiaire crée des valeurs ; mais c'est pour cette raison même que l'on est satisfait de pouvoir se passer de ses services. La valeur étant la mesure du pouvoir de la nature à l'égard de l'homme, et la valeur de l'homme augmentant avec la diminution dans celle des denrées nécessaires à ses besoins, il en résulte nécessairement que, dans quelque proportion que le trafiquant augmente la valeur des denrées, il doit diminuer la valeur de l'homme. Sur le prix imposé à la population anglaise pour les denrées qu'elle consomme, une très-large part revient aux intermédiaires, qui s'enrichissent ainsi aux dépens et du consommateur et du producteur. Il en est de même en Turquie, où les bénéfices du trafiquant sont énormément considérables. Il en est encore de même dans l’Inde, au Mexique, dans nos États de l'Ouest et dans les îles de l'Océan Pacifique ; et sans nul doute, dans tous les pays où les individus sont incapables de combiner leurs efforts avec ceux de leurs semblables. Le trafiquant est une nécessité et non une puissance ; et il en est de même à l'égard de toutes les classes de la société auxquelles nous avons fait allusion. A chaque accroissement dans la population et la richesse, les hommes deviennent de plus en plus capables de se réunir et d'arranger leurs affaires eux-mêmes, en même temps que diminue constamment pour eux le besoin d'employer des intermédiaires, en leur qualité de courtiers, de trafiquants, d'agents de police, de soldats ou de magistrats ; et plus ils peuvent se dispenser des services de ces individus, et plus doit être prononcée la tendance de la société à prendre une forme unissant la force et la solidité, et celle qui s'accorde le mieux avec nos idées de beauté.

    Dans toutes les classes dont nous venons de parler ici, tous désirent que les hommes soient à bon marché, tandis que les hommes eux-mêmes désirent que le travail soit cher. L'homme d'État sait que lorsque les hommes sont à bon marché, ils sont gouvernés plus facilement que lorsqu'ils sont chers. Le souverain trouve plus de facilité à se procurer des soldats, lorsque les salaires sont bas, que lorsqu'ils sont élevés. Le grand propriétaire terrien désire que les hommes soient à bon marché et conséquemment qu'on puisse se les procurer facilement (14). Le trafiquant désire que le travail soit à bon marché lorsqu'il achète ses marchandises, et que celles-ci soient à un prix élevé, et naturellement que le travail soit à bas prix, lorsqu'il les vend. Tous ces individus regardent l'homme comme un instrument dont le trafic doit faire usage. Tous sont nécessaires dans les premiers âges de la société ; mais la nécessité de leurs services doit diminuer, et les hommes doivent se réjouir toutes les fois que chaque diminution de cette nature a lieu, autant qu'ils le font lorsque le navire à vapeur remplace le navire à voiles, lorsque la pompe remplace l'effort des bras, ou que de grandes machines hydrauliques remplacent la pompe elle-même. Moins est compliqué le mécanisme nécessaire pour entretenir le commerce parmi les hommes, plus ce commerce doit être considérable.

    La grande difficulté, dans toutes ces circonstances, résulte de ce fait, que le même terme est constamment employé pour exprimer des idées complètement différentes. L'individu qui fabrique mille paires de souliers pour mille individus, dont chacun vient chez lui pour trouver une chaussure à son pied, entretient un commerce qui n'est entravé en aucune façon par la nécessité de payer des porteurs, ou des marchands commissionnaires. Son voisin, qui fabrique le même nombre de souliers, trouve nécessaire d'employer un porteur pour les remettre au trafiquant, puis de payer le trafiquant pour trouver des individus qui achèteront et payeront ses souliers. Nous avons là trois opérations distinctes, dont chacune doit être rétribuée ; la première, celle du trafiquant, qui ne fait uniquement que régler les conditions de l'échange, la seconde, celle du porteur, qui opère les changements de lieu, et la troisième, celle du cordonnier, qui opère les changements de forme ; la rémunération de ce dernier individu dépend entièrement de la part qui lui reste, après que les deux premiers ont été payés. On a l'habitude de comprendre toutes ces opérations sous le titre général de commerce, tandis que les individus qui prennent réellement part au commerce sont, uniquement, celui qui fabrique les souliers et ceux qui les usent. Les autres sont utiles en tant qu'ils sont nécessaires, mais tout ce qui tend à diminuer le besoin qu'on a de leurs services est autant de gagné pour l'homme, en même temps qu'un perfectionnement dans les instruments de toute autre espèce quelconque. La valeur de l'homme augmente avec chaque diminution des obstacles apportés au commerce, et le plus grave de ces obstacles, c'est la nécessité d'employer le trafiquant et le transportateur à opérer les changements de lieu (15).

 

 

 

 

 

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Published by Jean-Gabriel Mahéo - dans L'art - l'histoire et les idées
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