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Lundi 1 novembre 2004 1 01 /11 /Nov /2004 10:58

PRINCIPES DE LA SCIENCE SOCIALE
PAR M. H.-C. CAREY (De Philadelphie) 

 

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TRADUITS EN FRANÇAIS PAR MM. SAINT-GERMAIN-LEDUC ET AUG. PLANCHE

  1861

 

 

 

 

 

 

 

CHAPITRE VII :

DE LA RICHESSE.

 

    § 5. — La définition de la richesse que nous donnons aujourd'hui est pleinement d'accord avec sa signification générale de bonheur, de prospérité et de puissance. La richesse s'accroit avec le développement, à l'égard de l'homme, du pouvoir de s'associer avec son semblable.

    
    En adoptant la définition de la richesse que nous avons donnée plus haut, on évite de pareilles contradictions, et ce terme recouvre sa signification primitive de bonheur général, de prospérité et de pouvoir, non pas le pouvoir de l'homme sur son semblable, mais sur lui-même, sur ses facultés, et les forces multiples et merveilleuses destinées à son usage. Telle était, en grande partie, l'idée d'Adam Smith, ainsi qu'on le verra dans le passage ci-dessous, où il démontre jusqu'à quel point le bonheur, la richesse et le progrès seraient favorisés, si l'on adoptait un système en harmonie avec ces « penchants naturels de l'individu » qui le portent à se concerter avec ses semblables pour développer les facultés diverses de tous les membres de la société, en facilitant l'extension du commerce et l'affranchissement des exactions du trafiquant et du soldat (5).

    Le docteur Smith n'était pas le défenseur de la centralisation. Au contraire, il croyait pleinement à un système tendant à la création de centres locaux d'action ; et il ne croyait pas à celui qui avait pour but d'empêcher l'association, en forçant tous les fermiers du monde de s’adresser à un marché unique et éloigné, lorsqu'ils voulaient convertir en drap leurs substances alimentaires et leur laine.

    Telle était cependant la politique de son pays, et c'est pourquoi il devint nécessaire pour M. Malthus de prouver que le paupérisme, conséquence inévitable de la centralisation, devait son origine à une grande loi naturelle, qui s'opposait à ce que la quantité de subsistances pût jamais rester de niveau avec les demandes d'une population croissante. Puis vint M. Ricardo, auquel le monde est redevable de cette idée, que la culture a toujours commencé par les sols fertiles, et que les individus qui alors abandonnaient l'Angleterre pour émigrer aux colonies, quittaient la culture des terrains ingrats pour celle des terrains fertiles, lorsque le contraire précisément avait toujours eu lieu. Sa doctrine, ainsi que celle de ses partisans, est conséquemment la doctrine de la dispersion, de la centralisation et des grandes villes ; tandis que celle du docteur Smith tendait à l'association, au gouvernement local des individus, par eux-mêmes, et aux pays couverts de villages et de villes, où doivent s'accomplir les échanges de la campagne environnante.

    Toute la tendance des économistes modernes a été en opposition directe avec celle qu'a indiquée, comme la seule véritable, l'auteur de la Richesse des nations ; et conséquemment, de là est venu que leur science s'est restreinte à cette unique considération : Par quels moyens peut-on augmenter la richesse matérielle? en mettant de côté complètement la question de la moralité, ou du bonheur, des sociétés qu'ils désiraient enseigner. C'est pour cette raison que la science a revêtu peu à peu une forme si répulsive, et que l'un de ses professeurs les plus éminents s'est trouvé obligé de dire à ses lecteurs, que l'économiste est requis de songer au développement de la richesse, seule, et de se borner à la discussion des mesures à l'aide desquelles il pense qu'elle peut se développer, ne permettant « ni à la sympathie pour l'indigence, ni à l'aversion pour la prodigalité ou l'avarice, au respect pour les institutions existantes, à la haine des abus actuels, ou à l'amour de la popularité, du paradoxe ou des idées systématiques de l'empêcher d'affirmer ce qu'il croit être des faits, ou de tirer, de ces faits, les conclusions qui lui paraissent légitimes (6). »

    Heureusement la véritable science n'est pas obligée d'imposer de pareilles exigences à ceux qui l'enseignent. Plus elle est étudiée, plus l'indigence qu'ils aperçoivent autour d'eux doit exciter leur sympathie, et plus ils doivent devenir libres dans l'expression de cette sympathie, parce qu'ils doivent demeurer plus pleinement convaincus, que l'existence d'un semblable état de choses est la conséquence des lois humaines et non divines ; plus doit être énergique l'aversion provoquée par la prodigalité et l'avarice, comme tendant toutes deux à produire l'indigence ; plus leur respect doit être profond pour toutes les institutions qui ont pour but de favoriser le développement de cette habitude de l'association, grâce à laquelle, uniquement, l'homme acquiert l'empire sur la nature, qui constitue sa richesse ; plus doit être prononcée sa haine des abus existants qui tendent à perpétuer la pauvreté et la misère actuelles ; plus aussi doit être prononcée leur résolution de travailler honnêtement à les extirper.

    La richesse se développe en même temps que le pouvoir de l'homme de satisfaire le premier et le plus impérieux besoin de sa nature, le désir de l'association avec ses semblables. Plus ce développement est rapide, plus est grande la tendance à l'annihilation de l'indigence d'une part, et de l'autre, à celle de la prodigalité et de l'avarice ; à la cessation des abus existant actuellement, qui tendent à limiter l'exercice de la puissance d'association, à restreindre le développement de l'individualité, ainsi qu'à diminuer le sentiment de responsabilité rigoureuse envers Dieu et l'homme, et à obtenir le résultat suivant : la société prenant la forme la mieux calculée pour faciliter la marche progressive de ce même homme vers la position éminente à laquelle il a été destiné primitivement, et conséquemment, la forme la mieux faite pour inspirer respect et « révérence. »

 

 

 

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Publié dans : L'art, l'histoire et les idées - Ecrire un commentaire
Par Jean-Gabriel Mahéo - Voir les 0 commentaires
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