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1 novembre 2004 1 01 /11 /novembre /2004 10:58

PRINCIPES DE LA SCIENCE SOCIALE
PAR M. H.-C. CAREY (De Philadelphie)

 

henry_charles_carey.jpg


TRADUITS EN FRANÇAIS PAR MM. SAINT-GERMAIN-LEDUC ET AUG. PLANCHE

  1861

 

 

 

 

 

CHAPITRE V :

CONTINUATION DU MÊME SUJET.

 

        §  3. — Épuisement du sol et progrès de la dépopulation aux Etats-Unis. A chaque pas fait dans cette direction, l'homme perd de sa valeur et la nature acquiert de la puissance à ses dépens.


    
    En traversant l'océan Atlantique, nous trouvons une nouvelle preuve de ce fait ; à savoir, que de même que partout une population nombreuse tire la subsistance des sols fertiles, de même la dépopulation chasse de nouveau les hommes vers les sols ingrats. Au temps de Cortez, la vallée du Mexique nourrissait un peuple nombreux ; aujourd'hui elle n'offre qu'un spectacle de désolation, ses canaux sont engorgés et la culture est abandonnée, tandis que des files de mulets y transportent, des terrains plus pauvres qui la bordent à une distance de 50 milles, les provisions nécessaires à l'entretien de la ville.

    En nous transportant au nord et arrivant aux États-Unis, nous trouvons encore une démonstration de cette loi : que pour permettre aux individus de quitter la culture des terrains pauvres pour celle des terrains riches, il faut qu'il y ait développement dans l'habitude de l'association, conséquence de la diversité dans les modes de travail et du développement des individualités respectives. L'État de Virginie était autrefois placé à la tête de l'Union américaine ; mais le système qu'elle a adopté a amené l'épuisement des terres cultivées en premier lieu et l'abandon de son territoire ; état de choses dont on peut constater les conséquences, dans l'insalubrité constamment croissante des parties occupées primitivement, les bas comtés de la Virginie. « Le pays, dans toute son étendue, dit un auteur moderne, est couvert de ruines d'habitations de gentilshommes, dont quelques-unes égalent des palais par leurs dimensions, et d'anciennes et magnifiques églises, dont les solides murailles ont été construites avec des briques importées, mais qui n'ont pu conserver dans leur enceinte ceux qui les ont construites. Et quant à leurs descendants, où sont-ils ? demande l'auteur. Cette splendeur qui remplissait tous les comtés de la Virginie a disparu. Pour quelle raison? Parce que tout le pays est en proie à des miasmes délétères et qu'on a laissé un pareil état de choses s'y perpétuer. Il est dangereux pour les blancs d'y passer la saison des maladies ; et, conséquemment, tous ceux qui le peuvent, abandonnent leurs habitations, pendant les mois d'août et de septembre, pour chercher une localité moins insalubre. »

 
    « Cette région imprégnée de miasmes malfaisants couvre toute la côte maritime de la Virginie, la Caroline du Nord, la Caroline du Sud, la Géorgie, la Floride, l'Alabama, l'État du Mississipi et la Louisiane, excepté parfois quelque endroit isolé, et s'étend à l'intérieur des terres, sur un espace de 10 à 100 milles. Dans le voisinage de Charlestown, le pays est tellement mauvais, qu'il est mortel de dormir, une seule nuit, en dehors de la ville, et que le passage même à travers le district infecté, pendant la nuit, sur le chemin de fer, a provoqué chez les voyageurs des vomissements, comme à bord d'un navire chez les passagers atteints du mal de mer. »

    Comme conséquence de ce fait, on voit la Virginie et la Caroline, constamment décliner relativement à la position qu'elles occupent dans l'Union ; et cet état de choses continuera, nécessairement, jusqu'au moment où l'accroissement de la faculté d'association leur permettra de cultiver les terres les plus fertiles. En portant les regards vers la Jamaïque, nous constatons le même fait si considérable, comme effet d'une cause exactement identique ; un rapport récent sur les propriétés de l'île indique 128 domaines où se cultive la canne à sucre, complètement ou en partie abandonnés. Si l'on y ajoute ceux où l'on cultive le café, et autres dans la même situation, le chiffre s'élève à 413, et embrasse une superficie de plus de 400 000 acres de terre.

    L'abandon du sol par une portion de ses habitants entraîne, inévitablement, avec lui une diminution dans la faculté d'associer ses efforts pour l'entretien des conduits de drainage nécessaires à la conservation de la santé, et pour la construction et l'entretien des routes ; et à mesure que les charges augmentent, on voit la disposition à quitter le pays augmenter chaque année. Le pays purement agricole doit exporter des matières premières et épuiser son sol ; et cette exportation doit entraîner également avec elle la nécessité d'exporter l'individu, nécessité qu'accompagne constamment la diminution de la puissance d'association, du développement de l'individualité, de la facilité d'entretenir le commerce, et du rang qu'occupe la société particulière parmi les autres sociétés du monde. L'expérience de toute l'antiquité prouve qu'il en est ainsi ; et si nous voulons nous convaincre que les choses sont complètement établies de cette manière dans les temps modernes, nous n'avons qu'à tourner les yeux vers le Portugal, l'Irlande et la Turquie, dans l'hémisphère oriental, et dans l'hémisphère occidental, vers la Jamaïque, la Caroline et la Virginie.

    Toutes les fois qu'on laisse s'accroître la population et la richesse, et, conséquemment, la puissance d'association, il eu résulte une tendance à l'abandon des terrains ingrats cultivés en premier lieu, ainsi que cela est prouvé par l'expérience de la France, de l'Angleterre, de l'Écosse, de la Suède, et de plusieurs de nos États du nord. Toutes les fois qu'au contraire, la population, la richesse et la puissance d'association déclinent, c'est le sol fertile qui est abandonné par les individus qui le quittent de nouveau pour les terrains ingrats, dans l'espoir de trouver dans la culture de ceux-ci les moyens de subsistance nécessaires à leurs familles et à eux-mêmes. A chaque pas dans la première direction, il y a accroissement dans la valeur de l'homme et décroissance dans celle de toutes les denrées nécessaires à ses besoins, accompagnée d'une plus grande facilité d'accumulation, tandis qu'à chaque mouvement fait dans la seconde, l'homme devient de plus en plus l'esclave de la nature et de son semblable, en même temps que la valeur des denrées augmente constamment, et que diminue, non moins constamment, sa valeur personnelle.

 

 

 

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Published by Jean-Gabriel Mahéo - dans L'art - l'histoire et les idées
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