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1 novembre 2004 1 01 /11 /novembre /2004 10:58

  PRINCIPES DE LA SCIENCE SOCIALE
PAR M. H.-C. CAREY (De Philadelphie)

 

henry_charles_carey.jpg


TRADUITS EN FRANÇAIS PAR MM. SAINT-GERMAIN-LEDUC ET AUG. PLANCHE

  1861

 

 

 

 

 

 

CHAPITRE XIII :

CONTINUATION DU MÊME SUJET.

  

    § 8. — L'Inde était un pays qui acquittait des impôts, sous ses princes indigènes. Sa situation a constamment empiré, sous l'influence d'un système qui a pour but d'augmenter le besoin des services du trafiquant et du voiturier.


    « Sous les princes indigènes, dit M. Campbell, l'Inde était un pays acquittant des impôts. » Sous la domination de maîtres absents, elle a cessé de l'être, et par le motif que sous cette même domination, tout pouvoir d'associer ses efforts a été annihilé, à l'aide du système qui tend à contraindre la population tout entière, hommes, femmes et enfants à travailler dans les champs ; produisant des denrées qui doivent être exportées à l'état brut. Chaque acte d'association étant un acte de commerce, tout ce qui tend à anéantir la première doit anéantir la seconde. Le commerce intérieur de l'Inde décline constamment et le commerce extérieur ne s'élève qu'à 50 cents par tête ; et aucun effort ne pourrait l'accroître à aucun degré. Cuba exportant, dans la proportion considérable de vingt-cinq dollars par tête, — soit environ cinquante fois autant que l'Inde,— demande à l'Angleterre une quantité quadruple de tissus de coton, et elle agit ainsi, parce qu'il entre dans la politique de l'Espagne de former une combinaison d'efforts actifs, et de permettre au colon et à l'artisan de travailler d'un commun accord ; tandis que le système de l'Angleterre tend à détruire partout la puissance d'association, et de cette manière à anéantir le commerce intérieur sur lequel, uniquement, peut se fonder le commerce avec l'étranger. La centralisation est ennemie du commerce et de la liberté de l'homme. L'Espagne ne cherche pas à établir la centralisation pourvu qu'elle reçoive un certain revenu, elle se borne à laisser ses sujets travailler à produire le sucre, ou à confectionner des tissus, et c'est en suivant cette marche qu'elle peut se procurer l'assistance dont elle a besoin.

    Les habitants de la Jamaïque n'ayant jamais eu la permission d'appliquer leur travail de réserve même à raffiner le sucre, sont obligés de l'exporter à son état le plus grossier ; et plus ils en expédient, plus le prix est bas et plus est considérable la proportion prélevée par le gouvernement ; mais le malheureux nègre est ruiné. L'Espagne, au contraire, permet aux habitants de l'île de Cuba de s'appliquer à toute occupation qui leur paraît devoir fournir une rémunération à leur travail et à leur capital, et, comme conséquence nécessaire de ce fait, les bourgs et les villes s'accroissent ; et le capital se porte vers la terre qui, de jour en jour, acquiert plus de valeur. La faculté d'avoir recours à d'autres modes de travail diminue la nécessité d'exporter le sucre ; et lorsqu'il est exporté en Espagne, le producteur peut prélever à son profit personnel presque la totalité du prix payé par le consommateur, le gouvernement ne réclamant qu'un droit de quinze pour cent.

    «  Des masses immenses d'individus se corrompant dans une inaction forcée encombrent le sol de l'Inde (35), » parce que la porte de l'atelier est interdite à l'Indou, ainsi qu'au nègre de la Jamaïque. S'il tente de convertir son coton en fil, son fuseau est taxé proportionnellement à tout le bénéfice qu'il pourrait lui procurer ; s'il tente de faire de la toile, son métier à tisser est soumis à une lourde taxe, dont est affranchi son riche concurrent Anglais. Son fer et sa houille doivent rester au sein de la terre, et s'il ose même recueillir le sel qui se forme en cristaux sur le seuil de sa demeure, l'amende et la prison sont la récompense de son travail. Il doit produire le sucre pour être exporté en Angleterre, et y être échangé peut-être contre du sel anglais. L'ouvrier paye le sucre arrivé dans ce pays probablement à raison de 40 schell. le quintal, sur lesquels le gouvernement réclame un tiers, l'armateur, le négociant, etc., un autre tiers, et le tiers restant doit être partagé entre les agents de la compagnie, qui veut percevor l'impôt et le pauvre ryot, qui veut se procurer le peu de sel qu'il consommera pour assaisonner son riz, et quelques lambeaux du coton de son voisin, sous la forme de tissu anglais, pour couvrir ses reins.

    Le fer, grâce auquel la population pouvait améliorer ses procédés de culture et d'industrie, a peu de tendance à se porter vers l'Inde ; la moyenne de l'importation dans ce pays, en 1845 et 1846, n'a été que de 13 000 tonneaux, représentant une valeur de 160 000 liv. sterl., soit environ la valeur de 2 pence par cinq individus. On s'efforce aujourd'hui de construire des chemins de fer ; mais l'objet qu'on se propose en cette circonstance, c'est de continuer le système de centralisation et de détruire encore plus efficacement la puissance d'association ; en effet, on cherche ainsi à anéantir ce qui reste encore de l'industrie manufacturière indigène, et de cette façon à faire baisser le prix du coton. Malgré toutes les améliorations apportées dans le transport de cette denrée, le malheureux cultivateur qui la produit, obtient en échange moins qu'il y a trente ans ; et le résultat d'un nouveau progrès ne peut être que d'amener une réduction encore plus considérable, et de rendre encore plus déplorable la condition des individus qui produisent les subsistances et le coton. Jusqu'à présent, la faculté d'association continue à subsister dans le Punjab ; mais comme on se propose d'y tenir de grandes foires pour la vente des produits des manufactures anglaises, le jour ne peut être éloigné où la situation des nouvelles provinces deviendra semblable à celle des anciennes, aucun effort n'étant épargné pour mettre en oeuvre le système qui a pour but de confiner toute la population dans les travaux agricoles et de la forcer à épuiser son sol. Il est nécessaire, dit M. Chapman, le grand avocat des chemins de fer dans l'Inde, que la relation « entre le producteur Indien et le filateur Anglais » devienne plus intime « et plus l'Anglais deviendra capable de dépasser la demande à l'intérieur, plus l'agriculteur indigène sentira fortement que son succès personnel dépend de ce fait, d'assurer et d'améliorer ses relations avec l'Angleterre, » c'est-à-dire plus le commerce peut être anéanti, et plus on peut empêcher les indigènes d'associer leurs efforts, plus augmentera, suivant l'opinion de M. Chapman, la prospérité de l'Inde. La centralisation a appauvri et dépeuplé, dans une proportion considérable, ce pays. Mais son oeuvre n'est pas cependant achevée. Il reste encore à réduire la population du Punjab, de l'Afghanistan et du pays des Birmans à la même condition que la population du Bengale.

    Qu'il y ait dans toute l'étendue de l'Inde, une diminution constante dans la puissance d'association, le développement de l'individualité, le sentiment de la responsabilité et la capacité pour le progrès, c'est ce que personne ne peut mettre en doute en étudiant avec soin les ouvrages qui traitent de ce pays. MM. Thompson, Bright, etc., font peser sur la Compagnie la responsabilité de tous ces faits ; mais en lisant les ouvrages de MM. Campbell et Sleeman, on ne peut hésiter à croire que sa direction est animée maintenant du désir sérieux d'améliorer le sort de ses infortunés sujets. Malheureusement, la Compagnie se trouve à peu près dans la position des propriétaires de terres de la Jamaïque, et elle est elle-même sur le penchant de sa ruine parce que ses sujets sont forcés de se borner à l'agriculture, et qu'ils reçoivent une portion bien faible sur la valeur de leur insignifiante quantité de produits. Aujourd'hui, comme au temps de Joshua Gee, la portion la plus considérable reste en Angleterre, dont la population consomme le sucre à bon marché, tandis que celui qui le produit meurt de faim dans l'Inde. On obtient le sucre et le coton à bon marché, en sacrifiant les intérêts d'une grande nation ; et tant que la politique de l'Angleterre continuera à parquer toute la population de l'Inde dans les travaux des champs, le sol continuera nécessairement à s'appauvrir, la puissance d'association continuera à décliner, et le gouvernement devra de plus en plus dépendre du pouvoir d'empoisonner le peuple chinois ; et conséquemment, il arrivera, que de quelques bonnes dispositions que soient animées les personnes chargées de remplir les fonctions gouvernementales, elles doivent se trouver de plus en plus forcées d'écraser le pauvre ryot, dans l'espoir de recueillir l'impôt.

 

 

 


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Published by Jean-Gabriel Mahéo - dans L'art - l'histoire et les idées
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