Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Travaux


Etude sur la nature
des mouvements écologistes
et leurs véritables objectifs



L'héritage de
Franklin Delano Roosevelt


boris 

La révolution Roosevelt 

Georges Boris


Moulin.jpgL'héritage du
Conseil National
de la Résistance

Quelques textes de
Vladimir I. Vernadski

henry charles carey
Principes de la science sociale
de Henry Charles Carey

Friedrich List
Le Système national
d'économie politique
de Friedrich List

Friedrich Von Schiller

Le Droit des Gens
d'Emerich De Vattel

 

Recherche

Page d'accueil
- Cliquez ici -

Fusion,
enfin les archives !
1 novembre 2004 1 01 /11 /novembre /2004 10:58

PRINCIPES DE LA SCIENCE SOCIALE
PAR M. H.-C. CAREY (De Philadelphie)

 

henry_charles_carey.jpg


TRADUITS EN FRANÇAIS PAR MM. SAINT-GERMAIN-LEDUC ET AUG. PLANCHE

  1861

 

 

 

 

 

 

CHAPITRE XIX :

CONTINUATION DU MÊME SUJET.

 

    § 8. — Dissidences entre Adam Smith et les économistes Anglais modernes.


    Adam Smith ne connaissait en aucune façon « la science sinistre » que nous venons de décrire. Ayant complètement foi dans les avantages du commerce, il tenait en grand dédain le système basé sur l'idée de transformer une nation entière en une masse d'individus, simples trafiquants des produits des autres pays. Croyant « que la seule chose nécessaire était, évidemment, » que la terre donnât le plus grand excédant possible, » il favorisait sa division parce que « les petites fermes, » ainsi qu'il le voyait bien, « pouvaient fournir un plus grand excédant que des portions semblables d'une ferme plus considérable, » et parce que ses yeux n'avaient pas aperçu ce fait imaginaire, que l'immobilisation de la propriété foncière « élève généralement le niveau de l'aisance » et ajoute une nouvelle force aux ressorts qui mettent l'industrie en mouvement (8). » Si cette idée lui fût venue, il eût probablement recherché comment il était arrivé que dans tous les autres pays cette immobilisation avait été accompagnée de la dépopulation, de l'esclavage, et de la mort politique et morale.

    Fermement convaincu de l'égalité des droits pour tout individu, il était aussi peu capable d'apercevoir la justice des mesures prohibitives du commerce appliquées aux colonies (9), qu'il le serait aujourd'hui de découvrir la convenance ou l'avantage, pour l'Angleterre elle-même, « d'un état de guerre » de la part des grands capitalistes nationaux, dans le but d'anéantir la concurrence à l'intérieur et au dehors. Ayant une ferme confiance dans l'existence de l'être qui lui est connu sous le nom d'homme, être possédant des sentiments et des affections, il avait une grande admiration « pour le petit propriétaire, » qui, connaissant « toutes les parties qui forment son petit territoire, le considère avec toute l'affection que la propriété, particulièrement la petite propriété, inspire naturellement ; et qui, par cette raison, prend plaisir, non-seulement à le cultiver, mais encore à l'embellir, » et il aurait rejeté avec dédain l'idée de l'homme que conçoit l'économie politique moderne, c'est-à-dire un être qui dort, mange et procrée, et doit recevoir un salaire qui lui permette de satisfaire les besoins les plus restreints de sa nature, et ces besoins uniquement. Voyant clairement « que l'emploi le plus avantageux du capital du pays auquel celui-ci appartient est celui qui entretient la quantité la plus considérable de travail productif, et augmente le plus le produit annuel de la terre et du travail de ce pays, il avait peu de considération pour les opinions de ceux qui voyaient dans « le commerce étranger » l'indice unique de la prospérité ; et s'il vivait aujourd'hui, il respecterait aussi peu les opinions de ceux qui voient, dans l'importation de « la richesse des climats que parcourent en nomades les nations sauvages, pillées par des esclaves, pour acheter des esclaves à l'intérieur, » une compensation, quelle qu'elle soit, à l'établissement d'un système, sous, l'empire duquel « l'homme devient un poison, et la population un fléau. » S'attachant à peine à une seule opinion qui lui soit commune avec cette économie politique moderne, née, depuis, de l'école anglaise (10), il n'y a guère lieu d'être surpris que nous ne trouvions dans le grand ouvrage de Smith aucune preuve, qu'il croie que « la misère, » décrite par Malthus, existe en vertu d'aucune des lois établies par Dieu, que cet Être si grand et si bienfaisant n'ait aucune place à sa table pour des fractions considérables de la famille humaine ; ou que cet écrivain pense qu'une nation devait s'enrichir par cette extirpation, de hardis paysans, l'orgueil de leur patrie, qui a eu lieu, depuis cette époque, dans toutes les parties du Royaume-Uni.

    Appréciant pleinement les avantages pécuniaires et politiques, moraux et sociaux, résultant du commerce, Smith vit clairement qu'il prenait des accroissements à mesure que diminuait la nécessité d'avoir recours aux services de l'individu chargé du transport, à mesure que les individus occupés d'effectuer les changements mécaniques et chimiques dans la forme de la matière, nécessaires pour l'approprier à la consommation de l'homme, se rapprochaient de plus en plus de ceux qui s'occupaient de développer les trésors de la terre et d'augmenter la quantité de matières premières à transformer, et que chaque pas dans cette direction était suivi d'une diminution dans la valeur des denrées, et d'un accroissement de la valeur et de la liberté humaines (11).

 

 

 

 

Table des matières - Suite

Partager cet article

Repost 0
Published by Jean-Gabriel Mahéo - dans L'art - l'histoire et les idées
commenter cet article

commentaires