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1 novembre 2004 1 01 /11 /novembre /2004 10:58

PRINCIPES DE LA SCIENCE SOCIALE
PAR M. H.-C. CAREY (De Philadelphie)

 

henry_charles_carey.jpg


TRADUITS EN FRANÇAIS PAR MM. SAINT-GERMAIN-LEDUC ET AUG. PLANCHE

  1861

 

 

 

 

 

 

CHAPITRE XVII :

CONTINUATION DU MÊME SUJET.

 

    § 1. — Erreurs du système anglais, évidentes pour Adam Smith. Avertissements qu'il donne à ses compatriotes relativement aux dangers inséparables de leur dépendance exclusive à l'égard du trafic.


    La Richesse des nations fut publiée pour la première fois en 1776 ; et le but principal de l'auteur avait été de forcer ses compatriotes à prendre en considération cette grande vérité, que le trafic et les manufactures n'étaient utiles, uniquement, qu'autant qu'ils contribuaient au progrès de l'agriculture, au développement des trésors de la terre et à l'encouragement du commerce. La tendance du système colonial s'opposait positivement, suivant son opinion, à ce qu'aucun de ces effets se produisit, puisqu'en empêchant les colons d'appliquer leurs travaux à une « fabrication plus raffinée, » en les restreignant à la fabrication de produits « grossiers et de ménage, de ceux dont se sert habituellement une famille en son particulier et pour son propre usage, » ce système tendait assurément à augmenter la quantité de matières premières expédiées en Angleterre, et décourageait ainsi l'agriculture anglaise. Ce résultat était précisément celui que cherchaient à obtenir le trafiquant et le manufacturier ; plus les matières premières étaient à bon marché au dehors, plus le prix demandé par le premier, pour le fret, était élevé, et plus étaient considérables les bénéfices du second.

    Quant à ce fait que le système tendait à créer un marché pour les subsistances, le fermier anglais trouvait un profit ; mais en ce qui concernait tous les autres produits bruts, il avait gravement à souffrir de ce que Smith appelait «la rapacité sordide, l'esprit de monopole des marchands et des manufacturiers », de cette classe d'individus qui pensait « que le trésor de l'Angleterre ne devait se fonder » uniquement que sur le commerce étranger. » Pour que ce trafic prospérât, ils voulaient avoir des matières premières à bas prix ; et, pour amener ce bas prix, ils cherchaient à favoriser la concurrence pour la vente, sur le sol anglais, de tous les produits bruts des autres pays, ainsi que des produits à moitié transformés, nécessaires pour toutes les opérations de l'industrie manufacturière. « En encourageant l'importation du fil de coton, dit Smith, et le faisant venir ainsi en concurrence avec celui qui est fabriqué par notre propre population, ils cherchent à acheter le travail des pauvres fileurs aussi bon marché que possible. » « Ils s'appliquent, continue-t-il, à tenir à bas prix les salaires de leurs propres tisserands, ainsi que le gain des pauvres fileuses ; et s'ils cherchent à faire hausser le prix de l'ouvrage fait, ou à faire baisser celui de la matière première, ce n'est nullement pour le profit de l'ouvrier. L'industrie qu'encourage principalement notre système mercantile, c'est celle sur laquelle porte le bénéfice des gens riches et puissants. Celle qui alimente les profits du faible et de l'indigent est trop souvent négligée et opprimée (1). »

    S'occupant donc presque exclusivement du trafic, le système tendait, ainsi que le voyait Smith, à accroître, contrairement aux lois naturelles, la proportion de la population britannique employée à l'oeuvre de l'échange et du transport, créant, de cette manière, une nation de simples boutiquiers, et « rompant l'équilibre naturel, qui, autrement, se fût établi entre les différentes branches de l'industrie britannique. » Au lieu de circuler à travers mille petits canaux, on lui avait appris à se diriger principalement vers un canal unique, « rendant ainsi l'industrie et le commerce moins solidement assurés, et la santé du corps politique moins ferme et moins robuste. » « Dans sa situation actuelle, l'Angleterre, à son avis, ressemblait à l'un de ces corps malsains, où quelques-unes des parties vitales ont pris une croissance monstrueuse, et qui, par cette raison, sont sujets à plusieurs maladies dangereuses, attaquant rarement les individus chez lesquels toutes les parties se trouvent mieux proportionnées. »

    Les dangers qui accompagnent ce dévouement exclusif aux prétendus intérêts du trafic, lui étant clairement démontrés, il avertissait ses compatriotes « qu'un léger engorgement dans cet énorme vaisseau sanguin, qui s'était grossi plus que ne le comportaient ses dimensions naturelles, et à travers lequel circulait, d'une manière forcée, une proportion excessive de l'industrie et du commerce national, menacerait tout le corps politique des plus funestes maladies. Le sang, dont la circulation se trouve arrêtée dans quelqu'un des petits vaisseaux, se dégorge facilement dans un plus grand sans occasionner de crise dangereuse ; mais s'il se trouve arrêté dans l'un des grands vaisseaux, les convulsions, l'apoplexie et la mort, sont les conséquences immédiates et inévitables d'un pareil accident. Qu'il survienne seulement quelque léger empêchement ou quelque interruption d'emploi dans un de ces genres de manufactures qui se sont étendus d'une manière démesurée, et qui, à force de primes et de monopoles sur les marchés coloniaux et nationaux, sont arrivés artificiellement à un degré d'accroissement contre nature, il n'en faut pas davantage pour occasionner de nombreux désordres, des séditions alarmantes pour le gouvernement, et capables même de troubler la liberté des délibérations de la législature. A quelle confusion, à quels désordres ne serions-nous pas exposés infailliblement, pensait-il, si une aussi grande portion de nos principaux manufacturiers venait tout à coup à manquer totalement d'emploi (2) ! »

    Quelque graves que fussent les dangers, même déjà si manifestes, en tant qu'ils résultaient d'un accroissement anormal dans la proportion de la population vouée au trafic et au transport, le peuple anglais, à cette époque, ne faisait qu'entrer dans cette voie d'efforts tendant à forcer le monde entier de subir le système établi depuis si longtemps aux colonies. L'interdiction de l'émigration des artisans ne datait alors que de dix années ; et la puissance britannique commençait à peine à s'asseoir dans la péninsule hindostanique. Cinq ans après la publication de l'ouvrage d'Adam Smith, on prohibait l'exportation des machines destinées à fabriquer les étoffes de soie et de laine ; et, avant la fin du siècle, l'application du système avait été complétée par l'extension de la prohibition à toutes les autres espèces de machines, aussi bien qu'aux artisans capables de les fabriquer et aux houilleurs.

 

 

 


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Published by Jean-Gabriel Mahéo - dans L'art - l'histoire et les idées
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