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1 novembre 2004 1 01 /11 /novembre /2004 10:58

PRINCIPES DE LA SCIENCE SOCIALE
PAR M. H.-C. CAREY (De Philadelphie)

 

henry_charles_carey.jpg


TRADUITS EN FRANÇAIS PAR MM. SAINT-GERMAIN-LEDUC ET AUG. PLANCHE

  1861

 

 

 

 

 

 

CHAPITRE XVIII :

CONTINUATION DU MÊME SUJET.

 

    § 1. — L'interruption de la circulation est une conséquence nécessaire du système anglais. Inconséquences des auteurs qui enseignent la science sociale.


    Dans l'ordre naturel des événements, la nécessité d'avoir recours aux services du trafiquant et de l'individu qui s'occupe du transport tend à la diminution ; et avec chaque accroissement dans le pouvoir de l'homme d'entretenir le commerce avec son semblable, la circulation de la société tend à l'accélération ; permettant à chacun et à tous de trouver immédiatement un acheteur pour son temps et ses talents, et de devenir ainsi un concurrent pour l'achat de ceux des autres. Le capital se forme alors rapidement, avec une tendance constante à un nouveau développement des diverses facultés, et un accroissement constant dans la facilité d'association et la tendance à des progrès nouveaux. Partout, et chaque fois que le contraire est constaté, partout où le besoin des services du trafiquant et du voiturier devient croissant, on constate des résultats opposés ; la circulation devient de plus en plus languissante, la déperdition de puissance est plus considérable, et le commerce diminue peu à peu jusqu'au moment, où finalement, il cesse d'exister.

    L'interruption de la circulation, aussi funeste au corps social qu'elle l'est au corps humain, est la tendance naturelle du système anglais. C'est pourquoi nous avons été portés à remarquer la disparition totale d'une proportion si considérable de nègres importés dans les Antilles, et la perte presque complète de puissance parmi ceux qui existent encore. De là vient aussi que les symptômes d'une prochaine dissolution se révèlent d'une façon si manifeste en Irlande et dans l'Inde. C'est à la même cause qu'il a fallu attribuer la croissance du paupérisme au temps de Malthus, ainsi qu'à une époque plus récente où l'Angleterre était inondée d'une multitude d'Irlandais, désireux de vendre leur travail à tout prix ; et remplissant ses maisons de pauvres au point de menacer d'un débordement la terre et ses propriétaires, par suite de la taxe nécessaire à leur entretien.

    Dans cet état des faits, la question s'est élevée de savoir à quelle cause on devait les attribuer ; et tout naturellement les avocats du système qui se proposait d'obtenir à bas prix les matières premières attribuèrent tous ces faits à la rareté, et conséquemment au prix élevé des subsistances. Les propriétaires du sol, — croyant avec Adam Smith — « que si tout le produit de l'Amérique, en céréales de toute sorte, en comestibles salés et en poisson, était forcé d'arriver sur le marché de l'Angleterre, ce serait un grand découragement pour l'agriculture, » les propriétaires, disons-nous, s'étaient efforcés, ainsi que le lecteur l'a vu, de se défendre contre l'action du système mercantile, en faisant promulguer des lois qui empêchaient l'importation des substances alimentaires, sauf en certaines circonstances ; et c'est à l'existence de ces lois mêmes, qu'on attribuait maintenant un état de choses, qui n'était que le produit naturel d'un système dont l'erreur avait été si complètement exposée dans la Richesse des nations.

    On assurait cependant aux individus que, s'ils voulaient savoir pour quelle cause deux travailleurs avaient si longtemps cherché du travail lorsqu'un seulement pouvait en obtenir, ils devaient songer à la trouver dans les lois que nous venons de citer ; et cette assurance était donnée, précisément par les mêmes personnes dont les opinions avaient été exprimées par M. Huskisson vingt ans auparavant, lorsqu'il déclarait « que pour donner au capital une rémunération convenable, le prix du travail devait être maintenu à un taux peu élevé. » Maintenant, toutefois, ils déclaraient se diriger dans un sens opposé, cherchant à élever le salaire aux dépens du capital, mais non pas cependant de leur capital personnel. Rapportez les lois sur les blés, disaient-ils, et il y aura alors deux chefs d'industrie en quête d'un travailleur, et le prix du travail haussera ; et alors le numéraire sera abondant, tandis que le blé sera à bon marché. Les lois ont été rapportées ; mais l'effet produit a été précisément le contraire de ce qu'on avait promis ; le mouvement de circulation de la société ayant diminué, lorsqu'il aurait dû s'accroître. Loin que les individus aient été mis à même de se rapprocher davantage les uns des antres et de se passer de plus en plus des services du trafiquant et du voiturier, ils se sont constamment tenus à l'écart ; l'émigration des îles anglaises a dépassé tout ce qu'on avait vu jusqu'alors. Au lieu de tendre à ramener la société à ses proportions naturelles, le rappel des lois a augmenté la disproportion qui existait antérieurement, la population rurale a abandonné le sol et créé ainsi la demande de navires et de matelots (1). Au lieu de diminuer la centralisation et d'établir ainsi un mouvement dans le sens de la liberté, il a rendu la centralisation plus complète, en même temps qu'il y a eu chaque jour diminution dans le pouvoir du travailleur de décider pour qui il travaillerait et quelle serait sa rémunération ; et le rappel des lois a accompli cela, malgré les tendances en sens contraire des découvertes de gisements aurifères en Californie et en Australie.

 

 

 


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Published by Jean-Gabriel Mahéo - dans L'art - l'histoire et les idées
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