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1 novembre 2004 1 01 /11 /novembre /2004 10:58

  PRINCIPES DE LA SCIENCE SOCIALE
PAR M. H.-C. CAREY (De Philadelphie)

 

henry_charles_carey.jpg


TRADUITS EN FRANÇAIS PAR MM. SAINT-GERMAIN-LEDUC ET AUG. PLANCHE

  1861

 

 

 

 

 

 

CHAPITRE XV :

DES CHANGEMENTS MÉCANIQUES ET CHIMIQUES DANS LES FORMES DE LA MATIÈRE.

 

    § 2. — Instruments indispensables pour obtenir le pouvoir de disposer des services que rendent les forces naturelles. Ce pouvoir constitue la richesse. Les premiers pas faits dans cette voie sont les plus difficiles et les moins productifs.


    Cependant, avant que Robinson pût fabriquer un arc, il eut besoin de posséder une espèce quelconque d'instrument tranchant ; et cet instrument, il l'obtint, nous le savons, sous la forme d'un morceau de silex on d'une autre pierre dure, dont il avait aiguisé le bord au moyen du frottement.  De quelque côté que nous portions nos regards, même parmi les peuplades les plus sauvages, nous les voyons obtenir l'empire sur certaines forces naturelles, et cela grâce à des instruments dont la fabrication exige une certaine connaissance des propriétés de la matière.  Avec la science vient la puissance, et avec l'augmentation du pouvoir exercé sur la nature, on obtient une quantité constamment croissante de subsistances et de vêtements, en retour d'efforts musculaires constamment moins considérables.

    C'est là comme partout que le premier pas, en même temps qu'il est le plus difficile à faire, donne la rémunération la plus faible. Faisant d'abord usage d'une coquille, l'homme arrive ensuite à se servir d'un caillou ; de là il passe successivement au couteau de cuivre, de bronze, de fer et d'acier ; et, enfin, à la scie à mouvement circulaire, acquérant, à chaque pas, le pouvoir d'en faire un nouveau et plus important.  Le fuseau et le métier, au moment où ils parurent ont dû être des inventions très-étonnantes ; et à tel point qu'elles ont suffi au monde pendant plusieurs siècles.  Plus tard vint le métier à filer, et aujourd'hui la force de la vapeur a été substituée à celle de la main de l'homme, avec un accroissement immense de produit.  Et cependant ce n'a été là que le premier pas fait dans cette voie ; depuis cette époque, on a pu, à l'aide de la vapeur, non-seulement tisser la toile, mais la revêtir des couleurs et des dessins les plus variés. D'année en année, nous assistons à de nouveaux perfectionnements dont chacun, quel qu'il soit, dépasse en importance ceux dont nous sommes redevables aux dix siècles qui précèdent le commencement du XVIIIe. La quantité de toile qui est, aujourd'hui, le fruit du travail d'une demi-douzaine de femmes, est plus considérable que celle qu'on eût pu obtenir, il y a un siècle, du travail de cent individus.  Il y a cinquante ans, chaque morceau de fer en barres exigeait, pour sa production, l'intervention constante de la force d'individus travaillant les bras armés de marteaux, et obligés à chaque coup de soulever l'instrument, ce qui entraînait une énorme perte de puissance.  Arrivé à savoir que le fer pouvait se laminer, et à l'aide de la vapeur, l'homme acquit la faculté de disposer d'une grande force naturelle, avec le secours de laquelle ses travaux devinrent moins continus et plus efficaces, en même temps que devinrent moins considérables les demandes faites à ses propres forces. Le fer étant plus facile à se procurer, rendit plus facile l'acquisition de nouvelles quantité de houille et de minerai ferrugineux ; et ceux-ci, à leur tour, rendirent le même service, en fournissant des moyens mécaniques de tout genre, depuis le petit instrument qui sert à fabriquer des épingles et des aiguilles, jusqu'à la puissante machine à vapeur qui draine la mine, ou sert de moteur au moulin.

    Le pouvoir de diriger les forces de la nature constitue la richesse.  Plus la richesse est considérable, plus est faible la proportion des travaux de l'homme, nécessaire pour effectuer les changements chimiques ou mécaniques dans les formes de la matière, et plus est considérable la proportion de ces mêmes travaux que l'on peut consacrer à l'accomplissement des changements vitaux, à l'aide desquels on obtient une quantité plus considérable des choses à transformer.  Le moulin, grâce auquel l'eau, le vent ou la vapeur peuvent désormais accomplir le travail qu'exécutaient les bras autrefois — en convertissant le blé en farine, — a diminué la somme d'efforts humains, nécessaire pour effectuer des changements dans la forme des subsistances, et augmenter considérablement la somme d'efforts à consacrer à cette oeuvre : accroître la quantité de blé à moudre.  De même aussi le métier à filer et le métier à tisser, en diminuant le travail nécessaire pour opérer des changements dans la forme sous laquelle se présente la laine, ont laissé disponible une somme considérable de travail que l'on a pu consacrer à augmenter la quantité de laine.  C'est ainsi, également, que les choses doivent se passer, dans tous les cas où la puissance de la nature vient en aide au travail accompli par l'homme dans le but de convertir les produits que nous donne la terre, notre mère si féconde ; la proportion du travail de celui-ci qui peut être consacrée à augmenter la quantité des matières premières, tendant à s'accroître constamment avec chacun de ces surcroîts de puissance.

    Plus est faible la quantité de travail nécessaire pour l'oeuvre de transformation, plus est considérable celle qui peut être employée à préparer l'immense machine à laquelle nous devons à la fois les subsistances et la laine, et plus doit augmenter la facilité de soumettre à la culture des sols plus fertiles ; en se procurant ainsi de plus grandes quantités des subsistances nécessaires pour rendre les hommes capables de vivre entre eux dans des rapports étroits, en même temps qu'ils associent leurs efforts pour obtenir de nouveaux triomphes.  Plus ils s'associent, plus est rapide le développement de l'individualité, et plus augmente le pouvoir d'accomplir des progrès ultérieurs.

 

 

 

 


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Published by Jean-Gabriel Mahéo - dans L'art - l'histoire et les idées
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