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1 novembre 2004 1 01 /11 /novembre /2004 10:58

  PRINCIPES DE LA SCIENCE SOCIALE
PAR M. H.-C. CAREY (De Philadelphie)

 

henry_charles_carey.jpg


TRADUITS EN FRANÇAIS PAR MM. SAINT-GERMAIN-LEDUC ET AUG. PLANCHE

  1861

 

 

 

 

 

 

CHAPITRE XIII :

CONTINUATION DU MÊME SUJET.

  

    § 2. — Partout le commerce de l'Inde est sacrifié pour favoriser le trafic.


    Jusqu'à ce jour, ainsi que nous le voyons, il y a eu tendance à annihiler les droits non-seulement des rois et des princes, mais de toutes les autorités indigènes, et à centraliser à Calcutta, entre les mains des étrangers, le pouvoir de prononcer, à l'égard du cultivateur, de l'artisan ou de l'ouvrier, quel ouvrage il devrait faire, et quelle part de ses produits il devrait prélever à son profit,— plaçant ainsi ce dernier exactement dans la position d'un individu purement esclave de gens qui, — ne s'intéressant à lui qu'à titre de payeur d'impôt, — étaient représentés dans le pays par des étrangers dont l'autorité était partout exercée par les officiers indigènes employés par eux, pour leur permettre d'amasser des fortunes à leur profit personnel.

    Le pauvre manufacturier, imposé aussi lourdement que le cultivateur de la terre, se trouvait forcé d'obtenir des avances de ceux qui l'employaient, lesquels, à leur tour, réclamaient, à titre d’intérêts, une proportion considérable du faible bénéfice réalisé. Les agents de la Compagnie, comme les négociants indigènes, avançaient les fonds nécessaires pour produire les denrées demandées par l'Europe ; et l'on nous peint les pauvres ouvriers comme ayant été « réduits à un état de dépendance voisin de la servitude, » qui permettait au Résident d'obtenir leur travail au prix qu'il y » mettait lui-même (10).

    De nouvelles taxes furent perçues dans les douanes locales, sur tous les échanges entre les diverses parties du pays ; et à ces taxes on en ajouta d'autres, au moyen des monopoles établis sur l'opium et le tabac, aussi bien que sur le sel, l'une des denrées les plus nécessaires à la vie. La fabrication du sel gris, extrait du sein de la terre, fut sévèrement interdite (11). Les lacs salés du haut pays en fournissent si abondamment qu'il n'a que peu de valeur sur les lieux (12). Mais, comme ils se trouvaient même, jusqu'à ce jour, en la possession des princes indigènes, le monopole ne pouvait alors, et ne peut aujourd'hui, en être maintenu qu'à l'aide de fortes troupes d'officiers du fisc, dont la présence rend ce qui n'a presque aucune valeur sur l'un des côtés d'une ligne de démarcation imaginaire, si précieux de l'autre côté, qu'il faut le produit de la sixième partie du travail de toute l'année, pour permettre au pauvre Hindou d'acheter du sel pour les besoins de sa famille. Sur toute l'étendue du rivage de la mer le sel est abondamment fourni par la nature, la chaleur solaire produisant constamment des dépôts salins ; mais le simple fait de le recueillir était considéré comme un délit entraînant l'amende et la prison ; et la quantité recueillie par les officiers de la Compagnie, était limitée à celle qui était nécessaire pour satisfaire la demande au prix du monopole, — tout le reste étant régulièrement anéanti, de peur que le pauvre ryot ne réussît à se procurer pour lui-même, à ses frais, la quantité indispensable pour donner une saveur agréable au riz, base presque unique de son alimentation. Depuis, ce système est devenu moins oppressif ; mais le simple impôt en argent, même aujourd'hui, est dix fois plus considérable qu'il n'était sous le règne des souverains mahométans éclairés (13). Si nous ajoutons que le malheureux ryot est forcé de faire, en pure perte, le travail qui aurait pu être appliqué à recueillir le sel que sa famille a besoin de consommer, on verra que le montant de la perte, dans ce seul cas, est énorme.

    Sous la domination des princes indigènes, le produit de l'impôt était dépensé sur les lieux ; il produisait une demande de denrées ou de services à l'intérieur ; mais, sous l'influence du système de centralisation qui existe aujourd'hui, il faut que ce produit soit exporté pour être employé à acheter les services, ou à payer les dividendes d'individus résidant à de grandes distances ; et c'est ainsi que le fardeau réel des impôts est augmenté, dans une proportion presque illimitée, par l'anéantissement de la puissance d'association. C'est ainsi que partout le commerce est sacrifié au trafic (14).

 

 

 

 

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Published by Jean-Gabriel Mahéo - dans L'art - l'histoire et les idées
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