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1 novembre 2004 1 01 /11 /novembre /2004 10:58

PRINCIPES DE LA SCIENCE SOCIALE
PAR M. H.-C. CAREY (De Philadelphie)

 

henry_charles_carey.jpg


TRADUITS EN FRANÇAIS PAR MM. SAINT-GERMAIN-LEDUC ET AUG. PLANCHE

  1861

 

 

 

 

 

CHAPITRE VI :

DE LA VALEUR.

 

    § 7. — Loi de distribution. Son application universelle.


    
    Avec la diminution dans la valeur des haches et des bêches, il se manifeste partout une diminution dans la proportion du produit dont est grevé leur usage ; et cette diminution est toujours très-rapide lorsque l'amélioration dans leur qualité est très-considérable. II en est de même aussi par rapport à la terre, dont la rente diminue constamment, dans la proportion qu'elle comporte à l'égard du produit du travail, et très-promptement, là où la marche du progrès est très-prompte également. Au temps des Plantagenets, le propriétaire du sol en Angleterre prenait tout et ne donnait au serf que ce qu'il lui plaisait d'accorder. Depuis cette époque, à mesure que le travail est devenu plus productif, il y a eu diminution constante dans la proportion réclamée par le propriétaire du sol, au point que celle-ci est tombée à une moyenne d'un cinquième ; ce qui laisse les quatre autres cinquièmes, comme compensation de son travail, à l'individu qui cultive la terre. Ici, nous le voyons, le mouvement est exactement le même que celui que nous avons observé par rapport au loyer des haches, au fret des navires et à l'intérêt de l'argent ; et il nous fournit une nouvelle preuve de l'universalité des lois qui régissent la matière, sous quelque forme qu'elle existe.

    L'erreur de tous les économistes auxquels nous avons fait allusion, et à dire vrai, de tous les auteurs qui ont écrit sur la science sociale, consiste en ceci : qu'au lieu d'étudier ce que les hommes ont toujours fait, et ce qu'ils font encore aujourd'hui, par rapport à la terre, ils étudient dans leurs cabinets ce que ces mêmes hommes doivent faire, et ce qu'ils imaginent qu'ils feraient eux-mêmes, sous l'empire de circonstances semblables. Lorsque, par exemple, Adam Smith écrivit le passage dans lequel il prétendit « que les terrains les plus fertiles et les mieux situés ayant été occupés les premiers, » les hommes ne pouvaient, en conséquence, obtenir qu'un profit moins considérable de la culture des terrains restant, inférieurs pour la qualité du sol et la situation ; donnant ce fait comme une raison de la diminution dans la part proportionnelle du capitaliste, diminution qui suit toujours le progrès de la richesse et de la population, il négligeait complètement les faits que lui offrait l'histoire de son propre pays ; tous ces faits démontrent que les hommes ont partout commencé par les terrains plus pauvres des hauteurs, et ont travaillé pour arriver aux terrains plus riches des vallées arrosés par des rivières, et non pour abandonner ceux-ci.

    Il était naturel que Smith et ses successeurs, en Angleterre et en France, eussent cette opinion, que les hommes, lorsqu'ils ont à choisir entre les terrains fertiles et les terrains ingrats, veulent, naturellement, s'emparer des premiers comme susceptibles de donner les revenus les plus considérables, en échange d'une quantité donnée de travail. Si cependant ils avaient réfléchi sur ce fait, que les premiers colons de leurs pays respectifs avaient été obligés de travailler avec le seul secours de leurs bras, et n'avaient eu, conséquemment, qu'à un très-faible degré le pouvoir de forcer la nature à travailler pour eux, tandis que la nature elle-même, telle qu'elle se montre dans les riches terrains de vallées, était toute-puissante et capable de manifester une résistance très-énergique à leurs efforts, ils n'auraient pu manquer de reconnaître, que c'était sur les terrains maigres et ingrats des hauteurs que l'oeuvre de culture avait dû nécessairement commencer, et, en consultant l'histoire, ils auraient pu se convaincre qu'un pareil fait a été universel.

    C'est à cette supposition qu'il faut attribuer l'erreur qui a été partout commise, relativement à la cause de la valeur appliquée à la terre, ainsi que cela deviendra évident pour le lecteur, lorsqu'il verra que de semblables erreurs ont dû se produire, par rapport à toutes les autres denrées et objets soumis à la même série de raisonnements. Supposons, par exemple, qu'on ait admis que la nature a fourni partout des haches toutes prêtes, et que tout l'effort exigé de l'homme a été de faire son choix entre celles de première, de seconde, de troisième, dixième ou vingtième qualité ; puis examinons le résultat. Sous l'empire de pareilles circonstances, on peut affirmer franchement que les premiers colons prendraient les meilleures haches, celles qui, dans le moins de temps possible, abattraient la quantité de bois la plus considérable, et que, lorsqu'elles auraient été toutes prises, ceux qui viendraient ensuite seraient forcés de prendre les haches de seconde qualité, et ainsi, successivement, jusqu'au moment où, avec le nombre croissant, quelques individus se trouveraient réduits à travailler avec des haches de dixième ou vingtième classe. Quelle serait maintenant la valeur de celles de première qualité? Évidemment le prix d'appropriation, plus la différence entre les qualités naturelles de la hache n° 1 et de la hache n° 10 ou 20 ; et plus serait rapide l'accroissement de la population, plus serait considérable la demande de nouvelles quantités ; plus serait impérieuse la nécessité d'avoir recours aux haches de qualité inférieure, plus serait rapide la diminution dans la rémunération moyenne du travail, et plus rapide également l'augmentation de valeur des haches appropriées en premier lieu. La résistance offerte par la nature augmentant continuellement, les accumulations du passé atteindraient un pouvoir constamment croissant sur les travaux du présent.

    Nous savons que la réalité est précisément le contraire de tout ceci. L'homme coupe d'abord le bois avec une coquille affilée, puis il emploie le caillou tranchant, puis il obtient une hache en cuivre, à laquelle en succède une en fer et enfin en acier. Et à chaque pas dans cette direction, le travail obtient une rémunération plus considérable, en même temps qu'il y a diminution constante dans la valeur de toutes les haches existantes, le coût de reproduction diminuant constamment. La résistance qu'offre ici la nature à la satisfaction des désirs de l'homme diminue constamment, et les travailleurs du temps présent obtiennent un pouvoir qui s'accroît constamment sur les accumulations du passé. Dans le premier des cas cités, la valeur des haches a dû se composer du travail d'appropriation, plus celle de l'agent naturel qui a été approprié. Dans le second, c'est le même travail d'appropriation, moins celui qui est économisé par la substitution des forces gratuites qui existent toujours dans la nature et qui sont, de plus en plus, contraintes de travailler au profit de l'homme.

    L'expérience ayant démontré une parfaite similitude dans la série d'opérations qui s'accomplissent par rapport à la terre et à tous les instruments dans lesquels se transforment, à certains moments, des parties de celle-ci, soit haches ou machines à vapeur, maisons ou navires, l'homme isolé ayant commencé avec de misérables instruments de production, et l'homme associé à son semblable étant devenu capable de commander les services d'instruments d'un ordre plus élevé, les mêmes résultats doivent toujours suivre, comme les mêmes causes produisent les mêmes effets. C'est ce qui est démontré par ce fait, que la valeur de la terre est soumise à la même loi que celle des haches, diminuant dans son pouvoir de commander les services des travailleurs, et permettant aux travailleurs de commander ses services, en retour d'une proportion constamment décroissante du produit augmenté de la terre, et du travail exigé comme rente par le propriétaire du sol. Les choses étant ainsi, il doit être évident que ce dernier ne possède pas plus le pouvoir d'exiger un impôt pour le travail de l'agent naturel employé dans la production du froment, que le propriétaire de la hache pour ceux des agents naturels employés pour couper le bois ; et que tout ce que l'un reçoit est une compensation pour une partie du travail appliqué à soumettre la terre à la culture et à l'améliorer de toute autre manière ; tandis que l'autre reçoit, pareillement, une compensation pour ses services, en exploitant le minerai et le soumettant à la fusion, ainsi qu'en fabriquant la hache. C'est la population, et la puissance d'association qui en résulte, qui permet aux individus d'obtenir des subsistances des sols fertiles, et d'abandonner la hache formée d'une pierre tranchante pour la hache au tranchant d'acier ; et c'est la dépopulation, accompagnée de la diminution dans la faculté de combiner les efforts, qui les chasse de nouveau vers les sols ingrats pour y chercher leur nourriture, et les force de ne plus compter que sur la hache armée d'un caillou tranchant, à la place de la hache au tranchant d'acier. Avec la population, il y a augmentation constante dans le pouvoir de l'homme sur la nature, accompagnée de diminution des valeurs comparées au travail. Avec la dépopulation, il y a augmentation constante dans le pouvoir de la nature sur l'homme, accompagnée de la diminution dans la valeur du travail comparé avec les instruments de toute espèce.

 

 

 

 

 

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Published by Jean-Gabriel Mahéo - dans L'art - l'histoire et les idées
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