Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Travaux


Etude sur la nature
des mouvements écologistes
et leurs véritables objectifs



L'héritage de
Franklin Delano Roosevelt


boris 

La révolution Roosevelt 

Georges Boris


Moulin.jpgL'héritage du
Conseil National
de la Résistance

Quelques textes de
Vladimir I. Vernadski

henry charles carey
Principes de la science sociale
de Henry Charles Carey

Friedrich List
Le Système national
d'économie politique
de Friedrich List

Friedrich Von Schiller

Le Droit des Gens
d'Emerich De Vattel

 

Recherche

Page d'accueil
- Cliquez ici -

Fusion,
enfin les archives !
1 novembre 2004 1 01 /11 /novembre /2004 10:58

PRINCIPES DE LA SCIENCE SOCIALE
PAR M. H.-C. CAREY (De Philadelphie)

 

henry_charles_carey.jpg


TRADUITS EN FRANÇAIS PAR MM. SAINT-GERMAIN-LEDUC ET AUG. PLANCHE

  1861

 

 

 

 

 

CHAPITRE III :

DE L'ACCROISSEMENT DANS LA QUANTITÉ DE L'ESPÈCE HUMAINE.

 

    § 5. — Loi de Malthus sur la population. Elle enseigne, qu'en même temps que la tendance de la matière à revêtir les formes les plus humbles n'augmente que dans une proportion arithmétique, on constate que cette même tendance, lorsqu'elle cherche à atteindre la forme la plus élevée, n'existe que dans une proportion géométrique.

   
    La manière d'envisager les faits que nous venons de présenter diffère complètement de celle qui est admise aujourd'hui généralement, et connue sous le nom de loi de la population de Malthus, loi qui peut se formuler brièvement dans les termes suivants : la population tend à s'accroître dans une proportion géométrique, tandis que la quantité de subsistances ne peut s'accroître que dans une proportion arithmétique. La première, conséquemment, dépasse perpétuellement la seconde ; et de là vient que l'on voit partout se produire la maladie de l'excès de population avec ses compagnes ordinaires, la pauvreté, la misère et la mort ; maladie qui exige comme remèdes, d'une part, les guerres, les pestes et les famines, et de l’autre l'exercice de la contrainte morale qui engagera les individus des deux sexes à s'abstenir du mariage, et à éviter ainsi le danger résultant d'une nouvelle augmentation dans le nombre des individus à nourrir. Si l'on réduit cette théorie à des propositions distinctes, on peut alors la formuler comme il suit :

    1° La matière tend à se revêtir de formes de plus en plus élevées, passant des formes simples de la vie inorganique aux formes complexes et magnifiques de la vie végétale et animale, et finalement aboutissant à l'homme ;

    2° Cette tendance existe à un faible degré en ce qui concerne les formes les plus humbles de la vie, la matière ne tendant à prendre, que dans une proportion arithmétique, les formes de pommes de terre, de navets et de choux, de harengs et d'huîtres ;

    3° Lorsque, cependant, nous atteignons la forme la plus élevée qué la matière soit susceptible de revêtir, nous trouvons que la tendance à prendre cette forme augmente dans une proportion géométrique ; comme conséquence de ce fait, tandis que l'homme tend à croître en nombre dans la proportion des chiffres 1, 2, 4, 8, 16 et 32, les pommes de terre et les choux, les pois et les navets, les harengs et les huîtres n'augmentent que dans la proportion de 1, 2, 3 et 4 ; d'où découle ce résultat, que la forme la plus élevée dépasse perpétuellement les formes inférieures, et engendre la maladie de l'excès de population.

    Si de pareils faits étaient affirmés relativement à toute autre chose que l'homme, on les regarderait comme absurdes au plus haut degré, et l'on exigerait que les individus qui les avancent expliquassent comment on aurait ainsi mis à l'écart une loi universelle. Partout ailleurs l'augmentation dans la quantité est en raison inverse du développement. Il faut des quantités innombrables de petits insectes corallifères pour élever des îles destinées à des animaux et à des individus humains qui se comptent par milliers et par millions. Il faut des milliers d'individus de la Clio Borâlis pour fournir une bouchée à l'énorme baleine. La lignée d'un couple de carpes pourrait, nous dit-on, en une seule décade, croître jusqu'au chiffre de plusieurs millions. D'innombrables fougères préparent le sol, pour un seul chêne ; et les petits nés d'une seule paire de lapins compteraient par millions au bout d'une vingtaine d'années, tandis qu'il n'en naîtrait pas une douzaine d'un couple d'éléphants. Et lorsque nous atteignons la forme la plus élevée que la matière puisse revêtir, nous apprenons qu'il existe une loi nouvelle et supérieure, en vertu de laquelle la population humaine s'accroît dans une proportion géométrique, tandis que la multiplication des harengs, des lapins, des pommes de terre, des navets, et de toutes les autres denrées nécessaires à son usage, n'a lieu que dans une proportion arithmétique ! Telle est la loi extraordinaire proposée par Malthus, applicable au seul être auquel a été inculqué le désir de l'association, comme nécessaire pour concorder avec la condition unique de son existence ; au seul être auquel a été départie une variété infinie de facultés qui le rendent apte à s'associer avec ses semblables, facultés qui, pour se développer, exigent l'association ; au seul être également qui, ayant été doué du pouvoir de distinguer le bien du mal, et devenu ainsi responsable de ses actions, aurait pu demander, avec raison, d'être affranchi d'une loi qui exigeait de lui le choix entre le renoncement à cette espèce d'association, qui, de toutes est la plus propre à l'amélioration de son intelligence et de son coeur, et la nécessité de mourir de faim. Telle est, cependant, suivant les doctrines généralement admises de l'économie politique moderne, la loi de la population instituée par un Créateur qui n'est que sagesse, puissance et bonté, à l'égard de la créature faite à son image et douée du pouvoir de commander à toutes les forces de la nature et de les appliquer à son usage ; et quelque étrange que cela paraisse, aucune proposition soumise à l'examen n'a exercé, on n'exerce aujourd'hui, une influence aussi considérable sur les destinées de la race humaine. Il faut l'attribuer en partie à ce que cette loi s'est corroborée par une autre, en vertu de laquelle on suppose que partout l'homme a commencé l'oeuvre de culture sur des terrains riches, nécessairement ceux des marais et des rivières, en recueillant pour son travail un large profit ; et qu'il s'est trouvé forcé, à mesure que la population et la richesse se sont développées, de s'adresser à des terrains moins riches, ne recueillant en retour de tous ses efforts qu'un profit constamment moindre ; théorie qui, si elle était vraie, établirait pleinement l'exactitude de celle de Malthus. Quels sont ses titres à être admise comme telle, c'est ce que nous allons faire voir maintenant.

   

 

 

Tables des matières - Suite

Partager cet article

Repost 0
Published by Jean-Gabriel Mahéo - dans L'art - l'histoire et les idées
commenter cet article

commentaires