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1 novembre 2004 1 01 /11 /novembre /2004 10:58

PRINCIPES DE LA SCIENCE SOCIALE
PAR M. H.-C. CAREY (De Philadelphie)

 

henry_charles_carey.jpg


TRADUITS EN FRANÇAIS PAR MM. SAINT-GERMAIN-LEDUC ET AUG. PLANCHE

  1861

 

 

 

 

 

 

CHAPITRE XVIII :

CONTINUATION DU MÊME SUJET.

 

    § 8. — Amoindrissement dans la puissance de se diriger soi-même au sein du peuple et de la société.


    « Plus un être est imparfait, dit Goethe, plus les parties individuelles dont il se compose se ressemblent l'une à l'autre, et plus ces parties ressemblent au tout. Plus un corps est parfait, plus les parties deviennent dissemblables. Dans le premier cas, les parties sont plus ou moins la répétition de l'ensemble, dans le second, elles en diffèrent complètement. » Jugée d'après ce critérium, la société anglaise devient de plus en plus imparfaite, puisque, d'année en année, elle arrive à n'être plus qu'une corporation de trafiquants, environnée de toute part d'individus qui travaillent pour un salaire. Le petit propriétaire terrien a disparu. Le petit capitaliste devient simple détenteur d'une rente annuelle. Le petit journal quotidien cède la place au gigantesque Times. La centralisation s'accroît constamment, et à chaque phase de son accroissement, les parties se ressemblent de plus en plus, et le tout ressemble davantage aux parties dont il se compose ; le trafic et le transport deviennent chaque année, de plus en plus, le but de toutes les aspirations d'un gouvernement dont la politique est a déterminée par la considération de ce qui est avantageux pour le moment, sans admettre l'examen préalable de cette question s'il y a eu réclamation du droit (15). »

    Plus l'organisation est élevée, — plus est parfait le développement des diverses facultés de l'homme, plus est complet le pouvoir de se gouverner soi-même. Cela est aussi vrai à l'égard des sociétés que nous le voyons à l'égard des individus. Plus est parfaite la puissance d'association et plus est complet le développement des facultés diverses des membres divers qui composent la société, plus est complet son pouvoir de contrôler sa propre action, et moins elle est soumise aux influences extérieures.

    En Angleterre, ainsi que nous le voyons, la puissance d'association décline, et le gouvernement local autonome tend à disparaître ; la centralisation tend à le remplacer avec certitude et rapidité. Aussi nous devons nécessairement remarquer une faiblesse constamment croissante, qui se révèle par le besoin croissant de modifier son système conformément aux exigences des antres nations. Le changement apporté dans les lois sur la navigation a été imposé à l'Angleterre, d'abord par la résistance des États-Unis, et plus tard par celle de la Prusse et des autres puissances.

    Il en a été de même en ce qui concerne la question de protection. Pendant soixante-dix ans, et même en se reportant jusqu'à 1819, les droits sur les manufactures étrangères avaient constamment augmenté. Cette année même, et pendant les cinq années postérieures, plusieurs des sociétés européennes adoptèrent des mesures tendant â la résistance, en même temps que pendant la dernière fut promulgué le premier tarif américain basé sur l'idée de rapprocher l'un de l'autre le fermier et l'artisan, et d'équilibrer ainsi les prix des matières premières et des produits fabriqués. C'est à cette cause qu'il faut attribuer le changement apporté dans les mesures inaugurées par M. Huskisson, en 1825 ; changement qui se proposait constamment l'accomplissement d'un but important et unique, celui d'obtenir à bas prix toutes les matières premières de la fabrication, le blé, le coton ou le travail. La résistance, suivie de succès, de la Russie, la formation du Zollverein allemand, et le tarif américain de 1842 produisirent le changement complet de système qui eut lieu en 1846. La même chose eut lieu relativement aux droits sur le sucre. Les nègres émancipés de la Jamaïque avaient été assurés de la protection contre le sucre fabriqué par les esclaves ; cependant le Brésil força de violer une convention qui avait été bien stipulée. La guerre de Crimée ne doit guère être considérée comme ayant été un acte volontaire de la part du gouvernement, pas plus que la paix faite récemment. Si nous tournons nos regards vers l'Inde, nous voyons que le gouvernement continue la plus injuste des guerres «  parce qu'il ne peut se permettre de laisser voir, même un seul moment, qu'on puisse mettre en doute que sa domination sur l'Inde repose sur la puissance du conquérant (16). »

    On dit cependant que la disparition des entraves imposées au commerce et le rappel des lois sur la navigation ont été la conséquence de l'amélioration des idées, et que ces mesures ont eu lieu par déférence pour l'esprit de progrès du siècle. S'il en était réellement ainsi, cet esprit se serait manifesté dans d'autres directions ; mais c'est ce qui n'a pas lieu, malheureusement. Il ne pouvait exister rien de plus injuste que l'impôt dont on a frappé toute la correspondance entre l'Amérique et le continent de l'Europe ; cependant on a persisté à le maintenir en dépit de toutes les remontrances. La population des Antilles a, depuis plusieurs années et infructueusement, pétitionné pour obtenir une modification dans les droits, qui lui permît de raffiner elle-même son sucre. Les colonies anglaises du Continent, et tout récemment celles de l'Amérique, décidèrent d'établir entr'elles ure réciprocité parfaite, en abolissant tous droits sur leurs produits respectifs ; et en agissant de la sorte, elles ne voulaient que mettre pleinement en pratique les idées produites avec tant d'insistance auprès du Gouvernement des États-Unis, relativement au traité de réciprocité — c'est ainsi qu'on l'appelait — qui venait alors d'être conclu avec le Canada. Cependant lorsqu'on eut soumis la question à l'examen du Gouvernement anglais, la réponse fut que le Gouvernement de Sa Majesté avait la confiance « qu'on ne lui demanderait pas de soumettre à son approbation royale des actes on des ordonnances mettant en pratique des mesures d'une nature semblable, ce qui serait incompatible avec le système impérial du libre échange (17) ! »

    Le peuple espagnol se trouve considérablement lésé par remploi que l'on fait de Gibraltar comme entrepôt de contrebande ; cependant on ne manifeste aucune disposition à rien changer à cet égard ; bien qu'à l'époque où Gibraltar fut cédé, l'une des stipulations du traité portât qu'il ne servirait jamais à une semblable destination. C'est ainsi que le commerce espagnol se trouve sacrifié au traité anglais.

    Le peuple chinois étant contraint, en dépit de toute opposition de la part de son gouvernement, de recevoir annuellement une quantité d'opium d'une valeur de 15 à 20 millions de dollars, on en peut constater le résultat, dans une intempérance croissante, dans une énorme mortalité, et dans une tendance à une résolution de la société chinoise en ses éléments primitifs qui sera suivie d'une anarchie générale ; cependant on retient Hong-Kong comme un appendice nécessaire à l'empire indien, parceque « l'intérêt exige que l'on mette en pratique des mesures complètement injustifiables sur la base du droit. » Telle étant la marche adoptée vis-à-vis des sociétés plus faibles du globe, l'adoption de toute autre, à l'égard de celles qui sont plus fortes, ne peut être attribuée qu'à la diminution du pouvoir de suivre celle qui, depuis si longtemps, a été mise en pratique.

 

 

 


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Published by Jean-Gabriel Mahéo - dans L'art - l'histoire et les idées
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