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1 novembre 2004 1 01 /11 /novembre /2004 10:58

PRINCIPES DE LA SCIENCE SOCIALE
PAR M. H.-C. CAREY (De Philadelphie)

 

henry_charles_carey.jpg


TRADUITS EN FRANÇAIS PAR MM. SAINT-GERMAIN-LEDUC ET AUG. PLANCHE

  1861

 

 

 

 

 

 

CHAPITRE XVII :

CONTINUATION DU MÊME SUJET.

 

    § 3. — Développement du paupérisme, sous l'influence du système anglais, il coïncide avec l'accroissement de l'empire de l'homme sur les forces naturelles.


    Le but du système mercantile, objet d'une si vive réprobation de la part de Smith, était de se procurer à bas prix toutes les matières premières servant à l'industrie, telles que la laine, le coton, les subsistances et le travail. Jusqu'à ce jour, ainsi qu'il s'en était aperçu, ce système avait produit les résultats les plus funestes ; il avait augmenté la dépendance des individus à l'égard des instruments de trafic et de transport ; il avait engendré cette croyance, que plus les hommes étaient profondément séparés les uns des autres, et plus était considérable la distance à parcourir, plus grand était aussi le profit à tirer du commerce ; il avait entretenu les tendances belliqueuses des peuples ; il avait amené une division malentendue de la population, et avait contribué à favoriser la création d'immenses fortunes, aux dépens des individus qui n'avaient à vendre que leur travail. Telles étaient, ainsi qu'Adam Smith en avertissait ses compatriotes, les conséquences nécessaires du système ; mais il fallait une nouvelle expérience de vingt années pour prouver qu'il en était certainement ainsi, et pour donner lieu à cette découverte extraordinaire que, bien que la demande du travail fût devenue plus constante à mesure que la population avait augmenté, et à mesure que les individus avaient acquis, depuis l'époque des Plantagenets jusqu'à celle de Georges III, plus de richesse, et avec cette richesse, plus de facilité à associer leurs efforts, aujourd'hui que dans les cinquante dernières années, ils avaient conquis un accroissement extraordinaire de puissance, commencé à utiliser les immenses gisements de houille et de minerais de cuivre et de fer, appris à disposer en maîtres de la force merveilleuse de la vapeur, appris à l'appliquer à la transformation de la laine en drap, obtenu une augmentation considérable de richesse, facilité, dans une proportion considérable, le développement des facultés latentes de l'individu et la puissance latente de la terre, et produit ainsi un immense accroissement dans le mouvement de la Société ; aujourd'hui, cependant, la demande du travail devait devenir plus instable et le paupérisme s'accroître, en vertu d'une grande loi naturelle, en vertu de laquelle plus était puissant l'instrument de culture, moins devait être considérable la récompense du travail appliqué à développer les ressources de la terre.

    C'était là certainement une remarquable découverte ; mais, heureusement, c'était la découverte d'un fait qui n'avait jamais existé et n'existera jamais. L'étendue des trésors de la nature est illimitée ; et ces trésors n'attendent qu'un individu qui les réclame. Par malheur, cependant, la théorie était exactement celle dont on avait besoin pour empêcher l'adoption d'aucune des mesures proposées comme remèdes par Smith. Cette théorie prouvant (ainsi qu'elle le proclamait) : que le paupérisme existait, conformément aux lois divines ; que le taux naturel du salaire « était juste, suffisant et non au-delà, pour permettre aux travailleurs, l'un dans l'autre, de subsister et de perpétuer leur espèce, sans accroissement ou diminution ; » que l'inégalité des conditions existait en conformité des lois divines ; que les individus riches et puissants n'avaient que des droits à exercer et point de devoirs à remplir ; elle prouvait aussi qu'ils pouvaient impunément, et en toute sûreté de conscience, « boire, manger et mener joyeuse vie » en se consolant avec cette réflexion que les pauvres avaient leur sort entre leurs propres mains, et que s'ils manquaient à exercer « la contrainte morale » qui devait amener le renoncement à l'association régulière des sexes, cause de la reproduction de l'espèce, la faute en était à eux-mêmes, et que c'était avec justice que devait retomber sur eux le châtiment imposé à la transgression.

 

 

 


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Published by Jean-Gabriel Mahéo - dans L'art - l'histoire et les idées
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