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1 novembre 2004 1 01 /11 /novembre /2004 10:58

PRINCIPES DE LA SCIENCE SOCIALE
PAR M. H.-C. CAREY (De Philadelphie)

 

henry_charles_carey.jpg


TRADUITS EN FRANÇAIS PAR MM. SAINT-GERMAIN-LEDUC ET AUG. PLANCHE

  1861

 

 

 

 

 

 

 

CHAPITRE XVIII :

CONTINUATION DU MÊME SUJET.

 

    § 2. — La décadence du commerce anglais résulte de l'accroissement dans la puissance du trafic. Condition de l'ouvrier agricole.


    Le recensement récent démontre que, sur l'accroissement total de la population du Royaume-Uni, c'est-à-dire moins d'un million, — plus de la moitié a été absorbée par Londres ; en même temps que Manchester, Birmingham, Liverpool, Glasgow et d'autres villes, ont absorbé le reste et bien au-delà. La population rurale du pays a donc diminué, tandis que celle de la ville a augmenté considérablement, la masse entière se transformant ainsi, d'année en année, en simples trafiquants et voituriers du produit des terres et du travail des autres pays. Le commerce, en conséquence, décline, en même temps qu'il y a tendance constante à un état pire dans la situation de la population agricole qui reste encore, ainsi que le révèle M. Cobden, lorsqu'il conseille à ses lecteurs « de faire une promenade dans la campagne, sur les dunes, à travers les mauvaises herbes ou les marais ; auquel cas ils se convaincront que le salaire moyen des travailleurs, en ce moment, n'équivaut pas à 12 schell. par semaine. Demandez-leur, continue-t-il, comment une famille, composée de cinq individus (estimation faite au-dessous de leur moyenne), peut vivre de pain à 2 pence 1/2 la livre ? Personne ne saurait le dire. Mais suivez le travailleur au moment où il dépose sur le sol sa bêche ou son hoyau, et s'apprête à dîner dans la grange ou le hangar voisin ; jetez les yeux sur son bissac, ou arrivez tout à coup dans son cottage, à midi, et examinez en quoi consiste le dîner de la famille : du pain ; rarement quelqu'autre aliment meilleur, et pas toujours en quantité suffisante ; et sur son salaire il n'est rien resté pour se procurer du thé ou du sucre, du savon, de la chandelle, ou des vêtements et les mois d'école de ses enfants ; et l'argent qu'il doit recevoir à la moisson prochaine est déjà engagé pour ses chaussures ; et telle est la destinée de millions d'individus, vivant à nos portes mêmes, qui forment la majeure partie des agriculteurs qui se trouvent aujourd'hui, dit-on, dans un état si prospère. Jamais, de mémoire d'homme, la condition des ouvriers de ferme n'a été pire qu'en ce moment (2). »

    Telle est la condition de millions d'Anglais (3) ; et il en est ainsi, parce que le système a pour but d'anéantir le commerce et de lui substituer le trafic ; d'obtenir à bas prix les matières premières de toute sorte, la terre, le travail, les subsistances, le coton et la laine, tandis qu'il maintient la valeur des tissus et du fer. Au lieu de se proposer l'égalisation des prix des matières premières et des produits complets, ce qui est toujours la preuve d'une civilisation en progrès, il cherche à agrandir la différence entre ces deux choses ; ce qui prouve toujours le rapprochement de la barbarie.

    Le rappel des lois sur les céréales, ayant diminué la rapidité de la circulation, on en a pu voir les conséquences dans ce fait, que la déperdition de travail a augmenté ; on peut produire, comme preuve à l'appui, cet autre fait : un auteur moderne, M. Mayhew, apprend à ses lecteurs, qu'en treize années « on a constaté qu'il n'était pas passé moins de 11 000 vagabonds dans une petite ville qui renferme moins du double de cette population. » Le même fait se révèle dans tous les ouvrages anglais, et surtout dans ceux de Dickens. Partout on voit deux ouvriers en quête d'un chef d'industrie, et une douzaine de boutiquiers à l'affût d'un acheteur. Une pareille mesure n'est qu'un pas nouveau dans la voie de la centralisation et n'aboutit jamais qu'à l'asservissement, à la dépopulation et à la mort. Il fallait chercher le remède réel dans l'adoption d'un système ayant pour but de ramener la société à ses proportions naturelles, et de reproduire le mouvement de circulation paralysé depuis si longtemps. Si le peuple irlandais, en 1846, eût été remis en possession du droit de diriger à son gré ses propres affaires, il se serait établi dans son sein un marché pour toute sa puissance productrice de travail ; et alors les ouvriers de l'Angleterre ne se seraient plus trouvés débordés par un torrent « de Celtes, à moitié nourris, à moitié civilisés, abaissant le niveau de la vie et du bien-être ; » en tout lieu, les forçant d'accepter un salaire réduit, et contribuant à appuyer cette doctrine, « que le taux naturel du salaire est celui qui permettra aux individus, l'un dans l'autre, de subsister et de perpétuer leur espèce sans accroissement ni diminution. » Si on eût laissé les Irlandais libres, la concurrence pour le loyer du sol en Angleterre et en Irlande eût été moindre, et les propriétaires de ce sol n'auraient pu réclamer une proportion si considérable de produits ; et cependant la somme de leurs rentes eût été plus forte, par cette raison, que des tenanciers plus heureux auraient été à même de faire sur le sol des améliorations plus rapides, et que les récoltes auraient augmenté amplement. Si on eût laissé les Irlandais libres, l'agriculture eût absorbé une plus grande proportion de travail anglais, en même temps que les mines et les manufactures de l'Irlande auraient enlevé le travail de l’île, sa sœur ; et la concurrence parmi les artisans anglais aurait été moins considérable, permettant à l'ouvrier de réclamer un salaire plus élevé et de devenir lui-même chef d'industrie. Un système précisément opposé à celui-ci fut inauguré par M. Huskisson et perfectionné par Robert Peel, qui insista sur la nécessité du bon marché des subsistances, comme étant un moyen de permettre au manufacturier d'abaisser le salaire du travailleur, et de pratiquer ainsi plus complètement le système sous l'influence duquel, s'était produite une cessation presque absolue du mouvement social dans tous les pays qui lui étaient soumis (4).

    Ce qui est nécessaire dans tous ces pays et en Angleterre même, c'est de ranimer la circulation, de ranimer le commerce, et tant qu'on n'aura pas fait cela, le mal de l'excès de population croîtra sans cesse.

 

 



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Published by Jean-Gabriel Mahéo - dans L'art - l'histoire et les idées
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