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1 novembre 2004 1 01 /11 /novembre /2004 10:58

  PRINCIPES DE LA SCIENCE SOCIALE
PAR M. H.-C. CAREY (De Philadelphie)

 

henry_charles_carey.jpg


TRADUITS EN FRANÇAIS PAR MM. SAINT-GERMAIN-LEDUC ET AUG. PLANCHE

  1861

 

 

 

 

 

 

CHAPITRE XIV :

CONTINUATION DU MÊME SUJET.

    

    § 5. — Frottement énorme et déperdition de force qui en résulte, produits par la nécessité croissante d'avoir recours à la navigation.


    Toute diminution dans le commerce et tout accroissement dans la nécessité d'employer les instruments de transport sont suivis d'un accroissement dans le pouvoir, d'un petit nombre d'individus qui vivent du trafic ou de la guerre, de taxer le plus grand nombre pour l'accomplissement de leurs desseins, et d'une diminution dans le pouvoir de ceux-ci de se défendre contre cette taxe. Plus est considérable l'excédant qui a besoin d'être transporté, plus augmentent les facilités de s'entendre pour l'abaissement des prix et l'élévation du fret et des frais divers, et plus augmentent, en conséquence, les bénéfices du trafiquant, en même temps qu'il y a un accroissement considérable dans sa part proportionnelle de la totalité des produits. Moins il y a de commerce et moins il y a demande de travail, plus est grande la facilité avec laquelle les armées peuvent se recruter, au profit de l'individu qui vit en dépouillant son voisin. Dans aucun pays du monde le commerce n'a subi une aussi grande décadence que dans l'Inde : et c'est là que nous assistons à une suite constante de guerres entreprises pour l'extension du trafic (6), guerres dont le compte de frais n'est pas présenté au peuple anglais, pour lequel elles se font, mais, ainsi que M. Cobden le dit avec tant de vérité, « aux malheureux ryots de l’Hindostan (7).» Et, lorsqu'il se trouve que les nouveaux territoires ne donnent pas de profit, le pauvre travailleur est taxé de nouveau pour maintenir le gouvernement dans des possessions acquises de cette manière.

    La population blanche et noire de la Jamaïque n'était intéressée en aucune façon aux guerres de la Révolution française ; et cependant, plus de la moitié du prix payé pour le sucre produit par cette population par leurs concitoyens anglais fut appliqué au remboursement des dépenses de ces guerres. Il en est de même de l'Irlande, écrasée d'impôts pour subvenir aux dépenses de guerres où elle n'avait rien à gagner, et dont le principal résultat était de transformer en soldats, à raison de 6 pence par jour, des millions d'individus, qui, sous l'influence d'un système différent, seraient devenus des artisans ou des cultivateurs excellents. Tout accroissement dans la nécessité d'avoir recours au transport étant une cause d'épuisement, on voit la prééminence du trafic, accompagnée en tout pays du désir de faire la guerre, considérée comme un moyen d'étendre la sphère des opérations de celui-ci. Semblable à Alexandre, le trafic aspire à conquérir de nouveaux mondes, parce qu'il voit sans cesse lui échapper les conquêtes qui devaient réaliser les espérances formées (8).

    Qu'il en doive toujours être ainsi, et qu'une pareille discordance soit la conséquence nécessaire d'un système ayant pour but d'exagérer les difficultés résultant de la nécessité d'effectuer les changements de lieu, c'est ce qui deviendra évident pour le lecteur s'il considère les faits suivants : Les navires ne doivent être regardés que comme des ponts flottants, et lorsque nous les disposons bout à bout, nous pouvons déterminer la proportion de leur capacité pour occuper la place du commerce, ainsi qu'on les a rendus propres à le faire, dans toutes les opérations concernant les milliards d'individus dont se composent les populations de l'Irlande, de l'Inde, de la Turquie et du Portugal. Un pied, en longueur, d'un navire, étant à peu près l'équivalent de 10 tonneaux, pour jeter sur l'océan Atlantique un pont formé de navires, de manière à créer une route de trente pieds de largeur, il faudrait plus de soixante millions de tonneaux ; mais, pour construire un pareil pont, reliant à l'Angleterre l'Inde, l'Australie et l'Amérique, il faudrait dépenser plusieurs centaines de millions ; et comme le tonnage total de l'océan pour le monde entier n'excède pas cinq millions, il suit de là, que la totalité des navires existants aujourd'hui ne fournit pas un moyen de communication avec le marché unique sur lequel les matières premières doivent être converties en tissus et en fer, équivalant à une route d'un pouce de largeur. C'est cependant par un passage aussi étroit, d'une longueur de trente milliers de milles, que l'Hindou, qui produit le coton, entretient le commerce avec son voisin immédiat, qui a besoin de consommer des tissus. C'est par un passage aussi étroit, d'une longueur de quelques milliers de milles, que la population du Portugal et de la Turquie entretient entre ses membres et avec le monde entier, et que la population de la Jamaïque, en ce moment, accomplit tout échange de service réciproque ; d'où découle cette conséquence qu'il n'existe aucune circulation d'individus ou de produits, ni aucune valeur attachée à leur travail ou à leur terre.

    Ainsi bornés à l'emploi d'un passage aussi étroit que l'est celui-ci, il suit de là, nécessairement, que lorsque la nature est le plus prodigue de ses dons, lorsqu'elle répand avec abondance ses bienfaits sur le peuple qui fait croître le riz, le blé, le coton ou la laine, les marchés s'encombrent de produits, pour la ruine des producteurs , mais en permettant à l'individu chargé du transport de se féliciter de ses rapides accumulations. En outre, le fait même de la proportion considérable de ses profits tend à rendre l'engorgement encore plus complet ; et, par cette raison, que plus est considérable la proportion de la cargaison, plus est faible la part du producteur, et moins il devient possible à ce dernier de faire des achats sur le grand marché central, et d'aider ainsi à ce qu'on lui demande les matières premières que lui-même a fournies. De là résulte ce fait remarquable, que c'est précisément au moment où les tissus de coton sont au prix le moins élevé, que le planteur peut le moins être à même d'en acheter, et qu'au moment où le sucre raffiné est au meilleur marché, le planteur de canne à sucre peut le moins être à même d'en consommer.

    Plus se prolongent l'intervalle de temps qui doit s'écouler et l'espace à parcourir entre la production et la consommation, plus le frottement doit être considérable, moins doit l'être le mouvement de la société ainsi que sa force, mais plus doit augmenter la puissance du trafiquant, de l'individu chargé du transport et du préteur d'argent ; plus doit être large la proportion du produit qui leur revient, et s'accroître la tendance à la génération de ce mal appelé l'excès de population, avec son escorte ordinaire, la famine, les maladies et la mort.

 

 

 

 

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Published by Jean-Gabriel Mahéo - dans L'art - l'histoire et les idées
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