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1 novembre 2004 1 01 /11 /novembre /2004 10:58

PRINCIPES DE LA SCIENCE SOCIALE
PAR M. H.-C. CAREY (De Philadelphie)

 

 

 

henry_charles_carey.jpg


TRADUITS EN FRANÇAIS PAR MM. SAINT-GERMAIN-LEDUC ET AUG. PLANCHE

 

  1861

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

CHAPITRE VII :

DE LA RICHESSE.

 

    § 4. — Caractère matériel de l'économie politique moderne. — Elle soutient qu'on ne doit regarder comme valeurs que celles qui revêtent une forme matérielle. Tous les travaux sont regardés comme improductifs, s'ils n'aboutissent pas à la production de denrées ou de choses.

    
    L'économie politique moderne ayant tendu à exclure du domaine de ses considérations tous les phénomènes qui ne se rattachent pas directement à la production et à la consommation de la richesse matérielle, il en est résulté la nécessité de donner, à la nouvelle science, un nom qui fut plus en harmonie avec ces limites tracées à sa sphère d'action. De là diverses propositions ayant pour but de faire adopter les noms de chrématistique, de catallattique, ou d'autres encore, qui excluraient expressément l'idée, que l'intelligence et l'individualité morale de l'homme pussent rentrer dans le cercle des recherches de l'économiste. Il est vrai que ces noms n'ont jamais été adoptés ; mais la simple intention manifestée à cet égard, par des économistes distingués, est une preuve de la nature complètement matérielle du système, et il nous a été démontré que tel est en effet son caractère, dans un document très-remarquable émanant de l'un des hommes les plus distingués parmi les économistes français (M. Dunoyer) qui apprend à ses lecteurs :

    « Que la plupart des livres d'économie politique, jusqu'aux derniers y compris les meilleurs, ont été écrits dans la supposition, qu'il n'y avait de richesses réelles, ni de valeurs susceptibles d'être qualifiées de richesses, que celles que le travail parvenait à fixer dans des objets matériels. Adam Smith, dit-il en continuant, ne voit guère de richesse que dans les choses palpables (2). J.-B. Say débute en désignant par le nom de richesse, des terres, des métaux, des grains, des étoffes, etc., sans ajouter à cette énumération aucune classe de valeurs non réalisées dans de la matière. Toutes les fois, selon Malthus, qu'il est question de la richesse, notre attention se fixe à peu près exclusivement sur les objets matériels. Les seuls travaux, d'après Rossi, dont la science de la richesse ait à s'occuper, sont ceux qui entrent en lutte avec la matière pour l'adapter à nos besoins. Sismondi ne reconnaît pas pour de la richesse les produits que l'industrie n'a pas revêtus d'une forme matérielle. Les richesses, suivant M. Droz, sont dans tous les biens matériels qui servent à la satisfaction de nos besoins. L'opinion la plus vraie, ajoute-t-il, est, qu'il faut la voir dans tous les biens matériels qui servent aux hommes. Enfin, dit M. Dunoyer, l'auteur de ces lignes ne peut oublier qu'il a eu à soutenir, il y a à peine quelques mois, un long débat, avec plusieurs économistes, ses collègues à l'Académie des sciences morales, sans avoir pu réussir à leur persuader, qu'il y a d'autres richesses que celles que l'on a, si improprement, appelées matérielles (3). »

    L'économie politique moderne ayant créé à son usage un être auquel elle a donné le nom d'homme, et de la composition duquel elle a exclu tous les éléments constitutifs de l'homme ordinaire qui lui étaient communs avec l'ange, en conservant soigneusement tous ceux qu'il partageait avec les bêtes fauves vivant dans les forêts, cette économie politique, disons-nous, s'est vue forcée, nécessairement, de retrancher de sa définition de la richesse tout ce qui appartient aux sentiments, aux affections ou à l'intelligence. A ses yeux, l'homme est un animal destiné à procréer, et qu'on peut rendre propre au travail ; mais pour qu'il puisse accomplir ce travail, il faut qu'on le nourrisse ; et il est arrivé, comme conséquence nécessaire de cette opinion que, non-seulement les économistes que nous avons déjà cités, mais encore une foule d'autres aussi éminents, se sont vus amenés, nécessairement, à traiter comme improductifs tous les emplois du temps ou de l'intelligence qui ne revêtent pas une forme matérielle. Des magistrats, des hommes de lettres, des professeurs, des savants, des artistes, etc. Les Humboldt et les Thierry, les Savigny et les Kant, les Arago et les Davy, les Canova et les David sont considérés par cette école comme des êtres improductifs, hormis le cas où ils produisent des choses, et, comme le dit avec raison M. Dunoyer, une semblable manière de voir nous entraîne à cette contradiction :

    « Qu'au milieu de ce concert pour déclarer improductifs les arts qui agissent directement sur le genre humain, ces économistes sont unanimes pour les trouver productifs, lorsqu'ils les considèrent dans leurs conséquences, c'est-à-dire dans les utilités, les facultés, les valeurs qu'ils parviennent à réaliser dans les hommes. C'est ainsi qu'Adam Smith, après avoir avancé dans certains passages de son livre, que les hommes de lettres, les savants et autres travailleurs de cette catégorie, sont des ouvriers dont le travail ne produit rien, dit expressément, ailleurs, que les talents utiles acquis par les membres de la société, talents qui n'ont pu être acquis qu'à l'aide des hommes qu'il appelle des travailleurs improductifs, sont un produit fixe et réalisé pour ainsi dire dans les personnes qui les possèdent, et forment une partie essentielle du fonds général de la société, une partie de son capital fixe. C'est ainsi que J.-B. Say qui dit, des mêmes classes de travailleurs, que leurs produits ne sont pas susceptibles de s'accumuler, et qu'ils n'ajoutent rien à la richesse sociale, déclare formellement, d'un autre côté, que le talent d'un fonctionnaire public, que l'industrie d'un ouvrier (créations évidentes de ces hommes dont on ne peut accumuler les produits) forment un capital accumulé. C'est ainsi que M. Sismondi qui d'une part, déclare improductifs les travaux des instituteurs, etc., affirme positivement, d'un autre côté, que les lettrés et les artistes (ouvrage incontestable de ces institutions) font partie de la richesse nationale. C'est ainsi que M. Droz, qui fait observer quelque part, qu'il serait absurde de considérer la vertu comme une richesse proprement dite, termine son livre en disant : qu'on tomberait dans une honteuse erreur si l'on considérait comme ne produisant rien, la magistrature qui fait régner la justice, le savant qui répand les lumières, etc. (4). »
 

 

 

 

 

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Published by Jean-Gabriel Mahéo - dans L'art - l'histoire et les idées
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