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1 novembre 2004 1 01 /11 /novembre /2004 10:58

  PRINCIPES DE LA SCIENCE SOCIALE
PAR M. H.-C. CAREY (De Philadelphie) 

henry_charles_carey.jpg

TRADUITS EN FRANÇAIS PAR MM. SAINT-GERMAIN-LEDUC ET AUG. PLANCHE

  1861

 

 

 

 

 

 

CHAPITRE IX :

DE L'APPROPRIATION.

   

    § 1. — La guerre et le trafic forment les traits caractéristiques des premières époques de la société: Le besoin des services du guerrier et du trafiquant diminue avec le développement de la richesse et de la population. Le progrès des sociétés, dans la voie de la richesse et de la puissance, est en raison directe de leur faculté de se passer des services de tous deux.


    Dans la première période de la société, les hommes étant pauvres et dispersés sur un grand espace, il est nécessaire qu'ils soient toujours préparés à se défendre eux-mêmes. Tel a été le cas des premiers colons des États-Unis, tel est le cas de ceux qui aujourd'hui s'apprêtent à occuper les États de l'Orégon, de Washington et d'autres territoires de l'Ouest. Cette nécessité disparaissant avec l'accroissement de la population et l'accroissement de la puissance d'association qui en résulte, les hommes peuvent poursuivre leurs travaux d'une manière plus continue, affranchis désormais de la crainte de voir leurs champs ravagés, leurs maisons et leurs instruments détruits, leurs femmes et leurs enfants massacrés sous leurs yeux ; et c'est alors que la production s'accroît rapidement, avec une tendance plus prononcée vers le développement de l'individualité, ainsi que vers le progrès physique, moral et social.

    Dans cette période, les services du trafiquant sont également une des nécessités de la vie. N'ayant que peu à échanger, les colons disséminés saluent l'arrivée du colporteur, qui reçoit d'eux le surplus de leurs produits contre des souliers, des couvertures, des chaudrons, des scies ou des gants. Ici cependant nous voyons une série d'opérations semblables à celles que nous avons observées par rapport aux mesures prises pour la défense personnelle ; le besoin des services du soldat et du trafiquant diminue, à mesure que les fabricants de souliers, de couvertures, de chaudrons et de gants, viennent prendre place dans la colonie ; et l'on voit cette diminution, à chacun de ses degrés, coïncider avec un accroissement dans la continuité de l'effort, dans le développement des facultés individuelles, et dans la puissance de la communauté dont les individus font partie.

    La diminution des besoins étant accompagnée d'une diminution dans l'effort exigé pour leur satisfaction, chaque pas successif dans la direction qui a été indiquée ci-dessus, est accompagné d'une décroissance dans la proportion des travaux de la communauté nécessaires à l'oeuvre de la défense personnelle, ou à celle du trafic ou des transports. Plus cette proportion est faible, plus doit être considérable, naturellement, celle des travaux qui peuvent être appliqués à l'oeuvre de la culture, en même tennis que la puissance d'association augmente et que le commerce se développe. Les deux nécessités que nous venons de retracer formant les obstacles les plus importants qui s'opposent à la satisfaction du premier et du plus vif désir de l'homme, il en résulte que plus ceux-ci pourront être écartés, plus la sécurité de sa personne et de sa propriété deviendra complète, plus aussi son travail deviendra productif, moins sera grande la valeur de tous les objets nécessaires à sa consommation ; et plus grand doit être son pouvoir d'accumuler la richesse. La vérité de ce principe devient évidente, par la satisfaction qu'éprouvent en tout lieu les membres d'une communauté, lorsque par une cause quelconque, ces nécessités sont ou amoindries, ou annihilées ; et la puissance de l'association pour les entreprises pacifiques s'en accroît d'autant.

    Cette appréciation ne doit cependant pas s'étendre à ceux qui tirent profit du pouvoir qu'ils exercent sur leurs semblables, soit comme hommes de guerre, soit comme hommes d'État ou trafiquants. Le soldat, cherchant le pillage pour lequel il est toujours prêt à risquer sa vie, a peut-être approprié de vastes terrains qui ont besoin d'esclaves pour leur culture ; ou bien d'autres individus sont disposés à acheter les prisonniers qu'il peut faire. Le trafiquant, de son côté, qui profite de l'irrégularité des communications en temps de guerre, achète des hommes et des marchandises, dans les lieux et au moment où ils sont à bon marché, et les revend dans les lieux et au moment où ils sont chers. Tous cherchent à centraliser dans leurs mains l'autorité exercée sur ceux qui les entourent, le soldat, en monopolisant le pouvoir de lever les impôts, le grand propriétaire terrien, les produits que lui fournit le travail de ses esclaves ; et le trafiquant, désirant accaparer partout à son profit l'achat et la rente de ces produits, de manière à imposer les prix, auxquels il entend les acheter ou les vendre. Ce sont tous des intermédiaires faisant obstacle à l'association, et qui s'opposent à toute relation continue entre les individus qui produisent et ceux qui ont besoin de consommer. Les progrès d'une société vers la richesse et la puissance étant en raison directe de la combinaison des efforts parmi les membres qui la composent, il s'ensuit que l'avancement, vers l'un ou l'autre de ces biens, doit être en proportion des moyens qu'ils ont de se passer des services de l'homme politique, du soldat, du propriétaire d'esclaves et du trafiquant, de cette classe qui subsiste en vertu du simple acte de l'appropriation. Cependant chaque mouvement dans cette direction tendant à une diminution de leur pouvoir, le soldat, le trafiquant et l'homme politique, se liguent partout pour assujettir le peuple, ainsi qu'on l'a vu à Athènes ou à Rome, et qu'on peut l'observer aujourd'hui dans tous les pays de l'Europe et de l'Amérique. L'histoire du monde n'est qu'un monument des efforts de la minorité pour taxer la majorité, et des efforts de cette dernière pour échapper à cette taxe. Toutefois le succès ne s'accomplit que lentement et péniblement, à raison du pouvoir que possèdent ceux qui vivent de l'appropriation, de se réunir dans les villes, tandis que ceux qui contribuent à former les revenus des premiers sont dispersés dans tout le pays.

 

 

 

 

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Published by Jean-Gabriel Mahéo - dans L'art - l'histoire et les idées
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