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1 novembre 2004 1 01 /11 /novembre /2004 10:58

  PRINCIPES DE LA SCIENCE SOCIALE
PAR M. H.-C. CAREY (De Philadelphie)

 

henry_charles_carey.jpg


TRADUITS EN FRANÇAIS PAR MM. SAINT-GERMAIN-LEDUC ET AUG. PLANCHE

  1861

 

 

 

 

CHAPITRE XIV :

CONTINUATION DU MÊME SUJET.

 

    § 3. — Le système anglais ne tend qu'à l'accroissement du trafic. Un intérêt personnel éclairé chercherait à favoriser le commerce.


    Un intérêt personnel éclairé apprend à tous les hommes qu'ils profitent des progrès de ceux qui les entourent ; et cela est vrai à tel point que nous voyons dans une partie considérable de notre pays (aux États-Unis), les riches contribuant volontiers, et pour une large part, à l'éducation de leurs voisins pauvres ; et, par suite, se trouvant remboursés avec usure par la plus grande sécurité qu'ils obtiennent ainsi, pour la jouissance de leurs droits d'individu et de propriétaire. Là où ce sentiment existe, les liens deviennent plus étroits entre ceux qui sont forts physiquement et intellectuellement, et ceux qui sont faibles sous ces deux rapports, et tout le monde s'en trouve mieux ; mais lorsqu'il existe un sentiment contraire, lorsque chaque individu cherche à faire une proie de son semblable, moins les relations sont étroites, mieux cela doit valoir pour tous. C'est ce dernier état de choses qu'on trouve dans les premiers siècles de la société, lorsque le soldat et le trafiquant sont les maîtres des individus qui les entourent ; tandis que le premier état est celui qui tend à naître, à mesure que la puissance productive de la terre se développe de plus en plus, à mesure que la richesse augmente, que les hommes deviennent plus capables de vivre en relation les uns avec les autres, que le commerce s'accroît, et que la société tend, de jour en jour, à revêtir une forme plus parfaite.

    Dans la première de ces conditions, la société se trouvant dans un état de développement peu avancé, la résistance à la gravitation est à la vérité très-faible. Dans la dernière, — qui est celle où les diverges facultés de l'individu se développent convenablement, — la force d'attraction est considérable. Dans la première, il y a peu de puissance pour faire le bien ou le mal. Dans la dernière, il y en a beaucoup pour faire l'un ou l'autre, ou tous les deux à la fois ; et quant à savoir si l'existence de cette puissance sera un bienfait ou un fléau pour l'espèce humaine prise en masse, cela dépend autant de la façon dont sera dirigée sa force sociétaire, qu'on le voit dans le cas de la vapeur, tantôt servant à se procurer plus facilement les subsistances et les vêtements, et tantôt à battre en brèche les remparts d'une ville et à détruire la vie humaine.

    Entre deux sociétés séparées par les différences que nous avons retracées plus haut, un intérêt personnel éclairé devait engager la plus forte à protéger et à fortifier la plus faible, à rendre plus facile la division des travaux et le développement de l'individualité, à augmenter la puissance d'association, dans le but de rendre sa voisine capable d'acquérir l'empire sur les forces de la nature, et d'aider ainsi au développement de la liberté et du commerce. Telle n'est pas cependant, et telle n'a jamais été la politique des nations ; et cela par la raison qu'elles n'ont été (et au plus haut point) que de purs instruments aux mains de la classe d'individus qui vit de l'appropriation : le soldat, le propriétaire d'esclaves et l'homme d'État. C'est à cette cause qu'il faut attribuer, que même en ce qui concerne les États-Unis, on a vu chez eux une disposition si prononcée à dépouiller et à opprimer leurs voisins plus faibles, — la république mexicaine et les misérables restes des peuplades indigènes. Même aujourd'hui, au lieu de donner à cette république les conseils amicaux ou l'assistance, grâce auxquels elle pourrait peut-être sortir de son état d'abaissement, le peuple américain et son gouvernement attendent avec impatience le moment où il deviendra possible de conclure de nouveaux traités, à l'aide desquels ils pourront plus facilement opérer la résolution de la société mexicaine en ses éléments primitifs, et acquérir ainsi de nouveaux territoires. Animés par l'esprit de trafic, ils cherchent à faire de bons marchés, peu soucieux de leur effet à l'égard du peuple avec lequel ils sont faits. De là vient que le trafic se développe aujourd'hui à mesure que le commerce diminue ; que les villes s'accroissent en étendue à mesure que les bourgs et les villages deviennent moins populeux ; que la propriété foncière dans les anciens États devient de moins en moins divisée ; que la centralisation politique et trafiquante remplace rapidement l'activité locale qui régnait autrefois ; que l'esclavage de l'homme est maintenant envisagé comme n'étant qu'une conséquence des grandes lois naturelles établies par le Créateur de tout le genre humain, et que la défiance a si complètement remplacé aujourd'hui la confiance qu'éprouvait autrefois la population tout entière de ce continent, pour les sentiments d'honneur et de loyauté du gouvernement américain.

    Aucun peuple cependant n'a suivi cette marche aussi constamment que le peuple anglais, le seul dont le système a cherché, de tout point, à favoriser les intérêts du trafiquant, et le seul peuple aussi qui maintenant proclame, comme son principe souverain, la devise du trafiquant : achète sur le marché où les produits sont à plus bas prix, et vend sur le marché où ils s'achètent au prix le plus élevé. Aucun peuple ne s'est livré au trafic aussi systématiquement ; aucun n'a autant opprimé le commerce. Prohibant l'association là où elle n'existait pas encore, et l'anéantissant là où elle existait, on peut constater les résultats produits, en considérant cette réduction au niveau uniforme de simples cultivateurs de la terre, de la population de toutes les sociétés soumises à son système, et la décadence et la ruine des sociétés elles-mêmes, ainsi qu'elles se révèlent dans les cas divers que nous avons cités plus haut. Dans toutes ces sociétés il y a, chaque année, diminution de ces diversités dans les travaux de la société, nécessaires pour le développement des facultés intellectuelles et la perfection de l'organisation. Dans toutes, la société devient, d'année en année, plus imparfaite et obéit davantage à la force de gravitation (3). Dans toutes il y a, chaque année, accroissement de la centralisation ; et la centralisation, l'esclavage et la mort marchent toujours de conserve ; dans toutes, la difficulté de se procurer les subsistances augmente constamment, et dans toutes, conséquemment, trouve appui cette idée, que la population tend à s'accroître plus rapidement que les subsistances pour l'entretien de l'homme. Ce ne sont là pourtant que les conséquences qui, dans l'état d'immoralité des nations, actuellement existant, doivent résulter partout de la liberté complète de relations commerciales entre une société forte et développée convenablement d'une part, et de l'autre, une société faible et imparfaite (4).

 

 

 

 

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Published by Jean-Gabriel Mahéo - dans L'art - l'histoire et les idées
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