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1 novembre 2004 1 01 /11 /novembre /2004 10:58

PRINCIPES DE LA SCIENCE SOCIALE
PAR M. H.-C. CAREY (De Philadelphie)

 

henry_charles_carey.jpg


TRADUITS EN FRANÇAIS PAR MM. SAINT-GERMAIN-LEDUC ET AUG. PLANCHE

  1861

 

 

 

 

 

 

CHAPITRE XIX :

CONTINUATION DU MÊME SUJET.

 

    § 4. — Nécessité d'étudier avec soin le système qui a donné naissance à la théorie de l'excès de population.


    Comme la théorie de l'excès de population est née en Angleterre, et que c'est là également qu'a pris sa source la théorie de M. Ricardo, relative à l'occupation de la terre, sur laquelle elle s'appuie, nous avons regardé comme juste et convenable d'étudier avec soin le système anglais, dans le but de constater jusqu'à quel point la politique particulière que l'on a essayé d'établir, a tendu à introduire une pareille erreur de la part des économistes d'Angleterre. Si les doctrines enseignées par l'école anglaise sont vraies, alors le Créateur a commis une grave bévue, en établissant l'esclavage comme condition finale de l'immense majorité de l'espèce humaine. Si, au contraire, ces doctrines sont erronées, alors la liberté est, en dernière analyse, le partage de l'homme, et l'on trouve dans les lois naturelles qui règlent le système social, le même ordre, la même beauté et la même harmonie dans les dispositions que nous voyons régner partout dans les mondes organique et inorganique. L'une de ces choses est vraie d'une façon absolue et générale, et l'autre est tout aussi absolument et généralement fausse. Ou la Divinité, qui n'est que sagesse, a commis une erreur, ou c'est l'homme lui-même qui l'a commise et qui a inventé une théorie qu'il emploie comme un commentaire.

    Que le système de Malthus tende, en fin de compte, à l'esclavage, c'est ce qui deviendra évident pour le lecteur, lorsqu'il aura réfléchi un moment sur cette proposition, que, d'après le cours naturel des choses, la population tend à dépasser les moyens de subsistance, le nombre des individus tendant à s'accroître dans une proportion géométrique, tandis que les moyens de subsistance ne peuvent s'accroître que dans une proportion arithmétique. Les choses étant ainsi, alors l'individu possédant la machine qui produit les subsistances, doit devenir le maître des individus dont les besoins exigent qu'ils emploient cette machine. L'un tient entre ses mains la clef de l'immense grenier de la nature, et l'autre doit payer pour obtenir le privilége d'y pénétrer, quel que soit le prix demandé pour y être admis. La doctrine de l'excès de population est, conséquemment, une doctrine de centralisation, d'esclavage et de mort.

    Que telle soit, en réalité, l'opinion personnelle de Malthus en pareil cas, c'est ce qui est prouvé dans le passage où il énonce cette assertion : « Que, d'après la loi de notre nature, qui rend les subsistances nécessaires à la vie humaine, la population ne pouvant jamais réellement s'accroître au-delà des moyens de nourriture les plus infimes susceptibles de l'entretenir, un obstacle puissant à l'augmentation de la population, résultant de la difficulté de se procurer des subsistances, doit être constamment en action. Cette difficulté doit se rencontrer quelque part, et doit nécessairement se rencontrer sous une des formes variées de la misère, ou de la crainte de la misère qu'éprouve une portion considérable de l'espèce humaine (3). » L'espèce humaine est ainsi soumise à une pression constante, et se trouve forcément acculée à ce point où il est impossible de se procurer « la nourriture la plus chétive, » et où la misère est forcée d'intervenir, et, — en éclaircissant les rangs, — de maintenir cette espèce dans les limites de la quantité de nourriture. Dans de telles circonstances il ne peut exister d'autre loi que celle de la force, l'homme qui est robuste de corps ou d'esprit asservissant son voisin, s'il est faible sous ces rapports, et agissant ainsi en vertu des lois divines.

    La théorie de l'excès de population est née en Angleterre au milieu d'un état effrayant de paupérisme, et elle trouve son principal appui dans les faits que fournit l'empire britannique. Pourquoi les choses doivent-elles se passer ainsi? parce que la politique anglaise a eu, de longue date, pour but constant d'augmenter le grand obstacle au progrès de l'homme, obstacle qui résulte de la nécessité d'effectuer les changements de lieu de la matière. Partout où il existe, la quantité de subsistances est la moins considérable et la population la plus surabondante. A mesure qu'il s'amoindrit, la quantité de subsistances augmente, l'homme acquiert plus de valeur, et l'on arrive à reconnaître, de plus en plus, que la proportion des trésors de la nature est infinie et n'attend que la demande de leur production.

    C'est précisément à l'instant où cet obstacle disparaît que les prix des matières premières et des produits achevés, tendent de plus en plus à se rapprocher, fournissant ainsi la preuve la plus parfaite d'une civilisation en progrès. A mesure que ces prix s'équilibrent, le pouvoir du travailleur sur la nature et sur lui-même s'accroît, mais le pouvoir des autres hommes sur lui diminue aussi constamment ; et c'est ainsi qu'il passe de la condition d'esclave à celle d'homme libre. Le système anglais ayant pour base l'idée de la terre à bon marché, du travail à bon marché, du coton à bon marché, du blé à bon marché, et de la toile et du fer à un prix élevé, plus ce système est mis en pratique, plus il y a tendance à la diminution dans le pouvoir de l'homme sur la nature, à sa soumission à la volonté de son semblable et à la réalisation de la théorie malthusienne, en vertu de laquelle l'homme devient nécessairement le bûcheron et le tireur d'eau de son semblable.





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Published by Jean-Gabriel Mahéo - dans L'art - l'histoire et les idées
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