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1 novembre 2004 1 01 /11 /novembre /2004 10:58

PRINCIPES DE LA SCIENCE SOCIALE
PAR M. H.-C. CAREY (De Philadelphie)

 

henry_charles_carey.jpg


TRADUITS EN FRANÇAIS PAR MM. SAINT-GERMAIN-LEDUC ET AUG. PLANCHE

  1861

 

 

 

 

 

CHAPITRE IV :

DE L'OCCUPATION DE LA TERRE.

 

        § 5. — Marche de la colonisation en Angleterre.

    
    En traversant l'Océan et débarquant dans le sud de l'Angleterre, le voyageur se trouve dans un pays où les cours d'eau sont de peu d'étendue et les vallées circonscrites, et conséquemment de bonne heure bien appropriées à la culture. Ce fut là que César trouva le seul peuple de l'île qui ai fait quelque progrès dans l'art du défrichement, les habitudes de la vie parmi les indigènes devenant plus grossières et plus barbares à mesure qu'ils s'éloignaient de la côte. Les tribus éloignées, à ce qu'il nous rapporte, n'ensemençaient jamais leurs terres, mais poursuivaient le gibier à la chasse ou gardaient leurs troupeaux, vivant des dépouilles de l'un ou du lait de ceux-ci, et n'ayant d'autres vêtements que leurs peaux. — S'il dirige ensuite sa marche vers le comté de Cornouailles, il trouve un pays signalé pour sa stérilité, offrant de toutes parts des indices d'une culture « qui remonte à une antiquité reculée et inconnue », et sur la limite extérieure de cette terre stérile, dans une partie du pays aujourd'hui si éloignée de tous les lieux de passage qu'elle est même à peine visitée, il trouve les ruine de Tintagel, le château où le roi Arthur tenait sa cour (19). Sur sa route, il n'aperçoit guère d'éminence qui aujourd'hui ne révèle des preuves de son antique occupation (20). S'il recherche ensuite les centres de l'ancienne culture, on le renverra aux emplacements des bourgs pourris, à ces parties du royaume où des individus, qui ne savent ni lire ni écrire, vivent encore dans des huttes en terre, et reçoivent pour leur labeur huit schellings par semaine, à ces communes où la culture a recommencé sur une si grande échelle (21). S'il cherche le palais des rois normands, il le trouvera à Winchester, et non dans la vallée de la Tamise. S'il cherche encore les forêts et les terrains marécageux de l'époque des Plantagenets, partout on lui montrera des terres cultivées d'une fertilité incomparable (22). Si la curiosité l'engageait à voir le pays dont les marécages ont englouti presque toute l'armée du conquérant normand, au retour de son expédition dévastatrice dans le nord (expédition qui, même au siècle de Jacques 1er, faisait trembler encore l'antiquaire Camden), on lui montrerait le Lancashire méridional, avec ses champs si fertiles, couverts de blés ondulants, et les plaines où paissent de magnifiques bestiaux. S'il demande où est la terre la plus récemment cultivée, on le conduira aux marais de Lincoln, jadis les déserts sablonneux de Norfolk et du duché de Cambridge (23), qui tous aujourd'hui donnent les meilleures et les plus considérables récoltes de l'Angleterre ; mais qui, cependant, durent être presque entièrement sans valeur jusqu'au moment où la machine à vapeur, avec sa puissance merveilleuse, vint seconder l'oeuvre de l'agriculteur. « La dépense de quelques boisseaux de houille, dit Porter, donne au fermier le pouvoir d'enlever à ses champs une humidité superflue, en faisant des déboursés comparativement insignifiants (24). »

    Si le voyageur désire, ensuite, étudier comment a eu lieu successivement l'occupation de la terre dans les villes et les villages, il trouvera, en se livrant à cette enquête, que ceux qui ont accompli l'oeuvre de culture ont cherché les flancs des collines, laissant les sites moins élevés aux individus qui avaient besoin d'employer l'eau qui s'écoulait de leurs terres desséchées (25). En outre, s'il désire comparer la valeur actuelle du terrain qu'on regardait il y a si peu de temps comme ingrat, il apprendra qu'il n'a plus le même rang que le terrain considéré autrefois comme fertile, et qu'il donne aujourd'hui un revenu plus élevé ; fournissant ainsi une nouvelle preuve de ce fait, que non-seulement ce sont les terrains de meilleure qualité qui ont été soumis à la culture en dernier lieu, mais que la faculté d'en tirer parti s'obtient au prix d'un travail bien moins considérable, les salaires ayant constamment haussé avec l'accroissement du revenu (26).

    En arrivant dans le nord de l'Écosse, si nous désirons trouver les centres de la plus ancienne culture, il faudra visiter les districts éloignés qui sont aujourd'hui ou complètement abandonnés, ou sur lesquels le pâturage de quelque gros bétail peut seul engager à revendiquer la propriété du sol (27), et si nous recherchons les plus anciennes habitations, nous les trouvons dans les cantons qui, aux époques modernes, restent à l'abri de l'invasion de la charrue (28). Les emplacements où le peuple autrefois avait coutume de s'assembler, et où il avait laissé après lui des traces de son existence, dans des pierres rangées en cercle semblables à celles de la plaine de Salisbury en Angleterre, se retrouveront invariablement dans les parties du royaume qui aujourd'hui n'engagent que très-faiblement à les occuper ou à les cultiver (29). En recherchant les demeures de ces chefs qui autrefois troublaient si souvent la paix du pays, nous les trouvons dans les parties les plus élevées ; mais si nous voulons voir ce qu'on a appelé le grenier de l'Écosse, on nous renvoie aux terrains légers du Moray Frith faciles à défricher et à cultiver. Si nous demandons à connaître les terrains les plus neufs, on nous conduit aux Lothians, ou vers les bords de la Tweed, qui n'ont été, que pendant un court intervalle, habités par des barbares dont la plus grande joie consistait à faire des invasions dans les comtés anglais adjacents, pour les piller. En cherchant les forêts et les marais de l'époque de Marie et d'Élisabeth, nos yeux rencontrent les plus belles fermes de l'Écosse. Si nous voulons voir la population la plus pauvre, on nous renvoie aux îles de l'ouest, Mull ou Skye, qui étaient occupées lorsque les terres à prairies n'avaient pas encore été drainées ; à l'île de Mona, célèbre à l'époque où le sol fertile des Lothians n'était pas encore cultivé ; ou bien aux îles Orcades, considérées autrefois comme ayant une valeur assez considérable pour être reçues par le roi de Norwége, en nantissement d'une somme à payer, bien plus considérable que celle qu'on pourrait trouver aujourd'hui de ces pauvres iles, lors même que la vente comprendrait la terre et le droit de souveraineté réunis. Placés sur les hauteurs de Sutherland, nous nous trouvons au milieu des terres, qui, de temps immémorial, ont été cultivées par des highlanders mourant de faim ; mais sur les terrains plats situés plus bas, on voit de riches récoltes de navets croissant sur un sol qui n'était, il y a quelques années, qu'un désert. Plaçons-nous où nous voudrons, sur le siége d'Arthur, ou les tours de Stirling, ou sur les hauteurs qui bordent la grande vallée de l'Écosse, nous apercevons des terrains fertiles, presque complètement, sinon tout à fait inoccupés et non drainés, tandis qu'à côté nous pouvons apercevoir des terrains élevés et secs, qui depuis une longue suite de siècles ont été mis en culture.

 

 

 

 

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Published by Jean-Gabriel Mahéo - dans L'art - l'histoire et les idées
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