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1 novembre 2004 1 01 /11 /novembre /2004 10:58

PRINCIPES DE LA SCIENCE SOCIALE
PAR M. H.-C. CAREY (De Philadelphie)

henry_charles_carey.jpg

TRADUITS EN FRANÇAIS PAR MM. SAINT-GERMAIN-LEDUC ET AUG. PLANCHE

  1861

 

 

 

 

 

 

CHAPITRE X :

DES CHANGEMENTS DE LIEU DE LA MATIÈRE.

 

    § 2. — Diminution dans la proportion de la société nécessaire pour effectuer les changements de lieu. Elle est accompagnée du rapide développement du commerce et du développement, correspondant, du pouvoir d'obtenir des moyens de transport plus perfectionnés.


    Si nous considérons maintenant le colon solitaire de l'Ouest, lors même qu'il est pourvu d'une hache et d'une bèche, nous le voyons obtenant, avec peine, même la cabane de la construction la plus vulgaire. Arrive cependant un voisin amenant avec lui un cheval et une charrette ; et dès lors une seconde maison peut être construite avec moitié moins de travail qu'il n'en fallait pour la première. D'autres individus arrivent successivement, un plus grand nombre de maisons devient nécessaire ; et maintenant, grâce aux efforts réunis de la colonie, une troisième maison est édifiée complètement en un jour, tandis que la première avait exigé des mois entiers, et la seconde des semaines, de pénibles efforts. Ces nouveaux voisins, ayant amené avec eux des charrues et des houes, de meilleurs sols sont mis en culture, et récompensent plus largement le travail, en permettant de conserver l'excédant pour les besoins de l'hiver.

    Le sentier tracé pour des Indiens, dont ils se servaient d'abord, est transformé maintenant en une route, et les échanges commencent avec les établissements éloignés, échanges qui servent de prélude à l'installation du magasin destiné à devenir le noyau de la ville future.

    La population et la richesse, prenant de nouveaux accroissements, et des sols plus riches étant mis en culture, la ville commence à croître, et à chaque augmentation successive du nombre des habitants, le fermier trouve un consommateur pour ses produits et un producteur prêt à fournir à ses besoins ; le cordonnier cherchant à se procurer du cuir et du blé en échange de ses souliers, et le charpentier des souliers et du blé en échange de son travail. Le forgeron a besoin de combustible et de subsistances, et le fermier de fers pour ses chevaux ; et c'est ainsi que le commerce s'accroît de jour en jour, en même temps qu'il y a diminution correspondante dans la nécessité du transport. A cette heure, comme on peut consacrer plus de temps à la production, la rémunération du travail augmente, avec un accroissement constant du commerce. La route ordinaire devenant une route à barrière de péage, et le bourg devenant une ville, le marché qui se trouve tout à fait rapproché des colons prend un accroissement constant, tandis que le chemin de fer facilite les échanges avec les bourgs et les villes éloignés.

    La tendance à l'union et à la combinaison des efforts s'augmente ainsi avec l'augmentation de la richesse. Cette tendance ne peut se développer dans l'état d'extrême pauvreté. La tribu insignifiante de sauvages qui erre sur des millions d'acres du terrain le plus fertile, regarde avec des yeux jaloux tout nouvel arrivant, sachant bien que chaque bouche nouvelle ayant besoin d'être nourrie, augmente la difficulté de se procurer des subsistances ; tandis que le fermier se réjouit de l'arrivée du forgeron et du cordonnier, par la raison qu'ils viennent consommer, dans son voisinage, le blé que jusqu'à ce jour il a porté à un marché éloigné, pour l'y échanger contre des chaussures à son usage et des fers pour ses chevaux. A chaque nouveau consommateur de ses produits qui survient, il peut, de plus en plus, concentrer son activité et son intelligence dans la sphère de sa demeure, et son pouvoir de consommer les denrées apportées d'autres pays augmente, en même temps que diminue la nécessité de chercher au loin un marché pour les produits de sa ferme. Donnez à la pauvre peuplade sauvage des bêches et la science de s'en servir, et la puissance d'association va naître. Les provisions de subsistances devenant plus abondantes, elle accueille avec joie l'étranger qui apporte des couteaux et des vêtements qu'elle échangera contre des peaux et du blé ; la richesse augmente et avec elle se développe l'habitude de l'association.

    La petite tribu se trouve cependant forcée d'occuper les terrains plus élevés et plus ingrats, les terrains plus bas et plus riches consistant en forêts épaisses et en tristes marais, parmi lesquels la nature règne en souveraine absolue, défiant tous les efforts d'individus pauvres et disséminés. Sur le penchant opposé de la vallée, on peut trouver une autre tribu, mais le terrain d'alluvion n'étant pas encore défriché et les ponts n'étant pas une chose à laquelle on ait songé jusqu'à ce jour, il n'existe point de relation entre elles. Toutefois la population et la richesse continuant à s'accroître, et les subsistances pouvant être obtenues en retour de moindres efforts, la puissance d'association augmente aussi invariablement, en même temps qu'augmente constamment l'appréciation des avantages à recueillir d'une nouvelle association. Les routes étant maintenant tracées dans la direction de la rivière, la quantité de subsistances augmente rapidement, à raison de la plus grande facilité de cultiver des sols plus riches ; et le développement de la population et de la richesse est encore plus rapide.

    Le bord de la rivière étant atteint à la longue, la nouvelle richesse prend la forme d'un pont, à l'aide duquel les petites sociétés peuvent plus facilement combiner leurs efforts pour le bien commun. L'un a besoin de charriots ou de wagons, tandis que l'autre possède du blé qui aurait besoin d'être converti en farine ; celui-ci a des peaux plus qu'il ne lui en faut, tandis qu'un autre possède un excédant de vêtements ou de chaussures. Le premier fait usage d'un moulin à vent, tandis que le second se réjouit de posséder un moulin à scier. Les échanges s'accroissent, les travaux deviennent, de jour en jour, plus diversifiés, et les villes augmentent en population et en force, à raison de l'augmentation de la somme de commerce. Des routes étant maintenant tracées dans la direction des autres établissements, on voit disparaître peu à peu les forêts et les marécages à cause desquels, jusqu'à ce jour, ceux-ci avaient été tenus dans l'isolement ; ils cèdent la place aux sols les plus riches que l'on soumet à la culture, et qui récompensent plus largement le travailleur, en lui permettant d'obtenir chaque année des aliments, des vêtements et un abri meilleur, avec une dépense moins considérable de force musculaire. Le danger de la famine a cessé maintenant d'exister, la durée de la vie est prolongée, en même temps qu'il y a un accroissement correspondant dans la facilité de s'associer pour toute entreprise utile, ce qui forme le trait caractéristique et distinctif de la civilisation.

    Avec le nouveau développement de la population et de la richesse, les désirs de l'homme et la possibilité pour lui de les satisfaire progressent constamment. La nation qui s'est formée maintenant possède un excédant de laine, mais elle manque de sucre ; chez la nation voisine au contraire, on peut trouver un excédant de sucre, tandis que la quantité de laine est insuffisante. Toutes deux sont séparées l'une de l'autre par de vastes forêts, des marais profonds et des fleuves rapides, formant des obstacles aux communications, obstacles qu'il faut anéantir, si l'on veut compter sur de nouveaux progrès dans la population et la richesse. Celles-ci prennent un nouvel accroissement et bientôt disparaissent les forêts et les marécages, faisant place à de riches fermes à travers lesquelles on trace de larges routes, avec de beaux ponts, et qui permettent au marchand de transporter facilement la laine qu'il échangera avec ses voisins, riches maintenant, contre leur excédant de sucre. Les nations associant à cette heure leurs efforts, la richesse augmente avec une rapidité encore plus grande, facilite le drainage des marais et livre à l'exploitation les sols les plus riches, tandis que les mines de houille fournissent à bon marché le combustible pour convertir la pierre à chaux en chaux pure et le minerai de fer en instruments, tels que les bêches et les haches, ou en rails qui formeront les nouveaux chemins nécessaires pour expédier sur le marché les immenses produits des sols fertiles, maintenant soumis à la culture, et en rapporter des provisions considérables de sucre, de thé, de café, et d'autres produits de régions éloignées avec lesquelles on entretient des relations aujourd'hui. A chaque pas reculent les limites de la population et de la richesse, du bonheur et de la prospérité ; et l'on a peine à croire ce fait : que le pays qui, à cette heure, fournit à dix millions d'individus tout ce qui leur est nécessaire, tout ce qui peut contribuer au bien-être, à la commodité et aux jouissances de la vie, est le même qui, à l'époque où la terre surabondante n'était occupée que par dix mille, donnait à ce nombre si restreint d'individus de maigres quantités de la plus misérable nourriture, si maigres que les famines étaient fréquentes et suivies dans leurs ravages de la peste qui, à de courts intervalles, enlevait la population des petits établissements disséminés sur les hauteurs.

    Nous constatons ici le mouvement constamment plus rapide de la société, et l'accroissement du commerce résultant d'une diminution constante dans la part proportionnelle du travail social, nécessaire pour effectuer les changements de lieu ; diminution qui a lieu par suite d'un accroissement constant dans la puissance d'association et dans le développement de l'individualité, résultant de la diversité des travaux. A mesure que le village grandit et peut plus facilement se suffire à lui-même, il lui devient possible d'améliorer ses communications avec les villages voisins ; et bientôt tous sont en état d'effectuer des améliorations dans les routes qui conduisent à la ville plus éloignée. A mesure que le travail se diversifie davantage dans la ville, celle-ci peut associer ses efforts à ceux des villes voisines pour réaliser des améliorations dans le transport à la cité plus éloignée ; et à mesure que les cités grandissent, elles peuvent pareillement s'unir pour faciliter les relations avec les nations éloignées. Le pouvoir d'entretenir le commerce augmente ainsi, avec chaque diminution dans la nécessité d'avoir recours au trafic et au transport des denrées.

 

 

 

 

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Published by Jean-Gabriel Mahéo - dans L'art - l'histoire et les idées
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