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1 novembre 2004 1 01 /11 /novembre /2004 10:58

  PRINCIPES DE LA SCIENCE SOCIALE
PAR M. H.-C. CAREY (De Philadelphie)

 

henry_charles_carey.jpg


TRADUITS EN FRANÇAIS PAR MM. SAINT-GERMAIN-LEDUC ET AUG. PLANCHE

  1861

 

 

 

 

 

 

CHAPITRE XIII :

CONTINUATION DU MÊME SUJET.

  

    § 5. — Perte du capital et destruction du pouvoir d'accumuler.


    L'état de choses, que nous avons retracé plus haut, résulte nécessairement du maintien d'un système qui tend à l'annihilation du commerce par l'exclusion de la grande classe intermédiaire des artisans et des ouvriers, et qui réduit une grande nation à n'être plus qu'une masse de cultivateurs, d'un côté, et de l'autre, d'avides préteurs d'argent. La chaine de la société manque ici complètement de ces anneaux qui la relient ; d'où il résulte qu'il n'y a plus ni mouvement, ni force. Le capital étant dissipé chaque semaine, dans une proportion plus considérable que la valeur des produits importé», il ne peut y avoir d'accumulation. « Personne, dit le colonel Sleeman (21), ne possède un fonds égal à la moitié de son revenu. » Partout les individus sont à la merci du produit de l'année, et, quelque faible qu'il soit, il faut acquitter les impôts ; et rien ne revient de ce qui est exporté. Le sol ne donne rien (22), et comme la condition des prêts que fait la terre à l'homme est violée chaque jour, chaque heure et généralement, on ne doit éprouver aucune surprise en lisant dans les volumes intéressants du colonel Sleeman les preuves nombreuses qu'il a offertes de l'infécondité croissante de la terre.

    On a laissé tomber en ruine les ouvrages édifiés autrefois pour l'irrigation (23), et les terrains les plus riches sont abandonnés. Même dans la vallée du Gange, il n'y a pas un tiers des terres cultivables qui soit soumis à la culture (24) ; tandis qu'ailleurs, il apprend à ses lecteurs que sur la surface de l'Inde entière la moitié est inculte (25). Dans la présidence de Madras, on ne cultive pas le cinquième du territoire (26), et cependant la famine sévit constamment, et avec une rigueur inconnue dans toutes les autres parties du globe, en même temps qu'il y a surabondance du travail et de la terre, pour lesquels on ne peut obtenir de l'emploi. L’emplacement de Dacca, naguère encore ville manufacturière si importante, n'offrit plus à l’évêque Héber qu'une « jungle impénétrable ; » et, comme résultat nécessaire d'une pareille situation, il faut que les journaux des Indes orientales rappellent à leurs lecteurs les millions d'acres de riches terrains qui pourraient produire du coton, et qui, à cette heure, restent en friche. De quelque côté que nous portions nos regards dans cette magnifique contrée, nous trouvons la preuve de l'amoindrissement de l'individualité et de la diminution de la puissance d'association, accompagnés d'une centralisation chaque jour croissante, dont l'annexion du royaume d'Inde nous fournit un des exemples les plus récents et les plus frappants (27), et la centralisation, l'esclavage et la mort marchent toujours de conserve, dans le monde physique, ou dans le monde moral.

    Lorsque la population et la richesse diminuent, les sols fertiles sont les premiers abandonnés, ainsi qu'on le voit dans la campagne de Rome, dans la vallée de Mexico et dans les deltas du Gange et du Nil. Sans association d'efforts, ils n'auraient jamais été mis en culture, et leur abandon actuel ne prouve que la disparition de la puissance d'association. Forcé de revenir aux sols ingrats et d'en exporter le produit, le misérable Hindou devient, de jour en jour, plus pauvre, et moins il recueille, plus il devient l'esclave des caprices de son seigneur ; et plus il est abandonné à la merci du prêteur d'argent, qui prête sur bonne garantie à 3 pour % par mois, mais qui exige de lui 50 ou 100 pour % pour un prêt fait jusqu'à la moisson. Que dans de pareilles circonstances, le salaire du travail soit très-bas, lors même que ces malheureux sont occupés, c'est à quoi l'on pouvait s'attendre naturellement. En quelques endroits, l'ouvrier reçoit deux, et dans d'autres, trois roupies, soit moins d'un dollar et demi par mois ; les officiers employés sur les grands domaines des Zemindars, de 3 à 4 roupies, et les agents de la police ne reçoivent que 48 roupies (23 dollars) par an, sur lesquelles ils se fournissent la nourriture et le vêtement! Telles sont les rémunérations du travail, dans un pays qui possède tous les moyens imaginables d'amasser des richesses ; et ces rémunérations diminuent d'année en année (28).

 

 

 


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Published by Jean-Gabriel Mahéo - dans L'art - l'histoire et les idées
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