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Science et Nature

Dimanche 10 octobre 2010 7 10 /10 /Oct /2010 22:36

Logo1deuil.jpgNous venons d'apprendre avec tristesse le décès de monsieur Maurice Allais, à l'âge de 99 ans.

 

Ce grand homme, dont l'Histoire énumérera les mérites mieux que cet humble site, avait contribué de manière exemplaire à la science économique tout autant qu'à la science physique moderne, dont il ébrécha l'un des axiomes, l'isotropie de l'espace, en réexaminant les expériences de Michelson & Morley et de Dayton C. Miller.*

 

Cette approche de Maurice Allais ne fut pas très populaire parmi les physiciens, c'est le moins que l'on puisse dire, et c'est la Revue Fusion qui offrit quelquefois ses pages à ses études.

 

Ainsi, en hommage à monsieur Allais, voici une compilation de ses articles parus dans la Revue :

 

Maurice-Allais.jpg

F69.6 - Les expériences de Dayton C. Miller 1925-26 et la théorie de la relativité - Maurice Allais

 

F73.6 - Doit-on reconsidérer les lois de la gravitation; Anomalie du mouvement du pendule paraconique à support anisotropique; La confirmation expérimentale - Maurice Allais

 

F87.6 - Sur une liaison entre l'électromagnétisme et la gravitation. L'action d'un champ magnétique sur le mouvement d'un pendule - Maurice Allais

 

F96.5 - L'effondrement radical et définitif de la théorie de la relativité - Maurice Allais

 

F102.6 - La signification des régularités extraordinaires sous-jacentes aux observations interférométriques de Miller - Maurice Allais

 

F104.11 - Albert Einstein, un extraordinaire paradoxe - Maurice Allais

 

F107.13 - Observations critiques sur l'article de Guy Berthault publié dans le Fusion n°103 - Maurice Allais

 

 

 

* Que l'on me corrige, ou complète, si besoin est, merci.

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Par LaRechercheDuBonheur - Voir les 12 commentaires
Samedi 3 avril 2010 6 03 /04 /Avr /2010 13:49

Véronique Anger de Friberg Véronique Anger de Friberg est journaliste indépendante et, dans l'affaire des 400, elle est la première à avoir fait état publiquement de l'existence d'une pétition de la corporation des climatologues français pro-RCA - membres du GIEC et autres - connue aujourd'hui sous le nom de "Lettre des 400".


Je viens de lire, sur le blog du compère Laurent Berthod, un message de sa part, où elle disait ceci :


"Je me permets de préciser qu'aucun des journalistes (notamment Foucart, Huet, Haski…) ayant reçu par courriel et pour information le 30 mars au matin mon article titré : « Climato-scepticisme : Galilée convoqué devant le Saint-Office ? » publié dès le 29 mars sur mon blog , et daté du 30 mars sur AgoraVox (qui a suscité plus de 250 réactions en une journée) n’a eu le professionnalisme de citer mon article, pourtant largement relayé par de nombreux réseaux, et qui a mis le feu aux poudres en dévoilant l’existence de la pétition des chercheurs-climatologues (289 signataires à ce moment-là).
Une tentative de cabale éventée, qui a conduit les initiateurs à retravailler leur copie à la hâte et dans un esprit moins agressif. Lire mon article du 2 avril : "400 climatologues en colère : 2 versions pour une même pétition ! " (publié le 1er avril sur mon blog et sur Le Post). La comparaison entre les 2 versions, à 2 jours d’intervalle est sidérante… mais qui le fera remarquer ? "

 

Chère Véronique, je vais essayer de le faire remarquer, en vous offrant cette page.


Dans l'article qui suit, donc, elle souligne que la pétition, avant d'être fuitée, était écrite en des termes nettement plus secs et insultants que la deuxième version, qui fut rendue publique en catastrophe par ses initiateurs après la fuite, dès le 31 mars 2010.


Je me permet donc de reproduire cet articler sur ce blog, en espérant qu'elle me pardonnera l'emprunt.


Bonne lecture.

 

 

400 CLIMATOLOGUES EN COLERE :

2 versions pour une même pétition !


Quelle ne fut pas ma surprise, en ce jour de 1er avril, de découvrir qu’une grande partie du texte d’origine1 de « L’appel Ethique scientifique et sciences du climat : lettre ouverte » avait été remplacée par de nouveaux paragraphes.


Illustration-de-Le-Honzec.gifOubliés le « sentiment d’impunité totale », « la mauvaise foi », « la théorie du complot », « la provocation », la longue envolée sur « la compréhension des liens entre gaz à effet de serre et climat » dans la nouvelle version datée du 29 mars2. En revanche, s’il est toujours question des « principes de base de l’éthique scientifique, rompant le pacte moral qui lie chaque scientifique avec la société », les pétitionnaires s’obstinent à ignorer les 7 publications scientifiques sur le climat dont M. Courtillot est l’auteur (avec M. Le Mouël).


Sept publications pourtant passées par le filtre standard des publications scientifiques et relues par des pairs : « Ces accusations ou affirmations péremptoires ne passent pas par le filtre standard des publications scientifiques. Ces documents, publiés sous couvert d’expertise scientifique, ne sont pas relus par les pairs, et échappent de ce fait aux vertus du débat contradictoire ». Cette affirmation tendancieuse me semble une bien curieuse façon de lancer un débat « serein », puisque tel serait le désir des 400 chercheurs-climatologues qui affirment : « Au vu des défis scientifiques posés par le changement climatique, nous sommes demandeurs d’un vrai débat scientifique serein et approfondi. ».


Enfin, la nouvelle version mentionne en post-scriptum : « Une version initiale de cet appel ayant été diffusée publiquement le 29 mars, nous avons informé les destinataires de notre initiative ; la lettre et la liste définitives des signataires seront envoyées le 7 avril. ». Et oui, votre serviteur a éventé le projet de cabale en publiant le texte de la pétition en primeur sur AgoraVox mardi dernier... et se félicite d’avoir copié/collé tout le texte plutôt que le lien ! (cf : Climato-scepticisme : Galilée convoqué devant le Saint-Office ?).


Une « fuite » qui a tout de même un tantinet gâché le bel effet de surprise sur lequel comptaient nos 400 scientifiques-réchauffistes épris d’éthique pour lancer leur cabale. Résultat: un nouveau texte rédigé dans la hâte et relayé par les médias « officiels » le jour du poisson d’avril. De là à y voir un fake… A l’ère d’internet, l’information circule plus vite que son ombre… et on ne se méfie jamais assez de la blogosphère et de sa résonance.

(1) Paragraphes supprimés, indiqués en rouge dans la version datée du 27 mars 2010 et copiée/collée à la suite de la nouvelle version.

(2) Changements importants signalés en rouge dans la version datée du 29 mars 2010 ET copiée/collée à la suite de ce billet.


Illustration de Le Honzec

________________________________________

(1) Première version du 27 mars 2010 (copiée/collée à la fin de mon article « Galilée convoqué devant le Saint-Office ? » publié en primeur sur AgoraVox le 29 mars 2010) :

TEXTE DE LA PETITION

en ligne sur le site du club des argonautes, à l’initiative de Valérie Masson-Delmotte.

« Le samedi 27 Mars 2010

277 Internautes ont signé l’appel Éthique scientifique et sciences du climat : lettre ouverte

Cette page, http://www.clubdesargonautes.org/iF... est destinée aux scientifiques, (universitaires et chercheurs) compétents en Sciences du Climat.

Les signataires s’engagent sur leur expertise scientifique propre. En aucun cas leur signature ne peut engager leurs organismes de tutelle, dont la mention n’est faite qu’au titre de la transparence.

En signant ici, vous acceptez que vos nom et qualité apparaissent dans une liste qui sera rendue publique. A contrario, votre adresse E-mail ne sera pas divulguée, mais pourra être utilisée par les premiers signataires, dans le but exclusif de vous informer des suites de cette démarche.

ATTENTION, VOTRE SIGNATURE NE SERA ENREGISTRÉE QUE SI VOUS LA CONFIRMEZ PAR E-MAIL. N’OUBLIEZ PAS DE LE FAIRE !

Les signatures de ce texte seront recueillies jusqu’au 6 avril au soir, puis le texte signé sera d’abord envoyé le 7 avril par lettre recommandée aux instances scientifiques mentionnées. Nous vous remercions de respecter ce calendrier. Seulement après réception de ces courriers, le texte sera mis en ligne publiquement.

En parallèle, nous vous invitons à faire suivre les erreurs identifiées dans les ouvrages et séminaires mentionnés (numéro de page ou minute, description, et explications par rapport aux faits scientifiques disponibles dans les bases de données ou la littérature scientifique) à valerie.masson@lsce.ipsl.fr"


________________________________________

Destinataires :

Mme la Ministre de la Recherche
M. le Directeur de la Recherche
Mr le Président de l’Agence d’Évaluation de la Recherche
M. le Président de l’Académie des Sciences
M. le Président Directeur Général du CNRS
Mrs. les Directeurs et Directeurs adjoints de l’INSU et l’INEE du CNRS
M. le Président du Comité d’Éthique du CNRS

Éthique scientifique et sciences du climat : lettre ouverte

Nous, scientifiques du climat, attachés au devoir de rigueur scientifique, interpellons les hautes instances scientifiques françaises : Ministère de la Recherche, Centre National de la Recherche Scientifique, et Académie des Sciences, qui n’ont pas réagi aux accusations calomnieuses lancées à l’encontre de notre communauté.

Un pacte moral relie les scientifiques et la société. Rémunérés par les crédits publics, les scientifiques doivent déployer une rigueur maximale, pour la conception, la réalisation, la publication de leurs travaux. Leurs pairs sont les arbitres de cette rigueur, à travers les processus critiques de relecture, de vérification, de publication des résultats. Les hautes instances scientifiques sont les garants de cette rigueur. C’est sur cette éthique scientifique que repose la confiance que la société peut accorder à ses chercheurs.

Reconnaître ses erreurs fait également partie de l’éthique scientifique. Lorsqu’on identifie, après la publication d’un texte, des erreurs qui ont échappé aux processus de relecture, il est d’usage de les reconnaître, et de les corriger, en publiant un correctif. Ainsi, des glaciologues ont mis en évidence une erreur dans le tome 2 du 4ème rapport du Groupe d’expert intergouvernemental sur l’évolution du climat (« Impacts, Adaptation et Vulnérabilité, chapitre 10 : Asie ») concernant le devenir des glaciers de l’Himalaya. En l’absence de procédure formelle d’« erratum », le GIEC a publié son « mea culpa » (http://www.ipcc.ch/pdf/presentation... ;), reconnaissant l’erreur, et pointant que les processus de relecture du groupe 2 (rédigé et relu par les spécialistes des impacts du changement climatique sur les écosystèmes et l’économie) n’avaient pas fonctionné. En cela, le GIEC a respecté la déontologie scientifique.

Depuis plusieurs mois, des scientifiques reconnus dans leurs domaines respectifs, membres actifs de l’Académie des Sciences, dénigrent les sciences du climat et l’organisation de l’expertise internationale, criant à l’imposture scientifique - comme le fait Claude Allègre dans L’Imposture climatique ou la fausse écologie (Plon, 2010), pointant les prétendues « erreurs du GIEC », comme le fait Vincent Courtillot dans Nouveau voyage au centre de la Terre (Odile Jacob, 2009), dans son séminaire de rentrée de l’Institut de Physique du Globe de Paris ( http://www.ipgp.fr/pages/040805.php...) ou bien dans les « libres points de vue d’Académiciens sur l’environnement et le développement durable » ( http://www.academie-sciences.fr/act...). Leurs accusations ou affirmations péremptoires ne passent pas par le filtre standard des publications scientifiques. Ces documents, publiés sous couvert d’expertise scientifique, ne sont pas relus par les pairs, et échappent de ce fait aux vertus du débat contradictoire.

Ignorons le dénigrement, la théorie du complot et les aspects politiques. Appliquons-leur simplement la même exigence de rigueur qu’à n’importe quel manuscrit scientifique. De nombreuses erreurs de forme, de citations, de données, de graphiques ont été identifiées. Plus grave, à ces erreurs de forme s’ajoutent des erreurs de fond majeures sur la description du fonctionnement du système climatique.

Plusieurs hypothèses sont possibles, pour expliquer la publication d’ouvrages dont certains battent tous les records en termes d’erreurs de forme et de fond pour l’ensemble des arguments scientifiques : s’agit-il d’une provocation délibérée, pour se placer en position de victime, et attirer la sympathie du grand public ? S’agit-il d’incompétence, ces auteurs croyant sincèrement à leurs affirmations fausses, faute d’une connaissance de la littérature scientifique ? D’une mauvaise foi délibérée, l’éthique scientifique étant mise aux oubliettes, et l’apparence pseudo-scientifique (références fausses, courbes inventées, résultats scientifiques détournés…) étant mise au service d’un message avant tout politique ?

Dans tous les cas, la publication de ces affirmations témoigne d’un sentiment d’impunité totale de la part de leurs auteurs, qui oublient les principes de base de l’éthique scientifique, rompant le pacte moral qui lie chaque scientifique avec la société.

Nos observations, nos études des processus physiques, nos outils de modélisation, qui contribuent à une expertise nécessairement internationale, nous montrent que :

• les émissions de gaz à effet de serre, en augmentation, modifieront durablement le bilan radiatif terrestre ;

• la compréhension des liens entre gaz à effet de serre et climat ne repose pas sur des corrélations empiriques, mais sur l’étude de mécanismes physiques, amplement démontrés. Les modèles de climat sont très largement testés sur leur capacité à représenter les processus clés du changement climatique en cours ainsi que des variations climatiques passées ;

• l’amplitude et la structure des changements observés depuis 50 ans sont cohérents avec les conséquences théoriques d’un réchauffement induit par un surplus de gaz à effet de serre ;

• les conséquences d’une poursuite au rythme actuel des rejets de gaz à effet de serre peuvent être graves, d’ici quelques décennies.

Nous, scientifiques du climat, attachés au devoir de rigueur scientifique, interpellons les hautes instances scientifiques françaises : Ministère de la Recherche, Centre National de la Recherche Scientifique, et Académie des Sciences au sujet de leur silence vis-à-vis d’accusations publiques sur l’intégrité des scientifiques du climat, accusations qui sortent du cadre déontologique.


Liste des premiers signataires

Valérie Masson-Delmotte (LSCE)- Edouard Bard (Collège de France / CEREGE)- François-Marie Bréon (LSCE)- Christophe Cassou (CERFACS)- Jérôme Chappellaz (LGGE)- Georg Hoffmann (LSCE)- Catherine Jeandel (LEGOS)- Jean Jouzel (LSCE)- Bernard Legras (LMD)- Hervé Le Treut (IPSL)- Bernard Pouyaud (IRD)- Dominique Raynaud (LGGE)- Philippe Rogel (CERFACS). ».


________________________________________

 

(2) Deuxième version du 29 mars 2010 (copiée/collée à partir du lien : version de la « lettre ouverte »)

« Le jeudi 1 Avril 2010
489 Internautes ont signé l'appel Éthique scientifique et sciences du climat : lettre ouverte

Cette page, http://www.clubdesargonautes.org/iFPXAGvdz/php/index.php est destinée aux scientifiques, (universitaires et chercheurs) compétents en Sciences du Climat.

Les signataires s'engagent sur leur expertise scientifique propre. En aucun cas leur signature ne peut engager leurs organismes de tutelle, dont la mention n'est faite qu'au titre de la transparence.

En signant ici, vous acceptez que vos nom et qualité apparaissent dans une liste qui sera rendue publique. A contrario, votre adresse E-mail ne sera pas divulguée, mais pourra être utilisée par les premiers signataires, dans le but exclusif de vous informer des suites de cette démarche.

ATTENTION, VOTRE SIGNATURE NE SERA ENREGISTRÉE QUE SI VOUS LA CONFIRMEZ PAR E-MAIL. N'OUBLIEZ PAS DE LE FAIRE !

Les signatures de ce texte seront recueillies jusqu'au 6 avril au soir, puis le texte signé sera d'abord envoyé le 7 avril par lettre recommandée aux instances scientifiques mentionnées. Nous vous remercions de respecter ce calendrier. Seulement après réception de ces courriers, le texte sera mis en ligne publiquement.

En parallèle, nous vous invitons à faire suivre les erreurs identifiées dans les ouvrages et séminaires mentionnés (numéro de page ou minute, description, et explications par rapport aux faits scientifiques disponibles dans les bases de données ou la littérature scientifique) à valerie.masson@lsce.ipsl.fr"

PS : une version initiale de cet appel ayant été diffusée publiquement le 29 mars, nous avons informé les destinataires de notre initiative; la lettre et la liste définitives des signataires seront envoyées le 7 avril.



Deuxième version, 29 mars 2010.

Destinataires :

Mme la Ministre de la Recherche
M. le Directeur de la Recherche
M. le Président de l’Académie des Sciences
Mmes et MM. les Directeurs des acteurs de la recherche publique regroupés au sein de l’Alliance thématique AllEnvi (BRGM, CEA, CEMAGREF, CIRAD, CNRS, CPU, IFREMER, INRA, IRD, LCPC, Météo France, MNHN)
M. le Président de l’Agence d’Évaluation de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur
M. le Président du Comité d’Éthique du CNRS

Éthique scientifique et sciences du climat : lettre ouverte

Nous, scientifiques du climat, attachés au devoir de rigueur scientifique, interpellons les structures référentes de la recherche scientifique française, face aux accusations mensongères lancées à l’encontre de notre communauté.

Un pacte moral relie les scientifiques et la société. Rémunérés principalement par les crédits publics, les scientifiques doivent déployer une rigueur maximale, pour la conception, la réalisation, la publication de leurs travaux. Leurs pairs sont les arbitres de cette rigueur, à travers les processus critiques de relecture, de vérification, de publication des résultats. Les hautes instances scientifiques sont les garants de cette rigueur. C’est sur cette éthique scientifique que repose la confiance que la société peut accorder à ses chercheurs.

Reconnaître ses erreurs fait également partie de l’éthique scientifique. Lorsqu’on identifie, après la publication d’un texte, des erreurs qui ont échappé aux processus de relecture, il est d’usage de les reconnaître, et de les corriger, en publiant un correctif. Ainsi, des glaciologues ont mis en évidence une erreur dans le tome 2 du 4ème rapport du Groupe d’expert intergouvernemental sur l’évolution du climat («Impacts, Adaptation et Vulnérabilité, chapitre 10 : Asie») concernant le devenir des glaciers de l’Himalaya. En l’absence de procédure formelle d’«erratum», le GIEC a publié son «mea culpa» ( http://www.ipcc.ch/pdf/presentations/himalaya-statement-20january2010.pdf), reconnaissant l’erreur, et soulignant que les processus de relecture du rapport n’avaient pas fonctionné pour ce paragraphe. En cela, le GIEC a respecté la déontologie scientifique.

Depuis plusieurs mois, des scientifiques reconnus dans leurs domaines respectifs dénigrent les sciences du climat et l’organisation de l’expertise internationale, criant à l’imposture scientifique - comme le fait Claude Allègre dans L’Imposture climatique ou la fausse écologie (Plon, 2010), pointant les prétendues «erreurs du GIEC», comme le fait Vincent Courtillot dans Nouveau voyage au centre de la Terre (Odile Jacob, 2009) et dans des séminaires académiques. Ces accusations ou affirmations péremptoires ne passent pas par le filtre standard des publications scientifiques. Ces documents, publiés sous couvert d’expertise scientifique, ne sont pas relus par les pairs, et échappent de ce fait aux vertus du débat contradictoire.

Ces ouvrages n'auraient pu être publiés si on leur avait simplement demandé la même exigence de rigueur qu'à un manuscrit scientifique professionnel. De nombreuses erreurs de forme, de citations, de données, de graphiques ont été identifiées. Plus grave, à ces erreurs de forme s’ajoutent des erreurs de fond majeures sur la description du fonctionnement du système climatique. Leurs auteurs oublient les principes de base de l’éthique scientifique, rompant le pacte moral qui lie chaque scientifique avec la société.

Ces attaques mettent en cause la qualité et la solidité de nos travaux de recherche, de nos observations, études de processus, outils de modélisation, qui contribuent à une expertise nécessairement internationale.

Vous constituez les structures référentes de la recherche scientifique française. Les accusations publiques sur l’intégrité des scientifiques du climat sortent des cadres déontologiques et scientifiques au sein desquels nous souhaitons demeurer. Nous pensons que ces accusations demandent une réaction de votre part, et l’expression publique de votre confiance vis-à-vis de notre intégrité et du sérieux de nos travaux. Au vu des défis scientifiques posés par le changement climatique, nous sommes demandeurs d’un vrai débat scientifique serein et approfondi.


Liste des premiers signataires

Valérie Masson-Delmotte (LSCE)- Edouard Bard (Collège de France / CEREGE)- François-Marie Bréon (LSCE)- Christophe Cassou (CERFACS)- Jérôme Chappellaz (LGGE)- Georg Hoffmann (LSCE)- Catherine Jeandel (LEGOS)- Jean Jouzel (LSCE)- Bernard Legras (LMD)- Hervé Le Treut (IPSL)- Bernard Pouyaud (IRD)- Dominique Raynaud (LGGE)- Philippe Rogel (CERFACS) ».

 

 

Voilà une bonne chose de faite !

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Par Jean-Gabriel Mahéo - Voir les 1 commentaires
Vendredi 2 avril 2010 5 02 /04 /Avr /2010 22:53

Le mythe climatique - Benoît RittaudSans plus de commentaires, voic la lettre ouverte qu'offre Benoît Rittaud, auteur du livre "Le Mythe Climatique", aux auteurs et signataires de l'appel "éthique scientifique et science du climat", la désormais célèbre "Lettre des 400" (500 au dernier décompte, paraît-il).


Bonne lecture :


 

Lettre ouverte aux signataires de l’appel

« Éthique scientifique et sciences du climat »

By Benoît Rittaud

 

 

   Messieurs les Académiciens,
   Mesdames et messieurs les directeurs de centres de recherches,
   Chers collègues,

   Vous êtes à présent environ cinq cents à avoir signé cette pétition dont l’objet est d’obtenir une mise à l’index des livres de Claude Allègre et Vincent Courtillot de la part de vos ministres et organismes de tutelle. Vous invoquez pour cela le « pacte moral » qui lie les scientifiques à la société, et vous vous indignez d’accusations d’impostures, qui constituent pour vous une insulte à votre intégrité.

   Le débat qui nous agite autour du climat est un débat fondamental, car de la manière dont la société décidera de le trancher pourrait découler une modification profonde de notre organisation sociale. La rigueur scientifique y est donc plus que jamais indispensable, et vous avez raison de parler de pacte moral entre la science et la société. L’un des éléments les plus essentiels de ce pacte est la stricte séparation entre le travail scientifique et la parole politique. Comme l’histoire des sciences le montre aisément, et comme l’avait déjà compris Max Weber, le mélange entre science et politique conduit immanquablement à un affaiblissement de la première. Personne parmi vous, sans doute, ne souhaite voir se répéter les errements auxquels a parfois conduit un tel mélange.
   C’est pourtant à cela que, de manière sûrement involontaire, votre initiative conduit inévitablement. Votre pétition, en effet, demande expressément une réaction des structures référentes de la recherche publique. Qui donc, parmi vous, pense que l’honneur des scientifiques repose dans une prise de position que pourrait prendre un ministre sur la théorie scientifique que vous défendez ? À l’évidence, tout appui que vous pourriez recevoir sera logiquement interprété comme étant de nature partisane, ne faisant que refléter la réalité de jeux de pouvoir qui vous échappent. Où est donc la science dans tout cela ?

   La forme de votre initiative est donc une double méprise. La première méprise consiste à demander au pouvoir politique de prendre parti contre des personnes ayant publié des livres. Cela s’apparente fort à une tentative d’entrave à la liberté d’expression. Plus grave encore, cette velléité de censure qui ne dit pas son nom s’appuie sur une invocation du « filtre standard des publications scientifiques », rapprochant ainsi de façon coupable les procédés de revue par les pairs d’une censure légale.
   Comment a-t-il pu vous échapper que les éditions Plon, qui publient le livre de Claude Allègre, aussi bien que les éditions Odile Jacob, qui publient celui de Vincent Courtillot, ne sont pas, n’ont jamais été, et n’ont pas à être soumis au processus de revue par les pairs ? Ces deux éditeurs ont leur propre politique éditoriale, qu’ils délimitent de la manière qu’ils veulent. Ils n’ont en aucune manière à rendre des comptes au CNRS, au ministère de la Recherche, ou à n’importe quelle autre structure institutionnelle. Ces dernières n’ont pas davantage à donner leur avis dessus, sollicité ou non.
   Bien sûr, la liberté d’expression n’est pas absolue, et un cadre existe pour en délimiter les contours. C’est cela qui amène à votre seconde méprise : avoir ignoré le rôle de la justice. Celui qui estime être l’objet d’une diffamation peut demander réparation à la justice, seule habilitée à trancher ce type de litige. Si celle-ci n’a certes pas pour rôle de trancher un débat scientifique, elle a en revanche celui de déterminer si telle ou telle déclaration a un caractère infamant. Il existe des cadres pour régler certains différents ou infractions à la loi, des espaces pour débattre (les médias) mais il n’existe heureusement plus un quelconque « droit divin » en vertu duquel on pourrait sanctionner pour délit d’opinion.

   En dévoyant le sens du processus de relecture par les pairs, aussi bien qu’en soumettant votre travail à l’imprimatur de structures politiques, vous ne réalisez sans doute pas la portée de votre geste. Votre assaut dérisoire se fait au prix d’un précédent extrêmement dangereux, qui fragilise la science dans son ensemble et va contribuer à affaiblir plus particulièrement la climatologie. Nous touchons là à des idées qui vont bien au-delà du seul débat sur le climat : la place de la science, la liberté d’opinion.
   Ainsi, vous avez fait un pas de trop. S’il est parfaitement légitime de votre part de vouloir défendre la justesse de votre cause et la rigueur de vos travaux, en aucun cas tout cela ne peut justifier un appel à la censure et à l’arbitraire. Il n’y a pas de science officielle dans ce pays, fut-elle publique. En invoquer une ne peut qu’accroître le doute et la confusion. La légitimité des travaux menés en climatologie passe par d’autres voies que la désignation à la vindicte de boucs émissaires, et il nous revient à tous de faire en sorte que ne s’éteigne pas une certaine idée de la science.

 

Benoît Rittaud.

 

 

Pour mémoire, revoici l’appel dans son intégralité, disponible ici :

Deuxième version, 29 mars 2010.

Destinataires :

Mme la Ministre de la Recherche
M. le Directeur de la Recherche
M. le Président de l’Académie des Sciences
Mmes et MM. les Directeurs des acteurs de la recherche publique regroupés au sein de l’Alliance thématique AllEnvi (BRGM, CEA, CEMAGREF, CIRAD, CNRS, CPU, IFREMER, INRA, IRD, LCPC, Météo France, MNHN)
M. le Président de l’Agence d’Évaluation de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur
M. le Président du Comité d’Éthique du CNRS

Éthique scientifique et sciences du climat : lettre ouverte

Nous, scientifiques du climat, attachés au devoir de rigueur scientifique, interpellons les structures référentes de la recherche scientifique française, face aux accusations mensongères lancées à l’encontre de notre communauté.

Un pacte moral relie les scientifiques et la société. Rémunérés principalement par les crédits publics, les scientifiques doivent déployer une rigueur maximale, pour la conception, la réalisation, la publication de leurs travaux. Leurs pairs sont les arbitres de cette rigueur, à travers les processus critiques de relecture, de vérification, de publication des résultats. Les hautes instances scientifiques sont les garants de cette rigueur. C’est sur cette éthique scientifique que repose la confiance que la société peut accorder à ses chercheurs.

Reconnaître ses erreurs fait également partie de l’éthique scientifique. Lorsqu’on identifie, après la publication d’un texte, des erreurs qui ont échappé aux processus de relecture, il est d’usage de les reconnaître, et de les corriger, en publiant un correctif. Ainsi, des glaciologues ont mis en évidence une erreur dans le tome 2 du 4ème rapport du Groupe d’expert intergouvernemental sur l’évolution du climat («Impacts, Adaptation et Vulnérabilité, chapitre 10 : Asie») concernant le devenir des glaciers de l’Himalaya. En l’absence de procédure formelle d’«erratum», le GIEC a publié son «mea culpa» ( http://www.ipcc.ch/pdf/presentations/himalaya-statement-20january2010.pdf), reconnaissant l’erreur, et soulignant que les processus de relecture du rapport n’avaient pas fonctionné pour ce paragraphe. En cela, le GIEC a respecté la déontologie scientifique.

Depuis plusieurs mois, des scientifiques reconnus dans leurs domaines respectifs dénigrent les sciences du climat et l’organisation de l’expertise internationale, criant à l’imposture scientifique – comme le fait Claude Allègre dans L’Imposture climatique ou la fausse écologie (Plon, 2010), pointant les prétendues «erreurs du GIEC», comme le fait Vincent Courtillot dans Nouveau voyage au centre de la Terre (Odile Jacob, 2009) et dans des séminaires académiques. Ces accusations ou affirmations péremptoires ne passent pas par le filtre standard des publications scientifiques. Ces documents, publiés sous couvert d’expertise scientifique, ne sont pas relus par les pairs, et échappent de ce fait aux vertus du débat contradictoire.

Ces ouvrages n’auraient pu être publiés si on leur avait simplement demandé la même exigence de rigueur qu’à un manuscrit scientifique professionnel. De nombreuses erreurs de forme, de citations, de données, de graphiques ont été identifiées. Plus grave, à ces erreurs de forme s’ajoutent des erreurs de fond majeures sur la description du fonctionnement du système climatique. Leurs auteurs oublient les principes de base de l’éthique scientifique, rompant le pacte moral qui lie chaque scientifique avec la société.

Ces attaques mettent en cause la qualité et la solidité de nos travaux de recherche, de nos observations, études de processus, outils de modélisation, qui contribuent à une expertise nécessairement internationale.

Vous constituez les structures référentes de la recherche scientifique française. Les accusations publiques sur l’intégrité des scientifiques du climat sortent des cadres déontologiques et scientifiques au sein desquels nous souhaitons demeurer. Nous pensons que ces accusations demandent une réaction de votre part, et l’expression publique de votre confiance vis-à-vis de notre intégrité et du sérieux de nos travaux. Au vu des défis scientifiques posés par le changement climatique, nous sommes demandeurs d’un vrai débat scientifique serein et approfondi.

Liste des premiers signataires

Valérie Masson-Delmotte (LSCE)- Edouard Bard (Collège de France / CEREGE)- François-Marie Bréon (LSCE)- Christophe Cassou (CERFACS)- Jérôme Chappellaz (LGGE)- Georg Hoffmann (LSCE)- Catherine Jeandel (LEGOS)- Jean Jouzel (LSCE)- Bernard Legras (LMD)- Hervé Le Treut (IPSL)- Bernard Pouyaud (IRD)- Dominique Raynaud (LGGE)- Philippe Rogel (CERFACS)


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Par Jean-Gabriel Mahéo - Voir les 4 commentaires
Jeudi 1 avril 2010 4 01 /04 /Avr /2010 21:19

Vincent Courtillot   La ridicule supplique des 400 "climatologues" fait des vagues, du bruit et des remous, et ce n'est qu'un début . D'aucuns annoncent que cette pierre leur retombera sur les pieds, d'autres qu'elle témoigne de la nullité de leur position "réchauffiste", et d'autres encore comptent bien ajouter cette pièce au dossier à charge contre le RCA.


   Virginie Garin, sur RTL, présente les faits et donne la parole à divers intervenants, dont Vincent Courtillot, le "climatologue tempéré", qui se trouve par cette lettre publiquement placé au banc des accusés. L'on sent bien au ton de sa voix que sa tempérance légendaire a bien failli virer à l'orage tropical, mais il a produit une réponse incisive, instructive, et assez spectaculaire quand on connait le personnage.


   C'est sur cette page. Bonne écoute.

 

   Mise à jour du 02/04/2010 : La réponse plus développée de Vincent Courtillot, dans le Figaro.



PS : Merci à Laurent Berthod pour le lien

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Jeudi 1 avril 2010 4 01 /04 /Avr /2010 12:34

- Sous-titre : "Maman, les sceptiques, y font rien qu'à nous embêter !" -

courbe-de-mann.gifIl y a de quoi rire, et pour les sceptiques de se féliciter du bon travail fait depuis novembre 2009 : la caste des scientifiques "climatologues", ceux qui depuis près d'une vingtaine d'années tentent par tous les moyens de trouver des "preuves" que l'homme est responsable d'un réchauffement climatique - somme toute assez peu remarquable -, sont passés en six mois du statut de vaches sacrées de la science, de dictateurs des labos et de la recherche, de pontes ONUsiens maîtres des débats, des budgets et de la doctrine, à celui de menteurs, d'escrocs et d'individus louches tentant de faire avancer un agenda sinistre dont le malthusianisme radical et l'appel à la décroissance agro-industrielle sont les principales composantes.

Ce retournement de l'opinion, particulièrement sympathique à mes yeux, n'est que le résultat de l'appropriation de la science par le peuple, quoiqu'on en pense par ailleurs : avant que n'ait lieu le Climate-Gate, et pendant de longues années, de nombreux chercheurs ont tenté de sonner l'alarme en restant au sein du système, et ont mené un travail de résistance éprouvant mais efficace - qui coûta à certains qui leurs labos, qui leurs carrières, leurs budgets voire leurs réputations parmi leurs "pairs". Mais cela restait dans une "sphère des initiés", à l'abri de la grande majorité, qui voyait pourtant descendre sur elle un déluge de propagandes catastrophistes et culpabilisantes dont la puissance ne résidait que dans l'autorité qui les véhiculait, qu'elle soit scientifique, politique, médiatique ou financière.

Le peuple, de par la délégation naturelle de ses pouvoirs dans la République, admettait ce qu'on lui disait, bien qu'avec perplexité, et sans véritable conviction, comme on peut le constater aujourd'hui.

Mais un beau jour de novembre 2009, quelqu'un décida de présenter aux peuples certains des ingrédients de la "cuisine climatique" : produits avariés, hygiène douteuse, présence d'agents nettoyants dans tous les plats, abandon de l'art au profit de l'"efficacité" (science "micro-onde", en quelque sorte), chefs imperméables à toute remarque, sauciers terrorisés, personnel de salle payé "à l'assiette". Les emails des chercheurs Du CRU de l'Université d'East Anglia furent piratés et divulgués sur le web.

Catastrophe ! L'opinion publique, avec l'aide de la communauté internationale de blogueurs, s'empara de la discussion. Des milliers de citoyens, partout dans le monde, se mirent à examiner telle ou telle partie de la "question climatique" en riant, en se scandalisant, en diffusant au grand nombre les multiples fraudes des grands prêtres de Gaïa, en exigeant des preuves, en dénonçant l'arrogance, en dévoilant l'a-priori néo-malthusien de la théorie des GES anthropiques, et en réclamant qu'on s'intéresse enfin à la réalité de la misère humaine plutôt qu'aux chimères des modélisateurs climatiques.

La clique réchauffiste se trouva vite objet de rire, de ridicule et d'opprobre, toute incapable tant de prouver quoique ce soit - si ce n'est qu'ils cherchent -, que de nier leurs convictions anti-développement, qu'ils étalaient encore récemment sur tous supports à leur disposition (la conférence de Copenhague, pour ceux qui s'en souviennent, était plus une conférence sur la surpopulation que sur le climat).

Ayant perdu la bataille de l'opinion et épuisé son crédit scientifique, cette clique est en train de perdre son crédit politique, et se voit menacée de perdre ses budgets, ses espoirs de carrière, son autorité. Ne pouvant répondre aux accusations, puisqu'elles sont fondées, il ne restait donc pour elle que la tentative de "putsch" scientifico-politique. Voici donc que depuis quelques jours circule un appel aux autorités, signé par 400 d'entre eux, dont le contenu est extraordinaire ! Le voici :


Deuxième version, 29 mars 2010.

Destinataires :

Mme la Ministre de la Recherche
M. le Directeur de la Recherche
M. le Président de l’Académie des Sciences
Mmes et MM. les Directeurs des acteurs de la recherche publique regroupés au sein de l’Alliance thématique AllEnvi (BRGM, CEA, CEMAGREF, CIRAD, CNRS, CPU, IFREMER, INRA, IRD, LCPC, Météo France, MNHN)
M. le Président de l’Agence d’Évaluation de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur
M. le Président du Comité d’Éthique du CNRS


Éthique scientifique et sciences du climat : lettre ouverte

Nous, scientifiques du climat, attachés au devoir de rigueur scientifique, interpellons les structures référentes de la recherche scientifique française, face aux accusations mensongères lancées à l’encontre de notre communauté.

Un pacte moral relie les scientifiques et la société. Rémunérés principalement par les crédits publics, les scientifiques doivent déployer une rigueur maximale, pour la conception, la réalisation, la publication de leurs travaux. Leurs pairs sont les arbitres de cette rigueur, à travers les processus critiques de relecture, de vérification, de publication des résultats. Les hautes instances scientifiques sont les garants de cette rigueur. C’est sur cette éthique scientifique que repose la confiance que la société peut accorder à ses chercheurs.

Reconnaître ses erreurs fait également partie de l’éthique scientifique. Lorsqu’on identifie, après la publication d’un texte, des erreurs qui ont échappé aux processus de relecture, il est d’usage de les reconnaître, et de les corriger, en publiant un correctif. Ainsi, des glaciologues ont mis en évidence une erreur dans le tome 2 du 4ème rapport du Groupe d’expert intergouvernemental sur l’évolution du climat («Impacts, Adaptation et Vulnérabilité, chapitre 10 : Asie») concernant le devenir des glaciers de l’Himalaya. En l’absence de procédure formelle d’«erratum», le GIEC a publié son «mea culpa» ( http://www.ipcc.ch/pdf/presentations/himalaya-statement-20january2010.pdf), reconnaissant l’erreur, et soulignant que les processus de relecture du rapport n’avaient pas fonctionné pour ce paragraphe. En cela, le GIEC a respecté la déontologie scientifique.

Depuis plusieurs mois, des scientifiques reconnus dans leurs domaines respectifs dénigrent les sciences du climat et l’organisation de l’expertise internationale, criant à l’imposture scientifique - comme le fait Claude Allègre dans L’Imposture climatique ou la fausse écologie (Plon, 2010), pointant les prétendues «erreurs du GIEC», comme le fait Vincent Courtillot dans Nouveau voyage au centre de la Terre (Odile Jacob, 2009) et dans des séminaires académiques. Ces accusations ou affirmations péremptoires ne passent pas par le filtre standard des publications scientifiques. Ces documents, publiés sous couvert d’expertise scientifique, ne sont pas relus par les pairs, et échappent de ce fait aux vertus du débat contradictoire.

Ces ouvrages n'auraient pu être publiés si on leur avait simplement demandé la même exigence de rigueur qu'à un manuscrit scientifique professionnel. De nombreuses erreurs de forme, de citations, de données, de graphiques ont été identifiées. Plus grave, à ces erreurs de forme s’ajoutent des erreurs de fond majeures sur la description du fonctionnement du système climatique. Leurs auteurs oublient les principes de base de l’éthique scientifique, rompant le pacte moral qui lie chaque scientifique avec la société.

Ces attaques mettent en cause la qualité et la solidité de nos travaux de recherche, de nos observations, études de processus, outils de modélisation, qui contribuent à une expertise nécessairement internationale.

Vous constituez les structures référentes de la recherche scientifique française. Les accusations publiques sur l’intégrité des scientifiques du climat sortent des cadres déontologiques et scientifiques au sein desquels nous souhaitons demeurer. Nous pensons que ces accusations demandent une réaction de votre part, et l’expression publique de votre confiance vis-à-vis de notre intégrité et du sérieux de nos travaux. Au vu des défis scientifiques posés par le changement climatique, nous sommes demandeurs d’un vrai débat scientifique serein et approfondi.

Liste des premiers signataires

Valérie Masson-Delmotte (LSCE)- Edouard Bard (Collège de France / CEREGE)- François-Marie Bréon (LSCE)- Christophe Cassou (CERFACS)- Jérôme Chappellaz (LGGE)- Georg Hoffmann (LSCE)- Catherine Jeandel (LEGOS)- Jean Jouzel (LSCE)- Bernard Legras (LMD)- Hervé Le Treut (IPSL)- Bernard Pouyaud (IRD)- Dominique Raynaud (LGGE)- Philippe Rogel (CERFACS)


En réponse à cette lettre, qui achève de ridiculiser ses auteurs et ses signataires, permettez-moi de partager avec vous l'éditorial de M. Laurent Joffrin, dans le Libération d'aujourd'hui, qui est remarquable - une fois n'est pas coutume - d'équilibre et de bon sens, et qui dit, en gros, "vous l'avez bien cherché" :

Vérités

Par LAURENT JOFFRIN - 01/04/2010

   La riposte est logique. Traités de «mafieux», de «totalitaires», accusés «d’imposture», les climatologues se rebiffent. Quelque 400 scientifiques dont la bonne foi est difficilement contestable - ce qui ne signifie pas qu’ils soient infaillibles - ont décidé de descendre dans l’arène et de pourfendre à leur tour leur procureur, dont le livre se vend comme des petits pains. Les scientifiques en appellent à leur ministre, Valérie Pécresse, qui répond avec bon sens que la science est d’abord l’affaire des scientifiques. Ce recours aux politiques, pressés de sortir de leur rôle, suscite quelques questions. Au fond, pourquoi le climatoscepticisme a-t-il autant gagné en visibilité depuis trois ou quatre mois ? L’explication par le complot, tentation qui affleure dans beaucoup de déclarations, est un peu courte. N’est-ce pas aussi que le mélange entre militantisme et recherche, au lieu de conforter les scientifiques, finit par alimenter le doute ? L’opinion, on le voit dans beaucoup de domaines, se méfie d’instinct des vérités officielles. L’expression de thèses péremptoires, la dénonciation virulente des questionneurs, la transformation de résultats scientifiques en prêches exaltés finissent par nuire à la cause qu’on veut défendre. Ces dérives avivent aussi une question plus philosophique : croit-on encore au progrès ? Ou bien les catastrophes annoncées de manière obsessionnelle sont-elles le seul moteur du changement social ? Sur ce point, l’appel est muet…


En France, le ridicule tue. Cette lettre sera-t-elle le dernier clou du cercueil du RCA* ?



* - RCA : Réchauffement Climatique Anthropique, nom de la théorie de l'origine exclusivement humaine du réchauffement climatique pour cause d'émissions de gaz à effets de serre (GES)


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