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1 décembre 2004 3 01 /12 /décembre /2004 00:04


La-Revolution-Roosevelt.jpg


La Révolution Roosevelt
Georges Boris – 1934

 


Chapitre I : La situation au début 1934

 




    Et voici maintenant le tableau de la situation présente. Faute de statistiques plus récentes les chiffres cités ici sont, pour la plupart, ceux du mois de décembre 1933 et l'on devra tenir compte du fait qu'au cours du premier trimestre de 1934 une nouvelle et notable amélioration s'est produite.

    Sans s'attarder à des considérations reposant sur des apparences, il convient de marquer néanmoins le progrès qui saute tout de suite taux yeux de l'observateur.

    D'une manière générale la mendicité est devenue très rare dans les rues, de même que le vagabondage a presque disparu dans les Campagnes.

    Les breadlines (files de miséreux à la porte des soupes populaires) — spectacle encore courant il y a quelques mois — ne se rencontrent plus guère que dans les quartiers où la misère a de tout temps été grande. Il est juste de dire que dans une certaine mesure la chose doit être attribuée à une meilleure organisation de l'assistance et au fait que maintenant les secours sont souvent portés à domicile.

    Mais seules les données statistiques peuvent exprimer dans quelle mesure ces apparences correspondent aux réalités.

    I. Les prix et le coût de la vie — L’objectif immédiat de la politique de redressement était de provoquer une reprise des prix de gros et des prix agricoles sans hausse correspondante du coût de la vie.

    L'indice général des prix de gros s'établissait le 3 février 1934 à 72,8 (1926 = 100) contre 60,0 à pareille époque l'an dernier, soit une hausse de 21,5 %.

    En ce qui concerne les produits agricoles, l'indice est de 60,5 contre 40,2 l'an dernier, à pareille époque. L'amélioration est donc de plus de 50 %, le niveau actuel se rapproche sensiblement de celui atteint pendant un très court laps de temps en juillet dernier au moment de la poussée spéculative qui a suivi la première dévaluation du dollar (62,7).

    Pour les indices individuels, il nous faut, pour les raisons déjà dites, nous référer aux statistiques de décembre dernier.

    L'indice du blé était alors de 55,1 contre 29,9 en décembre 1932, celui du maïs 63,0 contre 30,5, celui de l'avoine 84,1 contre 38,6, celui de l'orge 89,7 contre 45,0, celui du seigle 62,2 contre 36,2, celui du coton 58,3 contre 39,4, celui du pétrole 51,6 contre 45, celui du cuivre 57,1 contre 46.

    Par contre, le coût de la vie ne s'est relevé que dans de très faibles proportions, contrairement  à ce qui a été affirmé en France.

    L’origine des erreurs commises à ce propos vaut d’être recherchée. Elle paraît devoir être trouvée dans les indications publiées à intervalles réguliers par l'American Federation of Labor, laquelle se borne, pour des raisons compréhensibles, à mettre en vedette l’augmentation du coût de la nourriture et du vêtement.

    Il va de soi que les prix des denrées alimentaires ont suivi dans une certaine mesure celui des produits agricoles. Il a passé de 94,6 à 105,2 de janvier 1933 à janvier 1934, soit environ 11 % d'augmentation. Quant au vêtement, les prix de vente en ont augmenté par suite de la situation particulière de l'industrie textile, où la N. R. A. a mis fin, comme on le verra, à une situation tout à fait anormale, et à une exploitation scandaleuse de la main-d'oeuvre. Les statistiques de décembre accusent une hausse voisine de 10 % en un an.

    Mais le prix de la nourriture et du vêtement ne sont que des éléments isolés du coût de la vie. Il ne faut pas perdre de vue notamment qu'en Amérique les dépenses pour l'alimentation représentent une proportion bien plus faible que chez nous du budget familial.

    Le département du Travail publie depuis fort longtemps un indice pondéré du coût de la vie qui tient compte non seulement de la nourriture et du vêtement, mais aussi du loyer, de l'éclairage, du chauffage, des articles de ménage, des services (transports, blanchissage, etc.).

    Cet indice accuse de décembre 1932 à décembre 1933, une hausse de 2,2 % seulement (135 contre 132,1). Sur le point le plus bas qui ait été atteint (juin 1933) la hausse n'est encore que de 5,2 %. Le niveau actuel est le même qu'en juin 1932.

    Il reste de 20 % inférieur à ce qu'il était en 1927-28.

    Les chiffres ci-dessus sont relatifs à la population urbaine, pour laquelle, comme on voit, la hausse du prix de la vie est presque insensible.

    En ce qui concerne les agriculteurs la situation est un peu moins favorable, l'élément loyer, qui joue un rôle si important dans les villes, et surtout en Amérique, n'entrant pas en ligne de compte. Par contre, les prix d'achat des outils et des machines agricoles interviennent dans leur cas. Or, ces prix, loin d'avoir augmenté, sont encore légèrement inférieurs à ceux de l'année précédente, leur indice étant de 83,5 contre 84,5 (chiffres de décembre). De même, l'indice des autos est de 96,7 contre 99.

    L'augmentation du pouvoir d'achat global de la population est donc très importante.

    II. La situation des fermiers et leurs dettes. — La hausse des prix des produits agricoles, qui ont en moyenne doublé, tandis que les prix de détail augmentaient à peine, indique assez que la situation des fermiers s'est considérablement améliorée.

    Sans doute leur a-t-on demandé de réduire leur production. Mais ils ont reçu des versements en espèces et d'autres avantages, dont nous verrons le détail, en compensation du manque à produire et à vendre.

    Aussi, bien que les effets du New Deal ne se soient fait sentir que dans la seconde partie de l'année 1933, et pour une partie seulement des récoltes de l'automne, estime-t-on que leur revenu global a passé de 5 milliards 143 millions de dollars en 1932 à 6 milliards 400 millions en 1933.

    En outre, l'aménagement des dettes hypothécaires et bancaires a apporté un soulagement très sensible aux agriculteurs. Par le rachat des anciennes hypothèques en échange d'obligations garanties par l'Etat fédéral, les intérêts à la charge des fermiers ont été réduits en moyenne d'un quart (6 % à 4,50%) ; des exploitations agricoles saisies ont été rachetées et rendues à leurs propriétaires ; de nouvelles facilités de crédit à bon marché ont été offertes ; des prêts sur récolte consentis.

    La détente qui en est résultée dans des régions, où en automne encore la situation était grave, n'est contestée par personne. Planteurs de coton et de tabac, producteurs de céréales, connaissent des jours infiniment meilleurs. L'amélioration, quoique plus récente, est certaine pour les producteurs de sucre et les éleveurs de porcs. Toutefois, les conditions restent sérieuses chez les éleveurs de bétail.

    III. Le commerce et l'industrie. — La reprise est très marquée dans le commerce de détail aussi bien que dans le commerce de gros. Les chiffres de ventes publiés par les magasins à succursales multiples sont de l'ordre de 20 % supérieurs à ceux de l'an dernier.

    L'indice de l'activité des affaires a passé de 61,7 en février 1933 à 78,5 en mars 1934.

    D'après les indications publiées dans le New York Times en février dernier, sur la base des moyennes de 1923-25, la production atteignait l'indice 95 dans l'industrie de la chaussure, la consommation du coton se chiffrait par 89, les livraisons de soie par 103, l'activité dans l'industrie des conserves de viande par 98, la production de l'essence par 184, la production des pneus par 93, celle des cigarettes par 118. En mars 1934 l'industrie de l'automobile a fabriqué autant de voitures qu'en septembre 1929, dernier mois de l'ère de prospérité.

    Par contre, l'indice de l'industrie du ciment n'était que 39, de même que celui des chantiers navals, celui du bois 30, celui de la fabrication des locomotives 0.

    D'une manière générale on peut dire que l'activité des industries de consommation n'est plus très loin de la normale, que l'industrie de l'automobile marche à plein, mais que les industries de capital, bien qu'en reprise, elles aussi, sont encore loin l'industrie du bâtiment en particulier — d'avoir retrouvé leur activité ancienne. Cependant, l'industrie métallurgique, qui, au début de 1933, ne travaillait qu'à 16 % de sa capacité, et qui, après avoir connu une très brève période de prospérité en juillet dernier, était retombée à 25 % en automne, s'est graduellement rétablie depuis décembre et atteint au début de mars le coefficient 49 %.

    La statistique des faillites est également instructive. On en avait enregistré 305 dans la semaine terminée le 1er février 1934 contre 660 dans la semaine terminée le 2 février 1933.

    En janvier 1934 les recettes nettes des chemins de fer marquent un accroissement de 190 % sur janvier 1933 et de 207 % sur janvier 1932.

    Un indice du mouvement des bénéfices industriels et commerciaux est donné par les changements dans les déclarations de dividende. En janvier 1934 on en a enregistré 188 modifiés dans un sens favorable contre 64 en janvier 1933 et 73 en janvier 1932. Il y en a eu 58 modifiés dans un sens défavorable en janvier 1934 contre 135 et 264 respectivement.

    D'après une étude de la National City Bank, qui porte sur 1.475 sociétés relevant de 55 industries, il a été réalisé par ces entreprises 97 millions de dollars de bénéfices en 1933, contre 97 millions de pertes en 1932. L'amélioration s'est accentuée au début de 1934 : toujours d'après la même source, un sondage opéré sur 210 sociétés industrielles, choisies parmi les plus importantes, indique que 75 % d'entre elles ont réalisé des bénéfices pendant le premier trimestre de l'année, contre 63 % pendant le dernier trimestre de 1933, et contre seulement 40 % pendant la période correspondante de l'an dernier. Le bénéfice net global de ces 210 sociétés a été de 930 millions de dollars de janvier à mars 1934, contre 720 millions pour le trimestre précédent, alors qu'une perte nette de 23 millions avait été enregistrée pour le premier trimestre de 1933.

    IV. Chômage et les feuilles de salaire. — Le Département du Travail publie des études détaillées relatives au chômage et aux bordereaux de salaires. Les statistiques répartissent les industries en deux catégories, à savoir, d'une part, les industries manufacturières (manufacturing industries) qui comprennent l'alimentation, le textile, le vêtement, le fer et l'acier, les machines, la métallurgie, l'auto et les instruments de transport, les bois, le cuir, le papier, l'industrie chimique, l'industrie du caoutchouc et celle du tabac.

    Un second groupe, dit des industries non manufacturières, comprend les mines, les carrières, l'extraction du pétrole, les services publics, le commerce de gros et de détail, les hôtels, l'industrie des conserves, la blanchisserie, la teinturerie, les banques, les assurances.

    En ce qui concerne les industries manufacturières, l'indice de l'emploi est en décembre 1933 de 70,1 contre 58,3 un an auparavant. L'amélioration est de 20 %. Comparée au chiffre de mars 1932 elle atteint 27,20 %.

    De son côté, le bordereau des salaires accuse une augmentation de 32,10 % sur décembre 1932 et de 49 % sur mars 1933. La reprise est la plus marquée dans la métallurgie, dans l'industrie chimique, dans celle des machines agricoles (où le relèvement est de 69,9 % pour l'indice de l'emploi et de 118,3 % pour l'indice du bordereau des salaires).

    Pour les industries dites non manufacturières, il y a hausse des indices dans 11 cas sur 15, hausse particulièrement marquée dans l'industrie des conserves (46,6 % pour l'emploi et 52,3 % pour le bordereau de salaires), l'extraction du pétrole (31,1 % et 27,6 % respectivement), le commerce de détail (10,7 % et 9,1 %), les mines métalliques (21,9 et 40,1 % ), les mines bitumineuses (7,7 et 34,7 %). Il n'y a de baisse sensible que dans deux cas : les mines d'anthracite (-12,6 % et - 21,2 %) et les télégraphes et téléphones (- 7,2 % et - 7,9 %).

    On doit noter ici que la situation était nettement meilleure au début qu'à la fin de l'automne et que du 15 octobre au 15 décembre on a enregistré une baisse des divers indices. Tandis que dans le second groupe la baisse ne dépassait pas celle que déterminent chaque année, à la même époque, les influences saisonnières, elle était légèrement supérieure dans la catégorie des industries manufacturières.

    Or, il semble que le redressement général de l'économie aurait dû au contraire annuler les facteurs saisonniers. Le déclin enregistré a donc inspiré une assez vive anxiété et même provoqué dans certains milieux un accès de pessimisme au mois de novembre dernier. Seule une analyse plus détaillée et une interprétation des faits nous permettront de nous former une opinion sur la cause de ces difficultés et sur le bien-fondé de ces inquiétudes.

    Toutefois, en s'en tenant aux chiffres seulement, on doit observer que certaines branches, notamment la métallurgie, les machines-outils, les machines agricoles, l'éclairage, l'industrie chimique, ont continué de progresser en novembre et décembre et que ces industries étant en général considérées comme des baromètres de l'activité future, les indications qu'elles donnaient annonçaient un avenir plus favorable.

    Effectivement, si le ralentissement a persisté et s'est même légèrement accentué jusque vers la mi-janvier, les statisticiens, se fondant sur de premières données en leur possession, prévoient que les chiffres postérieurs accuseront une très vive reprise (1).

    Si maintenant, au lieu d'adopter la classification des statistiques du ministère du Travail, on répartit les industries en industries de consommation et en industries de capital, on aboutit à des conclusions d'un autre ordre et qui corroborent entièrement les indications données au paragraphe 3. On trouve en effet qu'en novembre dernier les industries de consommation employaient 3.730.000 personnes contre 4.468.000 en novembre 1929 (et 3.231.000 en novembre 1932). Une augmentation de 17 % était suffisante pour revenir à l'ancien niveau.

    Par contre, les industries de capital employaient 2.654.000 personnes en novembre 1933 contre 4.207.000 en novembre 1929 (et 2.082.000 en novembre 1932). Pour rétablir la situation, une augmentation de 37 % était encore nécessaire (2).

    Ce retard dans la reprise des industries de capital vaut d'être souligné dès maintenant. Il faut ajouter qu'à l'heure présente ces industries travaillent surtout pour l'Etat. Les mesures législatives votées sous la nouvelle administration ont, en effet, eu pour résultat de fermer à peu près complètement le marché des capitaux aux entreprises privées, qui sont donc dans l'impossibilité de financer de nouveaux investissements.

    Si l'on en vient maintenant aux chiffres globaux du chômage, on doit se souvenir que les estimations n'en peuvent être que très approximatives.

    Cependant il était généralement admis au mois de février qu'il y avait 6 à 7 millions de personnes sans travail aux Etats-Unis (contre 15 ou 16, en février 1933).

    Parmi les travailleurs embauchés depuis un an on comptait 340.000 jeunes gens enrôlés dans les camps de travail du Civil Conservation Corps, 267.000 employés et ouvriers engagés sur les chantiers des Travaux publics et 3.500.000 personnes auxquelles la Civil Works Administration donnait du travail à titre temporaire et payait des salaires normaux.

    Certaines statistiques rangent ces quatre millions de travailleurs au nombre des chômeurs, dont ils fixent alors le chiffre à 10 ou 11 millions. Cette manière de calculer est tout aussi abusive que celle qui consisterait à les considérer comme ayant retrouvé des situations définitives.

    On a seulement le droit de dire qu'approximativement le tiers des chômeurs a été résorbé de façon normale et qu'en outre trois à quatre millions de personnes ont été embauchées par l'Etat à des titres divers, grâce à des mesures de crise (3).

    V. Les banques. — Les changements intervenus dans la situation bancaire et financière sont au moins aussi importants que dans l'agriculture, le commerce et l'industrie.

    Depuis le moratoire, la plupart des établissements ont été rouverts. Ceux dont les dépôts restent gelés ne constituent plus qu'une très petite minorité. Graduellement d'ailleurs, ils sont renfloués par la grande banque d'Etat qui a nom Reconstruction Finance Corporation, laquelle les oblige à procéder à des augmentations de capital qu'elle souscrit en tout ou en partie.

    En outre, par le jeu d'une assurance à laquelle participent les Banques elles-mêmes, d'une part, et la Reconstruction Finance Corporation de l'autre, tous les dépôts inférieurs à 2.500 dollars sont actuellement garantis. On estime que le bénéfice de cette mesure s'étend à 95 % du montant total des dépôts.

    Ainsi, la structure bancaire du pays, qui inspirait tant d'inquiétudes au temps de l'administration Hoover, et qu'on avait vu s'écrouler à la fin de février 1933, se trouve rétablie et consolidée. La thésaurisation, devenue sans objet, est matée.

    Un grand nombre d'entreprises industrielles et commerciales, qui accusaient des pertes il y a un an, enregistrent actuellement des bénéfices. Les autres montrent pour la plupart des bilans améliorés. Le service des intérêts des obligations est repris dans un grand nombre de cas, ou paraît pouvoir l'être dans des délais plus ou moins rapprochés. Beaucoup de Sociétés ont pu recommencer à distribuer des dividendes ou en augmenter l'importance.

    La hausse des titres, qui en a été la conséquence, ainsi que la revalorisation des créances ont assaini la situation des caisses d'épargne, des caisses hypothécaires, des Compagnies d'assurance et des banques.

    D'une manière générale, la solvabilité et la liquidité des individus et des Sociétés ont été rétablies ou améliorées.

    VI. Coup d'oeil général. — A la fin de l'hiver 1933, la situation économique des États-Unis peut être caractérisée de la manière suivante :

    Hausse considérable des matières premières sans hausse correspondante du coût de la vie. Amélioration importante de la situation des fermiers et de l'endettement. Reprise commerciale et industrielle très vive pour tout ce qui a trait à la consommation, sensiblement retardée en ce qui concerne les industries de capital. Résorption du chômage jusqu'à concurrence d'un tiers et, si l'on tient compte des embauchages par l'Etat, jusqu'à concurrence de moitié. Rétablissement complet de la situation bancaire.

    Tels sont les premiers résultats obtenus par l'administration Roosevelt. Comparée à ce qu'elle était il y a un an, la situation apparaît transformée.

    La crise, à n'en juger que par les faits et les chiffres, semble sinon résolue, du moins en voie de solution rapide.

    Mais les adversaires du New Deal, tout en reconnaissant les progrès réalisés, en dénoncent le caractère artificiel. Les uns y voient l'effet d'un mécanisme d'inflation dont ils prévoient l'accélération jusqu'à ce qu'il échappe à tout contrôle. D'autres insistent sur le fait que le redressement actuel tient uniquement à l'action constante de l'Etat dans tous les domaines ; cette intervention, assurent-ils, ne saurait se poursuivre durant plusieurs mois encore sans provoquer un désastre financier suivi d'un désastre économique, et, si elle est interrompue, l'effondrement ne sera ni moins rapide, ni moins total.

    Ce n'est pas encore le moment de discuter ces opinions. J'ai exposé les faits sans les interpréter. Seul, un examen plus approfondi du New Deal permettra d'apprécier la valeur des critiques et de formuler un pronostic.

    Mais, en même temps que je présentais un tableau qui ne pouvait être que très favorable, il convenait de faire entendre l'avis des pessimistes, de ceux qui croient à la fragilité et même au danger d'une amélioration, dont aucun, cependant, ne nie la réalité présente.



1 - En effet dès le 16 février l’indice de l’emploi revenait au maximum enregistré en octobre pour l’année 1933, tandis que l’indice du bordereau des salaires le dépassait nettement.

2 - Chiffres donnés par M. Lubin, commissaire aux statistiques du Département du Travail (Enginering News Record, 8 février 1934).

3 - A la fin de mars 1934 le National Industrial Conference Board estimait que le nombre des chômeurs était tombé à 8.610.000, en y comprenant les ouvriers et employés auxquels l'Etat donne temporairement du travail. Le même organisme évaluait le nombre des chômeurs de mars 1932 à 13.200.000. D'après cette statistique la diminution du chômage aurait atteint 34,8 % en un an. Plus optimiste, M. Harriman, président du Congrès des Chambres de Commerce des Etats-Unis, déclarait quelques semaines plus tard que le nombre des chômeurs était tombé à 7 millions. Par contre, l'American Federation of Labor, au même moment, estimait qu'il y en avait encore plus de 10 millions.


 

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