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1 novembre 2004 1 01 /11 /novembre /2004 09:00

 

Franklin Delano ROOSEVELT
Président des États-Unis

 


SUR

LA BONNE VOIE

(ON OUR WAY)


New-Deal-NRA.jpg 

 


Traduit de l'Anglais par
PIERRE DUTRAY

 

1934


Les Éditions
DENOËL ET STEELE
19, rue Amélie, 19
PARIS

 

 

 

 

    CHAPITRE XII

    Il est très regrettable que ce livre doive s'arrêter avant la fin de l'expérience que nous tentons ; il ne peut aller au-delà du 4 mars 1934, mais au moment où il sera imprimé, on connaîtra déjà en grande partie les résultats qu'aura produits la demande d'une législation et de nouvelles ouvertures de crédit.

    Je n'adressai plus au Congrès que quelques recommandations avant la fin de ma première année de présidence. Le 17 février, un décret précisa ou modifia les précédents règlements relatifs aux revendications des anciens combattants. Le 22 février, le Bureau des Mines passa du Ministère du Commerce au Ministère de l'Intérieur. Cette mesure, comme plusieurs autres du même genre, fut désapprouvée par le Congrès.

    Un message au Congrès en date du 26 février réalisait une autre proposition que j'avais faite un an auparavant. Tout en étant désireux de réduire le nombre des commissions qui ne dépendent pas directement de l'Exécutif, je crus que, dans une intention juridique, pour ainsi dire, il pourrait y avoir raisonnablement trois commissions indépendantes qui comprendraient les trois domaines logiquement distincts des transports, de la force et de la lumière et celui des communications. Ce message expose le but général que je m'assignais et demande la création d'une Commission des Communications.

 

 

 

    « Depuis longtemps j'estime que si le Gouvernement Fédéral dans ses rapports avec certains services dits publics, établissait trois champs d'action, à savoir celui des transports, celui de la force et de la lumière et celui des communications, il pourrait réaliser sa tâche d'une manière plus claire et plus efficace. La Commission du Commerce entre Etats a la charge des problèmes que suscitent les transports, et la Commission fédérale de la Force et de la Lumière s'occupe des problèmes de la force, de son développement, de sa transmission et de sa répartition.

    « Dans le domaine des communications, il n'y a toutefois aujourd'hui aucun service gouvernemental qui soit investi de pouvoirs étendus.

    « Le Congrès a chargé la Commission du Commerce entre Etats de veiller à certaines formes de communications; il y a en outre un service dénommé la Commission fédérale de la Radio.

    « Je propose au Congrès de créer un nouveau service qui prendra le nom de Commission fédérale des Communications. Ce service sera investi de l'autorité dont dispose actuellement la Commission fédérale de la Radio; en outre la Commission de Commerce entre Etats lui transmettra ses pouvoirs sur les communications. Les services affectés comprendront tous ceux qui dépendent des télégrammes, des cables ou de la radio, utilisés comme moyen de transmission.

    « J'estime que cette commission peut être mise sur pied cette année si la Commission de la Radio et celle du Commerce entre Etats lui délèguent ses pouvoirs pour le contrôle des communications. Le nouvel organisme devra, en outre, recevoir pleins pouvoirs pour examiner et étudier les affaires des compagnies actuelles et pour recommander au Congrès de nouvelles mesures législatives lors de la prochaine session. »

 

 

 

    Trois jours après, je demandai en substance, au Congrès de prendre en ce qui concernait les obligations de la société de prêts aux propriétaires les mêmes mesures que j'avais demandées précédemment à propos des obligations gagées sur les hypothèques agricoles. Dans les deux cas, la Session précédente n'avait donné la garantie gouvernementale que sur les intérêts seulement de ces obligations. Nous sentions tous que c'était là une situation anormale et que le Gouvernement était tenu moralement à veiller au remboursement du principal des obligations et qu'il devait, en toute honnêteté, garantir à la fois le principal et l'intérêt. De plus la manière dont ces obligations étaient émises nous a fait croire plus fermement que jamais en leur solidité et nous a donné l'assurance que, selon toute probabilité, d'ici longtemps, le Gouvernement n'aura pas à subir de perte.

    Le 2 mars j'envoyai au Congrès un message de grande importance. Depuis un an, il apparaissait clairement que non seulement le commerce extérieur des Etats-Unis avait sensiblement diminué mais encore que les stipulations rigides d'une loi douanière de 1930 empêchaient l'accroissement de notre commerce par des accords de réciprocité avec les autres nations. Quiconque connaît la manière dont le Congrès rédige et adopte une législation douanière, comprendra que dans une période où le monde passe par des changements rapides, il est essentiel de manifester une souplesse plus grande.

    La législation que je proposais n'enlevait pas au Congrès le droit constitutionnel d'établir des lois douanières; les décisions de la Cour Suprême don- nent au pouvoir exécutif le droit limité et temporaire d'opérer des changements bien définis dans un but bien défini. Voici le message :

 

 

 

    « Je demande au Congrès d'autoriser le pouvoir exécutif à conclure des accords commerciaux avec les autres pays et, dans ce but, à modifier, dans des limites soigneusement observées, les tarifs douaniers actuels et les restrictions aux importations d'une manière qui profite à l'agriculture et à l'industrie américaines.

    « Cette conduite paraît actuellement opportune et nécessaire pour plusieurs raisons.

    « Tout d'abord le commerce international a diminué avec une rapidité extraordinaire. Le volume des marchandises de l'année 1933, est en baisse d'environ soixante-dix pour cent sur celui de l'année 1929. Le commerce international, calculé en dollars, est tombé à trente-cinq pour cent de sa valeur. Le commerce extérieur des Etats-Unis est tombé encore plus fortement que celui des autres pays; en 1933, le volume de nos exportations n'a été que de cinquante-deux pour cent de celui de 1929 et sa valeur de trente-deux pour cent.

    « Cette situation a amené le chômage, l'immobilisation des machines et des navires, le désespoir des ménages agricoles et la famine des familles industrielles. Elle a compliqué singulièrement la tâche du Gouvernement dans son effort de restauration d l'économie nationale.

    « Vous savez aussi bien que moi que le monde ne reste pas immobile, que les relations économiques une fois rompues ne peuvent être rétablies qu'au prix des plus grandes difficultés et que même pendant les époques de tranquillité et de prospérité, les débouchés commerciaux se rétrécissent sans cesse.

    « Notre histoire est là pour nous montrer que ces débouchés, en ces temps de bouleversement et de tension, se rétrécissent dans une mesure bien plus considérable. Chaque pays doit être prêt, à tout moment, à procéder rapidement à un rajustement de ses tarifs douaniers, à faire face à des changements brusques et à éviter de soudaines fluctuations des exportations et des importations. Vous savez, tout comme moi, qu'il est essentiel que le pays possède à l'intérieur de ses frontières une diversité de production qui lui permette de vivre et de remplir les fonctions importantes de la défense nationale. Des intérêts de ce genre ne peuvent pas être sacrifiés pour des avantages passagers. Il est également évident que la restauration de la prospérité nationale dépend partiellement de la renaissance du commerce international. Il est impossible d'augmenter d'une manière permanente les exportations américaines sans accroître les importations d'une quantité correspondante.

     « D'autre part, les autres gouvernements augmentent constamment leur part dans le commerce international en négociant des accords de réciprocité commerciale. Si les intérêts agricoles et industriels des Etats-Unis doivent garder leur place dans ce commerce, le Gouvernement américain doit pouvoir mener avec les autres nations des négociations rapides et décisives, basées sur un programme soigneusement élaboré. Il doit également pouvoir offrir aux produits étrangers qui complètent notre production nationale la possibilité de pénétrer sur le marché américain.

    « Si le Gouvernement américain n'est pas en mesure de faire des offres raisonnables à des conditions raisonnables, son commerce disparaîtra. S'il ne peut à un moment donné modifier rapidement les conditions auxquelles il consent à traiter avec d'autres pays, il ne pourra pas protéger suffisamment son commerce contre les fluctuations et contre les affaires nuisibles à ses intérêts. En outre, une promesse qu'on ne peut tenir promptement, n'offre généralement pas de garanties bien solides dans les négociations commerciales.

    « Aussi une autorité incomplète accordée en cette matière au pouvoir exécutif serait-elle inopérante. Dans la plupart des autres pays commerçants, le gouvernement possède déjà des pouvoirs du genre de ceux que je réclame. Je souligne qu'il ne faut pas escompter des résultats rapides; il faudra agir avec prudence et méthode si l'on veut restaurer le commerce extérieur sans nuire aux intérêts des producteurs américains.

    « Les mesures prises par les autres nations pour donner une meilleure place aux produits américains, devront être soigneusement étudiées; notre action devra dépendre de l'attitude de chacune d'elles. Avec les pays qui ne consentent pas à renoncer à des programmes nationaux d'une portée purement restrictive ou qui refusent de faire des concessions pour le rétablissement du commerce international, avec de tels pays nous ne pouvons aller de l'avant.

    « L'exercice de l'autorité que je propose doit être soigneusement étudié à la lumière des derniers événements, de manière à donner l'assurance aux Etats-Unis qu'on ne lésera aucun intérêt américain solide et important. L'ajustement de nos relations commerciales internationales doit comporter comme prémisses le dessein de favoriser ces intérêts et non d'y nuire. A une époque de difficultés et de chômage, comme la nôtre, on doit prêter la plus grande attention à la position des différentes branches de la production américaine.

    « J'espère que la politique des traités de réciprocité commerciale portera en son temps des fruits dont bénéficieront l'agriculture et l'industrie des Etats-Unis.

     « Les branches importantes de notre agriculture, telles que le coton, le tabac, les produits du porc, le riz, les céréales, les fruits et les objets industriels fabriqués en série selon une méthode dont le monde entier s'est inspiré, trouveront des débouchés accrus sur le marché international. Ainsi on pourra éviter, partiellement tout au moins, les douloureux rajustements qui seraient rendus nécessaires si la diminution du commerce extérieur des Etats-Unis s'avérait permanente.

    « La renaissance du commerce extérieur améliorera la situation des autres pays et accroîtra leur pouvoir d'achat. Rappelons que celui-ci à son tour augmentera les débouchés américains.

    « La loi que je vous recommande aujourd'hui fait partie intégrante du programme de restauration de l'économie que le Congrès a élaboré l'an dernier. C'est une partie du programme exceptionnel, nécessité par la crise économique que nous traversons. Cette loi devra stipuler que les accords commerciaux auront une validité maximum de trois ans, car un délai moindre serait probablement insuffisant pour mettre en application le nouveau plan. Dans l'exécution de ce programme, le Gouvernement devra évidemment tenir compte des autres parties du plan de restauration nationale, notamment de la N. R. A.

    « J'espère que le Congrès agira rapidement. De nombreux problèmes dans le domaine du commerce international attendent notre décision. Nous devons agir aussitôt que possible. »

 

 

 

    Dans le dernier message de ma première année de gouvernement, message qui avait trait à l'indépendance des îles Philippines, je demandai d'appliquer à nouveau les stipulations provisoires qui devaient conduire à l'indépendance complète et de mettre de nouveau en vigueur les stipulations commerciales de la loi de 1933. Il proposait deux changements : tout d'abord que les Etats-Unis renoncent définitivement à leur droit de maintenir des bases militaires aux Philippines après l'indépendance; ensuite que pour la discussion des bases navales permanentes on s'en remette aux conférences futures.

    Le 3 mars marqua la clôture de notre première année à Washington. J'assistai à l'installation du Dr. Joseph Gray dans sa charge de recteur de l'Université américaine et je reçus le titre de docteur honoris causa. Je prononçai le discours suivant:

 

 

 

    « II m'est très agréable de devenir aujourd'hui membre de l'Université américaine. Je suis fier que cette entrée coïncide avec l'installation du nouveau recteur.

    « Il convient que cette Université soit située dans la capitale du pays. De la sorte, l'enseignement supérieur peut avoir une compréhension plus étroite des données gouvernementales; il convient au gouvernement d'étendre ses rapports avec les professeurs et les élèves d'un institut libéral.

    « II est naturel que je m'intéresse particulièrement à la nouvelle de la création d'une École des Affaires publiques par l'Université américaine. On a écrit maints articles, on a prononcé bien des discours qui s'efforcent de passer en revue et de juger les événements qui se sont déroulés aux Etats-Unis au cours de cette année. Je me hasarde à dire que peu de ces résumés soulignent ce qui, à mon avis, est un des traits les plus saillants d'une année particulière de notre vie américaine.

    « Je parle de la surprenante recrudescence d'intérêt que le peuple des Etats-Unis montre pour tout ce qui concerne le gouvernement. Dans les villes, dans les hameaux et dans les fermes, hommes et femmes, dans leurs rapports quotidiens, discutent, comme jamais auparavant, sauf toutefois au temps de la guerre, du système qui régit la communauté et les problèmes nationaux.

    « Quant à nous, non contents de chercher un remède provisoire à la crise, nous nous sommes efforcés d'extirper les racines mêmes du mal.

    « Pour ce faire, nous avons besoin de contacts pratiques et précis entre le monde universitaire et celui des affaires gouvernementales. Le développement de notre vie économique nécessite la compréhension intelligente des centaines d'éléments qui s'entremêlent dans notre société. Le Gouvernement a un besoin très précis non seulement des points de vue sociologiques et économiques, mais encore de l'aide pratique des hommes et des femmes qui représentent les éléments universitaires, commerciaux et libéraux de la communauté.

    « II nous faut dans le Gouvernement un personnel formé. Nous avons besoin de fonctionnaires désintéressés et résolus. Nous ne pouvons y arriver sans la création d'une bureaucratie nationale qui régirait la vie nationale de notre système gouvernemental.

    « Voilà pourquoi je me réjouis particulièrement d'apprendre l'établissement de cette École d'Affaires publiques. Je puis vous assurer que le Gouvernement collaborera sincèrement avec vous. »

 

 

 

    Dans ce discours j'abordai pour la première fois un sujet qui doit nécessairement préoccuper un gouvernement qui préconise une politique d'entente avec l'agriculture, l'industrie et la finance. Je n'avais jamais cessé de croire profondément aux principes du service civil. Toutefois, tel qu'il était constitué dans notre pays, le service civil avait eu des hauts et des bas. Il n'avait pas toujours été des plus opérants et avait manqué de souplesse aux époques troubles. En se basant sur lui, je crois que ce pays pourra élaborer un système de service public qui produira certainement d'aussi bons résultats que le « British Civil Service » et qui, en faisant preuve d'esprit d'initiative, s'adaptera mieux aux circonstances.

    Nous avons là une nouvelle possibilité d'améliorer le service gouvernemental, d'en diminuer l'esprit de parti, et de donner, en particulier aux jeunes, une occasion de participer d'une manière pratique aux travaux du Gouvernement.

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Published by Jean-Gabriel Mahéo - dans L'art - l'histoire et les idées
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