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11 décembre 2004 6 11 /12 /décembre /2004 00:02
LE DROIT

DES GENS

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LIVRE III 

  De la Guerre.


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CHAPITRE I

De la Guerre & de ses différentes espèces, & du Droit de faire la Guerre.

 

 

§.1        Définition de la Guerre

            La Guerre est cet état dans lequel on poursuit son droit par la force.   On entend aussi par ce mot, l’acte même ou la manière de poursuivre son droit par la force : Mais il est plus conforme à l’usage, & plus convenable dans un Traité du Droit de la Guerre, de prendre ce terme dans le sens que nous lui donnons.

 

§.2        De la Guerre publique

            La Guerre publique est celle qui a lieu entre les Nations ou les Souverains, qui se fait au nom de la Puissance publique, & par son ordre.   C'est celle dont nous avons à traiter ici ; la Guerre privée, qui se fait entre particuliers, appartenant au Droit Naturel proprement dit.

 

§.3        Du Droit de faire la guerre

            En traitant du Droit de sûreté, nous avons montré, que la Nature donne aux hommes le droit d'user de force, quand cela est nécessaire pour leur défense & pour la conservation de leurs droits.   Ce principe est généralement reconnu ; la Raison le démontre, & la Nature elle-même l’a gravé dans le cœur de l’homme.   Quelques fanatiques seulement, prenants à la lettre la modération recommandée dans l’Évangile, se sont mis en fantaisie de se laisser égorger, dépouiller, plûtôt que d'opposer la force à la violence.   Mais il n'est pas à craindre que cette erreur fasse de grands progrès.   La plûpart des hommes s'en garentiront d'eux-mêmes : Heureux s'ils sçavoient aussi bien se tenir dans les justes bornes, que la Nature a mises à un Droit accordé seulement par nécessité ! C'est à les marquer exactement, ces justes bornes ; c'est à modérer par les règles de la justice, de l’équité, de l’humanité, un Droit triste en lui-même & trop souvent nécessaire, que ce troisième Livre est destiné.

 

§.4        Il n'appartient qu’à la Puissance Souveraine

            La Nature ne donnant aux hommes le droit d'user de force que quand il leur devient nécessaire pour leur défense & pour la conservation de leurs droits (Liv.II §.49 & suiv), il est aisé d'en conclure, que depuis l’établissement des Sociétés Politiques, un droit si dangereux dans son exercice n'appartient plus aux particuliers, si ce n'est dans ces rencontres, ou la Société ne peut les protéger, les sécourir.   Dans le sein de la Société, l’Autorité publique vuide tous les différends des Citoyens, réprime la violence & les voies de fait.   Que si un particulier veut poursuivre son droit contre le sujet d'une Puissance étrangère, il peut s'adresser au Souverain de son adversaire, aux Magistrats qui exercent l’Autorité publique : Et s'il n'en obtient pas justice, il doit recourrir à son propre Souverain, obligé de le protéger.   Il seroit trop dangereux d'abandonner à chaque Citoyen la liberté de se faire lui-même justice contre les Etrangers ; une Nation n'auroit pas un de ses membres qui ne pût lui attirer la Guerre.   Et comment les Peuples conserveroient-ils la paix, si chaque particulier avoit le pouvoir de la troubler ? Un droit d'une si grande importance, le droit de juger si la Nation a un véritable sujet de se plaindre, si elle est dans le cas d'user de force, de prendre les armes avec justice, si la prudence le lui permet, si le bien de l’Etat l’y invite ; ce droit, dis-je, ne peut appartenir qu'au Corps de la Nation, ou au Souverain qui la réprésente.   Il est sans-doute au nombre de ceux, sans lesquels on ne peut gouverner d'une manière salutaire & que l’on appelle Droits de Majesté (L.I §.45).

 

            La Puissance souveraine est donc seule en pouvoir de faire la Guerre.   Mais comme les divers Droits qui forment cette Puissance, résidente originairement dans le Corps de la Nation, peuvent être séparés, ou limités, suivant la volonté de la Nation (L.I §§.31 & 45) ; c’est dans la Constitution particulière de chaque Etat, qu'il faut chercher quelle est la Puissance autorisée à faire la Guerre au nom de la Société.   Les Rois d’Angleterre, dont le pouvoir est d'ailleurs si limité, ont le droit de faire la Guerre (a(a) je parle du droit en lui-même.   Mais un Roi d'Angleterre ne pouvant ni lever de l’argent, ni contraindre ses sujets à prendre ses armes, sans le concours de Parlement ; son droit de faire la Guerre le réduit en effet à peu de chose, si le Parlement ne lui fournit les moyens) & la Paix : Ceux de Suède l’ont perdu.   Les brillans & ruïneux exploits de CHARLES XII n'ont que trop autorisé les Etats du Royaume à se réserver un Droit si intéressant pour leur salut.

 

§.5        De la Guerre défensive & de la Guerre offensive

            La Guerre est Défensive, ou Offensive.   Celui qui prend les armes pour repousser un Ennemi qui l’attaque, fait une Guerre Défensive.   Celui qui prend les armes le prémier & attaque une Nation qui vivoit en paix avec lui, fait une Guerre Offensive.   L’objet de la Guerre défensive est simple, c'est la défense de soi-même : Celui de la Guerre offensive varie autant que les diverses affaires des Nations.   Mais en général, il se rapporte ou à la poursuite de quelques droits, ou à la sûreté.   On attaque une Nation, ou pour se faire donner une chose, à laquelle on forme des prétentions, ou pour la punir d'une injure qu’on en a reçuë, ou pour prévenir celle qu'elle se prépare à faire, & détourner un danger, dont on se croit menacé de sa part.   Je ne parle pas encore de justice de la Guerre : Ce sera le sujet d'un Chapitre.   Il s'agit seulement ici d'indiquer en général les divers objets, pour lesquels on prend les armes ; objets qui peuvent fournir des raisons légitimes, ou d'injustes prétextes, mais qui sont au moins susceptibles d'une couleur de Droit.   C'est pourquoi je ne mets point au rang des objets de la Guerre offensive, la Conquête, ou le désir d'envahir le bien d'autrui : Une pareille vue, dénuée même de prétexte, n'est pas l’objet d'une Guerre en forme, mais celui d'un Brigandage, dont nous parlerons en son lieu.

 

 

 

 

Table des matières

 

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