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7 juin 2009 7 07 /06 /juin /2009 22:13
[...]  Cette spontanéité provenant de la musique en fait un patrimoine commun et non un objet de luxe. C'est ce qui fait qu'un enfant peut jouer du violon à la maison, pendant que son père travaille à l'ébénisterie. C’est ce qui fait qu'une petite fille peut jouer de la clarinette à la maison, pendant que sa mère s'affaire aux travaux domestiques. L'idée est que la famille participe avec fierté et joie aux activités des orchestres et chœurs auxquels ses enfants appartiennent. L’immense monde spirituel que produit la musique, et qui existe déjà en elle-même, finit par triompher de la pauvreté matérielle. Dès qu'un enfant apprend à jouer d'un instrument, il n'est plus  pauvre, il évolue et se dirige vers un niveau professionnel, et deviendra plus tard un véritable citoyen. Il va sans dire que la musique est la meilleure prévention contre la prostitution, la violence, les mauvaises habitudes, et contre tout ce qui peut dégrader la vie d'un enfant.

[...]Je crois que pour affronter une telle crise, seuls l'art et la religion peuvent fournir des réponses appropriées aux peuples, à leurs aspirations les plus profondes, et aux exigences historiques de notre temps. L'éducation, comme synthèse de la sagesse et du savoir, est le moyen de se battre pour une société plus parfaite, plus consciente, plus noble et plus juste.

[...] Ne mettant plus la société au service de l'art, et moins encore au service d'un monopole d'élite, mais mettant l'art au service de la société, au service du plus faible, au service de l'enfant, au service de l’infirme, au service du plus vulnérable, au service de tous ceux qui revendiquent la justice à travers leur condition humaine et la conquête de leur dignité.


                                 José Antonio Abreu, Discours de remerciement du TED prize (extraits)


    Depuis Juillet 2007, le monde est entré dans la phase finale de désintégration du système économique et politique hérité des révolutions culturelles, scientifiques et politiques issues de la Renaissance, de l’élan philosophique et culturel classique des XVIIe et XVIIIe siècles et des luttes pour l’indépendance des peuples, et du combat contre l’impérialisme britannique et ses rejetons totalitaires (fascisme, communisme) du XXe siècle.

    Cette crise est appelée « crise des subprimes », mais c’est confondre le symptôme avec la maladie. L’effondrement économique, culturel et social auquel nous assistons aujourd’hui prend ses racines dans le virage anti-classique des cultures occidentales au XIXe siècle (romantisme, matérialisme, nihilisme), qui a eu des répercussions terribles dans tous les domaines de pensée de la culture humaine. Son essence en est la négation de la liberté naturelle de l’homme, liberté qui n’est que le pouvoir de faire le bien, et non pas le droit de faire n’importe quoi comme l’ont cru – et le croient encore – les « Boomers », les soixante-huitards, génération qui a tout reçu, et qui veut tout garder.

    Formellement, les caractéristiques de l’attaque actuelle contre la civilisation sont nées dans les réflexions totalitaires du XXe siècle qui, ce n’est pas un hasard, émanent systématiquement de l’empire britannique. Pourquoi ? Parce que le système international d’états-nations agro-industriels, son système d’économie politique national protectionniste orienté vers le développement intérieur, sa culture de promotion des pouvoirs cognitifs de l’individu, du bien-être social et de l’intérêt général, constitue une menace mortelle contre l’empire, dont la puissance et la richesse ne provient que du pillage, de l’esclavage, de l’abrutissement et de la guerre de tous contre tous.

    L’attaque, donc, dont nous voyons les conséquences finales aujourd’hui, a débuté à l’heure de la mort de Franklin Delano Roosevelt, dès qu’Harry Truman a aligné la politique des USA avec celle de l’empire britannique, en trahison flagrante de l’intention rooseveltienne de mettre fin une bonne fois pour toute à cet empire et ses traditions pestilentielles (voir « Mon Père m’a dit », d’Elliot Roosevelt). Crimes contre l’humanité (Hiroshima, Nagasaki), trahison des alliances (discours du rideau de fer de Churchill), trahison des promesses de soutien à l’indépendance des nations contre le retour du système colonial (reconquêtes bestiales par les puissances coloniales de leurs ex-possessions), épuration politique anti-rooseveltienne (Maccarthysme), le trumanisme est une tache sur l’histoire des Etats-Unis et du monde.

    Cet élan vers le retour de l’hégémonie impériale a été stoppé temporairement par les présidences de Dwight D. Eisenhower et John F. Kennedy, qui utilisèrent à plein la position privilégiée des Etats-Unis parmi les nations (première puissance agro-industrielle, monnaie de référence mondiale, excellence du système national d’économie politique américain, et puissance militaire incomparable) pour freiner les dérives d’alors vers une troisième guerre mondiale, vœu des impériaux d’alors pour détruire la civilisation agro-industrielle. Cette résistance ouvrit la voie à un élan extraordinaire de progrès médical, scientifique, politique et culturel. De nombreux pays conquirent leur indépendance et, copiant le système national d’économie politique américain, entreprirent leur transition économique. Les niveaux de vie s’accrurent rapidement, l’espérance de vie des populations augmenta et la mortalité infantile s’effondra, les transformations radicales des systèmes agricoles et proto-industriels mirent ces nations sur les rails du progrès, l’instruction publique s’offrit à tous partout.

    L’enthousiasme, l’espoir, l’optimisme étaient partout, et l’an 2000 était vu comme un genre d’Eldorado du futur humain.

    Puis vint la réaction impériale. Une victoire politico-militaire étant impossible contre les états-nations, c’est par la terreur, la destruction de la culture et de l’économie que passera le combat. Les années soixante virent donc les assassinats et évictions de nombreux leaders politiques, économiques, religieux, culturels, dans une campagne de meurtres organisée à l’échelle mondiale, accompagnée de campagne de répressions extrêmement brutales des mouvements sociaux. En Asie, en Afrique et en Amérique du Sud, le mouvement de développement fut stoppé net par des boucheries innommables, des coups d’états, des guerres parfois. Dans le monde occidental, on réserva aux populations instruites, cultivées et qualifiées un traitement de choix : la contre-culture, couplée au démantèlement des souverainetés économiques nationales et à la mise en œuvre d’une austérité artificielle.

    Le but de la contre-culture est d’éliminer dans les populations la foi en l’homme et en l’avenir, de supprimer l’enthousiasme, l’espoir et l’optimisme d’après-guerre, qui culminèrent avec le succès de la mission Apollo 11, auquel s’identifia l’humanité. Pour combattre cela, le mouvement contre-culturel produisit des œuvres promouvant l’irrationalisme, l’hédonisme radical (drogues, sexe et rock’n roll) et l’écologisme, et s’introduisit dans les écoles, les universités, les conservatoires et les médias de masse en lançant une chasse aux sorcières réussie contre les tenants des structures culturelles de l’époque.

    « Flower power » là-bas, Mai 68 ici, des mouvements similaires furent lancés partout dans les nations de la sphère occidentale, visant à faire des baby-boomers et des générations suivantes les agents de leur propre esclavage au profit de l’empire britannique, empire qui changea dans le même temps de forme pour devenir un réseau bancaire et financier mondialisé centré à Londres.

    Pendant que les boomers goûtaient aux plaisirs contre-culturels, les agents politiques et économiques de l’empire démantelèrent le système de Bretton Woods, séparèrent toutes les monnaies d’une quelconque référence économique physique, interdirent aux nations le pouvoir d’émettre leur crédit et soumirent le monde entier aux usuriers de Londres et d’ailleurs.

    Trente ans plus tard, une bulle financière poussant l’autre, le parasitisme financier est devenu en termes d’accumulation de « valeur » plusieurs centaines de fois plus gros que l’économie réelle des nations. Le système devait craquer. C’est par les subprimes que la fêlure fatale s’amorça.

    Depuis deux ans, l’économie mondiale se désintègre, et son effondrement franchit étape par étape tout les points de non-retour qui nous permettraient de virer de bord et d’éviter ce que certains appellent un « nouvel âge des ténèbres ». Depuis deux ans, les responsables politiques en place ont fait la preuve de leur nullité, de leur imbécillité et pour certain de leur nocivité criminelle. Depuis deux ans, les populations sont stupéfiées devant la menace de cette crise, ne trouvant ni leaders, ni ressources en elle-même, pour l’aider à en sortir.

    Au contraire !

    Alors que le modèle protectionniste agro-industriel a fait historiquement et avec éclat ses preuves, nos chefs, nos élites, nos experts prétendent que ce modèle est le dernier des derniers, qu’en vérité il est nuisible, et que ceux qui le défendent sont de dangereux populistes démagogiques, presque des fascistes. Et puis, disent-ils, ce modèle agro-industriel, n’est-il pas un danger pour la Terre ?

    Et pour détourner l’attention du peuple de cette solution, on fait appel à l’alliance sacrée de l’écologiste et du financier, ennemie de l'agriculteur,
de l’ouvrier et de l’entrepreneur. On synthétise trente ans de pessimisme contre-culturel anti-humain, qu’on érige en nouvelle religion pré-chrétienne sur le modèle du culte de la Mama pacha, de Gaïa, de la Terre-mère, et on en fait un film.

    "Home".

    Le contre-évangile selon Yann Arthus-Bertrand, financé entre autre par le milliardaire anti-culture François-Henri Pinault et par des fondations du Prince Charles, filmé par Luc Besson, digne élève des techniques de propagandes de Leni Riefensthal, avec des textes écrit par deux malthusiens radicaux : Al Gore et Lester Brown.


    Quant je regarde le niveau auquel nous nous sommes abaissés pour tolérer la litanie de mensonges et d’insultes dont est constitué ce film, je me demande si une relance économique suffira à nous sortir, en terme systémique, de la crise. Car les questions de la culture, de la solidité du lien social, de l’harmonie des relations entre les individus, de la foi en soi et en autrui, ne peuvent-être résolues uniquement par les grands travaux, par une banque nationale, par l’emploi pour tous.

    Faire l’impasse sur la nécessaire transformation culturelle qui doit accompagner la renaissance économique, c’est se condamner à rechuter tous les quart de siècle, à n’être qu’un jouet dans les mains de l’empire.

    Il existe un exemple extraordinaire de transformation culturelle nationale réussie, rendant aux citoyens leur liberté, leur souveraineté, et le sens de l’union et du bien commun. Cette expérience, qui a commencée en 1975 au Vénézuela, a été lancée par l’économiste, chef d’orchestre et un temps ministre de la culture José Antonio Abreu, et est un succès merveilleux, une véritable révolution des cœurs et des esprits. On l’appelle là-bas « El Sistema » (« le système »).

    C’est pourquoi je vous propose de regarder le documentaire suivant, où José Antonio Abreu, à l’occasion de la remise du prix TED, explique la raison du « Sistema ». Le texte qui l’accompagne est la traduction de son intervention. Vous trouverez ensuite un documentaire en anglais de l’émission 60 minutes de CBS sur le « Sistema ».


(Sous-titrage en français ici)

La traduction, tirée d'une transcription anglaise de ce discours, est de Pascale. La voici :

Chers amis, Mesdames et Messieurs,

Je suis ravi aujourd’hui de me voir décerner le prix TED, au nom de tous les illustres professeurs de musique, artistes et enseignants du Venezuela qui m’ont accompagnés, de manière désintéressée et loyale, dans la création et le développement du système national d’orchestres et de chœurs des jeunes.

Dès mon plus jeune âge, j’ai voulu être musicien et, Dieu merci, j’ai réussi. J’ai eu tout le soutien nécessaire de mes professeurs, de ma famille et de ma communauté. Toute ma vie, j’ai souhaité que chaque petit Vénézuelien ait cette même chance. De ce désir a germé l’idée de faire de la musique une réalité, profonde et entière, pour mon pays.

A la première répétition, j’ai pressenti un avenir brillant, car elle représentait un grand défi pour moi. On m’avait fait don de 50 pupitres qui devait servir à une centaine de jeunes, mais seuls 11 enfants sont venus. Je me suis dit : « Soit j’abandonne, soit je multiplie ces enfants ». J’ai décidé de relever le défi et ce soir-là, j’ai promis à ces 11 élèves que notre orchestre deviendrait un des plus importants au monde.

Il y a 2 mois, je me suis souvenu de cette promesse, lorsque je lus un article du London Times écrit par un célèbre critique anglais se demandant qui pourrait bien gagner la coupe du monde des orchestres. Il cita 4 grands orchestres mondiaux et un 5e, le nôtre : l’orchestre symphonique des jeunes vénézuéliens. Aujourd’hui, nous pouvons dire que l’art en Amérique latine, n’est plus un monopole d’élite et qu’il est devenu un droit social, un droit pour tous.

Il n'y a pas de différence ici entre classes, entre noirs ou blancs, fortunés ou pas. Simplement, si vous êtes doué, si vous avez la vocation et la volonté d'être ici, vous pouvez venir partager et faire de la musique avec nous.

Lors de la tournée récente de l'orchestre de jeunes Simon Bolivar, aux États-Unis et en Europe, nous avons vu combien notre musique pouvait émouvoir profondément le jeune public ; nous avons vu les enfants et les adolescents se ruer sur la scène pour recevoir les vestes de nos musiciens ; nous avons eu des applaudissements, dépassant parfois les 30 minutes, qui semblaient ne devoir jamais s’arrêter, nous avons vu le public, après le concert, sortir dans la rue et porter nos jeunes en triomphe. C'était un triomphe artistique, mais aussi une profonde sympathie émotionnelle entre le public des nations les plus avancées du monde et la jeunesse musicienne d'Amérique latine, comme celle du Venezuela, qui donne à ces publics un message de musique, de vitalité, d'énergie, d'enthousiasme et de force.

Dans leur essence, l'orchestre et le chœur sont bien plus que des structures artistiques, ils sont des exemples et des écoles de vie sociale, car chanter et jouer ensemble signifie coexister intimement en tendant vers la perfection et l'excellence, en suivant une discipline stricte d'organisation et de coordination, en cherchant une interdépendance harmonique de voix et d'instruments. C'est ainsi qu'ils construisent un esprit de solidarité et de fraternité, développant leur propre estime, favorisant les valeurs éthiques et esthétiques véhiculées par la musique. C'est pourquoi la musique est extrêmement importante dans l'éveil de la sensibilité, dans la construction de valeurs et dans l'apprentissage des enfants à enseigner aux autres.

Après tout ce temps ici, la musique, c'est la vie, rien d'autre. La musique, c'est la vie.

Chaque adolescent et chaque enfant de notre programme a sa propre histoire, et elles ont toute leur importance et leur signification pour moi. Il y a par exemple l'histoire d'Edicson Ruiz. C’est un garçon d'une paroisse de Caracas qui a assisté avec passion à ses cours de contrebasse à l'orchestre des jeunes de San Augustin. Grâce à ses efforts, et à l’appui de sa mère, de sa famille et de sa communauté, il est devenu un des membres principaux de la section de contrebasses de l'orchestre philharmonique de Berlin. Nous avons un autre exemple connu : Gustavo Dudamel. Il a fait partie de l’orchestre d'enfants de sa ville natale, Barquisimeto. Il est ensuite devenu violoniste et chef d'orchestre. Il est devenu le chef des orchestres juniors du Venezuela, et dirige aujourd'hui l’un des plus grands orchestres du monde, le philharmonique de Los Angeles. Il a la responsabilité des orchestres de jeunes du Venezuela. Il a aussi dirigé le Symphonique de Gothenburg, et c'est un exemple imbattable pour les jeunes musiciens d'Amérique latine et du monde.

La structure du système se base sur un nouveau style de direction, souple, adapté aux caractéristiques de chaque communauté et région, et qui est au service de 300 000 enfants issus des classes moyenne et pauvre dans tout le Venezuela. Il s’agit d’un programme de sauvetage social et de transformation culturelle profonde conçu pour toute la société vénézuélienne sans aucune distinction de quelque sorte, mais accordant une attention particulière aux groupes sociaux les plus vulnérables et les plus exposés.

L'effet du système se ressent dans trois sphères fondamentales : la sphère personnelle/sociale, la sphère familiale et la sphère communautaire. Dans la sphère personnelle/sociale, les enfants des orchestres et des chœurs renforcent leur côté intellectuel et émotionnel. La musique devient une source de développement des dimensions de l'être humain, élevant ainsi l'esprit et amenant l'homme à un plein épanouissement de sa personnalité. Les profits émotionnels et intellectuels sont alors immenses : l'acquisition de principes de direction, d'enseignement et d'apprentissage ; le sens de l'engagement et de la responsabilité, la générosité et le dévouement ; et la contribution individuelle à l'achèvement de grands buts collectifs. Tout cela mène au développement de l'estime et de la confiance en soi.

Mère Teresa insistait sur quelque chose qui m'a beaucoup impressionné : ce qu’il y a de plus triste et de plus tragique dans la pauvreté, ce n'est pas le manque de pain ou d’un toit, mais le sentiment de n'être personne, de ne pas être quelqu’un, le manque d'identification, le manque de reconnaissance. Le développement d'un enfant au sein de l'orchestre et de la chorale lui procure une identité noble et en fait un modèle pour sa famille et sa communauté. Il devient meilleur élève à l’école car cela lui insuffle un sens de responsabilité, de discipline, de persévérance et de ponctualité qui va beaucoup l’aider en classe.

Côté famille, le soutien des parents est inconditionnel. L’enfant devient un modèle pour eux, c'est très important pour un enfant pauvre. Lorsqu’il découvre l’importance qu’il a pour sa famille, il commence à rechercher de nouvelles façons de s'améliorer et aspire à un mieux pour lui-même et pour les autres. Il aspire aussi à une amélioration sociale et économique pour sa propre famille. Tout cela forme une dynamique sociale constructive et croissante. La grande majorité de nos enfants appartient, comme je l'ai déjà dit, aux couches les plus vulnérables de la population vénézuélienne. Cela les encourage à embrasser de nouveaux rêves, de nouveaux buts et à progresser dans les différentes opportunités offertes par la musique.

Finalement, dans la sphère de la communauté, les orchestres se révèlent être des espaces créatifs de culture, source d'échange de sens nouveaux. Cette spontanéité provenant de la musique en fait un patrimoine commun et non un objet de luxe. C'est ce qui fait qu'un enfant peut jouer du violon à la maison, pendant que son père travaille à l'ébénisterie. C’est ce qui fait qu'une petite fille peut jouer de la clarinette à la maison, pendant que sa mère s'affaire aux travaux domestiques. L'idée est que la famille participe avec joie et fierté aux activités d’orchestre et de chorale auxquels ses enfants appartiennent. L’immense monde spirituel que produit la musique, et qui est déjà existant en elle-même, finit par triompher de la pauvreté matérielle. Dès qu'un enfant apprend à jouer d'un instrument, il n'est plus  pauvre, il évolue et se dirige vers un niveau professionnel, il deviendra plus tard un véritable citoyen. Il va sans dire que la musique est la meilleure prévention contre la prostitution, la violence, les mauvaises habitudes, et contre tout ce qui peut dégrader la vie d'un enfant.

Il y a quelques années, l'historien Arnold Toynbee a dit que le monde souffrait d’une énorme crise spirituelle. Pas d’une crise économique ou sociale, mais spirituelle. Je crois que pour affronter une telle crise, seuls l'art et la religion peuvent fournir des réponses appropriées aux peuples, à leurs aspirations les plus profondes, et aux exigences historiques de notre temps. L'éducation comme synthèse de la sagesse et du savoir est le moyen de se battre pour une société plus parfaite, plus consciente, plus noble et plus juste.

Avec passion, enthousiasme et respect, nous témoignons de notre solidarité avec TED pour son extraordinaire humanisme, la hauteur et la dignité de son idéal, et pour sa promotion ouverte et généreuse des valeurs de la jeunesse. Nous espérons que TED pourra contribuer fondamentalement et pleinement à la construction de cette nouvelle ère de l'enseignement musical, dans laquelle les buts sociaux, communs, spirituels de l'enfant et de l'adolescent deviendront un phare et un but pour une vaste mission sociale. Ne mettant plus la société au service de l'art, et moins encore au service d'un monopole d'élite, mais mettant l'art au service de la société, au service du plus faible, au service de l'enfant, au service de l’infirme, au service du plus vulnérable, au service de tous ceux qui revendiquent la justice à travers leur condition humaine et la conquête de leur dignité.

(Musique)

(Applaudissements)

Nous sommes maintenant en direct de Caracas pour écouter le souhait du maestro Abreu.


Voici mon souhait : je souhaite que vous aidiez à créer un programme spécial de formation pour 50 jeunes musiciens doués, passionnés par leur art et par la justice sociale, et œuvrant au développement du système aux les États-Unis et ailleurs. Merci beaucoup.

(Pour aider à la réalisation de ce vœu, rendez-vous sur tedprize.org)



Voici le reportage de l'émission CBS 60 Minutes sur le Sistema :


L'article qui l'accompagne, en anglais, est aussi très intéressant.

Et voici enfin un autre documentaire (en anglais, désolé) sur l'un des élèves les plus célèbres du Sistema, le chef d'orchestre Gustavo Dudamel :


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commentaires

Kévin 08/06/2009 07:56

Quel boulot!Bravo!