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1 novembre 2004 1 01 /11 /novembre /2004 09:00

 

Franklin Delano ROOSEVELT
Président des États-Unis

 


SUR

LA BONNE VOIE

(ON OUR WAY)


New-Deal-NRA.jpg 

 


Traduit de l'Anglais par
PIERRE DUTRAY

 

1934


Les Éditions
DENOËL ET STEELE
19, rue Amélie, 19
PARIS

 

 

 

 

    CHAPITRE VII

    II ne serait pas juste de dire que la « National Recovery Act « (loi de redressement national) fut méditée et longuement conçue avant l'entrée en charge du nouveau Gouvernement; il serait encore moins juste d'affirmer qu'elle fut le résultat d'une heureuse initiative de la dernière heure.

    Dès l'automne 1930, j'avais commencé à discuter des voies et des moyens indispensables pour venir en aide au chômage et pour reconstituer notre système économique. Cela demandait évidemment un examen complet, non seulement de l'agriculture, de l'industrie et des finances, mais encore des besoins sociaux de toute la nation.

    Déjà, à ce moment, des plans de toutes sortes commençaient à affluer vers moi, soit par la poste, soit à la suite de contacts personnels avec des individus et des délégations. Aidé de mes amis, je m'attachai à l'étude de tous les projets qui semblaient contenir une pensée nouvelle ou un groupe de pensées qui pourraient rentrer dans un plan général et pratique à la fois.

    Un résumé sérieux des plans et un examen attentif et de l'opinion publique et des finances gouvernementales m'amenèrent à prendre une décision qui comportait l'emploi simultané de deux systèmes.

    Le premier système cherchait à appliquer à l'industrie un concept nouveau dans notre histoire. Le passage de la suprématie nationale, des mains de la population agricole à celles des financiers et des industriels, passage qui eut lieu au tournant du siècle et qui coïncida avec la création de consortiums importants, avait abouti, il y a une génération, à ce que nous appelions la guerre aux trusts.

    Après la guerre mondiale, la vague de surproduction et de spéculation désordonnées qui avait gagné tout le pays, l'avait laissé dans un état tel que les mesures de redressement appliquées jadis dans les périodes de crise, s'avérèrent inefficaces.

    Je n'exagère pas si j'affirme avec force qu'il n'y avait pas une industrie importante aux Etats-Unis au printemps de 1933 qui n'eût à souffrir soit de la surproduction, soit d'une concurrence désastreuse, soit d'agissements déloyaux, soit d'un manque complet de plan. L'industrie s'en prit aux lois contre les trusts. L'industrie avait tort. Ces lois voulaient empêcher la constitution de monopoles qui, en restreignant le commerce, entravaient la concurrence loyale et grugeaient le public.

    Je pense qu'il est dans la nature des hommes d'affaires, tout comme dans celle des autres hommes, de faire preuve d'égoïsme lorsqu’une affaire est bonne et qu'ils réalisent de jolis bénéfices. Je pense qu'il est également dans leur nature, tout comme dans celle des autres hommes, aux moments de grande détresse, lorsque tout va mal, de se tenir prêts à concerter un nouveau plan qui, espèrent-ils, rétablira la situation.

    En tout cas, l'immense majorité des hommes d'affaires, au mois de mai 1933, était prête à participer au grand mouvement de collaboration dirigé par le Gouvernement et à travailler à la suppression des pratiques onéreuses du passé.

    J'ai jugé nécessaire d'établir, jusqu'à un certain point, des distinctions entre les diverses industries, à cause de leur grande variété de fonctionnement. Pendant des semaines et même des mois, nous avons adhéré à ce grand principe que, si l'on réduisait les heures de travail, un plus grand nombre de personnes pourrait trouver du travail. C'était ce que se proposait le projet de loi du sénateur Black qui exigeait la semaine de trente heures pour tous les employés, dans toutes les industries et dans toutes les parties du pays. Toutefois, un examen plus attentif nous amena à croire que, si le but final était légitime, la réorganisation totale qu'entraînerait la mise en vigueur de cette loi, ferait plus de mal que de bien.

    De plus, je croyais et je crois encore que l'on pourrait atteindre le but proposé avec le concours des hommes d'affaires. Ces derniers appliqueraient graduellement un système qui demanderait aux employés et au travail de collaborer dans chaque industrie au développement de ce qui, depuis lors, est connu sous le nom de codes. Nous pensions qu'une importante embauche résulterait de cette entente par la réduction de la semaine de travail. Nous pensions également que l'on pourrait supprimer le travail de l'enfant et que l'on pourrait garantir à tout ouvrier un salaire minimum décent.

    En d'autres termes, nous cherchions, par la collaboration, à faire pour le travail ce que les Gouvernements des Etats et le Gouvernement fédéral n'avaient pu accomplir à l'aide de la législation au cours de nombreuses années.

    Telle fut la genèse, tel fut l'objet de ce que nous avons appelé l'article I de la N. R. A. — loi importante qui, avec la loi sur la réorganisation de l'agriculture, s'inscrit en tête du programme de reconstruction de l'Amérique.

    Nous nous proposions en second lieu la reprise du travail par l'action directe du Gouvernement, l'aide aux malheureux et le redressement de la capacité d'achat.

    Beaucoup de personnes étaient d'avis de consacrer à un programme de travaux publics une somme qui atteindrait ou même dépasserait cinq milliards de dollars. Nous regardions, tous, d'un oeil favorable, un programme de travaux publics à grande échelle; mais j'avais estimé que des travaux publics entrepris pour le seul plaisir de dépenser de l'argent ne pourraient être justifiés ni par nous ni par les générations futures. Donner des pioches et des pelles à un millier d'hommes pour leur faire enlever une canalisation d'un côté de la chaussée et la remettre de l'autre côté, non seulement est une chose absurde mais encore abat le moral de ceux qu'on emploie à cette besogne. Trouver des travaux d'utilité publique équivaut nécessairement à limiter la somme que l'on pourrait leur consacrer. Presque tous les services gouvernementaux, spécialement ceux des municipalités, depuis trois ans, avaient employé leurs chômeurs à toutes sortes de travaux locaux.

    Nous nous avançâmes sur ce terrain avec précaution et nous aboutîmes à la conclusion qu'une somme de trois milliards environ était à peu près tout ce que nous pourrions allouer utilement en une année. Cette somme comprenait les travaux des chaussées à raison d'environ un demi-milliard de dollars; le commencement des travaux pour relever notre force navale en conformité avec le traité de Londres; approximativement un milliard de dollars pour de grands projets du Gouvernement fédéral qui se rapportaient principalement aux inondations et à la navigation intérieure; enfin des allocations aux Etats, aux municipalités, et aux cantons, partie sous forme d'emprunt, partie sous forme d'octroi.

    Tel fut l'objectif de l'article II de la N. R. A. qui consacrait trois milliards trois cent millions de dollars aux travaux publics.

    En même temps, afin de maintenir le crédit du Gouvernement fédéral, je proposai de lever des impôts qui suffiraient au payement des intérêts et à l'amortissement de ces dépenses énormes.

    Le message au Congrès en date du 17 mai est suffisamment éloquent par lui-même:

 

 

 

    « Avant l'ajournement de la Session extraordinaire du Congrès, je recommande deux nouvelles mesures qui s'inscrivent dans notre campagne nationale de reprise du travail.

    « Je demande, en premier lieu, que le Congrès s'occupe du système nécessaire à un grand mouvement de collaboration de toutes les parties de l'industrie, en vue d'obtenir une reprise importante du travail, la réduction de la semaine de travail, le payement d'un salaire décent au travail ainsi réduit et, en même temps, d'empêcher la concurrence déloyale et une surproduction désastreuse.

    « Les patrons ne peuvent parvenir à ces résultats, isolément ou même en groupes organisés, car de telles mesures augmentent les dépenses et permettent ainsi à des concurrents égoïstes qui refusent de collaborer à cette tâche d'intérêt public, d'écouler leurs produits à des prix dangereusement bas.

    « Ce qui a beaucoup nui jusqu'à ce jour à ces tentatives de collaboration, ce sont nos lois contre les trusts. Elles furent prises dans le dessein louable de remédier aux maux considérables qu'entraînaient les prix des monopoles.

    « Si on les gardait, on serait assuré définitivement de ne plus connaître les effets désastreux de la concurrence déloyale de jadis. Mais les intérêts publics seront les mieux sauvegardés si, avec l'autorité du Gouvernement et sous sa conduite, les industries privées ont la permission de conclure des accords et d'établir des codes qui garantissent une concurrence loyale. Toutefois, si nous limitons ainsi à leur dessein originel l'application des lois contre les trusts, nous devons avoir sous main un pouvoir qui réprimera sévèrement les quelques cas de non-collaboration et d'abus. Une telle sauvegarde est indispensable.

    « L'autre proposition donne à l'Exécutif plein pouvoir pour appliquer un vaste programme d'embauche directe. Un examen attentif me permet de croire que l'on peut placer approximativement trois milliards trois cent millions de dollars dans l'entreprise de travaux publics, utiles et nécessaires, ce qui permettra de donner du travail au plus grand nombre possible de personnes.

    « Un règlement devrait permettre aux Etats, aux cantons et aux municipalités d'entreprendre des travaux d'utilité publique, à la condition que ces autorités mettent tout en oeuvre pour supprimer le favoritisme, les dépenses inutiles dues à des projets injustifiés et contraires à une saine économie.

    « Nous devons, par une action prompte et vigoureuse, franchir les obstacles qui, jadis, ont retardé l'application des programmes de travaux publics. On peut y arriver par une procédure simple et directe.

    « L'exécution de ce programme exige que l'on protège et maintienne intact le crédit du Gouvernement des Etats-Unis. En d'autres termes, au moment où l'on fait ces dépenses considérables exceptionnelles, on doit prévoir des revenus suffisants au payement des intérêts et à l'amortissement des frais; de plus ces revenus doivent être rationnels et sûrs, au lieu d'être irrationnels et de dépendre de la spéculation.

    « II ressort de devis minutieux que, pour faire face aux prêts qu'envisage le Gouvernement, il faudra un revenu supplémentaire d'au moins deux cent vingt millions de dollars. Cela nécessitera évidemment une nouvelle ou de nouvelles formes d'impôts. On nous a fait bien des suggestions sur la nature de ces impôts. Je ne vous fais pas à l'heure présente de recommandation précise, mais j'espère que la commission du budget de la Chambre des Représentants étudiera soigneusement les plans qui concernent le revenu et qu'elle sera prête, au début de la semaine prochaine, à proposer les impôts qu'elle juge le plus conformes aux nécessités du moment et le moins vexatoires pour notre peuple. Si, au terme de ce délai, la commission n'a pas pris de décision ou si les moyens qu'elle propose ne me semblent pas suffisamment rationnels ou efficaces, j'ai l'intention de faire part au Congrès de mes propres suggestions à ce sujet.

    « Nous lèverons ces impôts, en vue de fournir du travail à nos compatriotes. Des décisions devront être prises pour réduire ou pour supprimer ces impôts:

    « En premier lieu, dès que l'amélioration des affaires aura accru les revenus dans une proportion qui permettra le remplacement de ces impôts;

    « En deuxième lieu — chaque fois que le rejet du dix-huitième amendement, qui est maintenant soumis aux Etats, sera ratifié et chaque fois que le rejet de la loi Volstead sera chose faite. Les lois sur le revenu datant d'avant la prohibition entreraient alors automatiquement en vigueur et fourniraient des ressources qui suffiraient à la suppression de ces impôts provisoires.

     « Enfin j'insiste sur le fait que toutes ces mesures sont nées d'une situation grave et que, par conséquent, nous devons de toute nécessité entreprendre immédiatement une campagne pour la reprise du travail, si nous voulons éviter de nouvelles misères, maintenir l'amélioration des affaires et voir des jours meilleurs.

    « Pour ce motif, je demande au Congrès de prendre rapidement des décisions. »

 

 

 

    Le 10 juin fut promulgué un décret-loi qui, pour la première fois, centralisait l'achat de presque toutes les fournitures gouvernementales, à l'exception de celles de la marine et de l'armée, dans un bureau de procuration qui avait son siège au Ministère des Finances; en même temps, les bureaux de paiements de beaucoup de ministères étaient rattachés à un bureau central siégeant au Ministère des Finances.

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Published by Jean-Gabriel Mahéo - dans L'art - l'histoire et les idées
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