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26 juillet 2009 7 26 /07 /juillet /2009 18:04
   En naviguant aujourd'hui sur la page d'accueil du Figaro,  j'ai découvert un article de monsieur François Delétraz, particulièrement enthousiasmant, sur une aventure d'une beauté extraordinaire propre à renforcer l'amour de son prochain et la foi en l'avenir. Les lecteurs ne s'y sont d'ailleurs pas trompé, il suffit de lire les commentaires qu'ils ont déposés.

   Monsieur Delétraz nous présente, dans l'article "Kinshasa, une symphonie héroïque", l'Orchestre Symphonique Kimbanguiste, crée et dirigé par le pasteur Papa Armand
Diangienda, à Kinshasa. Cet orchestre symphonique est le seul de toute l'Afrique centrale.
Vous pouvez découvrir les musiciens qui composent cet orchestre grâce aux magnifiques portraits, très émouvants, de monsieur Vincent Boisot, ici :
L'ORCHESTRE SYMPHONIQUE DE KINSHASA  •  Kinshasa, République Démocratique du Congo  •  Juin 2009 et là :KINSHASA, UNE SYMPHONIE HEROIQUE  •  Kinshasa, République Démocratique du Congo  •  Juin 2009.

   C'est donc avec le coeur encore empli de la joie offerte par l'Orchestre Symphonique Kimbanguiste de Kinshasa que je me fais l'écho de cet article, que je reproduis ici (l'auteur me pardonnera) :


Kinshasa, une symphonie héroïque

Cet orchestre symphonique est unique car il est le seul d'Afrique centrale. En dépit d'un cruel manque de moyens, il parvient à un niveau musical étonnant. Reportage émouvant avec ces amateurs qui aiment tant la musique classique qu'ils lui consacrent tous leurs loisirs.

   Inoubliable émotion de voir le seul orchestre symphonique d'Afrique centrale donner un concert classique sur un stade d'un quartier pauvre de Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo. Rien de plus touchant que ces milliers de spectateurs dépourvus de tout suspendus à l'écoute de cette musique qui, dit-on là-bas, « fait dormir ». Kinshasa la « Belle », devenue par les effets conjugués de la guerre et de la corruption Kinshasa la « Poubelle », est en effet plus réputée pour la musique qui fait danser des nuits entières. «Nous sommes les colonisateurs musicaux de l'Afrique», disent fièrement les Kinois. Pour le classique, c'est autre chose et cet unique orchestre essuie les plâtres. Mais entendre cette foule applaudir un extrait de Nabucco et réclamer unbis a quelque chose d'irréel.


   Extraordinaire histoire que celle de l'Orchestre symphonique kimbanguiste. L'OSK, comme on l'appelle, est né de l'idée d'un pasteur de l'Eglise kimbanguiste (voir encadré), « Papa Armand », de son vrai nom Armand Diangienda, qui transforma la fanfare accompagnant les offices en un véritable orchestre. Ayant eu la chance de faire des études en Belgique puis aux Etats-Unis, il était revenu au pays doté d'un diplôme de commandant de bord et de très bonnes bases de piano. Il travailla comme pilote jusqu'au jour où le Fokker 27 de la compagnie Scibe Zaïre qui l'employait s'écrasa au sol. Un accident qu'il prit comme «un signe», le signe qu'il devait prendre la relève au sein de son Eglise, dont il est devenu l'une des figures majeures.


   Dans le quartier de Monkonto, Papa Armand officie dans une grande maison toute verte, une «parcelle», comme on dit là-bas, où les fidèles affluent chaque dimanche pour assister à des offices qui durent des heures. Mais, soir après soir, cette bâtisse résonne de tout autre accent : c'est la répétition de l'orchestre. Après leur travail, les musiciens, tous amateurs, viennent en bus, en taxi collectif, certains après avoir marché - «fait les pieds», selon l'expression locale - pendant plus d'une heure. Papy, le pharmacien, joue du tuba ; Nicole, la couturière, est second violon, comme Chantal, qui vend des pains sur le marché. Laddy, qui installe des antennes GSM, est hautboïste ; Marc, qui est« lavandier » et a créé son propre petit pressing, fait du violoncelle depuis douze ans, tout comme Joséphine, qui est sur le marché dès l'aube pour y vendre des omelettes. Johnny, le laborantin de l'hôpital kimbanguiste, situé à l'autre bout de la ville, est au basson ; Pauline, la choriste, vend des fleurs artificielles sur le marché ; Yasmine, qui est étudiante en informatique, compare sa clarinette à la tour Eiffel. Nathalie, toujours accompagnée de son petit garçon de 3 ans, décore les voitures pour les mariages et joue chaque soir de la flûte traversière. Tous prennent place à leur pupitre et répètent assidûment. Platini, alto, enchaîne sans relâche quelques mesures de Ravel. Plus loin, les trompettes insistent sur un passage difficile de Carl Orff. Brando, le premier violon, se concentre sur Beethoven, puis est rejoint par deux voisins de pupitre pour peaufiner une phrase des Feux d'artifice de Haendel.


   Coup de baguette du maestro, silence. Ce soir, c'est le quatrième mouvement de la Neuvième Symphonie de Beethoven qui est au programme. Les chœurs s'installent, la répétition peut commencer. S'ils chantent en anglais, c'est qu'ils ont reçu des partitions dans cette langue. Et qu'ils n'en ont pas d'autres. Car cet orchestre manque de tout. L'OSK doit d'avoir commencé son existence à un curieux hasard qui lui a permis d'acheter très bon marché un lot important d'instruments chinois de mauvaise qualité. Des instruments avec lesquels les musiciens travaillent encore. Par exemple, sur huit violoncelles, trois sont corrects. Quant aux cinq autres, même un débutant français n'en voudrait pas. Il n'y a pas de crin pour les archets des violons ? Qu'à cela ne tienne, on le remplace par du fil de Nylon pour canne à pêche. «En visite à Paris, je suis entré dans un magasin pour acheter du crin; j'ai été sidéré par le prix et je suis ressorti les mains vides», raconte Papa Armand.«Quand les cordes viennent à manquer, nous les remplaçons par des câbles de frein de vélo, un pour le mi, deux pour le la, trois pour leet quatre pour le sol», confie Didier Maketa, le réparateur. Il manque aussi de colophane, cette résine de pin qui empêche les cordes de grincer et à laquelle il substitue un mélange de son invention.


   Malgré tous ces handicaps, les mélomanes seraient surpris de la qualité de cet orchestre qui a de quoi faire rougir certains orchestres régionaux de l'Hexagone. Car, à Kinshasa, l'orchestre doit faire face à une autre difficulté de taille : la formation. Dans cette capitale de l'un des plus grands pays d'Afrique, il n'y a pas de professeur de hautbois, de tuba, de flûte traversière... Alors les musi ciens ont abordé le jeu instrumental d'une manière tout à fait inhabituelle : après le passage par le solfège imposé par Papa Armand, c'est tout seuls qu'ils ont appris à découvrir, puis à maîtriser leur instrument. Un travail par mimétisme en écoutant des disques ou en visionnant des interprétations au café internet qui jouxte l'église. Depuis que Philippe Pascot, le conseiller régional de la Région Ile-de-France, s'est pris d'affection pour cet orchestre, des stages de formation ont pu être organisés sur place. Des chefs d'orchestre, des professeurs se sont déplacés là-bas pour des sessions de quinze jours. «La volonté est telle que les élèves font des progrès inouïs. Ils notent tout ce que nous disons pour pouvoir travailler après notre départ. En fait, nous leur proposons une métho de pour avancer», raconte Jérôme Hilaire, du conservatoire d'Evry, qui s'est déjà rendu quatre fois à Kinshasa.


   Mais le grand concert approche et, lors des répétitions, la tension se fait de plus en plus palpable. C'est en effet la première fois que l'orchestre va se produire ainsi devant un si large public en plein air, et cela à l'occasion de la Fête de l'indépendance du Congo. Deux heures avant le premier coup de baguette, les musiciens partent à pied vers le stade où ils vont jouer, traversent un marché où les vendeurs les interpellent. Une foule, qui s'est habillée comme seuls les Africains savent le faire, les attend patiemment. Et c'est un véritable triomphe qui accueillera un programme composé de Dvorak, Beethoven, Verdi, Carl Orff et Haendel. Les quelques officiels présents, de l'ambassadeur de France au minis tre Nzanga Mobutu, tous habitués de ces manifestations culturelles, en sont eux-mêmes surpris. L'orchestre a gagné son pari. Le temps d'un soir, la musique classique a été un événement populaire à Kinshasa. Ce faisant, elle a ouvert la porte à de plus grandes ambitions : faire connaître cette musique en Afrique et, pourquoi pas, un jour, effectuer une grande tournée en France.

 

François Delétraz

 

 

Monsieur Delétraz offre aussi sur son blog l'accès à plusieurs vidéos de la vie de l'orchestre, que vous trouverez ci-dessous :



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