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1 novembre 2004 1 01 /11 /novembre /2004 09:00

 

Franklin Delano ROOSEVELT
Président des États-Unis

 


SUR

LA BONNE VOIE

(ON OUR WAY)


New-Deal-NRA.jpg 

 


Traduit de l'Anglais par
PIERRE DUTRAY

 

1934


Les Éditions
DENOËL ET STEELE
19, rue Amélie, 19
PARIS

 

 

 

 

    DÉCRET RELATIF A LA VENTE ET A L'EXPORTATION DE L'OR PROVENANT DES DÉPÔTS NATURELS

    (29 août 1933.)

    En vertu de l'autorité que me confère la loi du 6 octobre 1917, amendée par la loi du 9 mars 1933, moi, Franklin D. Roosevelt, Président des Etats-Unis d'Amérique déclare qu'un état national de crise existe, et, en vertu de ladite autorité et de toute autre autorité dont j'ai été investi, je publie le décret suivant :

    Le Secrétaire au Trésor, par la présente, a l'autorisation de recevoir en consignation pour la vente, l'or provenant des dépôts naturels des Etats-Unis ou de tout lieu placé soue la juridiction dudit pays, cette vente étant soumise aux règlements et conditions qu'il jugera utile de prescrire. Les ventes peuvent se faire :

    a) Aux personnes à qui il a été délivré une autorisation d'acquérir de l'or devant servir dans les arts, industries ou professions;

    b) A l'exportation pour des acheteurs étrangers. Ces ventes devront se faire à un prix que déterminera le Secrétaire et qui équivaudra au meilleur prix que l'on peut obtenir sur les marchés mondiaux libres de l'or. Le Secrétaire aura eu soin, au préalable, de prendre en considération toutes les dépenses supplémentaires telles que les frais de transport et d'assurance.

    Ces ventes s'effectueront par l'intermédiaire des banques fédérales de Réserve ou de tout antre agent que le Secrétaire désignera selon les besoins, et ces ventes seront soumises aux frais déterminés par le Secrétaire selon les contingences.

    Toute personne qui dépose de l'or en vue de la vente conformément aux dites stipulations, sera censée souscrire, sans appel, aux décisions que le Secrétaire ou son représentant autorisé, prendra sur le montant de la somme que l'on doit à cette personne, pour le produit d'une vente.

    Dans la mesure du possible, on vendra les consignations dans l'ordre de leur réception.

    Le Secrétaire au Trésor a, par la présente, l'autorisation de délivrer des licences permettant l'exportation des articles fabriqués avec de l'or vendu conformément à ce décret.

    Ce décret peut être modifié ou abrogé en tout temps.

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Franklin Delano ROOSEVELT
Président des États-Unis

 


SUR

LA BONNE VOIE

(ON OUR WAY)


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Traduit de l'Anglais par
PIERRE DUTRAY

 

1934


Les Éditions
DENOËL ET STEELE
19, rue Amélie, 19
PARIS

 

 

 

 

    DISCOURS RADIOPHONIQUE PRESCRIVANT UNE MOBILISATION DES CITOYENS POUR SECOURIR LES MALHEUREUX

    (15 octobre 1933.)

 

 

    J'ai parlé, à diverses occasions, de l'importance vitale que représente pour notre pays, la conservation à un niveau au moins égal, et je l'espère supérieur, à celui des autres années, de la charité privée avec tout ce que ce mot pris au sens large implique. Je ne veux pas seulement répéter ce que j'ai dit auparavant mais souligner ce fait que ceux qui s'attellent au programme de restauration nationale ne peuvent réussir s'ils ne sont pas suivis par un contingent important.

    Sans doute, j'ai déclaré que le Gouvernement ne doit laisser mourir personne de faim cet hiver : mais, en même temps, cette politique présume que les particuliers continueront à remplir leur rôle d'une manière plus désintéressée que dans le passé.

    Permettez-moi d'insister sur ce fait qu'un très grand nombre de personnes devront encore, cet hiver, faire appel aux services de secours. Sans doute, par suite d'une reprise partielle du travail, reprise qui, je le crois, continuera, beaucoup de familles et d'individus ont pu être rayés des listes de secours locales. Mais, d'autre part, les besoins de ceux qui sont encore sur les listes, sont plus considérables qu'ils ne l'étaient auparavant; nous devons continuer, en outre, à appuyer les services permanents des hôpitaux et du bien-être social, qui existent dans tous les arrondissements et dans la plupart des agglomérations.

    Un petit nombre de personnes m'ont écrit que, selon elles, le Gouvernement devrait prendre à sa charge toua les travaux de secours; elles laissaient entendre en outre qu'elles n'estimaient nullement de leur devoir de participer, cette année, aux secours locaux ou à la charité locale. Ces personnes se font mie singulière idée de la base même de la civilisation américaine. Elles dénient à l'individu la responsabilité civile, et voudraient confier tous les problèmes aux bons soins du Gouvernement.

    Mais, par ailleurs, l'immense majorité des Américains comprend clairement que c'est d'abord à l'individu et à l'agglomération locale de pourvoir aux secours et au bien-être social.

    Cette mobilisation conservera les services des hôpitaux et de bien-être social actuels. Ces services existaient bien longtemps avant la crise. Ils existeront longtemps encore après la fin de la crise.

    Je demande à tout citoyen de donner son appui aux caisses locales et aux autres organisations qui prélèvent des fonds pour les services ordinaires du bien-être social, services qui traduisent la volonté de charité, d'humanité et d'entr'aide du peuple américain.

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    DÉCLARATION SUR LA PROLONGATION DE L'ACCORD SUR L'EMBAUCHE

    (20 décembre 1933.)

 

 

    L'Accord présidentiel sur l'embauche prendra fin le 31 décembre. A ce moment, des codes qui établiront à titre définitif les règles de la concurrence loyale, s'appliqueront à environ soixante-dix pour cent de tous les employés qui sont appelés éventuellement à bénéficier de la protection des codes.

    Au coeur de l'hiver, alors que tant de personnes sont sans travail, il importe essentiellement que la nouvelle année n'amène pas un ralentissement du programme de restauration nationale dans les commerces et les industries qui, à ce moment, n'ont pas encore souscrit aux codes approuvés par la loi et à qui, par conséquent, on ne peut appliquer que l'Accord présidentiel sur l'embauche.

    Dans ces conditions, j'invite tous les patrons de ces industries ou de ces commerces à se joindre à moi pour prolonger de quatre mois l'Accord présidentiel sur l'embauche. D'ici là, on espère qu'on aura achevé pratiquement l'élaboration des codes.

    Je demande instamment à tous les patrons des commerces ou des industries qui ne rentrent pas sous l'application des codes, de collaborer avec moi en continuant à maintenir la hausse des salaires et la réduction de la semaine de travail. On a encore grand besoin de leur aide.

    Les patrons qui se joindront à moi pour prolonger cet Accord peuvent continuer à déployer l'Aigle Bleu, symbole de leur collaboration; le petit groupe de patrons qui n'ont pas encore signé cet accord peut le signer sous sa forme actuelle, et, sous présentation au bureau des Postes d'une attestation signée d'adhésion, ils pourront obtenir un Aigle Bleu.

    Le port de l'Aigle Bleu à partir du 1er janvier 1934 implique pour le patron dont l'entreprise n'est pas soumise entièrement à un code approuvé par la loi, l'acceptation de la prolongation de l'Accord présidentiel sur l'embauche et l'adhésion à cet accord pour cette partie de son entreprise qui n'est pas soumise à des codes approuvés par la loi.

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    DÉCLARATION SUR L'ACHAT ET LA FRAPPE D'ARGENT

    (31 décembre 1933.)

 

 

    En vertu de l'autorité que m'a conférée la dernière session du Congrès, j'ai procédé aujourd'hui par une proclamation, à la ratification de l'accord de Londres sur l'argent, accord que le Gouvernement de l'Inde a déjà mis en vigueur et que d'autres nations intéressées vont, comme je l'apprends, appliquer également.

    Cette proclamation, en conformité avec la loi du Congrès, autorise nos hôtels de monnaies à frapper des dollars basés sur l'étalon-argent avec l'argent produit aux. Etats-Unis ou dans ses possessions avec devoir pour les déposants de cet argent d'en céder la moitié au Gouvernement, à titre de seigneuriage et de couverture des charges et frais ordinaires. Les dollars réduits de la moitié de l'argent nouvellement extrait seront rendus aux déposants. L'autre moitié cédée au Gouvernement sera conservée dans le Trésor.

    Rappelons-nous qu'à la Conférence de Londres, soixante-six nations ont adopté à l'unanimité la motion proposée par notre Gouvernement, sur la valeur de l'argent, motion selon laquelle ces gouvernements s'abstiendraient de fondre et de déprécier la monnaie, remplaceraient le papier-monnaie par des pièces d'argent et refuseraient d'appliquer toute législation qui déprécierait la valeur de l'argent sur le marché mondial. Toutefois, la valeur de cette motion dépendait d'un accord que les gouvernements de ces pays qui produisent de l'argent en grandes quantités et les gouvernements de ces pays qui détiennent ou emploient de grandes quantités d'argent prendraient pour supprimer toute vente excessive d'argent sur les marchés mondiaux. Par cet accord, on voulait réglementer le prix de l'argent par la limitation et la neutralisation de cette surproduction qui provenait de la fonte des pièces d'argent.

    L'Inde pouvait écouler sur les marchés mondiaux, à n'importe quel moment et à n'importe quel prix, des centaines de millions d'onces d'argent. En fait, l'Inde pouvait jeter sur les marchés mondiaux une quantité d'argent qui provenait de la fonte des pièces d'argent de l'Inde, égale à la production mondiale des mines — pour une période de deux ans. Ce pouvoir et l'incertitude qu'entraînait son exécution, détruisit la valeur et la stabilité de l'argent dans le monde entier.

    La Chine consentit à ne pas autoriser, au cours de la période de quatre années qui commence le 1er janvier 1934 et se termine le 1er janvier 1938, la vente de l'argent qui proviendrait de l'altération ou de la fonte des pièces d'argent. L'Inde consentit à limiter la vente de cet argent à un maximum de 35.000.000 onces par an durant cette période, et l'Espagne consentit à ne pas vendre annuellement au cours de cette période plus de 5.000.000 onces de cet argent. De la sorte, ces gouvernements doivent être liés par la résolution générale adoptée à la Conférence de Londres et à laquelle j'ai fait allusion.

    Toutefois, la Chine, l'Inde et l'Espagne posaient comme condition l'obligation pour l'Australie, le Canada, le Mexique, le Pérou et les Etats-Unis de prendre sur la production de leurs mines respectives une somme de 35.000.000 onces, et ce, chaque année de ladite période. Les Etats-Unis, en raison de leur population considérable et de leur importante production d'argent consentirent à tirer de leurs mines chaque année au moins 24.421.410 onces d'argent au cours de ladite période.

    La production des Etats-Unis pour l'année 1932 était d'environ 24.000.000 d'onces d'argent.

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    DÉCRET RELATIF AU REÇU DE L'OR PAR LES HOTELS DE MONNAIE EN CONSIGNATION ET LES BUREAUX DE POIDS ET MESURE

    (15 janvier 1934.)

 

 

    En vertu de l'autorité qui m'est conférée... je prescris par la présente les règlements suivants relatifs à l'or tenu en consignation en vue de la vente :

    Article premier. — Les hôtels de monnaies et les bureaux des poids et mesures des Etats-Unis ont, par la présente, l'autorisation, soumise aux prescriptions éventuelles du Secrétaire au Trésor, de recevoir en consignation l'or que ledit hôtel de monnaies ou bureau des poids et mesures sait pertinemment n'avoir pas été détenu contrairement aux stipulations des décrets.

    Article 2. — Le Secrétaire au Trésor a, par la présente, le pouvoir et l'autorisation d'édicter toutes mesures qu'il estimera nécessaires à l'exécution des intentions de ce décret.

    Article 3. — Le présent décret et toutes mesures édictées ci-dessous peuvent, à tout moment, être modifiées ou abrogées.

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    DÉCRET RELATIF AUX PLAINTES DÉNONÇANT LES PRATIQUES DE MONOPOLE

    (20 janvier 1934.)

    1. Chaque fois qu'un plaignant se jugera mécontent de la manière dont un service du Gouvernement Fédéral, à l'exception du Ministère de la Justice, aura accueilli toute plainte accusant une personne, société, corporation ou autre association ou forme d'entreprise de se livrer à des agissements monopolisateurs ou à des pratiques qui permettent ou encouragent un monopole ou tendent à supprimer, ou à écraser de petites entreprises, pratiques qui enfreignent notoirement les stipulations des codes de concurrence loyale approuvés par la N. L R. A. ou qui, tout en étant sanctionnées par les stipulations de ce code, enfreignent notoirement l'article 3 (a) de ladite N.I.R.A., dans ce cas cette plainte sera trame-mise à la Commission Fédérale du Commerce par le service que désignera le plaignant.

    2. La Commission Fédérale du Commerce, en conformité avec les stipulations de la N.I.R.A. et celles de la loi du 26 septembre 1914, peut, au reçu de toute plainte de cette sorte qui lui est transmise, intenter une action contre ces personnes, sociétés, corporations ou autres associations ou autres formes d'entreprises dont elle a des raisons de croire qu'elles se livrent aux pratiques susdites, et ce, chaque fois que la Commission Fédérale de Commerce jugera qu'une action dans le domaine susdit sera conforme à l'intérêt public : si la Commission Fédérale du Commerce estime que lesdites pratiques ne sont pas contraires aux stipulations de l'article 5 de la c Federal Trade Commission Act » on des articles 2, 3 ou 7 de la loi Clayton, ladite Commission, au lieu d'intenter une action en justice transmettra la plainte et les pièces justificatives au Ministère de la Justice.

    3. On ne peut interpréter le pouvoir que l'on confère par la présente à la Commission Fédérale du Commerce comme une dérogation aux pouvoirs que ladite Commission possède en vertu de la loi.

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    DÉCLARATION RELATIVE A LA FIXATION DU POIDS DU DOLLAR-OR ET A L'ACHAT DE L'OR A UN PRIX FIXE

    (31 janvier 1934.)

    En vertu des pouvoirs que lui confère la loi du 12 mai 1933, le Président a lancé aujourd'hui une proclamation fixant le poids du dollar-or à 15 5/21 grains, au titre de 9/10. Cela équivaut à 59.06 % de l'ancienne parité qui était de 25 8/10 grains au titre de 9/10, fixée par l'article premier de la loi du Congrès du 4 mars 1900. La nouvelle teneur-or du dollar fut appliquée dès que le Président eut signé la proclamation.

    En vertu du « Gold Reserve Act » de l'année 1934, signé par le Président, le mardi 30 janvier, la propriété de toutes les réserves d'or monétaire des Etats-Unis, y compris la monnaie et les lingots d'or détenus par les Banques Fédérales de Réserve et les droits sur l'or du Trésor représentés par des certificats d'or, est accordée au Gouvernement des Etats-Unis, et le Trésor des Etats-Unis bénéficiera de la réduction de la teneur-or du dollar, réduction que la proclamation de ce jour applique. En vertu du
« Gold Reserve Act » et de la proclamation d'aujourd'hui, deux milliards de dollars de ce « bénéfice » constitueront un fonds d'égalisation des changes, soumis à la direction du Secrétaire au Trésor. Le surplus du bénéfice est porté au crédit de la Trésorerie.

    Dans sa proclamation d'aujourd'hui, le Président fait remarquer qu'il se réserve le droit, en vertu de l'autorité dont il est investi, de changer ou de modifier la présente proclamation au mieux des intérêts des États-Unis. Le pouvoir d'effectuer par des proclamations ultérieures d'autres réévaluations du dollar-or est impliqué dans le « Gold Reserve Act » signé mardi.

    2. Le Secrétaire au Trésor, avec l'approbation du Président a déclaré publiquement qu'à partir du 1er février 1934, il achètera pour le compte des Etats-Unis, par l'intermédiaire de la Banque Fédérale de Réserve de New-York, son agent fiscal, tout l'or remis sous n'importe quelle forme aux Hôtels de Monnaie des Etats-Unis ou aux Bureaux des Poids et Mesures de New-York ou de Seattle, au taux de 35 dollars par once troy pure, déduction non faite des charges ordinaires de l'Hôtel des Monnaies et d'un quart d'un pour cent prévu pour les frais d'opération. Toutefois, les achats doivent se conformer aux règlements du « Gold Reserve Act » de 1934.

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    PRÉFACE

    Le but de ce livre est d'exposer simplement, sans esprit de polémique et sans longs commentaires, les principaux événements d'une année très agitée. Ce fut une année de réalisation : nous avons exécuté les promesses faites au peuple américain et nous avons ranimé l'espoir des foules qui s'épuisaient dans l'attente d'une organisation meilleure de la vie. J'indiquerai ici les jalons qui marquent la réalisation d'une nouvelle politique d'intérêt public.

    Certains ont voulu qualifier cette politique de révolutionnaire: peut-être l'est-elle. Toutefois, elle est révolutionnaire, uniquement dans ce sens que les mesures adoptées et les objectifs qui les commandent diffèrent de ceux qu'on a employés jusqu'à ce jour. Si c'est une révolution, c'est une révolution pacifique, réalisée sans violence, sans que l'on fasse table rase des intentions de la loi établie, sans qu'un individu ou une classe subisse un déni de justice.

    Certains ont appelé notre nouvelle politique « fascisme ». Elle n'est pas fasciste car elle tire son inspiration de la masse du peuple plutôt que d'une classe ou d'un groupe ou d'une armée en marche. De plus, elle s'accomplit sans apporter de changement fondamental au système républicain. Nous avons conservé la foi dans nos institutions politiques traditionnelles et nous nous y tenons.

    Certains l'ont dénommée « Communisme ». Ce n'est pas cela non plus. Ce n'est pas une « régimentation » à outrance que règlent les plans d'un directoire permanent, où l'établissement des lois et les procès des cours sont soumis aux ordres de l'exécutif. Elle ne poursuit pas non plus l'élimination totale d'une classe ou l'abolition d'un parti particulier.

    A peu près partout les gens ont pris l'habitude d'appeler cette politique « New Deal »1, et on a laissé entendre que l'expression dose d'une manière satisfaisante l'honnêteté en affaires et la liberté dans le travail. Ce qui prouve la justesse de cette suggestion, c'est que certaines des réalisations de l'an passé seront la mise en oeuvre des idées progressistes de Théodore Roosevelt, qui désirait une association entre le monde des affaires et le gouvernement; c'est également la mise en oeuvre des desseins de Woodrow Wilson qui désirait, grâce à l'entremise du gouvernement, réprimer par d'énergiques mesures légales les abus du monde des affaires. Ainsi, nous avons admis qu'à certains égards, le gouvernement siège en associé à côté des gens d'affaires; mais, par d'autres côtés, il fait agir l'autorité supérieure de l'Etat pour renforcer l'équité et la justice et leur donner leur place parmi les divers éléments de la vie économique. Cet ensemble de remèdes s'impose si l'on songe aux changements qui révolutionnent les conditions de la vie moderne.

    Laissons là les expressions et les formules toute faites, et retenons ceci qui, je pense, est important: à la base de notre nouvelle politique il y a un changement dans les habitudes et la manière de penser du peuple américain — en d'autres termes c'est notre démocratie arrivant à la maturité qui détermine cette politique. Celle-ci s'appuie dans sa marche sur les principes premiers qui ont guidé les auteurs de notre Constitution; elle prend forme, avec l'approbation de la grosse majorité des Américains; enfin cette politique s'accomplit, en laissant constamment au peuple l'assurance que si, à un moment donné, il désire revenir aux vieilles méthodes que nous avons rejetées, il est entièrement libre de le faire en usant tout simplement de son droit de vote. Un ancien Grec a prononcé une parole qui demeurera éternellement vraie : « La création est la victoire de la persuasion et non de la force ». Le « New Deal » cherche cette sorte de victoire.

    L'écroulement presque complet du système économique américain qui a marqué le début de mon gouvernement, exigeait la suppression de beaucoup d'éléments pourris, l'adoption de nouvelles méthodes et une reconstruction totale.

    Il nous fallait prendre trois mesures, toutes trois dépendant l'une de l'autre:

    Tout d'abord, par des mesures radicales, supprimer les privilèges extraordinaires dont jouissait dans le contrôle du vieil édifice économique et social, un groupe d'individus numériquement très faible, mais d'une très grande puissance, groupe qui disposait d'une autorité telle qu'il régissait les affaires, les banques et même le gouvernement.

    En deuxième lieu, faire la guerre au crime, propager et instaurer des valeurs morales ; en troisième lieu rétablir le balancement du pendule dont, depuis trois générations, les oscillations indiquaient une concentration grandissante de la richesse dans un nombre de mains de plus en plus limité — revenir à une répartition plus vaste de la richesse et du capital de la nation.

    L'époque exigeait et exige encore l'adoption d'un plan. Ce livre décrit la nature et le but des nombreux moyens qui furent nécessaires à la réalisation d'un plan national de redressement. Malgré la complexité inévitable des organismes dont les titres abrégés ont prêté à la plaisanterie, malgré ce qui a permis à certains de croire que le Gouvernement Fédéral cherchait à centraliser le pouvoir, on a poursuivi constamment un objectif très précis, très étudié et de longue portée.

    En ce qui concerne l'excellence de chacun des moyens examinés séparément, je ne puis que répéter ce que j'ai souvent dit — à savoir que chaque partie du programme général, prise en elle-même, n'est nullement à l'abri de modification ou d'erreur. A certains égards, nous aurons peut-être à changer le système; par ailleurs, il est possible que nous ne soyons pas allés assez loin. Le temps et l'expérience nous apprendront beaucoup de choses.

    Je n'espère pas, dans ce livre, accumuler les renseignements et détailler les résultats de toutes les mesures du « New Deal ». Je me permettrai cependant quelques généralisations.

    Les prix de nos produits agricoles sont en hausse considérable sur ceux de l'année passée; la plupart nos industries ont lancé sur le marché un nombre fortement accru de marchandises qui sont achetées par les consommateurs; le transport des marchandises, celui des voyageurs par chemin de fer et tous les autres moyens de transport se sont améliorés; la détresse des débiteurs hypothécaires diminue; les secours aux chômeurs dans le dénuement ont réalisé en grande partie les desseins du Gouvernement qui avait promis de meure tout en oeuvre pour empêcher la famine; la conservation des ressources, les mesures prises contre les inondations, le projet d'une meilleure exploitation de notre vaste territoire, tous ces éléments se sont développés à une cadence inimaginable jadis.

    Il y a un an, notre civilisation se portait bien mal. Il aurait mieux valu l'admettre. Nous connaissons du moins l'idéal des hommes et des femmes qui ont fondé l'Amérique. Nous connaissons du moins l'idéal des fondateurs de la république. Au cours de ces dernières années, la situation avait notablement changé — peut-être n'avions nous pas oublié les idéals de nos pères; en tout cas nous en rejetions le plus grand nombre.

    Nous, citoyens de ce pays, nous n'avons pas besoin de critique ou d'une opposition purement destructrice et nous ne les recherchons pas; ces individus ou ces groupes d'individus qui pour des raisons politiques ou pour d'égoïstes visées financières s'opposent au vaste plan général, ceux-là, nous le savons, ne feront de tort qu'à eux-mêmes, car, nous, peuple américain, nous ne souscrirons jamais aux propositions qui ramèneraient le pays à la situation où il se trouvait durant les dix années de l'après-guerre. Toutefois, une majorité écrasante de nos compatriotes, vieux et jeunes, spécialement de jeunes, s'apprête à écouter avec faveur les suggestions honnêtes qui tendent à l'emploi de méthodes nouvelles et meilleures en vue du bien général. En tout cas, nous, peuple américain, nous sommes résolu, après être allé de l'avant durant une année, a persévérer dans notre effort.

 


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    CHAPITRE PREMIER

    Le premier acte du Gouvernement fut la prestation de serment du nouveau cabinet dans le bureau du Président à la Maison Blanche, immédiatement après la fin de la Parade inaugurale du 4 mars. A ce moment, le cabinet ne tint aucune réunion officielle mais je discutai la situation bancaire avec le Secrétaire du Trésor et l'Attorney general, et je leur demandai de se préparer pour le lendemain à esquisser, dans les cadres de la constitution, un moyen de fermer toutes les banques.

    La situation, à ce moment, rendait cette mesure nécessaire. Pratiquement, toutes les banques se fermaient, les unes volontairement, d'autres à cause des retraits massifs de la clientèle, d'autres encore à cause des proclamations du Gouverneur. Le but poursuivi était de permettre, dans le délai le plus bref, la réouverture des banques, mais ce mode de réouverture devait se baser non seulement sur la confiance du public mais encore sur un plan uniforme qui donnerait la certitude que seules les banques solvables rouvriraient leurs guichets.

    Près de deux mois auparavant, j'avais discuté avec plusieurs personnes de l'autorité dont disposerait le Président au cas où il voudrait assumer en droit la responsabilité d'une crise bancaire par la fermeture de toutes les banques — non seulement des banques Fédérales de réserve, mais encore des banques d'Etat qui n'étaient pas affiliées aux banques Fédérales. Un de mes amis rappela qu'une partie de la législation de 1917 arrêtée en temps de guerre n'avait pas été abrogée. II me découvrit ainsi un statut de cette année se rapportant au point en question. Au cours du mois de février, le sénateur Walsh, qui devait exercer les fonctions d'Attorney general dans le nouveau cabinet, examina attentivement ce statut et me dit qu'à son avis, aucune loi subséquente d'ordre général ne l'avait réellement abrogé. Le trois mars, après la mort malheureuse du sénateur Walsh, je fis part de ces faits à M. Homer Cummings à qui j'avais proposé de prendre les fonctions d'Attorney general. Je le priai de se tenir prêt à donner son avis en temps opportun.

    Le nouveau cabinet se réunit pour la première fois le dimanche après-midi, cinq mars. Durant trois jours, le secrétaire Woodin avait eu presque sans interruption des entretiens avec les fonctionnaires sortants du Ministère des Finances. Ils lui avaient d'une manière désintéressée prêté toute l'aide possible. Le dimanche, M. Woodin et moi, nous avions la ferme conviction que la solution énergique de la fermeture des banques devait être choisie si l'on voulait éviter pour le lundi matin une catastrophe générale. A la réunion du cabinet, je m'adressai à l'Attorney general, M. Cummings, et je lui demandai si les conclusions de son rapport donnaient l'acte envisagé comme conforme ou non à la Constitution. II répondit qu'il avait examiné les statuts et qu'il pouvait m'assurer de la validité entière de la proclamation que j'envisageais.

    Etant donné l'importance de son contenu au point de vue historique et constitutionnel, je rapporterai cette proclamation dans son intégrité :



    « Etant donné les retraits considérables et injustifiés d'or et dé devises opérés dans nos institutions bancaires, aux fins de thésaurisation;

    « Etant donné l'activité spéculative continuelle et croissante qui a lieu à l'étranger en devises étrangères et qui s'est traduite par un grave épuisement des stocks d'or nationaux;

    « Etant donné que ces facteurs ont créé un état de crise nationale;

    « Etant donné qu'il est conforme aux intérêts de tous les clients de banques qu'une période de répit soit accordée afin d'empêcher de nouvelles thésaurisations de devises, sous forme de monnaie, lingot ou papier, d'arrêter la spéculation en devises étrangères et de permettre d'appliquer des mesures appropriées, pour protéger les intérêts de notre peuple;

    « Etant donné que la loi du 6 octobre 1917 donne au président le pouvoir d'enquêter, de réglementer ou d'interdire toutes transactions en devises étrangères et l'exportation, la thésaurisation, la fonte ou la mise en réserve de l'or et de l'argent, en monnaie ou en lingot ou de toute autre devise;

    « Etant donné que la susdite loi prévoit que quiconque enfreindra ou voudra enfreindre l'une quelconque des dispositions de ladite loi, et quiconque violera ou voudra violer, négliger ou refuser d'exécuter tout ordre du président, publié en vertu des dispositions de cette loi, sera, s'il est reconnu coupable, condamné à une amende ne dépassant pas dix mille dollars, ou à une peine de prison ne dépassant pas dix ans, ou aux deux peines.

    « En conséquence, moi, Franklin D. Roosevelt, président des Etats-Unis, proclame, ordonne et déclare par la présente qu'à partir du lundi 6 mars jusqu'au jeudi 9 mars (les deux dates étant incluses) une vacance bancaire sera observée par toutes les institutions bancaires, y compris les territoires et possessions insulaires des Etats-Unis et que pendant ladite période toutes transactions bancaires seront suspendues.

    « Durant cette vacance, sauf comme il est ci-après stipulé, aucune de ces institutions ou succursales ne devra payer, exporter, mettre en réserve l'or ou l'argent monnayé, en lingots ou en devises, ni en permettre le retrait ou le transfert de quelque façon que ce soit, ni agir de façon quelconque qui puisse en faciliter la thésaurisation.

    « De plus, aucune de ces institutions ou succursales ne pourra rembourser des dépôts, faire des prêts, emprunts, ou escomptes, opérer des transactions en change étranger, de transfert ou de crédit des Etats-Unis avec aucune place à l'étranger, ni pratiquer aucune opération bancaire de quelque nature que ce soit.

    « Au cours de cette vacance, le secrétaire de la trésorerie, avec l'approbation du président, a l'autorisation et le pouvoir :

    a) D'autoriser l'un quelconque ou l'ensemble de ces instituts bancaires à remplir partiellement ou totalement ses fonctions normales;

    b) D'émettre ou de faire émettre des coupures de chambres de compensation ou autres pièces justificatives gagées sur les actifs des instituts bancaires;

    c) D'autoriser et de susciter la création par lesdits instituts bancaires de comptes de dépôts spéciaux pour la réception de nouveaux dépôts qui seront susceptibles de retrait sur demande sans aucune restriction ni limitation, et seront ouverts séparément, soit en espèces, soit sous forme de dépôt dans les banques de réserve fédérales, ou investis en obligations dans les Etats-Unis.

    «  Le terme « instituts bancaires » tel qu'il est employé dans le présent ordre désigne toutes banques fédérales de réserve, associations bancaires nationales, banques, compagnies de dépôt (trust), caisses d'épargne, associations foncières et de prêts, unions ou autres corporations de crédit, associations de deux ou plusieurs membres, sociétés ou personnes faisant profession de recevoir des dépôts, faire des prêts, escompter le papier commercial et opérant toute autre forme de transaction bancaire.

    « En foi de quoi, j'y ai adjoint ma signature et y ai fait apposer le cachet des Etats-Unis.

    Fait en la ville de Washington ce sixième jour du mois de mars, à une heure du matin, en l'an de grâce mil neuf cent trente-trois, cent-cinquante-septième année de l'indépendance des Etats-Unis.

    FRANKLIN D. ROOSEVELT.

    Pour le président :

    CORDELL HULL,

    Secrétaire d'Etat.

   

    Afin de permettre aux membres de ce Congrès qui viennent de la Côte du Pacifique d'atteindre Washington en temps voulu, la date fut fixée au jeudi suivant, le 9 mars à midi. Les voies étaient ainsi préparées (1 I. Quoique cette proclamation fût en réalité la seconde qui fut lancée, elle fut préparée avant la première proclamation, qui était un résumé envoyé le dimanche soir à l'occasion de la session extraordinaire du nouveau Congrès.).

    Un mois au moins avant l'inauguration, j'avais invité les Gouverneurs des quarante-huit Etats, dont la plupart devaient assister à l'inauguration, à me rencontrer à la Maison Blanche, le lundi 6 mars pour discuter différents sujets ayant trait à une coopération entre les Gouvernements d'Etat et le Gouvernement Fédéral. J'avais eu le privilège de connaître la plupart des Gouverneurs durant les quatre années précédentes et j'avais espéré passer toute la journée avec eux pour discuter des problèmes qui nous intéressaient tous. Cependant, la situation nationale me força à changer le programme et, comme il ne fallait pas s'attarder en préparatifs, je me rendis à la Chambre Est de la Maison Blanche, j'improvisai un discours, et traçai à l'intention des membres du Congrès un tableau complet de la situation bancaire, en exposant notre programme et en leur demandant aide et collaboration pour l'exécuter. Vingt-cinq Gouverneurs étaient présents et douze autres avaient envoyé des délégués. Ils furent assez bons pour voter une motion exprimant leur confiance et désir de collaboration; en même temps cette motion approuvait le Congrès de m'avoir octroyé des pouvoirs étendus; elle approuvait aussi mon plan d'exploitation du sol qui leur avait été soumis précédemment, et le remplacement du secours direct par la création de travaux. Il faut remarquer que, dès le 6 mars, l'idée de l'administration des travaux civils avait pris naissance. On doit noter aussi que cette approbation fut donnée par les Gouverneurs « sans égard à leurs affiliations politiques ». Voici les paroles que j'ai prononcées :

   

    « J'ai été si occupé depuis dimanche à midi que je n'ai pas eu l'occasion de préparer des remarques officielles. Je commencerai par dire aux Gouverneurs qu'ayant été moi-même Gouverneur durant les quatre années précédentes, je connais quelque peu les devoirs de cette charge, ainsi que les droits et les devoirs des Etats. Le pays a besoin de la collaboration des Etats et du Gouvernement Fédéral. Je crois que les événements de ces quarante-huit heures l'ont suffisamment démontré.

    « Les Etats ont agi avec une promptitude remarquable, en empêchant la panique à un moment où elle aurait pu très bien éclater. Toutefois, la situation est arrivée hier à un point où une action uniforme semblait nécessaire. Elle s'est traduite, comme vous le savez, par deux choses — par la convocation pour jeudi d'une session extraordinaire du Congrès et, en deuxième lieu, par une proclamation des mesures immédiatement nécessaires pour parer à la crise, à partir d'aujourd'hui jusqu'à jeudi.

    « Je remercie les Etats de ce qu'ils ont fait durant ces jours de crise. Il faut que nous ayons, si n'est possible, un système bancaire général, c'est-à-dire qui s'étende aux banques nationales et aux banques d'Etat, et qui soit aussi uniforme que possible dans tous le pays. En même temps, nous devons collaborer avec toutes les banques d'Etat pour réaliser cette uniformité. Je ne désire pas centraliser toutes ces opérations ici à Washington, tout au moins dans la mesure où nous pourrons l'éviter.

    « La lettre que je vous ai adressée soulevait plusieurs problèmes :

    « Tout d'abord le conflit entre les impositions du Gouvernement d'Etat et les Gouvernements Fédéraux: chacun d'entre vous a cherché des méthodes qui lui fassent trouver de nouvelles sources d'impôts. Il a été naturel et humain que le Gouvernement Fédéral tâchât de trouver un moyen d'augmenter les revenus.

    « Un second point concerne l'aide que le Gouvernement Fédéral doit apporter aux chômeurs: le Gouvernement Fédéral, évidemment, doit empêcher l'individu de mourir de faim, mais ce devoir ne devrait pas lui incomber avant que d'autres services n'aient échoué. En premier lieu doivent agir la localité, la ville, le canton — s'ils échouent dans leurs efforts et s'ils ne peuvent faire face aux nécessités, c'est aux Etats alors d'assumer cette responsabilité. Ils doivent faire tout leur possible. S'il est avéré qu'ils ne peuvent faire davantage et que les fonds sont encore insuffisants, c'est alors que le Gouvernement Fédéral doit intervenir.

    « Nous en venons à la question de la coordination du travail. Il est très malaisé de savoir à Washington quels sont les Etats qui luttent efficacement contre le chômage et quels sont ceux qui ne le font pas. Je pense que je puis instituer une sorte d'agence centrale de secours de chômage; cette agence constituera un service efficace chargé de coordonner la répartition du travail dans les Etats; elle agira comme une chambre de compensation destinée à venir en aide à la nation. J'espère pouvoir la mettre sur pied dans les deux ou trois semaines qui suivront.

    « Je propose, en outre, la réorganisation et la consolidation d'administrations locales, afin de réduire les charges fiscales. C'est un problème de votre ressort et qui a été du mien pendant les quatre dernières années.

    « Puis il y a la question des forclusions hypothécaires spécialement en ce qui concerne les exploitations agricoles et aussi les petits immeubles. Dans ce domaine non plus, nous n'avons pas de politique nationale. Un Etat agit d'une façon, un autre agit d'une autre. Certains Etats et certaines localités ferment les yeux sur les lois en vigueur et ont empêché des forclusions. Mais nous n'avons pas de politique nationale qui nous permette une réglementation définitive de tout ceci. Je crois que nous pouvons en avoir une et que nous le devons. »

 

 

 

    La motion suivante a été adoptée à l'unanimité par la Conférence des Gouverneurs:

 

 

 

    « En cette heure angoissante où une crise nationale atteint notre vie économique et bancaire, c'est à notre Président qu'incombe la lourde responsabilité de nous sortir de nos difficultés. II est prêt à nous diriger si nous sommes prêts à le suivre. Il a besoin pour l'exécution de ses plans de l'appui de tous nos compatriotes unis dans un même but.

    « Sans considération de nos attaches politiques, nous, Gouverneurs et délégués des Gouverneurs, réunis en conférence en la ville de Washington, nous exprimons, par la présente, notre confiance et notre foi en notre Président et exhortons le Congrès et tous les citoyens de notre pays à collaborer avec lui à la réalisation de toute mesure qu'il jugera nécessaire ou désirable pour rétablir la stabilité bancaire et économique. »

   

    Les deux journées suivantes qui précédèrent la réunion du Congrès du jeudi, furent pénibles et encombrées. Nous fûmes contraints de partager notre temps entre des tâches innombrables : la besogne ' courante du Gouvernement et les mesures extraordinaires qu'il fallait prendre pour faire face à la crise bancaire. Je tins continuellement des conférences avec les nouveaux membres du Cabinet, avec un grand nombre de conseillers avisés et bien informés, ainsi qu'avec des membres du Congrès. Le Secrétaire du Trésor, l'Attorney general et moi, nous élaborâmes, avec des membres du Sénat et de la Chambre des Représentants, la loi sur l'état de crise bancaire. Je crois que nous rédigeâmes et reprîmes une douzaine au moins de différents projets.

    Le mercredi soir, avec l'aide des trois secrétaires de la Présidence et du Secrétaire au Trésor, j'envoyai au Congrès le message suivant. Le texte authentique de l'ordonnance sur la crise bancaire ne fut terminé qu'une demi-heure avant la réunion de la session extraordinaire :

   

    « Le 3 mars, les opérations bancaires aux Etats-Unis étaient interrompues. LI serait inopportun de faire un exposé des causes de l'échec de notre système bancaire. II nous suffira de dire que le Gouvernement a été obligé d'intervenir pour la protection des déposants et des affaires de la nation.

    « Notre première tâche est de rouvrir toutes les banques stables. C'est là un préliminaire essentiel d une législation qui interdira aux banques de spéculer avec les fonds des déposants et de déroger de toute autre manière à leurs devoirs de dépositaires.

    « Pour atteindre ce premier but (l'ouverture des banques permettant la reprise des affaires), je demande au Congrès, l'application immédiate d'une législation qui donnera au pouvoir exécutif le contrôle des banques afin de protéger le déposant; toute autorité pour rouvrir telles banques qui auront avéré une solide position, et cela aussi rapidement que possible; autorité pour rouvrir telles banques qu'il sera nécessaire de réorganiser, si l'on veut qu'elles repartent sur des bases stables.

    « Je demande des amendements au « Federal Reserve Act », afin de prévoir l'émission de monnaie supplémentaire, convenablement garantie, car, si le besoin s'en fait sentir, cela sera nécessaire pour faire face à toutes les demandes de devises, sans accroître en même temps la dette non garantie du Gouvernement des Etats-Unis.

    « Je ne saurais trop insister pour que le Congrès comprenne la nécessité d'une action immédiate. II serait inconcevable que l'arrêt complet des commodités bancaires durât plus longtemps.

    « Le vote de la législation proposée mettra fin à cette situation, et, j'en suis convaincu, se traduira à bref délai par une reprise des affaires.

    « C'est aussi ma conviction que cette législation, non seulement lèvera immédiatement tous les doutes qu'on a pu former injustement à l'égard de ces banques dont la stabilité est au-dessus de tout soupçon, mais marquera aussi le début de rapports nouveaux entre les banques et la population de ce pays.

    « Les membres du nouveau Congrès se rendent compte, j'en suis sûr, de la grave responsabilité qui leur incombe ainsi qu'à moi. Dans un bref laps de cinq jours, il nous est impossible d'élaborer des mesures définitives pour éviter le retour des maux passés. Ceci ne justifie cependant, et ne doit justifier, aucun délai à l'accomplissement d'un premier geste. Je demanderai sous peu au Congrès de prendre deux autres mesures que j'estime d'une nécessité immédiate. Celles que je vous propose nous donneront le temps d'envisager un programme plus complet de restauration nationale. »

   

    Il est inutile d'entrer dans tous les détails de la fameuse loi qui fut votée par les deux Chambres du Congrès et qui fut signée par moi le même jour. Qu'il me suffise de dire qu'elle ratifia toutes les mesures précédemment prises, qu'elle conféra à l'Exécutif des pouvoirs étendus et précis pour la réglementation des banques et de la monnaie et qu'elle rendit possible — immédiatement après un examen partiel du système bancaire — la restauration de ce système dans sa totalité.

    Le dimanche précédent, lorsqu'on résolut de proclamer la fermeture des banques, il nous avait paru évident à tous que la bonne procédure serait de permettre aux banques d'ouvrir, dès que nous aurions obtenu l'assurance raisonnable de leur solvabilité. Je pense que le Secrétaire du Trésor et moi, nous sommes rendus compte qu'il faudrait une semaine au moins pour obtenir les renseignements nécessaires. Néanmoins, le premier décret de fermeture n'ordonnait la fermeture des banques que pour quatre jours seulement. Très sincèrement, nous croyions qu'il était préférable de limiter à quatre jours les effets de la première proclamation et de prolonger la fermeture par une proclamation ultérieure, plutôt que de fermer les banques pour une période illimitée. II en résulta une nouvelle proclamation que je lançai le 9 mars et qui prolongeait la vacance bancaire jusqu'à une nouvelle proclamation.

    Je suis fermement convaincu que la prompte collaboration et l'action énergique du Congrès le jeudi 9 mars firent plus que n'importe quelle autre mesure — pour donner aux citoyens de ce pays, l'assurance qu'ils avaient un Gouvernement bien parti pour travailler dans un excellent esprit à la défense de leurs intérêts durant cette crise.

    Durant ces cinq premiers jours, le Vice-président, le Cabinet, le Chef du Budget et moi-même, nous avions considéré un autre point d'une importance vitale, indispensable au rétablissement de la confiance. Depuis trois ans le Trésor fédéral s'embourbait de plus en plus. A franchement parler, les recettes des impôts avaient continué à baisser tandis que les dépenses ordinaires du Gouvernement n'avaient que peu diminué ou même souvent étaient demeurées pareilles. On sentait que nous nous dirigions vers la banqueroute, faute d'un plan déterminé qui nous permît d'équilibrer le budget normal ou de prendre des mesures précises de redressement en dehors des ressources habituelles.

    Pour avoir de bonnes finances et pour faire un judicieux emploi des deniers publics il fallait une législation économique basée sur des faits simples. Mes prises de contact avec le public et avec les membres du Congrès me montrèrent qu'ils comprenaient clairement cette nécessité. En conséquence, le 10 mars, je demandai les pouvoirs nécessaires pour effectuer des compressions importantes dans les dépenses gouvernementales. L'application de cette législation qui me donnait à toutes fins utiles l'autorité pour réduire les dépenses et dont j'usai pour équilibrer le budget de l'année fiscale qui se terminait le 30 juin 1933 et aussi celui de l'année fiscale suivante pour laquelle le Congrès précédent avait déjà voté des ordonnances sur le budget, donna au pays l'assurance que son Gouvernement cesserait de courir à la banqueroute. Le message suivant et la législation qui en résulta donnèrent l'élan nécessaire au rétablissement de la confiance dans les affaires :

 

 

 

    « La Nation est profondément touchée de la réponse immédiate que le Congrès a donnée hier, montrant qu'il comprenait la nécessité d'une action énergique pour le rétablissement et l'amélioration de notre système bancaire. Il en est de même des finances du Gouvernement dont le rétablissement exige également une action courageuse, franche et prompte.

    « Il y a trois longues années que le Gouvernement Fédéral est sur le chemin de la banqueroute.

    « Pendant l'année fiscale 1931 le budget s'est soldé par un déficit de 462.000.000 dollars.

    « Pour l'année fiscale 1932, le déficit a été de 2.472.000.000 dollars.

    « Pour l'année fiscale 1933, il dépassera probablement 1.200.000.000 dollars.

    « Pour l'année fiscale 1934, si l'on se base sur les décrets budgétaires votés par le précédent Congrès et sur les revenus escomptés, le déficit dépassera 1.000.000.000 dollars, à moins qu'on ne prenne une décision immédiate.

    « Nous aurons ainsi accumulé des déficits qui s'élèvent à 5.000.000.000 dollars. Ceci est d'une extrême gravité, et j'attire l'attention du Congrès sur les effets considérables que peut produire cet état de choses sur notre économie nationale. Il a contribué à l'écroulement récent de notre édifice bancaire. Il a accentué la stagnation de la vie économique de notre peuple. II a grossi les rangs des chômeurs. Notre maison gouvernementale n'est pas en ordre, et, pour maintes raisons, aucune mesure efficace n'a été prise pour la remettre en ordre.

    « C'est sur le crédit intact du Gouvernement des Etats-Unis que repose la sauvegarde des dépôts, des polices d'assurances, l'activité des entreprises industrielles, la valeur de nos produits agricoles et la mise en valeur du travail. Le crédit du Gouvernement des Etats-Unis touche d'une manière précise à ces biens, à ces fondements de la richesse humaine. En conséquence, notre première tâche est d'affermir ces fondements. Le redressement national en dépend.

    « Les événements de ces dernières années nous ont montré trop souvent les gouvernements libéraux périssant sur les rochers où les avait entraînés une politique fiscale relâchée. Nous devons éviter ce danger.

    « II est trop tard pour aborder ce problème à loisir. Nous ne devons pas attendre pour agir que plusieurs mois se soient écoulés. La crise s'aggrave du fait que, ce printemps, nous nous trouvons dans la nécessité d'opérer de grandes refontes.

    « Désormais, nous devons agir d'une manière directe en sachant clairement où nous allons. Les membres du Congrès et moi-même, nous nous engageons à prendre immédiatement des mesures d'économie.

    « Je présume, en conséquence, que vous et moi nous sommes en parfait accord quant à la nécessité d'une action immédiate, et mon devoir constitutionnel est de vous indiquer en même temps les moyens d'effectuer des compressions importantes.

    « Je ne vous parle pas en termes généraux. Je vous indique une route bien tracée.

    « Le dernier Congrès a appliqué une législation concernant la réorganisation et la diminution des services dépendant du pouvoir exécutif, mais les économies à réaliser de la sorte, apparaissent minimes à la lumière du déficit important que l'on prévoit pour la nouvelle année fiscale. Elles ne feront pas face aux nécessités pressantes que suscite la situation de notre crédit. II est essentiel de prendre des dispositions en vue d'économies supplémentaires. C'est pourquoi je demande aujourd'hui au Congrès une nouvelle législation établissant sur de nouvelles bases l'octroi des pensions et des autres avantages accordés aux anciens combattants.

    « Cette législation donnerait au pouvoir exécutif l'autorité de prescrire les mesures administratives de détail. Tous, nous reconnaissons que le Gouvernement doit continuer à veiller aux intérêts de ceux qui souffrent pour sa défense, de leurs veuves et de leurs orphelins. Toutefois l'application de ce grand principe à des masses considérables de personnes entraîne des complications — des complications si grandes qu'il est presque impossible de rédiger une loi qui soit assez souple pour rendre une justice pleine et entière dans les différents cas. La législation que je propose reconnaît ces principes et, limitée par eux, permet à l'Exécutif, de tracer les lignes de différentiation nécessaires à la justice.

    « Dans un même esprit de complète justice, je demande également l'application d'une législation relative aux traitements des fonctionnaires civils et militaires. Cette législation abrogerait la législation en vigueur sur les congés, elle lui substituerait un principe général et autoriserait l'Exécutif à appliquer ce principe. C'est au corps législatif qu'il appartient de fixer le total des dépenses, de trouver les recettes et les principes généraux qui doivent régir l'affectation de ces dépenses. Quant aux détails de ces dépenses et spécialement en ce qui concerne la crise présente, l'Exécutif pourra les régler d'une manière plus sage et plus juste. Les mesures que je propose, non seulement sont souples et pratiques, mais en outre elles suivent une voie constitutionnelle.

    « Pareilles économies, si elles se réalisent, éprouveront à la vérité un certain nombre de nos concitoyens; mais si on ne les faisait pas, ce seraient tous nos concitoyens qui seraient atteints. C'est la stabilité même du Gouvernement qui est en jeu, et, quand celle-ci est en jeu, les intérêts du petit nombre doivent céder le pas aux besoins de la majorité.

    « Lorsqu'un grand danger menace l'essence même de notre sécurité, c'est mon devoir d'indiquer au Congrès la façon de l'écarter. En agissant de la sorte, j'agis franchement non seulement avec un petit nombre mais encore avec la majorité. C'est dans cet esprit que je m'adresse à vous. Si le Congrès décide que cette responsabilité m'incombe, j'exercerai ce pouvoir dans un esprit de justice générale, en vue d'aider ceux qui sont dans le besoin et de maintenir intact le bien-être fondamental des Etats-Unis.

    « Je demande que cette législation entre en vigueur immédiatement, sans attendre même le début de la nouvelle année fiscale. Je vous donne l'assurance que, si cela se fait, on peut raisonnablement prévoir que, dans un an, le Gouvernement aura des revenus suffisants pour couvrir ses dépenses. »

 

 

 

    On crut tout d'abord qu'il faudrait émettre des coupures spéciales ou une monnaie de circonstance pour le règlement des affaires ordinaires durant les vacances bancaires mais, lorsque la fin de la semaine arriva, on constata que cette émission ne serait pas nécessaire. En outre, l'excellente collaboration des banques fédérales de réserve et des banques d'Etat permit au Secrétaire au Trésor de décider la réouverture des banques à partir du lundi 13 mars, en usant d'un système de licences. Un décret du 10 mars réglementait cette réouverture et en même temps interdisait le payement d'or sous quelque forme que ce fût.

 

 

    DECRET-LOI

    (Règlement concernant les opérations bancaires).

    « En vertu de l'autorité que me confère la loi du 6 octobre 1917, amendée par la loi du 9 mars 1933, et en vertu de toute autre autorité qui m'a été conférée, je rends par la présente le décret suivant.

     « Le Secrétaire du Trésor a l'autorisation et le pouvoir de permettre à toute banque fédérale de réserve ou à tout autre établissement bancaire régi par les lois des Etats-Unis, d'exécuter en tout ou en partie les opérations bancaires sauf en cas d'une interdiction ultérieure.

    « L'autorité compétente exerçant le contrôle Immédiat des établissements bancaires dans tout Etat ou lieu placé sous la juridiction des Etats-Unis a l'autorisation et le pouvoir de permettre à tout établissement bancaire dudit Etat et dudit lieu non compris dans le précédent paragraphe, d'exercer en tout ou en partie les opérations bancaires habituelles, sauf en cas d'interdiction ultérieure.

    « Toutes les banques affiliées à l'organisme fédéral de réserve qui désirent rouvrir leurs guichets pour effectuer toutes les opérations bancaires ordinaires et normales, sauf en cas d'interdiction ultérieure, demanderont en conséquence une autorisation au Secrétaire au Trésor. Ladite demande sera classée immédiatement par les banques fédérales de réserve. La Banque Fédérale de Réserve transmettra alors lesdites demandes au Secrétaire au Trésor. La Banque Fédérale de Réserve, avec l'approbation du Secrétaire du Trésor délivrera des autorisations. Les Banques Fédérales de Réserve sont, par la présente, chargées de servir d'agents au Secrétaire au Trésor pour la réception des demandes et pour la délivrance des autorisations, avec son approbation et conformément à ses instructions.

    « Jusqu'à nouvel ordre, aucune personne, société, association, corporation ni aucun établissement bancaire ne devra exporter ni permettre l'exportation des Etats-Unis ou de tout autre lieu placé sous la juridiction des Etats-Unis, de toute monnaie ou de lingots d'or, sauf les cas prévus dans les autorisations délivrées par le Secrétaire d'Etat au Trésor.

    « L'autorisation donnée à un établissement bancaire quelconque d'exécuter des opérations de banque n'autorisera nullement ledit établissement à effectuer des payements en monnaie d'or, lingots ou billets convertibles en or, sauf dans les formes autorisées par le Secrétaire au Trésor. Cette autorisation ne permettra nullement le retrait de monnaies quelconques pour la thésaurisation ni pour des transactions sur les changes étrangers, sauf si celles-ci répondent aux nécessités légitimes et normales des affaires, aux besoins des voyageurs, à d'autres besoins personnels, et à l'exécution de contrats passés avant le 6 mars 1933.

    « Chaque banque fédérale de réserve est requise de se tenir au courant des transactions sur les changes étrangers passées et exécutées dans sa région et devra informer le Secrétaire au Trésor de toutes les transactions illicites sur les changes qui viendraient à sa connaissance. »

 

 

 

    Les événements se sont déroulés si rapidement durant cette première semaine que je jugeai essentiel d'employer la radio pour exposer ce qui avait été fait, et spécialement pour donner un tableau clair de la situation bancaire à la femme et à l'homme moyens. Tant de mystère a enveloppé les affaires bancaires, une crainte si grande existait dans l'esprit de presque tous les épargnants que, en préparant ce discours, j'ai tâché de garder sous les yeux l'image de ces hommes et de ces femmes qui avaient confié, sous forme d'un dépôt d'argent, tout ce qu'ils possédaient au monde, à l'une ou l'autre banque locale et qui se demandaient si jamais ils reverraient leur argent. Voici ce que j'ai dit, le 12 mars dans la soirée du dimanche :

    « Pendant quelques instants, je désire m'entretenir de la situation bancaire avec les habitants des Etats-Unis, avec le groupe relativement peu nombreux de ceux qui se retrouvent dans le mécanisme du système bancaire, mais plus spécialement avec la majorité écrasante de ceux qui se servent des banques pour effectuer des dépôts et signer des chèques. Je désire vous dire ce qui s'est fait au cours de ces jours, la raison des mesures prises et ce qui nous reste à faire. J'avoue qu'il me faut expliquer à l'usage de l'homme moyen les nombreuses proclamations parties du Capitole et de Washington, la législation, les règlements du Trésor, rédigés la plupart en termes de finances et de loi. Je le reconnais d'autant plus volontiers que chacun a accepté les embarras et les difficultés que la vacance bancaire a suscités, avec courage et bonne humeur. Je sais que. Lorsque vous comprendrez les mobiles des décisions de Washington, vous maintiendrez votre entière collaboration tout comme, durant la semaine passée, vous m'avez témoigné votre sympathie et votre aide.

 

 

    « Tout d'abord, permettez-moi de vous exposer ce simple fait : lorsque vous déposez votre argent dans une banque, la banque n'enfouit pas précieusement votre argent. Elle place votre argent selon les différentes modalités de crédit : en obligations, papier commercial, hypothèques et autres sortes d'emprunts. En d'autres termes, la banque place votre argent pour contribuer à faire fonctionner à plein rendement les rouages de l'industrie et de l'agriculture. Une partie relativement minime de l'argent que vous déposez à la banque est gardée sous forme de monnaie, une somme qui, en temps normal, suffit amplement à répondre aux demandes en espèces du citoyen moyen. En d'autres termes, la somme totale de tout l'argent liquide n'est qu'une petite fraction de tous les dépôts effectués dans toutes les banques.

    « Qu'est-il arrivé alors au cours des derniers jours de février et au début de mars? Le public ayant soudain perdu toute confiance, une grande partie de notre population se rua dans les banques pour Convertir ses dépôts en argent ou en or — une ruée si forte que les banques les plus stables ne purent trouver suffisamment d'argent pour faire face aux demandes. La raison en était qu'au premier moment Il était évidemment impossible de vendre l'actif parfaitement solide d'une banque et de le convertir en espèces, si ce n'est à des prix de panique bien en-dessous de la valeur réelle.

    « Dans l'après-midi du 3 mars, à peine y avait-il dans le pays une banque d'ouverte pour les affaires. Dans presque tous les Etats les Gouverneurs avaient lancé des proclamations décrétant momentanément leur fermeture totale ou partielle.

    « Ce fut alors que je lançai la proclamation décrétant la généralisation de la vacance bancaire. Ce fut la première étape que marqua le Gouvernement dans la reconstruction de notre système financier et économique.

    « La seconde mesure fut la loi que le Congrès vota rapidement et dans un esprit patriotique, loi qui confirmait ma proclamation et élargissait mes pouvoirs de manière à rendre possible, en raison des nécessités de l'heure, une prolongation de vacance bancaire et une levée graduelle de celle-ci. Cette loi me donna aussi l'autorité nécessaire pour appliquer un programme qui faciliterait la reprise des opérations bancaires. Je tiens à dire à tous les citoyens que les membres du Congrès national —républicains et démocrates — ont montré par ce geste leur dévouement au bien public et la compréhension qu'ils avaient de la situation critique et de la nécessité d'une action rapide : une attitude aussi louable est rare dans l'histoire de notre pays.

    « La troisième phase a été marquée par la série de règlements qui ont autorisé les banques à continuer leurs opérations pour assurer la répartition de l'alimentation, les nécessités ménagères et la paie industrielle.

    « Cette vacance bancaire, qui souvent se traduit par de graves embarras, nous a fourni le moyen de procurer l'argent nécessaire à la situation. Aucune banque solide n'a perdu un dollar depuis lundi dernier, jour où elle a dû fermer ses guichets. De plus, il n'y a aucune banque qui ne puisse être en mesure d'ouvrir immédiatement. La nouvelle loi autorise les douze Banques Fédérales de Réserve à émettre une monnaie supplémentaire gagée sur un actif solide. De la sorte, les banques qui rouvriront seront à même de faire face à toute demande légitime. Les nouvelles coupures ont été envoyées par tranches considérables dans toutes les parties du pays par les soins du Bureau de Gravure et d'Impression. C'est de la monnaie saine parce qu'elle repose sur un actif solide et réel.

    « Sans doute allez-vous vous demander : Pourquoi toutes les banques ne rouvrent-elles pas en même temps? La réponse est simple : votre Gouvernement ne veut pas que se répètent les événements des dernières années. Nous ne désirons pas et nous n'aurons pas une nouvelle épidémie de faillites bancaires.

    « En conséquence, nous commencerons demain lundi par rouvrir les banques dont le siège se trouve dans les douze villes où la Banque de Réserve Fédérale est représentée, banque dont la situation a été trouvée saine dès le premier examen par la Trésorerie. Ensuite, toutes les banques trouvées en bonne posture reprendront leurs opérations mardi dans les villes où il y a une chambre de compensation, soit dans environ 250 villes des Etats-Unis.

    « Mercredi et les jours suivants, toutes les banques des villes secondaires reprendront leurs opérations pour autant, toutefois, que le Gouvernement aura eu le temps et les moyens matériels de terminer ses vérifications. II est nécessaire de retarder la réouverture des banques pour permettre aux banques de contracter les emprunts nécessaires ainsi que pour leur permettre d'obtenir suffisamment de monnaie pour faire face à leurs engagements. Ainsi le Gouvernement pourra prendre des mesures sensées.

    « Permettez-moi de vous dire que si votre banque n'ouvre pas le premier jour, vous n'avez nullement le droit de croire qu'elle n'ouvrira pas. Une banque qui ouvre l'un des jours suivants est exactement dans le même cas que la banque qui ouvre demain.

    « Je sais que beaucoup de personnes regardent avec inquiétude les banques d'Etat qui ne sont pas affiliées à l'organisme fédéral des banques de réserve. Ces banques peuvent recevoir et recevront l'appui des banques affiliées, ainsi que celui de la « Reconstruction Finance Corporation ». Ces banques d'Etat suivent le même mode que les banques nationales, sauf pour l'autorisation de reprendre les affaires, qu'elles tiennent des autorités de l'Etat; le Secrétaire au Trésor a prié ces autorités de permettre aux banques stables de rouvrir dans les mêmes conditions que les banques nationales. J'ai la ferme conviction que les services financiers de l'Etat montreront le même zèle que le Gouvernement national dans l'application du règlement relatif à l'ouverture des banques et qu'ils observeront la même ligne générale de conduite.

    « Il se peut qu'à la réouverture des banques un petit nombre de personnes, qui ne se sont pas remises de leurs craintes, commencent de nouveau à opérer des retraits. Permettez-moi de vous dire que les banques veilleront à tous les besoins, et je crois que la thésaurisation au cours de la semaine dernière est devenue une occupation fort peu à la mode. Il ne faut pas être prophète pour vous dire que lorsque les gens découvrent qu'ils peuvent entrer en possession de leur argent — qu'ils peuvent l'avoir quand ils le désirent pour des fins légitimes — le fantôme de la crainte s'évanouit. Les gens se réjouiront de nouveau d'avoir leur argent dans un endroit où il en sera pris soin et d'où ils pourront le retirer chaque fois qu'ils en auront besoin. Je puis vous assurer qu'il est plus sûr de garder votre argent dans une banque qui a rouvert ses guichets que de le cacher sous votre matelas.

    « Le succès de l'ensemble de notre grand programme national dépend évidemment de la collaboration du public, de son appui intelligent et de l'emploi d'un système rationnel.

    « Rappelez-vous que la réalisation essentielle de la nouvelle législation est de permettre aux banques de convertir leur actif en espèces plus facilement qu'il ne l'a jamais été auparavant. Les banques ont disposé de facilités qui leur permettaient d'emprunter sur leur actif aux banques de réserve, et des dispositions plus libérales ont été prises pour l'émission d'une monnaie gagée sur cet actif solide. Il ne s'agit pas là de signes monétaires sans valeur, mais bien d'une monnaie gagée sur des garanties convenables comme celles que toutes les bonnes banques possèdent en abondance.

    « Encore un point avant de terminer. Il y aura évidemment des banques qui ne pourront rouvrir sans être préalablement réorganisées. La nouvelle loi autorise le Gouvernement à opérer le renflouage rapidement et efficacement; elle autorise même le Gouvernement à souscrire à une partie au moins du capital selon les nécessités.

    « J'espère que vous vous rendez compte par ce simple exposé des actes de votre Gouvernement, que son système ne comporte rien de confus ou de révolutionnaire.

    « Nous avions eu une mauvaise situation bancaire. Certains de nos banquiers se sont montrés incompétents ou sans scrupules dans la gestion des fonds qui leur ont été confiés. Ils se sont servis de cet argent pour se livrer à la spéculation et à des emprunts imprudents. Ce n'était pas toutefois le cas de la grande majorité de nos banques, mais d'un certain nombre d'entre elles, ce qui a suffi pour ébranler pendant un certain laps de temps le sentiment de sécurité du peuple et le mettre dans un état d'esprit tel qu'il ne faisait plus de différence entre les banquiers et paraissait croire que les agissements d'un petit nombre avaient contaminé la masse entière. C'était au Gouvernement qu'il appartenait de prendre les mesures que réclamait cet état de choses et d'agir le plus rapidement possible. C'est ce qui a été fait.

    « Je ne promets pas que toutes les banques reprendront leurs opérations normales pas plus que le ne puis assurer qu'il n'y aura de pertes individuelles, mais, en tout cas, elles seront réduites au minimum et elles auraient été beaucoup plus sérieuses, si nous avions continué à laisser notre système financier aller à la dérive. Je puis toutefois vous promettre que même certaines banques, dont la situation peut paraître assez compromise, seront sauvées de la débâcle. Nous nous attacherons non seulement à permettre aux anciennes banques de reprendre leurs affaires, mais à créer des institutions solides par une organisation méthodique de notre système bancaire. Il m'a été très agréable de voir, de tous les coins du pays, des messages de confiance me parvenir. Je ne serai jamais suffisamment reconnaissant au peuple de l'appui sincère qu'il m'a apporté en ratifiant les intentions de notre plan, bien que toutes nos mesures aient pu ne pas lui sembler claires.

    « Somme toute, il y a dans le réajustement de notre système financier un élément plus important que la monnaie, plus important que l'or, et c'est la confiance du peuple. La confiance et le courage sont les facteurs essentiels du succès de la réalisation de notre plan. Vous tous qui m'écoutez, vous devez avoir foi en l'avenir, vous ne devez pas vous laisser impressionner par des rumeurs et par des doutes. Soyons unis pour bannir toute crainte. Nous avons réglé le mécanisme qui doit redresser notre système financier; c'est à vous d'apporter votre appui et de le mettre en marche.

    « II faut compter sur votre raison autant que sur la mienne. Ensemble, nous ne pouvons échouer.»

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1 novembre 2004 1 01 /11 /novembre /2004 09:00

 

Franklin Delano ROOSEVELT
Président des États-Unis

 


SUR

LA BONNE VOIE

(ON OUR WAY)


New-Deal-NRA.jpg 

 


Traduit de l'Anglais par
PIERRE DUTRAY

 

1934


Les Éditions
DENOËL ET STEELE
19, rue Amélie, 19
PARIS

 

 

 

 

    CHAPITRE II

    A strictement parler, la crise bancaire n'a duré qu'une semaine. Au cours de la deuxième semaine, à partir du moment où les banques, jour après jour, rouvraient leurs guichets et que de longues files de déposants remettaient leur argent en dépôt, le point le plus critique de la crise bancaire était passé.

    Mais le mot « crise » visait bien autre chose encore que les banques; il comprenait toute l'armature économique et, donc, sociale de notre pays. C'était une crise qui atteignait les fondements de notre agriculture, de notre commerce et de notre industrie; c'était une crise qui couvait depuis une génération entière et qui, depuis trois ans et demi, avait éclaté au grand jour. On ne pouvait y porter remède que par une organisation méthodique, par un contrôle exact de l'armature économique. On ne pouvait la guérir en une semaine, en un mois, en une année. Elle exigeait une longue série de nouvelles lois, de nouveaux services administratifs. Elle nécessitait des mesures particulières dans chacun des domaines où elle sévissait; mais l'ensemble de ces mesures devait obéir à un vaste plan clairement établi. Nous faisions appel, dans la plupart des cas, à la bonne volonté et à la compréhension du peuple. Nous ne pouvions plus revenir à la situation de jadis.

    Il est intéressant de noter que le parti national démocrate avait envisagé plusieurs de ces mesures dans son programme électoral de 1932. Je pus, en conscience, donner mon assentiment complet à cette plate-forme et en développer les desseins lors de ma campagne. Mais les campagnes ont tendance à revêtir le caractère des débats et des discussions, si bien qu'une conception approfondie et stable du plan d'ensemble (quand il y en a un) est souvent perdue.

    Pourtant, derrière les plate-formes et les discours, peut et devrait résider une philosophie du Gouvernement. Lorsqu'ils sont réunis, l'objectif réel apparaît.

    Un mois avant l'inauguration, j'avais senti que le Congrès, lors de la session extraordinaire, qui devrait se tenir un certain temps en avril, pourrait aborder mon programme d'ensemble. Cela aurait donné au nouveau Gouvernement l'occasion de se familiariser avec la machine administrative et de perfectionner programme législatif proposé. La crise bancaire, cependant, fit table rase de ce projet. Je compris rapidement que, puisque le Congrès se trouvait déjà réuni en session et voyait clairement les nécessités de la situation, il serait beaucoup plus profitable pour le Congrès et pour le Président, de traiter immédiatement les propositions plus importantes du « New Deal ».

    Le message suivant au Congrès (un des plus Courts), répétait presque mot pour mot un vœu de la plate-forme démocratique. Il fut envoyé le 13 mars. Il est suffisamment éloquent par lui-même :

 

 

 

    « Je recommande au Congrès de voter une loi qui modifiera immédiatement la loi Volstead et rendra légale la fabrication et la vente de la bière et autres boissons titrant à un degré d'alcool autorisé par la Constitution. Ceci afin de procurer au Gouvernement, par l'imposition de droits importants sur la fabrication et la vente de ces boissons, un revenu rationnel dont le besoin se fait vivement sentir. J'estime qu'il est de la plus haute importance d'agir vite en ce moment. »

 

 

 

    Dès lors le programme continua à se dérouler. Un des problèmes les plus difficiles au point de vue technique avait été le rétablissement du pouvoir d'achat de la population agricole du pays. Plusieurs expériences avaient été tentées sans succès. Les fermiers eux-mêmes n'étaient pas d'accord. Lorsque j'étais Gouverneur de New-York, j'avais ressenti un grand orgueil en amenant les fermiers de mon Etat à adopter une politique agricole générale. Les différents groupes agricoles avaient travaillé, pour ainsi dire, dans un accord unanime, à mettre sur pied un programme d'Etat, et ce programme envisageait non seulement les problèmes immédiats de la production et des débouchés mais encore des desseins à longue portée, un projet d'exploitation permanente du sol tout entier.

    Il n'y avait pas eu de plan national. Une tentative d'achat des excédents des récoltes avec l'argent du Gouvernement s'était traduite finalement par des pertes désastreuses. Pourtant nous devions régler cette question des excédents.

    Sous la direction du Secrétaire de l'Agriculture, M. Wallace, nous tînmes un grand nombre de conférences avec les chefs des exploitations agricoles et avec les membres du Sénat et de la Chambre des Représentants qui s'étaient livrés à une étude approfondie du sujet. Nous mîmes ainsi sur pied une loi d'adaptation agricole; quoique de caractère expérimental, elle s'attaquait à la racine même de la surproduction. II en résulta le message suivant au Congrès en date du 16 mars. Nous envisagions deux points : réduction des surfaces ensemencées et aide aux fermiers vivant sous la menace des hypothèques et de la perte de leurs demeures.

 

 

 

    Au Congrès :

    « Au moment où vous et moi unissons nos efforts dans cet état de crise pour mettre de l'ordre dans nos banques et pour obtenir un équilibre de nos dépenses fédérales ordinaires et de nos revenus, j'estime qu'il est d'une égale importance de prendre simultanément d'autres mesures sans attendre une prochaine réunion du Congrès. L'une d'elles, précise et d'ordre constructif, revêt une importance spéciale dans notre programme de redressement national.

    « Elle a trait à l'agriculture et cherche à augmenter le pouvoir d'achat de nos fermiers et la vente des articles fabriqués dans nos agglomérations industrielles; et, en même temps, à diminuer fortement le poids des hypothèques agricoles et à accroître la valeur foncière des emprunts agricoles effectués par nos établissements bancaires.

    « Après une étude approfondie et une large consultation sur les points évoqués, nous avons abouti à une mesure qui promet de bons résultats. Je vous dis franchement que nous suivons un sentier nouveau, qui n'a jamais été foulé, mais je vous dirai, avec une égale franchise, qu'une situation sans précédent exige la mise à l'essai de méthodes nouvelles pour soulager l'agriculture. Si le Gouvernement entreprend cet essai loyalement et si cette expérience n'amène pas les résultats espérés, je serai le premier à le reconnaître et à vous en aviser.

    « Les mesures législatives proposées doivent être appliquées dès maintenant pour la bonne raison que les récoltes du printemps seront bientôt semées et que, si nous attendons encore un mois ou six semaines, l'influence de ces mesures sur le prix des récoltes de cette année sera nulle.

    « En outre, si on agit vite en ce moment, les Etats-Unis seront mieux à même de discuter le problème de l'excédent de la production agricole mondiale, problème que l'on traitera à la Conférence économique mondiale.

    « Il est extrêmement malaisé de caractériser chaque recommandation ou loi du printemps 1933 en les classant dans des rayons différents : « secours », « finance », « agriculture » ou « industrie ». Par exemple, les mesures prises pour le redressement agricole devaient produire un effet immédiat en introduisant l'argent liquide dans les régions agricoles; elles devaient également empêcher la perte des habitations; mais, en même temps, elles comportaient des aperçus plus larges, à longue échéance : l'exploitation du sol, le contrôle des excédents nationaux, la conclusion de traités internationaux destinés à épuiser le surplus de la production mondiale et la création d'une consommation soutenue des produits industriels fabriqués dans les villes. »

 

 

 

    La seconde mesure envisagée avait pour objectif de fournir du travail à 300.000 jeunes gens et de leur faire quitter les rues des villes et les chaussées d'Etat, par la création du « Civilian Conservation Corps ». Par la même occasion noua faisions deux autres choses : nous envoyions la majeure partie des salaires de ces garçons à leurs familles et nous utilisions ce travail pour la conservation de nos forêts dont nous accroissions et améliorions l'exploitation; nous supprimions ainsi les effets destructeurs des inondations et nous empêchions l'érosion du sol. De plus, je puis l'ajouter, nous contribuions à former le caractère de la génération future.

    Je pense que le message suivant du 21 mars, qui se traduisit par la création des camps du « Civilian Conservation Corps », justifie non seulement la nécessité des secours, mais encore un projet d'une portée plus ample, intéressant la nation tout entière :

 

 

 

    « Notre programme de restauration exige essentiellement que des mesures soient immédiatement prises pour venir en aide au chômage. Si l'on aborde le problème de plein front, nous nous apercevons qu'il faut prendre trois sortes de mesures.

    « La première est d'enrôler désormais des travailleurs par l'intermédiaire du Gouvernement fédéral; ils seront enrôlés aussitôt que possible dans les services publics, sans que l'on tienne compte des statuts ordinaires ou des règles habituelles du travail.

    « La seconde mesure envisage l'octroi aux Etats de fonds pour la reprise du travail.

    « La troisième mesure comporte un vaste programme d'entreprises de travaux publics.

    « Pour cette dernière, j'étudie maintenant les nombreux projets qui m'ont été soumis et les questions d'ordre financier qui y sont adjointes. Je ferai bientôt au Congrès des recommandations précises à ce sujet.

    « En ce qui concerne l'octroi aux Etats de fonds d'aide aux chômeurs, je vous avertis que les fonds existants seront épuisés en mai. En conséquence, et vu que de nombreux Etats doivent encore continuer à recevoir des subventions du Gouvernement fédéral, nous devons mettre sur pied un nouveau projet de loi prévoyant des crédits budgétaires, avant la fin de cette session extraordinaire.

    « J'estime nécessaire qu'un organisme fédéral simple coordonne et contrôle ces octrois de fonds. En conséquence, je demande que vous nommiez un administrateur fédéral des secours, qui aurait pour office d'examiner les demandes et d'en contrôler l'efficacité et l'utilisation rationnelle.

    « Toutefois, la première des mesures que je viens d'énumérer peut et devrait être appliquée immédiatement. Je propose de constituer un corps civil chargé de travaux simples, sans rapport avec les travaux normaux, qui s'occuperait uniquement du reboisement, des travaux destinés à prévenir l'érosion du sol et les inondations, et de projets analogues. J'attire votre attention sur le fait que ce mode de travail possède une valeur précise et efficace, non seulement parce qu'il empêche maintenant de lourdes pertes financières, mais parce qu'il contribue à assurer pour une longue échéance la prospérité nationale. Ce fait est confirmé par les nouvelles que nous recevons aujourd'hui: les inondations de l'Ohio et d'autres fleuves ont causé des dégâts considérables.

    « La surveillance et la direction de ce travail peuvent être assumées par les rouages actuels des  Ministères du Travail, de l'Agriculture, de la Guerre et de l'Intérieur.

    « J'estime que, si vous me donnez l'autorité nécessaire pour agir dans les deux semaines prochaines, 250.000 hommes pourront trouver temporairement du travail, pour le début de l'été.

    « Je ne sollicite pas immédiatement de nouveaux fonds. II suffira pendant plusieurs mois d'user du disponible, affecté maintenant aux travaux publics.

    « Cette entreprise est une partie de notre politique nationale. Elle conservera nos ressources naturelles si précieuses. Elle donnera des dividendes aux générations présentes et futures. Elle amènera des améliorations dans les domaines de la nation et de l'Etat qui ont été bien oubliés au cours de ces quelques années de développement industriel.

    « Ce qui importe toutefois davantage que les gains matériels, c'est la valeur morale et spirituelle de ce travail. L'énorme majorité des chômeurs américains qui errent maintenant dans les rues et qui reçoivent des secours des particuliers ou des communes, préférerait infiniment reprendre le travail. Nous pouvons embrigader un nombre considérable de ces chômeurs dans des cadres sains. Nous pouvons supprimer, dans une certaine limite tout au moins, la menace qu'une oisiveté forcée fait peser sur la stabilité morale et spirituelle de la nation. Ce n'est pas la guérison du chômage mais c'est un premier pas important dans la voie du redressement. Je demande son adoption. »

 

 

 

    La mobilisation du C. C. C. commença immédiatement et continua énergiquement. Au premier juillet, 300.000 jeunes gens travaillaient dans des camps et recevaient un salaire dont une grande partie allait aider leurs familles.


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