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16 décembre 2007 7 16 /12 /décembre /2007 03:17
reichsmark2.jpgUn billet de 200 000 000 000 Marks (deux cents milliards de Marks), imprimé le 15 octobre 1923 !!!


    N'est pire aveugle que celui qui ne veut pas voir.
    Le système financier mondial est mort quelque part entre mai 2007 et aujourd'hui (il semble que ce soit vers la fin de l'été). Mais les responsables n'ont pas l'air bien chaud pour l'admettre, comme l'avait constaté Pier Steïnbruck, ministre des Finances allemand.
    C'est pourquoi ils s'étonnent de le voir là, immobile, en train de se décomposer.  Convaincus qu'il prend un repos bien mérité (la machine tourne depuis la fin des accords de Bretton Woods en 1971, tout de même), nos banquiers et analystes nous annoncent son prochain réveil, après quelques réparations. Et quelles réparations !
    Plusieurs centaines de milliards d'euros et de dollars ont été "prêtés" aux banques par les banques centrales ; on tente de mettre en place des fonds spéciaux "trou noir" (les "super-conduits") dans lesquels on jettera tous les titres "pourris", puis qu'on laissera couler ; Bernanke.jpgon va taper Ben "hélicoptère" Bernanke (le Sauveur), qui vient d'accepter d'offrir des liquidités en échange du dépôt de titres, n'importe lesquels, ce qui revient à faire payer à l'ensemble de la population US les dettes de la City (selon le sacro-saint principe : "nationaliser les dettes, privatiser les bénéfices") ; dans les couloirs lambrissés des institutions financières et gouvernementales, le camp des promoteurs d'un déluge de cash se heurte au camp de ceux qui se souviennent de la crise hyperinflationnaire de Weimar en 1923 (une brouette d'un milliard de Reichmarks pour une miche de pain).
    Encore plus de liquidités ? On reporte plus loin dans le temps l'explosion finale. Le problème de cette méthode, c'est qu'elle provoque une demande exponentielle de nouvelles liquidités, pour un effet "calmant" de plus en plus court.
    Moins de liquidités ? On a le gel immédiat du système bancaire international. Faillites bancaires en cascade, portes fermées, émeutes d'épargnants, fermetures d'usines etc.
    Misère, se disent les usuriers, on est cuits ! La crise est systémique ! Mais chut ! pas un mot !
    Dont acte dans la presse ces jours-ci :


    Cinq banques centrales unies pour éviter une récession
    LE MONDE | 14.12.07 | 15h47

    Du jamais-vu depuis les attentats du 11 septembre 2001. Les banques centrales des plus grands pays industrialisés ont lancé, mercredi 12 décembre, une vaste opération concertée sur les marchés du crédit pour tenter d'apaiser les tensions croissantes nées de la crise des subprimes. La Réserve fédérale américaine, la Banque centrale européenne (BCE), la Banque nationale suisse, la Banque d'Angleterre et la Banque du Canada ont annoncé une série de mesures techniques destinées à offrir des liquidités - de l'argent frais - à un système bancaire au bord de l'asphyxie.
    Le caractère exceptionnel de cette opération reflète l'aggravation récente de la situation, cinq mois après le début de la crise des crédits hypothécaires américains à risque. Au départ, le coût de cette dernière avait été évalué à une centaine de milliards de dollars. Depuis, il n'a pas cessé d'être revu à la hausse, passant à 400 milliards de dollars, puis 500, et aujourd'hui 2 000 milliards de dollars. La crise des subprimes prend des allures de gouffre sans fond.
    Surtout, si elle n'avait affecté initialement que des petits établissements financiers spécialisés dans la distribution de crédits immobiliers à des ménages modestes, elle touche désormais les plus grandes banques de la planète. Au cours des dernières semaines, les présidents de deux des plus grandes institutions de la finance américaine, Merrill Lynch et Citigroup, ont, devant l'ampleur des pertes subies, dû démissionner. En Angleterre, la quasi-faillite de la Northern Rock a provoqué un mouvement de panique des clients comme il n'en avait pas été vu depuis les années 1930.
    Mardi, le géant suisse UBS a annoncé des dépréciations d'actifs supplémentaires de 10 milliards de dollars. Et il a dû faire appel d'urgence à un fonds d'Etat de Singapour pour le secourir (!!!). Même les banques françaises, dont on avait longtemps affirmé qu'elles étaient à l'abri grâce à l'efficacité des systèmes de contrôle, sont touchées. C'est le cas de Natixis et, a-t-on appris en début de semaine, de la Société générale.
    Dans une sorte d'effet papillon, la crise des subprimes affecte toute la finance mondiale : plusieurs petites villes norvégiennes proches du cercle polaire se retrouvent en banqueroute parce qu'elles avaient investi dans des produits hypothécaires américains.
    De façon miraculeuse, ce choc bancaire et financier majeur - le plus important depuis la crise asiatique il y a dix ans - n'a guère affecté pour le moment l'économie réelle. La croissance américaine du troisième trimestre a approché les 5 %. Mais les économistes sont de plus en plus nombreux à prédire le pire, c'est-à-dire l'entrée en récession, au début de l'année prochaine, de la première économie mondiale.
    C'est pour éviter ce scénario catastrophe que la Réserve fédérale a décidé, avec les autres grandes banques centrales, d'agir énergiquement. Leur objectif est d'empêcher que les pertes des banques n'incitent celles-ci à prêter moins d'argent aux entreprises et aux particuliers. Un "credit crunch", une restriction de crédit, aurait des conséquences potentiellement catastrophiques pour les investissements industriels et pour la consommation des ménages.
    Mardi, la Fed avait déjà annoncé une baisse d'un quart de point de son principal taux directeur. Mais cette mesure a été jugée insuffisante, au vu de l'ampleur de la crise, par les milieux économiques et financiers. Reflet de cette déception, Wall Street avait terminé, mardi, en forte baisse. Surtout, les tensions sur les marchés monétaires internationaux se sont à nouveau brusquement accrues, décidant les banques centrales à lancer une vaste opération concertée d'injection de liquidités. Il s'agit de "réduire les pressions sur les marchés de financement à court terme", a expliqué la Fed dans un communiqué.
    Signe du caractère exceptionnel de la situation, la Réserve fédérale américaine a choisi de créer un nouveau système d'allocation par enchères, des "facilités temporaires". Elles seront accordées en contrepartie du dépôt d'une très grande variété d'actifs, même risqués. Les banques pourront ainsi beaucoup plus facilement se procurer les liquidités auprès de l'institut d'émission.
    "Le nouveau système d'adjudication créé à titre provisoire par la Réserve fédérale est perçu comme une manière d'injecter des liquidités dans le système bancaire plus efficacement qu'une baisse du taux d'escompte", a expliqué un représentant de la Fed lors d'une conférence téléphonique. (Ah oui, c'est plus efficace, c'est sûr !)
    "Il ne s'agit pas de venir en aide à telle ou telle institution financière qui présenterait des problèmes particuliers, a-t-il ajouté. Il s'agit de faire fonctionner le marché." (Puisqu'on vous le dit !)
    Pour Brian Dolan, stratège spécialisé sur le marché des changes, chez Forex.com : "à très court terme, c'est fortement positif pour les actifs plus risqués. La Fed avait ce plan dans ses cartons et attendait aujourd'hui pour l'annoncer."

    FRAPPER LES ESPRITS
    La banque centrale américaine a prévu deux adjudications d'ici la fin de l'année, chacune d'un montant de 20 milliards de dollars (13,5 milliards d'euros). La BCE a de son côté annoncé deux opérations libellées en dollars, aux mêmes dates, et d'un montant maximum de 10 milliards de dollars chacune.
    Cette action concertée était prévue "depuis un certain temps", a pour sa part précisé à des journalistes le vice-président de la BCE Lucas Papademos. "Ces opérations ne visent pas à répondre aux besoins de telle ou telle institution. Elles visent à alléger et contenir les pressions sur le marché monétaire", a-t-il lui aussi souligné. (Puisqu'on vous le redit !)
    Même la Banque d'Angleterre, qui s'était longtemps montrée très réticente à l'idée d'injecter des liquidités pour secourir ses banques, s'est jointe à l'opération.
    L'action coordonnée et massive des banques centrales vise à frapper les esprits et à rassurer les milieux financiers. Dans les minutes qui ont suivi son annonce, Les indices boursiers, qui étaient depuis le début de la journée orientés à la baisse, sont repartis légèrement à la hausse.
    A New York, le Dow Jones a terminé la séance en hausse de 0,31 %. En Europe, la tendance a été similaire. Francfort a fini sur un gain de 0,83 %, Londres de 0,35 % et Paris de 0,32 %. L'indice européen Eurostoxx 50 qui comprend les meilleures valeurs de la zone euro a gagné 0,44 %.
    La réaction modérée sur les marchés boursiers reflète toutefois l'inquiétude persistante des investisseurs. Car si, comme le note Jean-Louis Mourier, économiste chez Aurel Leven, les interventions des banques centrales "apportent une véritable bouffée d'oxygène aux établissements financiers et atténuent le risque de "credit crunch" à court terme", elles démontrent aussi, a contrario, par leur caractère exceptionnel, la gravité de la crise bancaire qui dure depuis cinq mois.

Pierre-Antoine Delhommais


    Ou encore cet article, ou tout va très bien, mais tout va très mal :


« Le pire est devant nous »
Propos recueillis par Muriel Motte
LeFigaro.fr 14/12/2007

Éric Chaney, chef économiste Europe de Morgan Stanley, s’attend encore à de mauvaises nouvelles en provenance des banques.


LE FIGARO. – Comment faut-il comprendre la décision concertée des banques centrales mercredi ?
Éric CHANEY. – C’est une très bonne nouvelle. Cela démontre que les banques centrales coopèrent de manière très étroite pour surmonter une crise, celle du marché du crédit, qui est générale. Les banquiers centraux ne peuvent évidemment pas déterminer le juste prix pour les actifs risqués, de complexes paniers de dettes émises au temps où le crédit était trop facile, qui empoisonnent aujourd’hui les établissements financiers (le premier qui en demande la valeur réelle a perdu). C’est au marché de le faire (Il l'a fait, mais ça ne leur plaît pas) à condition qu’il fonctionne correctement (Trad : à condition qu'on n'y perde pas nos sous), et les banques centrales lui donnent précisément les moyens de bien fonctionner. Les injections de liquidité n’empêcheront pas les pertes bancaires, mais elles permettent de ne pas rajouter une inquiétude concernant la liquidité future. La Banque centrale européenne va pouvoir prêter des dollars aux banques européennes qui en ont besoin et ainsi aider la Fed américaine : la coopération trans­atlantique est parfaite. (Comme je le disais : privatisons les bénéfices, nationalisons les dettes. Pour le coup, ce sont les peuples européens qui payent les faillites anglo-américaines.)

LE FIGARO. – Pourquoi ces interventions ont-elles lieu maintenant ?
Éric CHANEY. – D’abord, les banques réalisent toujours un certain nombre d’opérations sur leur bilan en fin d’année. L’état de leurs comptes au 31 décembre conditionne leurs résultats annuels. Le marché monétaire est traditionnellement nerveux à cette période, et tout particulièrement aujourd’hui. Par ailleurs, l’écart entre les taux d’intérêt de marché pratiqués par les banques centrales et les taux que se facturent les banques entre elles n’a fait que s’accroître en raison de l’incertitude sur l’ampleur des pertes futures. Cette situation n’est pas tenable.

LE FIGARO. – Le pire de cette crise financière est-il devant nous ?
Éric CHANEY. – Concernant les banques, le pire est sans doute devant nous. Aux États-Unis, même si la purge du système financier a déjà commencé, nous pouvons encore attendre de mauvaises nouvelles. Quant à l’Europe, l’essentiel du travail de nettoyage reste à faire.

LE FIGARO. – Y a-t-il un risque de faillite bancaire ?
Éric CHANEY. – On ne peut pas totalement exclure une crise de solvabilité. Les bilans des banques en Europe semblent solides mais l’incertitude est élevée. Et en cas de larges pertes toutes les banques n’auront peut-être pas la chance d’être renflouées par un fonds d’État de Singapour ou d’Abu Dhabi ! (UBS en Suisse, ces derniers jours)

    Pendant ce temps, en Angleterre, pays de la City, on panique complètement. Des appels dans la presse demandent qu'on se débarasse des régulations bancaires - déjà très souples - sous peine d'un choc apocalyptique :

Appel à la détente des règles bancaires de Bâle
Par Edmund Conway, éditeur économique
The Telegraph - 15/12/2007
    Le gouvernement doit suspendre une série de régulations bancaires clés au coeur de la crise financière actuelle, ou prendre le risque de voir l'économie dégringoler vers un futur qui pourrait "donner à 1929 l'air d'une promenade au parc", avertit l'un des principaux économistes britanniques.

Se débarrasser des règles bancaires normales
Peter Spencer a lancé un appel à la suspension du système de régulations bancaires de Bâle.

cnbanking115.jpg     Peter Spencer, du Ernst & Young Item Club, a déclaré que les conflits causés par le système de régulations bancaires de Bâle, qui détermine la quantité de capital qu'une banque doit lever pour garder ses livres en ordre, sont la cause première du crunch et ne servent qu'à aggraver le calvaire de la City.
    Ces régulations obligent les banques, forcées de rapatrier dans leur livres les actifs hors-bilan de véhicules d'investissements structurés en déroute, soit à lever des fonds soit à réduire leur dépenses, dit il.
    Il prévient que, si le marché du crédit de Londres reste gelé et que les autorités maintiennent strictement les règles de Bâle, l'ampleur du crunch final du crédit et de l'effondrement économique pourrait être "désastreuse".
    Rejetant la supposition selon laquelle les banques ne se prêtent plus mutuellement sur le marché du crédit parce qu'elles n'ont plus confiance dans leurs solvabilités potentielles, il argue qu'en pratique elles sont totalement empêchées de prêter des liquidités car cela mettraient leurs comptes en contraventions des régulations de Bâle.
    "Si ces canaux de financement ne sont pas réouverts, cela aura d'énormes conséquences pour l'ensemble de l'économie. Cela donnera à 1929 l'air d'une petite promenade".
    Il a rejeté l'action annoncée par les banques centrales du monde entier cette semaine, consistant à injecter des liquidités supplémentaires sur les marchés de crédits et à accepter en garantie une plus grande variété de collatéraux, en vue de les remettre en route, la qualifiant de "décoration de vitrine".
    "Cela ne règlera pas le coeur du problème : le manque fondamental de collatéraux. Si on laisse traîner ces problèmes, les conséquences pour la macro-économie d'un refus de détente [des régulations de Bâle] sont impensables."
    Non seulement ces régulations, qui stipulent que les banques doivent avoir un minimum de 8% de capital par rapport à leurs engagements, dissuadent celles-ci de se prêter mutuellement, mais encore elles limitent le montant qu'elles peuvent prêter aux foyers et aux entreprises. Selon lui, cela pourrait accroître le retournement économique, attendu l'an prochain, de manière significative.
    Son avertissement fait suite à un discours de l'expert des marchés de la Banque d'Angleterre, Paul Tucker, qui a déclaré que des modifications de ces régulations bancaires étaient une des armes à sa disposition pour faire face à la crise du crédit.
    Le professeur Spencer a déclaré que si Bâle II - une version réajustée des accords - peut un peu assouplir la régulation, il est peu probable que cela suffise à améliorer la situation.
Bank-of-England.jpg    "La Banque [d'Angleterre - NdT] contemple l'abysse", a-t-il dit. "L'Autorité des Services financiers doit faire le tour et s'assurer que toutes les banques sont solvables, puis elle devrait abaisser le niveau de capital requis par Bâle de 8% à 6%."
    "D'ici là, les marchés de crédits étant gelés, la Banque [d'Angleterre - NdT] devra continuer à être le prêteur en premier recours, plutôt qu'en dernier."

Peter Spencer

    Cet article, traduit par votre serviteur, a été écrit par un membre du cabinet d'audit Ernst & Young. Ces cabinets sont supposés certifier les comptes des banques et des entreprises en fin d'exercice comptable. Depuis l'affaire Enron et le scandale Arthur Andersen, les auditeurs marchent sur des oeufs : s'ils signent les comptes d'une entreprise et que celle-ci fait banqueroute, en présentant des livres archi-trafiqués, ce sont eux qui sont sur le grill.
    Peter Spencer, manifestement, voudrait bien signer les comptes de ses petits camarades, mais l'article qu'il a écrit ci-dessus le dit tout rond : "Ils sont tous en faillite, mais si vous changez les règles, je pourrais signer pour cette année."
    Quant à moi, je pense que les esprits sont bientôt mûrs pour un nouveau Bretton Woods, comme le souhaite Michel Rocard, et d'autres, qui combattent pour une renaissance rooseveltienne.

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14 décembre 2007 5 14 /12 /décembre /2007 10:40
Quelques belles photos, souvent tristes, mais aussi parfois touchantes et drôles. Le site de Reuters ici.

03-RTR1KZMO.jpgSomalie

19-01-RTR1V8WZ.jpgIncendies en Californie

58-RTR1OUHY.jpgSarkozy et la liberté de la presse

64-RTR1Q0DO.jpgEnfants palestinien en transit d'un camp à l'autre

18-RTR1M06C.jpgEnfants indonésiens

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7 décembre 2007 5 07 /12 /décembre /2007 08:59
four-a-pain.jpgAhhhhh..! Les fours à pain, quel progrès!

   Les anthropophages de Londres tentant de mettre en place une bulle financière autour des droits à émettre du carbone (il n'y a plus de limites à la folie), on nous assène chaque jour la propagande du réchauffement climatique - causé par l'homme, bien sûr - sans trop se gêner avec la vérité.
    Soi dit en passant, le contrôle des droits à émettre du carbone, c'est tout de même une idée pratique pour garantir un esclavage durable et pérenne des nations sous-développées, vu que le carbone, dans notre biosphère, c'est la colonne vertébrale de la Vie. Explication : quand l'ONU et les diverses ONG auront mis en place leurs plans de contrôles environnementaux, les pays sous-développés pourront dire au revoir à toute possibilité de développement économique et infrastructurel.  A la place, ils auront de jolis fours à pain en terre cuite (la grande passion de Yann Arthus Bertrand).
    La manne financière qu'ils - les anthropophages - déversent, ou font déverser par des imbéciles en quête d'électeurs, leur garantit un contingent motivé de plumitifs fanatisés ou opportunistes, et ainsi personne, nulle part, n'échappe à sa dose journalière de peste verte.
    Le 27 novembre 2007, dans le Figaro, madame Lamia Oualalou (qui a du faire Science Po, vu le génie de son article) nous raconte qu'à l'ONU, on a découvert la raison de la pauvreté dans le monde : c'est bien entendu, ô surprise, le réchauffement climatique ; c'est-à-dire l'accroissement de la quantité de gaz à effets de serre dans l'atmosphère; c'est-à-dire la gabegie industrielle des pays riches; c'est-à-dire l'avidité des consommateurs occidentaux; c'est-à-dire TOI, lecteur. Repens-toi (ou balance ton fric au fond spéculatif d'Al Gore).
    Promenons-nous dans cet article et démontons-le un peu, tiens.



L’ONU prévoit un «boom» de la pauvreté dû au climat
Lamia Oualalou
Le Figaro 27/11/2007

Le réchauffement climatique a déjà commencé à frapper les 2,6 milliards de personnes qui vivent sous le seuil de pauvreté.
Dans son rapport annuel, l’organisation explique que le réchauffement climatique peut entraîner les populations des pays en voie de développement dans «une marche arrière irrattrapable».

Rio de Janeiro

À quelques semaines de la réunion de Bali, où le monde s’est donné rendez-vous pour donner une suite aux accords de Kyoto contre le réchauffement climatique, l’ONU lance un cri d’alarme dans son rapport annuel sur le développement humain. «Pour la première fois de l’histoire, nous devrions assister à un boom de la pauvreté dans le monde, une évolution d’autant plus désolante que la situation des plus démunis allait en s’améliorant ces quinze dernières années», a expliqué hier Kevin Watkins lors du lancement du rapport, au Brésil.
    Ces gens là "assistent" aux évènements. C'est très divertissant, je suppose.
   Un De Gaulle, ou un Roosevelt, ou encore un Ghandi - bref, un être humain normal -  aurait dit, je pense :"Pour la énième fois de l'histoire, nous allons devoir LUTTER CONTRE un boom de la pauvreté dans le monde, et faire en sorte que la situation des plus démunis continue à s'améliorer malgré les épreuves ".

Si le réchauffement climatique concerne toute la planète, il a déjà commencé à frapper les 2,6 milliards de personnes qui vivent sous le seuil de pauvreté, soit avec moins de 2 dollars par jour.
    Au dessus de 2 dollars par jours, vous n'êtes pas pauvre ! A bon entendeur...
   Cette définition de la pauvreté est ridicule : c'est la disponibilité ou non des moyens d'existence qui définit la pauvreté.

Le rapport estime ainsi qu’entre 2000 et 2004, sur les 262 millions de personnes par an qui ont été affectées par des désastres climatiques, 98 % habitent dans des pays en voie de développement.
    Veuillez remarquer qu'ici on nous glisse la thèse des catastrophes "climatiques", ce qui n'est pas la même chose que les catastrophes météorologiques. Une catastrophe "climatique", dans la novlangue écologiste, c'est l'affirmation implicite que tout évènement extrême météorologique est dû au réchauffement global. Trop de pluie, pas assez de pluie, trop de cyclones, pas de cyclones, trop chaud, trop froid, etc...

Et sur elles l’impact de telles catastrophes est beaucoup plus durable. Sans accès à un système d’assurance formel (Un "système d'assurance formel", formule novlanguienne s'il en est, signifie en français "un Etat-nation souverain garantissant le bien commun pour l'ensemble de sa population". Mais c'est malpoli d'écrire cela quand on est payé par les anthropophages du système financier), les plus pauvres mettent en place des stratégies de résistance dommageables au développement (!!!). «Face à la catastrophe, ils éliminent des repas, réduisent les dépenses de santé et retirent les enfants de l’école. C’est une marche en arrière irrattrapable», souligne Kevin Watkins.
    Ecrit de cette manière, on aurait envie de dire à ces pauvres : " Mais enfin, changez de stratégie de résistance. Mangez, soignez-vous et envoyez vos enfants à l'école, bon sang !"
    Mais c'est le langage utilisé qui piège. Lorsqu'on traduit de la novlangue au français, cela donne : "La moindre catastrophe menace leur existence fragile. Ne bénéficiant d'aucun système de protection sociale quel qu'il soit, ils tentent de s'en sortir comme ils peuvent en se rationnant, incapables d'aider les plus faibles d'entre-eux, et ont besoin de toutes les mains pour rassembler de quoi vivre jusqu'à demain". Cela change tout, non ?

Le rapport identifie cinq mécanismes à travers lesquels le changement climatique peut stopper, voire faire reculer le développement humain. La production agricole, d’abord : les zones touchées par la sécheresse en Afrique subsaharienne devraient, par exemple, augmenter de 60 à 90 millions d’hectares et les zones arides subir des pertes de 26 milliards de dollars américains d’ici à 2060, plus que l’aide bilatérale versée en 2005.
    Là, en principe, si l'article avait été écrit par un être humain, nous aurions dû avoir un chapitre sur l'irrigation, les grands travaux de gestion de l'eau, la désalinisation, le reverdissement des déserts et des zones arides, l'électrification de ces zones arides pour éviter que les familles ne détruisent les maigres ressources végétales pour se procurer du bois de chauffage et de cuisine. Car, figurez-vous, en ce moment, un grand nombre de ces 2,6 milliards de personnes font bouillir un maigre pot sur un feu à même le sol, dans une affreuse cahute enfumée, à côté de laquelle est garée le rutilant 4x4 du responsable local d'une ONG européenne quelconque, riche et inutile.

La raréfaction d’eau devrait, elle, concerner 1,8 milliard de personnes supplémentaires d’ici à 2080, en particulier en Asie centrale, en Chine du Nord ou dans les Andes latino-américaines.
    La raréfaction de l'eau n'existe pas, puisqu'on peut retraiter ou désaliniser les eaux sales ou salées, et les transporter partout à travers les continents. On le fait bien avec les pipe-lines gaziers et pétroliers transcontinentaux. Mais les grands travaux, n'est-ce pas, ce n'est pas pour ces gens-là.

Quant à la hausse du niveau des mers, elle met en péril plus de 70 millions de personnes vivant au Bangladesh, 6 millions en Basse-Égypte et 22 millions au Vietnam, sans parler de la multiplication des tempêtes tropicales conséquentes.
    Cette fameuse hausse du niveau des mers n'existe que dans les modèles informatiques des escrocs du GIEC. Nulle part sur la planète on a vu un quelconque changement significatif des niveaux maritimes.

Vient ensuite le bouleversement de la biodiversité : un réchauffement de 3 °C menacerait d’extinction 20 à 30 % des espèces terrestres, privant de nourriture des populations rurales.
    Puisque, c'est bien connu, ils vivent de chasse et de cueillette. Ah, les bons sauvages !

Enfin, le rapport souligne la dégradation de la santé publique, avec le surgissement de grandes pandémies. Le paludisme, qui tue déjà un million de personnes par an, pourrait en frapper quelque 400 millions d’autres, alors que la dengue, stimulée par le changement climatique, revient en force en Amérique latine et en Asie de l’Est.
    Là, la demoiselle Oualalou dépasse les limites du petit boulot de propagande pour rentrer dans le mensonge criminel. Car les millions de morts provoqués par le paludisme et la dengue sont dus à l'interdiction internationale du DDT au cours des années 1970, à la suite des campagnes malthusiennes du Club de Rome et autres mouvements anti-humain en lutte contre ce qu'ils appelaient "la Bombe démographique". C'est un génocide, selon la définition internationale de l'ONU de 1948. Voir aussi ce très bon article de l'Institut Molinari.

Le prix payé par les plus pauvres est d’autant plus injuste que leur responsabilité face au réchauffement climatique est faible. Au Canada, un habitant émet en moyenne 20 tonnes de carbone par an, contre 0,1 tonne pour un Éthiopien.
    Et voilà ! Je t'avais prévenu, lecteur, c'est de TA faute. Tu peux, bien évidement, faire un GROS chèque au fond spéculatif d'Al Gore ou de Yann Arthus Bertrand, pour compenser tes émissions de CO2. Tu offriras ainsi à nos amis africains un magnifique nouveau four à pain.


Pour mémoire, ces quelques points :

-Le gaz responsable à 99,9% de l'effet de serre sur Terre, c'est... la vapeur d'eau, qui représente entre 0 et 4% de l'atmosphère.
-Les variations climatiques sur Terre sont dues aux variations de son inclinaison, à la variation de son orbite et aux variations de l'activité solaire, pour l'instant. Les seuls évènements terrestre connus capables de modifier le climat global temporairement sont les méga éruptions volcaniques.
-Le CO2, nourriture de base de toute la chaîne alimentaire terrestre, représente 0,033% de l'atmosphère, constamment.
-La portion de CO2 provenant des activités humaines est inconnue, mais elle est estimée aux alentours du millionième de ces 0,033%.
    En bref, le CO2 ne menace personne, mais plus encore vouloir en réduire la quantité représente une menace pour la Vie - et pour la vie humaine - sur Terre, puisqu'encore une fois il est à la racine de la chaîne alimentaire planétaire.

    Enfin, toute cette propagande ne sert qu'à cacher les véritables motivations de l'écologisme moderne, que Kévin présente très bien sur ces pages :

* Contre les prêcheurs de l'apocalypse.

* Malthusianisme et génocide

* Tuez-les tous!

afrique_night.jpg

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5 décembre 2007 3 05 /12 /décembre /2007 16:06

Michel-Rocard.jpg

Voici, à ma connaissance, la première voix "institutionnelle" française à déclarer de manière simple et claire que le système financier mondial est mort. Et, à même problème même solution, il déclare indispensable un Bretton Woods II. Il a raison !
Bonne lecture.



Doucement vers la Crise ?

    La dernière réunion du G7, le rassemblement des 7 pays industriels les plus développés de la planète, à Washington le 19 octobre dernier, fut un échec complet.

    Sur le plan financier on ne s’est mis d’accord que sur une admonestation à la Chine, pour lui enjoindre de réévaluer sa monnaie, mais sur rien d’autre. Certes le problème de la réévaluation du Yuan est important, mais il n’est tout de même pas dominant dans la situation actuelle.

    Jusqu’où va aller la dévalorisation du dollar ? Comment éviter l’asphyxie des économies qui exportent massivement vers les Etats-Unis ou en zone dollar, la Chine d’abord et l’Europe loin derrière mais en seconde position ? La crise des prêts hypothécaires à risques américains, dont on sait qu’elle connaîtra une aggravation en 2008, a-t-elle chance de se calmer ensuite ou va-t-elle contaminer l’ensemble du système financier international ? La hausse attendue du prix du baril de pétrole – il est déjà à son maximum historique – risque-t-elle de faire s’effondrer le château de cartes que constitue l’état actuel de l’endettement dans le monde ? Déjà en ce début Novembre nous apprenons que les plus grandes banques américaines sont touchées.

    Cette situation est étrange. La crise est rampante. Il n’y a pas de chocs mais divers tassements. Les banquiers centraux n’émettent aucun commentaire significatif sinon de lénifiantes phrases rassurantes, qui ne sont guères convaincantes. Et les gouvernements se taisent aussi, agissant à peu près comme si de rien n’était.

    Pour beaucoup d’économistes, de commentateurs et de journalistes, il y a des difficultés passagères, qu’ils croient solubles, et pas vraiment de crise.

    Je ne partage pas ce point de vue, et je crois que nous sommes entrés dans une phase de fragilisation de différentes parties du système mondial qui risque fort de provoquer une vraie crise au sens de récession massive, et qui appelle pour tenter d’éviter cela une régulation publique internationale vigoureuse.

    Premier élément, le capitalisme a changé de mode de fonctionnement. De 1945 à 1975 dans les pays développés, il provoquait une croissance rapide, 5% l’an en moyenne sur longue période, ne connaissait aucune crise financière et préservait le plein emploi : 2% de chômeurs en Europe, en Amérique du Nord et au Japon. Le travail précaire était inconnu et la pauvreté de masse avait disparu. Les clés de ce bonheur étaient une forte protection sociale, des politiques internes et externes à dominante keynésienne dans tous les grands états et surtout partout, des politiques de hauts salaires assurant une forte consommation et donc une croissance rapide. C’est l’actionnaire qui accusait le prix de tout cela par la minceur des dividendes.

    Trente ans après l’actionnaire s’est vengé en cassant le système. Les fonds, qu’ils soient de pension, d’investissements, ou d’arbitrage –les fameux hedge funds – ont regroupé les actionnaires autrefois absents et ont pris le pouvoir. Dans toutes les économies développées le profit a fait un bon spectaculaire. Il représente partout entre 8 à 10% de plus du PIB qu’il y a 25 ans. Salaires et revenus de Sécurité Sociale sont amputés d’autant. Du coup la consommation est ralentie, la croissance est molle. Le travail se précarise partout, la pauvreté de masse a réapparu en pays développé. Comme les dérégulations se multiplient, les crises financières n’en finissent plus : depuis 1990, trois crises distinctes en Amérique Latine, la crise russe, la crise asiatique, puis celle de la e-economie, et maintenant celle des « sub primes ».

    Deuxième élément : depuis six ou sept ans, toute la croissance physique du produit brut aux Etats-Unis et en Grande Bretagne n’a pour contrepartie qu’un endettement vertigineux.

    Les Etats-Unis empruntent deux milliards de dollars par jour, pour 95% à l’Asie et dans ce total 45% à la Banque Centrale de Chine populaire. Leur dette totale dépasse les mille milliards de dollars et le service n’en est tenable que si le pétrole cesse d’augmenter, or l’inverse menace, et si l’inflation interne n’appelle pas une hausse des taux d’intérêts, ce qui menace aussi.

    Dans cette situation toutes les Banques Centrales laissent filer la création monétaire pour aider les banques, ce qui aggrave le danger d’inflation.

    Or, troisième élément : les liquidités augmentent vertigineusement, mais ne vont ni vers la consommation ni vers l’investissement long. Elles vont vers l’immatériel, l’immobilier –mais lui-même entre en crise- le spéculatif et le dépeçage profitable d’entreprises en bonne forme.

    Le système a perdu sa moralité, il ne cherche plus que l’enrichissement rapide et non plus l’investissement long ou la croissance. La rapacité est telle que les patrons se surpayent dans des conditions qui ne font plus consensus et que le nombre d’entreprises incriminées pour fraude augmente dangereusement.

    Il est hors de question que ces diverses tendances puissent se perpétuer longtemps.

    A l’évidence nous allons tout droit vers des chocs très graves, et cela concerne l’ensemble du monde développé. Une conférence financière mondiale –Bretton Woods II - est urgente. Mais il faudrait qu’elle puisse adopter des règles strictes.

    Visiblement les esprits n’y sont pas prêts.

    Bien au-delà du changement climatique et du terrorisme, ce problème est aujourd’hui le plus déterminant pour l’avenir du monde dans la prochaine décennie.


Michel Rocard

Article paru en 7 langues sur le site Project Syndicate

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3 décembre 2007 1 03 /12 /décembre /2007 22:30
poutine.jpg
Quand c'est pas Chavez, c'est Poutine. Franchement, j'en ai ras le bol de lire toujours les mêmes bêtises sur la Russie et sur Poutine. Avec les dernières élections, on a eu droit à un festival: Poutine "dictateur",
"tyran", "Despote" selon Libération, etc. L'analyse politique frôle ici la propagande et l'ignorance.
Pour changer, voici un très bon article de Jacques Sapir, qui est économiste et directeur d'étude à l'EHESS. Publié dans La Croix. A lire absolument.



Erreur de perspective en Russie

L'épithète d'autocrate est fréquemment accolée à Vladimir Poutine. Sa décision d'octobre 2007 de prendre la tête de la liste du parti Russie unie, ce qui lui garantit de devenir, s'il le désire, le futur premier ministre à la fin de son mandat présidentiel en mars 2008, est invoquée comme «preuve». L'erreur de perspective est cependant évidente. Eût-il été un autocrate, Vladimir Poutine eut ouvertement violé la Constitution pour pouvoir se représenter au-delà des deux mandats autorisés. Poutine a fait le choix, pour l'instant, de respecter la lettre de la Constitution, quitte à en utiliser les possibilités pour rester au pouvoir compte tenu de son immense popularité actuelle. Ce choix est symbolique. Boris Eltsine avait quant à lui ouvertement violé la Constitution en 1993 quand il décida de dissoudre le Parlement de Russie.

Derrière le faux débat sur l'autocratie de Poutine se cache cependant une vraie question, celle de l'avortement du processus démocratique entamé sous Gorbatchev en 1988-1989. La Russie n'est pas aujourd'hui une démocratie au plein sens du terme. L'équilibre des pouvoirs n'y est pas respecté et le poids de l'exécutif dominant.
Les pressions sur la presse sont fortes, encore que la presse écrite soit largement restée pluraliste. Si la situation n'est pas ici différente de la France des années 1960 où la télévision était entièrement acquise au pouvoir, le plus grave réside dans l'arbitraire permanent des autorités locales dans nombre de régions et dans le comportement des administrations. Les actes de violence sont nombreux contre ceux qui critiquent ces abus. Ajoutons encore le fait qu'il n'y a toujours pas de véritables partis politiques en Russie, à l'exception du KPRF communiste.

La situation de la démocratie n'est donc pas bonne en Russie, mais le problème est bien antérieur à l'arrivée de Vladimir Poutine au pouvoir car le processus démocratique a déraillé entre 1993 et 1996. Boris Eltsine en porte la responsabilité quand il décida de manière anticonstitutionnelle de dissoudre le Parlement, conduisant à une mini guerre civile à Moscou en octobre 1993. Le déclenchement de la première guerre de Tchétchénie à la fin de 1994 conduisit à une systématisation des actes de violence contre la population mais aussi contre les journalistes qui payèrent un lourd tribut à l'époque, dans l'indifférence générale des médias occidentaux et des pleureuses des droits de l'homme. La manipulation de l'élection présidentielle de 1996, pour assurer par une fraude massive la réélection de Boris Eltsine est venue couronner le tableau. Ici encore, il n'y eut nulle protestation de la part des partenaires occidentaux de la Russie, qui au contraire participèrent plus qu'indirectement à cette fraude.

Ce manque de protestation s'explique aisément. Tous ces actes furent commis par ceux que l'on appelait les «démocrates» en Russie. On peut reprocher à Vladimir Poutine d'avoir choisi de reconstruire l'État plus que de le démocratiser. Mais faire ce reproche en ignorant ce qui s'est passé entre 1992 et 1998 n'a pas de sens et confine à la malhonnêteté. La Russie actuelle n'est pas seulement l'héritière, comme on le dit souvent, de la longue tradition d'autocratie tsariste et de l'URSS.

Elle est aussi le produit des années 1990, quand le néolibéralisme des «démocrates» russes s'est traduit par une crise économique sans précédent et aux conséquences sociales atroces, dans la corruption et le vol organisé à grande échelle par les oligarques, et dans l'étouffement de la démocratie que l'on a indiqué. De ceci, la Russie a failli mourir, comme on l'a vu avec la crise de l'été 1998. Elle doit son rétablissement à Primakov puis à Poutine.
La reconstruction économique du pays a commencé bien avant que les prix des hydrocarbures ne montent, et une partie des abus des années 1990 ont été corrigés. Comme l'immense majorité des pays producteurs de matières premières, la Russie a repris le contrôle de ses ressources naturelles, et elle les utilise aujourd'hui pour investir et se développer. La population le constate chaque jour, tout comme elle constate que les hôpitaux, les écoles et les universités se reconstruisent et que son niveau de vie s'améliore rapidement.

Compte tenu de l'implication des Occidentaux dans l'échec de la démocratisation, ils sont mal placés aujourd'hui pour donner des leçons ou user de qualificatifs aussi abusifs qu'autocratie. La démocratisation de la Russie reste à accomplir, mais elle ne se fera que sur la base d'une stabilisation de la société et d'une relégitimation du système économique et social. La politique de Vladimir Poutine, consciemment ou non, y contribue à sa façon.

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1 décembre 2007 6 01 /12 /décembre /2007 13:44

Steinbr--ck.jpg    "Notre système bancaire dans son ensemble est un désastre complet. A mon avis, la quasi-totalité des banques seraient insolvables si elles devaient valoriser leurs actifs à leur valeur réelle de marché", disait la semaine dernière Andrew Lahde, patron du fonds Lahde Capital. Il en sait quelque chose : il a fait fortune depuis 2005 en pariant sur l'explosion des bulles financières et la désintégration du système monétaire.
La finance, déjà bien embêtée par ces remarques provenant de ses propres rangs, ne craint plus qu'une chose : réveiller les autorités souveraines d'où elle tient son autorité et son indépendance.
C'est semble-t-il chose faite, puisque l'article suivant rapporte un éclat public contre les banquiers, provenant du ministre des finances d'Allemagne, pays de la Sacro-Sainte Indépendance de la BCE.


Le ministre des Finances allemand s'en prend violemment aux banquiers

Peer-Steinbr--ck-copie-1.jpg

Perr Steinbrück, Ministre des finances allemand

BERLIN (AFP) — Le ministre allemand des Finances Peer Steinbrück s'en est pris en termes violents à la direction des banques allemandes, qu'il accuse d'avoir sous-estimé les conséquences de la crise américaine du subprime et de ne pas bien faire son travail.

    "Il y a des dirigeants de banque qui ne sont pas à la hauteur de ce qu'ils font"
, a déclaré le ministre social-démocrate, connu pour ne pas mâcher ses mots, dans un entretien au Financial Times Deutschland allemand et au Financial Times britannique publié vendredi.
    "L'arrogance des managers dont nous avons été témoin, d'après le principe "nous sommes plus malins que les autres", a fini par un désastre"
, a poursuivi le ministre.
    Ses propos interviennent alors que le secteur bancaire allemand a dû jeudi voler une nouvelle fois au secours de son enfant malade, la banque IKB, qui se débat depuis plusieurs mois dans la tourmente des prêts hypothécaires à risque américains. Après 3,5 milliards d'euros cet été, ce sont 350 millions d'euros supplémentaires qu'un consortium de banques va mettre à disposition de l'établissement.

    Les conséquences de la crise qui a secoué les marchés financiers américains en juillet et août sont loin d'être digérées en Allemagne.
"Il est remarquable de voir le temps dont ont besoin certains dirigeants pour évaluer les risques correctement", a commenté le ministre, "depuis fin juillet plusieurs mois sont passés et certains managers ne savent toujours pas combien cela va leur coûter".

    Thomas Jefferson, Père Fondateur des Etats-Unis et Rédacteur de la Déclaration d'Indépendance, disait :
    " I sincerely believe that banking institutions are more dangerous to our liberties than standind armies. The issuing power should be taken from the banks and restored to the people to whom it properly belongs."

    " Je crois sincèrement que les institutions bancaires sont plus dangeureuses pour nos libertés que des armées en marche. Le pouvoir d'émettre devrait être retiré des mains des banques et remis entre celles du Peuple, à qui il appartient en propre."

    Cela est tout à fait envisageable dans les conditions actuelles, à travers ce qu'on pourrait appeler un Nouveau Bretton Woods.

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28 novembre 2007 3 28 /11 /novembre /2007 11:22

    Cet article, trouvé sur le site boursorama.com, met les points sur les i : le système financier mondial est mort, et il est le seul à ne pas le savoir !
    Pendant ce temps, les charognard de la finance en dépècent le corps et espèrent trouver le placement magique qui les sauvera. Tout fier de leur réussite, ils disent la vérité sur l'état du cadavre (voyez la fin de l'article), et donnent même une date approximative de son décès.
    Mais je les soupçonne de ne pas être bien sûr d'avoir gagné grand'chose, car les dollars qu'ils ont arrachés de la crise ne valaient que dans le système qu'ils savent mort.
    Alors, comment s'en débarrasser ? L'or ? Les matières premières ? Les produits agricoles ? Tout cela ne vaut rien sans système monétaire efficace (le Nouveau Bretton Wood) et sans une politique de crédit volontariste, à la De Gaulle (le Plan) ou à la Roosevelt (le New Deal).

 

Bonne lecture.




La crise des crédits aux Etats-Unis a aussi fait des heureux


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  La crise des crédits aux Etats-Unis a aussi fait des
heureux: des gérants de fonds spéculatifs (hedge funds) qui, sentant le vent tourner, ont parié sur la baisse des produits dérivés de crédit et empoché des milliards de dollars quand le marché s'est retourné.

    Paulson, Hayman Capital, Corriente Advisors, Lahde Capital: ces noms, peu familiers du grand public, sont les grands gagnants de la crise des "subprime".

    Partie des Etats-Unis, où les défaillances et les saisies se sont multipliées chez les emprunteurs peu solvables, la crise s'est propagée au système financier mondial via des obligations dérivées de crédit.

    Les banques et les investisseurs institutionnels, très friands de ces produits financiers, plus rentables que les obligations classiques, ont perdu des centaines de milliards de dollars car leur valeur s'est effondrée.

    Cette dévalorisation a profité au contraire aux hedge funds qui avaient anticipé la crise.

    "Paulson a gagné beaucoup d'argent en prenant des positions short, via des instruments dérivés sur le secteur des subprime aux Etats-Unis, et ce dès la fin 2005", soit plus d'un an avant les prémices de la crise, en février 2007, avec la faillite de New Century, explique à l'AFP Nathanaël Benzaken, directeur de la recherche et de la sélection des hedge funds chez Lyxor, la plateforme de gestion alternative de la Société Générale.

    La vente à découvert ("sell short"), l'une des techniques favorites des hedge funds, consiste à emprunter des titres, puis à les revendre pour les racheter ensuite à moindre prix, avant de les rendre au prêteur. Le profit est la différence entre le prix de vente et le prix de rachat.

    En appliquant cette technique au "subprime", Paulson & Co, qui est basé à New York et gère 28 milliards de dollars au total, aurait déjà gagné 12 milliards de dollars, rapportait lundi le Financial Times (FT).

    Les investisseurs qui ont placé leur argent dans le "Paulson's Credit Opportunities fund" ont été bien avisés, le fond affichant un rendement de 550% depuis le début de l'année.

    Un fonds californien, Lahde Capital, monté l'an dernier, a fait deux fois mieux: en pariant à la baisse sur le subprime, il a battu tous les records de performance de l'histoire, avec un rendement de 1.000%, soit 10 fois l'investissement initial.

    Selon le FT, Andrew Lahde a commencé à rendre l'argent aux investisseurs au motif que ce placement n'est plus aussi juteux. Le gérant prépare déjà le coup d'après, flairant qu'après l'immobilier des particuliers, la crise va toucher l'immobilier commercial... où les mêmes dérivés de crédits sont en jeu.

    "Notre système bancaire dans son ensemble est un désastre complet. A mon avis, la quasi-totalité des banques seraient insolvables si elles devaient valoriser leurs actifs à leur valeur réelle de marché", écrit-il dans une lettre aux investisseurs. Il ajoute que pour sa part, il a l'intention d'investir ses profits... dans l'or!

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19 novembre 2007 1 19 /11 /novembre /2007 19:41
Traité européen : Sarkozy coupable de haute trahison

Un article de M. Olivier Bonnet
   
am-pourhiet.jpg"Le projet de «traité modificatif» (reform treaty) européen a été rendu public le vendredi 5 octobre. On comprend à sa lecture pourquoi ses rédacteurs ont renoncé aux expressions de «mini-traité» ou de «traité simplifié» puisqu'il ne comporte, avec ses douze protocoles et ses 25 déclarations diverses, pas moins de 256 pages et qu'en matière de complexité rédactionnelle on peut difficilement faire pire. Dans la mesure où ce texte se borne en réalité à recopier sous une autre forme les trois quarts des dispositions du traité établissant une constitution pour l'Europe, il eût certainement été plus simple de reprendre le texte initial en en rayant seulement les dispositions symboliques abandonnées. On comprend cependant que cette formule ait été écartée car elle aurait manifesté de façon trop criante que "l'on se moquait ouvertement de la volonté des peuples français et néerlandais" : cette analyse n'est pas de n'importe quel gauchiste hirsute - ni souverainiste au crâne rasé - mais d'Anne-Marie Le Pourhiet, professeur de droit public à l'université de Rennes et auteur de droit constitutionnel, dans un texte titré Haute trahison.

Elle y ose la formule de "coup d'Etat", argumentée ainsi : "comment le président de la République peut-il décider seul, alors que le peuple français a juridiquement rejeté l’intégralité du traité, de faire cependant ratifier par voie parlementaire la majeure partie des dispositions qu’il contenait au motif que celles-ci «n’auraient pas fait l’objet de contestations» ? (...) On pouvait peut-être apercevoir que le «non» de gauche déplorait davantage la menace sur l’Etat-providence et le «non» de droite la perte de l’Etat régalien, mais il est certainement impossible et inconcevable de sonder le cerveau de chaque Français en prétendant y déceler des dispositions qu’il aurait rejetées et d’autres qu’il aurait approuvées. La démarche du président de la République prétendant interpréter seul la volonté du peuple français est totalement arbitraire et confine à la dictature. (...) on ne peut qu’être bouleversé par le coup d’Etat ainsi perpétré en France. Si le président a la conviction que les dispositions restant dans le traité modificatif ont fait l’objet d’une approbation implicite des Français, encore faut-il qu’il s’en assure en organisant un nouveau référendum tendant à obtenir leur accord explicite. Comment qualifier et sanctionner, dès lors, un tel coup d’Etat ? Le texte de la très populaire Constitution de 1793 n’y allait pas de main morte en disposant, dans son article 27 : «Que tout individu qui usurperait la souveraineté soit à l’instant mis à mort par les hommes libres». La peine de mort étant désormais prohibée par la Constitution française il convient de s’y conformer et de se tourner plutôt vers l’article 35 du texte de 1793 qui affirmait solennellement : «Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs». La Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, intégrée au préambule de l’actuelle Constitution, range aussi la résistance à l’oppression parmi les droits naturels et imprescriptibles de l’homme. Notre texte constitutionnel affirme encore que le principe de la République est «gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple» et que son président est élu au suffrage universel direct pour veiller au respect de la Constitution, assurer le fonctionnement régulier des pouvoirs publics et la continuité de l’Etat et garantir l’indépendance nationale. Le terme qui vient à l’esprit pour désigner le mépris présidentiel de la volonté populaire est évidemment celui de haute trahison. Malheureusement, une révision des dispositions sur la responsabilité pénale du chef de l’Etat, intervenue en février 2007, a substitué à l’antique et belle formule de haute trahison, l’expression affadie et banale de «manquement à ses devoirs manifestement incompatibles avec l’exercice de son mandat». Cela manque singulièrement d’allure et de force mais l’on s’en contentera cependant en proposant aux parlementaires, au lieu de commettre eux-mêmes une forfaiture en autorisant la ratification d’un traité rejeté par leurs mandants, de se constituer en Haute Cour pour sanctionner le coupable. Sans insurrection ni destitution, nous n’aurons alors plus qu’à pleurer sur notre servitude volontaire en réalisant que nos élus représentent bien ce que nous sommes nous-mêmes devenus : des godillots." Et en plus, il avoue !
Telegraph-sarko-copie-1.jpg
Le futur Président l'avait annoncé clairement dès mars dernier : il n'organiserait pas de référendum justement par crainte que le vote ne soit négatif. Un cran dans le cynisme vient d'être franchi, comme le rapporte le quotidien britannique The Telegraph dans son édition d'hier. Sarkozy a en effet déclaré, lors d'une réunion à huis-clos de parlementaires européens à Strasbourg : "La France n’était qu’en avance sur les autres pays dans son vote pour le «non». La même chose arriverait dans tous les Etats membres si un référendum y était organisé. Il y a un clivage entre les peuples et les gouvernements. Un référendum aujourd’hui mettrait l’Europe en danger. Il n’y aura pas de traité si un référendum a lieu en France, et il en va de même pour un référendum au Royaume-Uni." S'il ne veut pas de référendum, ce n'est donc pas de peur que la réponse soit négative mais parce qu'il en possède la certitude : c'est bien en quoi celui qui incarne la souveraineté du peuple français, en violant délibérément sa décision, se rend effectivement coupable de haute trahison. A noter qu'aucun média français ne s'est fait l'écho de la scandaleuse déclaration présidentielle. Seuls en parlent sur le Web le Collectif du 29 mai, qui a mis en ligne une pétition, et Solidarité & Progrès, le parti du controversé Jacques Cheminade. Pour notre part, après un premier billet titré La démocratie confisquée, nous avons publié un Appel à la gauche parlementaire, non pas à réunir la Haute Cour de justice pour destituer le félon - nous n'osons en rêver - mais simplement pour refuser la modification constitutionnelle nécessaire à la ratification parlementaire, et ainsi à obliger Sarkozy à organiser un nouveau référendum. Faute de quoi, comme l'écrit Anne-Marie Le Pourhiet, ils commettraient eux-mêmes une forfaiture. Nous réaffirmons évidemment cette exigence.

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18 novembre 2007 7 18 /11 /novembre /2007 10:18
Haute trahison

par Anne-Marie Le Pourhiet, professeur de droit public, auteur de Droit constitutionnel (Economica, 2007).

am-pourhiet-copie-1.jpgLe projet de « traité modificatif » (reform treaty) européen a été rendu public le vendredi 5 octobre. On comprend à sa lecture pourquoi ses rédacteurs ont renoncé aux expressions de « mini-traité » ou de « traité simplifié » puisqu’il ne comporte, avec ses douze protocoles et ses 25 déclarations diverses, pas moins de 256 pages et qu’en matière de complexité rédactionnelle on peut difficilement faire pire.

Dans la mesure où ce texte se borne en réalité à recopier sous une autre forme les trois quarts des dispositions du traité établissant une constitution pour l’Europe, il eût certainement été plus simple de reprendre le texte initial en en rayant seulement les dispositions symboliques abandonnées. On comprend cependant que cette formule ait été écartée car elle aurait manifesté de façon trop criante que l’on se moquait ouvertement de la volonté des peuples français et néerlandais.

Les rédacteurs ont donc préféré concocter une formule compliquée qui modifie d’une part le traité sur l’Union européenne (traité UE) et d’autre part le traité instituant la communauté européenne (traité CE), lequel s’intitulera désormais « traité sur le fonctionnement de l’Union ». La supercherie apparaît clairement avec la Charte des droits fondamentaux qui n’est plus incluse dans les traités mais apparaît dans l’article 6 du texte de la façon suivante : « L’Union reconnaît les droits, les libertés et les principes énoncés dans la Charte des droits fondamentaux du 7 décembre 2000, laquelle a la même valeur juridique que les traités » … Un traité affirme donc qu’une charte qui lui reste extérieure a cependant la même valeur juridique que les traités qu’il modifie ! On n’a jamais vu de procédé juridique plus tordu, même dans les récentes révisions de la Constitution française qui ont pourtant révélé au plus haut niveau normatif l’invasion de notre pays par le « maldroit ». Le protocole n°7 prévoyant cependant que la Charte ne permet ni à la Cour de justice européenne ni aux juridictions britanniques et polonaises d’écarter l’application d’actes nationaux de ces deux pays jugés incompatibles avec ladite charte, provoque un pincement de cœur. Tout se passe comme si le « non » des Français avait servi à d’autres mais pas à eux, quelle humiliation !

Le « traité modificatif » modifie bien le traité constitutionnel rejeté en 2005 puisqu’il en enlève un certain nombre de dispositions explicites et dispense la Pologne et le Royaume-Uni du respect de certains engagements. C’est donc une modification par simple soustraction en ce sens que l’on s’apprête à faire ratifier par le parlement français un traité partiel aux lieu et place du traité complet initial.

Une question fondamentale se pose dès lors : comment le président de la République peut-il décider seul, alors que le peuple français a juridiquement rejeté l’intégralité du traité, de faire cependant ratifier par voie parlementaire la majeure partie des dispositions qu’il contenait au motif que celles-ci « n’auraient pas fait l’objet de contestations » ? Chacun a pu constater, durant la campagne référendaire, que toutes les dispositions étaient critiquées : les uns se focalisaient davantage sur la charte des droits fondamentaux et les politiques communautaires, les autres sur les transferts de compétence, le passage de l’unanimité à la majorité et le déficit démocratique, d’autres encore s’offusquaient des principes et symboles fédéraux. On pouvait peut-être apercevoir que le « non » de gauche déplorait davantage la menace sur l’Etat-providence et le « non » de droite la perte de l’Etat régalien, mais il est certainement impossible et inconcevable de sonder le cerveau de chaque Français en prétendant y déceler des dispositions qu’il aurait rejetées et d’autres qu’il aurait approuvées. La démarche du président de la République prétendant interpréter seul la volonté du peuple français est totalement arbitraire et confine à la dictature. Lorsque l’on sait que la Constitution californienne prévoit qu’une norme adoptée par référendum ne peut être par la suite abrogée ou modifiée que par une autre décision populaire et que la Cour constitutionnelle italienne adopte le même principe, on ne peut qu’être bouleversé par le coup d’Etat ainsi perpétré en France. Si le président a la conviction que les dispositions restant dans le traité modificatif ont fait l’objet d’une approbation implicite des Français, encore faut-il qu’il s’en assure en organisant un nouveau référendum tendant à obtenir leur accord explicite.

Comment qualifier et sanctionner, dès lors, un tel coup d’Etat ? Le texte de la très populaire Constitution de 1793 n’y allait pas de main morte en disposant, dans son article 27 : « Que tout individu qui usurperait la souveraineté soit à l’instant mis à mort par les hommes libres ». La peine de mort étant désormais prohibée par la Constitution française il convient de s’y conformer et de se tourner plutôt vers l’article 35 du texte de 1793 qui affirmait solennellement : « Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs ». La Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, intégrée au préambule de l’actuelle Constitution, range aussi la résistance à l’oppression parmi les droits naturels et imprescriptibles de l’homme.

Notre texte constitutionnel affirme encore que le principe de la République est « gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple » et que son président est élu au suffrage universel direct pour veiller au respect de la Constitution, assurer le fonctionnement régulier des pouvoirs publics et la continuité de l’Etat et garantir l’indépendance nationale. Le terme qui vient à l’esprit pour désigner le mépris présidentiel de la volonté populaire est évidemment celui de haute trahison. Malheureusement, une révision des dispositions sur la responsabilité pénale du chef de l’Etat, intervenue en février 2007, a substitué à l’antique et belle formule de haute trahison, l’expression affadie et banale de « manquement à ses devoirs manifestement incompatibles avec l’exercice de son mandat ». Cela manque singulièrement d’allure et de force mais l’on s’en contentera cependant en proposant aux parlementaires, au lieu de commettre eux-mêmes une forfaiture en autorisant la ratification d’un traité rejeté par leurs mandants, de se constituer en Haute Cour pour sanctionner le coupable.

Sans insurrection ni destitution, nous n’aurons alors plus qu’à pleurer sur notre servitude volontaire en réalisant que nos élus représentent bien ce que nous sommes nous-mêmes devenus : des godillots.

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16 novembre 2007 5 16 /11 /novembre /2007 07:30

bird-fortune-copie-1.jpgJe suis bien content de vous présenter cet autre bijou de messieurs John Bird et John Fortune, cette fois sur la crise de Northern Rock, et sur le renflouement de la City par la Banque d'Angleterre, dirigée par Mervyn King.

 
 

 

Le texte complet en anglais est à votre disposition sous la vidéo, bien sûr. Amusez-vous bien.




- George Parr, you're an investment banker.

- Yes I am, really... Arhmm...

- And of course we've just had an extremely serious banking crisis.

- Hrmm,hrmm...

- And there's a lot of people in the City, like yourself, who earn millions in salaries and bonuses, so... so, erh, shouldn't you have seen this coming ?

- Well, it is, it is true, arhem, we didn't actually foresee it, in the strict sense of the word.

- Or in any sense of the word !

- Or in any sense of the word, no, no, we, we, we didn't foresee it, but when it happened, we did notice it... we did, it is all, but it is good, isn't it ?

- But we just have the first run on a bank in this country for a hundred and forty years ! You're a banker, what is your reaction ?

- Well, of course, we're, I mean, everybody in banking, we all felt deeply embarrassed.

- You're embarrassed !

- I'm embarrassed, yes, I mean, I'm, I'm, I've hardly dared take my Ferrari in ??? service yesterday.

- What are you going to do about it?

- Aoh, what can I do about it? Bloody thing needs a service ! You know... I barely got two Ferraris.

- Yes, but yeah I mean, what was the cause of this ?

- Aoh, would you, what was, about the banking crisis, well, of course, it wasn't my fault, it wasn't banking fault, it was entirely the fault of Mervyn King !

- So he just put 10 billions pounds into the banking system !-

- Yes-

- Isn't that what you were asking for ?

- Yes, but it's far, it's far too late, you see, I mean, no, no, nobody wants it anymore, he should've done it much, much much much earlier, because it was obvious that Northern Rock was getting into difficulties, it was obvious that most people in the City were borrowing too much and lending too riskily...

- Including you !

- Well, I've, I've, I was just doing what everybody else was doing, that's how, that's how we operate in the City, and what I want to know is why didn't he do it earlier, why wait, until the entire banking sector looked stupid, as it actually was ?

- So, what you're saying is that, although Mervyn King might not have been able to prevent the crisis, he could have prevented the spectacle of people queuing up in the high street to try to get their money out!-

- Exactly, exactly-

- Yes, and people were queuing at two o'clock in the morning-

- Two o'clock in the morning, yes, I mean, the british people have only ever done that for Tim Hennemann, look how badly that always turned out !

- But these scenes must have been humiliating for the banking industry-

- We don't like to see this, it makes us look silly.

- Silly !?

- Silly.

- But, was it the other banks falling over themselves to pick up these packages of dodgy mortgages, and they've very little idea how much they're worth, if they're worth anything at all !?

- Well, that's not silly, that's a sophisticated marketing operation !

- So, you don't think there is anything fundamentally wrong with the banking system ?-

- Erh, look, there is some very very clever men in the City, and we, hrmm, anwe aaah, let me just give you an example in the fact that Alliance Leicester lost a third of its value in a, in a day, and the very next day got a third of its value back, that shows the system is fundamentally sound and rational !

- Ahemm.. Yes, but, can you explain why, in the beginning of the Northern Rock crisis, the government made an offer, which didn't reassure the public ? The, the the Chancellor of the Exchequer himself said people shouldn't worry because their money was perfectly safe.

- Well, that's, that's very simple, aahm, the public are use to the government telling them lies !

- You mean, if the government is prepared to tell lies about the reason for, mmmh, invading another country...

- Mmmh-

- They wouldn't be too bothered about lying about people's money ?

- People's money, no, exactly, what the House of Downing should have done was to say to everybody "Go down to Northern Rock now, take every last penny out !"... You see ?... People would've said "Well, there must be some reason the government is getting telling me to take my money out, I'm gonna leave it where it is !"

- And then, the whole thing might have just sort of faded away-

- But everything's gonna blow, blow, no, but it should never have happened in the first place, I mean, it was happening because some bright folks said "How much do you think these american houses are actually worth ?", and of course, as soon as they asked that question, we all panicked !

- Because you found out ?

- No, because, we haven't, we didn't find out, we still haven't found out how much they're worth if anything-

- Despite what you call aaah, a very very sophisticated market-

- No, we went on the assumption that property values always go up...

- Well, that's not very sophisticated !-

- Yes it is, it's as sophisticated as we have to get !

- Yes, but, I mean, why, if ??? is the case - andand that's, that's what happened - every time you sell some on a financial product, you put a big warning on it saying "Well, your investment may go down as well as go up" ?

- Yes, what we have to do, that is one of the petty ??? regulations, it's only meant, it's only meant for ignorant punters.

- Do you say it doesn't apply to you ?

- Certainly not, and you know, and, and of course, the punters themselves are now, aaah, reassured because the government have guaranteed their deposits.

- Yes, and, and also put ten billion pounds into the banking. Say, do you think that was absolutely necessary ?

- It was necessary as a symbolic gesture, because, ahmm, what the market needs is confidence.

- Whose confidence ?

- My confidence... my confidence that I have a thirty-five rooms house to go to with six cars in the garage and a private helicopter, and that I would earns enough for my Christmas bonus to pay my philippino ??? twelve pounds a month !

- But, these are huge sums that we're talking about here, I mean, where in the end is all this money going to come from ?

- Well I don't know wherever governments get their money, taxation, I suppose, I... I don't know anything about tax, I never pay any.

- But, but don't you think it's wrong that extremely rich people, people who'd run, I don't know, private equity funds, ahmm, and people like you, hardly pay any tax at all ?

- There's absolutely nothing wrong with that, the City is far too valuable to the british economy, and in any cases, as we keep saying : "If you tax us, we'll just go abroad !", and that is not an idle threat, we can go and wreck somebody else's financial system.

- Finally, erh, can we talk about moral hazard ?

- About what, sir ?

- Moral hazard...

- No sir, I know what hazard means, what's the other word ?

- Ooh never minds. Aahmm, the point about moral hazard is that the faultiest, those executives like yourself, will go out making more and more stupid and more and more risky loans in order to put up the profit of their bank, because when everything goes wrong, the banker big lenders kind of come along and bail them out !

- Humm, yeah, well, I certainly hope so, I'm looking forward to it !

- Well, I don't want to be insulting, but it does seem to me that you haven't learned anything from this whole episode -

- On the contrary, I've learned one very important lesson.

- And what is that ?

- That is, if you're going to make a corker, be sure you're making an absolutely enormous corker, because then the government will bail you out !

- George Parr, thank you very much.

- Thank you.

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