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1 décembre 2004 3 01 /12 /décembre /2004 00:10


La-Revolution-Roosevelt.jpg


La Révolution Roosevelt
Georges Boris – 1934

 


Chapitre III : La réforme monétaire et financière

 

5 : Reflation et étalon international

 

 

 

 

 

    Si la question de la reflation intérieure est passée au premier plan, il s'ensuit que l'aspect international du problème monétaire a perdu de son intérêt pour l'Amérique.

    Occupée avant tout de reconstituer le marché national, elle s'inquiète beaucoup moins de ce qu'il advient des monnaies des autres pays.

    Elle possède une réserve métallique que la réévaluation vient de porter au-dessus de 7 milliards de dollars. Sur cette base, elle peut édifier un édifice de crédits bancaires largement supérieur à 200 milliards : en d'autres termes, le chiffre actuel peut être multiplié pour le moins par le coefficient 7. Et c'est beaucoup plus qu'il n'est nécessaire.

    Telle est la liberté d'action du gouvernement américain aujourd'hui qu'il peut, tout en demeurant attaché à l'étalon-or, procéder à une inflation colossale. Ce qui revient à dire qu'il peut, sans enfreindre les règles de l'étalon-or, faire monter les prix en dollars, donc aussi en or, dans d'énormes proportions.

    Il y a un précédent historique à cette situation : après la guerre, et jusqu'en 1925, comme l'a montré M. Rist dans l'article déjà cité, les Etats-Unis ont pu, en accumulant de puissantes réserves de métal, pratiquer une vaste inflation, sans abandonner l'étalon-or, et provoquer une hausse des prix-or.

    Cette éventualité et ses conséquences possibles peuvent paraître une menace pour un lointain avenir, si les Etats-Unis répètent aussi les fautes de 1928-29. Mais dans le présent immédiat, ce qui importe aux Américains, c'est qu'ils possèdent les moyens monétaires propres à rétablir chez eux les prix et l'activité économiques ; et ces moyens, bien entendu, ils les utiliseront.

    Néanmoins, ils redoutent, dans l'intérêt de leur commerce extérieur, que l'Angleterre ne fasse fléchir la livre. La constitution, en vertu du Gold Act, d'un vaste fonds d'égalisation des changes, répondait à cette crainte. Au cas où le sterling eût trop baissé au gré des Etats-Unis, ils eussent employé cette masse de manoeuvre sur le marché des changes pour en arrêter la chute (1).

    Les grands arrivages d'or venus de l'étranger ne sont pas non plus considérés sans quelque appréhension. Ils dénotent un afflux de capitaux, en quête de placements, dont l'apparition sur les marchés risque de provoquer un boom spéculatif, suivi, comme toujours, d'un choc en retour. On voudrait que la reflation de crédit justifiât la hausse, et non qu'un mouvement de pure spéculation, dû à des causes extérieures, la déterminât.

    Quant au rétablissement d'un étalon monétaire international, il semble encore lointain, voire problématique. Il présuppose une répartition des stocks d'or entre les divers pays du globe. Ces stocks sont limités, et il n'est même pas sûr que, si chacun se contentait de ce qui est strictement nécessaire à ses besoins, il y en aurait assez pour tout le monde. Mais les Etats-Unis — comme la France — tiennent à posséder des réserves dépassant largement leur part proportionnelle. D'autre part, le Gold Exchange Standard — qui était un expédient commode pour remédier à l'insuffisance d'or ou à sa mauvaise répartition — est définitivement discrédité.

    Le vieil étalon-or est mort, le nouveau n'est pas encore conçu, disait récemment l'un des meilleurs experts monétaires d'Amérique.

    Le bimétallisme, il est vrai, pose sa candidature ; il compte en Amérique des défenseurs énergiques et influents. M. Roosevelt leur a déjà donné des satisfactions. Il est fort possible qu'il aille bientôt plus loin dans cette voie, et même qu'il adopte, comme base monétaire, un lingot comportant à la fois de l'or et de l'argent dans une proportion fixe (symmetallism or bimetallism on a fused basis).

    Mais ce serait une erreur de croire que ce projet ait pour but primordial de rétablir un étalon international ; avant tout, il s'inspire de l'intérêt particulier des Etats producteurs d'argent. Encore moins compte-t-il, comme facteur de redressement de l'économie intérieure générale des Etats-Unis. L'adoption du bi- ou du symmétallisme ne modifierait en rien les données du problème de la reflation, tel qu'il se pose actuellement. On a vu en effet, qu'avec l'étalon-or l'expansion de crédit pourrait dépasser 200 milliards, alors que l'objectif actuel n'est même pas 50 milliards. Dans ces conditions, que servirait-il de relever de quelques dizaines ou même d'une centaine de milliards une limite théorique qu'il n'est pas question d'atteindre ?




1 -Il semble que la menace ait suffi. Le fonds d'égalisation, inutilisé jusqu'à présent, va sans doute être affecté partiellement tout au moins, à la distribution de crédits à l'industrie américaine, donc pratiquement, lui aussi, à la reflation.


 

 

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