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1 décembre 2004 3 01 /12 /décembre /2004 00:20


La-Revolution-Roosevelt.jpg


La Révolution Roosevelt
Georges Boris – 1934

 


Chapitre VII : Pronostics

 

Les investissements : socialisme d'état ou capitalisme privé

 

 

 

 

 

 

    A supposer, comme il est d'ailleurs probable, que la reflation s'opère normalement, c'est-à-dire à une vitesse suffisante, et sans excès, le problème de la circulation des capitaux ne sera pas encore complètement résolu.

    Par l'obtention de crédits à court et à moyen terme, l'industrie et le commerce ne seront assurés que du fonds de roulement nécessaire à leur marche courante. Mais ce n'est qu'au moyen d'emprunts à long terme que les entreprises peuvent entretenir ou développer leurs immobilisations (édifices, machines, outillage).

    D'autre part, les individus ne consacrent qu'une partie de leurs revenus à l'achat des marchandises nécessaires à leur consommation. Le reste est épargné, et l'épargne, pour rentrer dans la circulation, doit se placer, s'investir, donc souscrire aux actions et obligations émises précisément par les entreprises en quête de capitaux à long terme pour des travaux de construction, pour la rénovation ou l'entretien de leur outillage.

    Bref, à une demande de capitaux de la part de l'industrie, correspond une offre de l'épargne. Entre cette demande et cette offre une communication doit s'établir, faute de quoi l'équipement industriel, au lieu de progresser, se dégrade et les fabrications de construction et d'outillage s'arrêtent, tandis que les capitaux demeurent stagnants et inactifs. La machine économique tend à s'enrayer. Le rôle du marché des capitaux est d'assurer cette communication. Sous le New Deal il ne le remplit que très imparfaitement.

    Les émissions sont presque exclusivement limitées aux emprunts de l'Etat, lequel offre des bons à courte échéance, et ne rapportant qu'un intérêt minime : 1/16 % pour 6 mois (1). L'attrait pour le public en est nul : autant vaut laisser les capitaux en dépôt, sans intérêt, dans les banques. Ce sont donc les banques qui souscrivent, en leur propre nom, avec les fonds de leur clientèle.

    Le produit des emprunts sert principalement à financer les entreprises de secours direct aux classes ouvrières et paysannes dont il développe le pouvoir d'achat et la consommation. Une faible part seulement en va, sous le titre des travaux publics, aux industries de construction et d'outillage. Il en résulte que les épargnes mobilisées par l'Etat arrivent bien à stimuler les industries de consommation, mais n'alimentent qu'insuffisamment les industries dites de capital,

    Le circuit se referme, mais sans qu'ait été effectué tout le parcours habituel : un domaine entier de l'économie est mal irrigué et reste anémié.

    Pour assurer et compléter le redressement économique de l'Amérique, il faut, et sans doute même suffit-il aujourd'hui que la fonction circulatoire des capitaux soit rétablie.

    Pourquoi, malgré la reprise des affaires, n'y a-t-il pas d'émissions privées. Pourquoi le marché des capitaux reste-t-il paralysé? C'est la faute de la nouvelle loi sur la protection de l'épargne, le Federal Securities Act, répondent les financiers et la plupart des économistes. Qu'on en revise le texte, ou qu'on en donne pour le moins une interprétation libérale, et tous les obstacles seront levés. L'Association des banquiers a imaginé une solution ingénieuse : elle se chargerait de faire elle-même la police, et veillerait à l'application d'un code, où seraient incorporées toutes les règles du Federal Securities Act, mais qui admettrait l'excuse de la bonne foi et dont les sanctions seraient moins draconiennes.

    C'est un choix décisif que l'Administration Roosevelt aura bientôt à faire : ou bien rouvrir le marché des capitaux aux initiatives privées, ou bien en conserver le contrôle et se charger elle-même du financement à long comme à court terme de l'industrie américaine. Dans le premier cas, ce serait le retour au capitalisme privé. Dans le second, le gouvernement fédéral, exerçant le monopole des émissions, placerait ses bons sur le marché pour en affecter le produit à la souscription de valeurs industrielles. Ce serait le triomphe du capitalisme ou socialisme d'Etat, puisque l'Etat deviendrait graduellement le principal, puis l'unique actionnaire de toutes les entreprises.

    A première vue, c'est vers ce régime que le New Deal est orienté. Déjà le contrôle du pouvoir central s'étend sur les banques ; ce sont des organismes d'Etat qui assurent la distribution du crédit à court terme ; la production agricole est dirigée par Washington, et l'administration trouverait sans peine dans la N.R.A. l'instrument de ses interventions futures dans la gestion des industries.

    Mais entre le retour pur et simple à l'ancien capitalisme privé et l'institution du socialisme d'Etat, il existe une solution intermédiaire et c'est la plus probable.

    Quand ce sont moins des doctrines qui s'affrontent que des expériences qui se poursuivent, toutes les chances sont en faveur du compromis. On imagine sans peine la coexistence en Amérique du capitalisme d'Etat et du capitalisme privé, chacun régnant dans un secteur plus ou moins nettement délimité. Le premier comprendrait, avec les chemins de fer qui sont déjà placés sous la haute direction d'un « coordinateur » et dont la nationalisation est envisagée dans les rapports officiels, un certain nombre de services publics. Peu à peu pourraient s'y adjoindre les mines et les industries exploitant des ressources naturelles. Les autres branches seraient laissées ou rendues aux initiatives privées, auxquelles une interprétation libérale des textes législatifs permettrait de s'adresser au marché des capitaux, sous le contrôle immédiat des organisations corporatives et sous la surveillance plus discrète du pouvoir central.




1 - Ce taux minime prouve d'ailleurs que la politique monétaire de M. Roosevelt n'a pas affaibli le crédit de l’Etat.

 

 

 

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