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1 décembre 2004 3 01 /12 /décembre /2004 00:22


La-Revolution-Roosevelt.jpg


La Révolution Roosevelt
Georges Boris – 1934

 


Chapitre V : Pronostics

 

Changements de structure - Activités futures

 

 

 

 

 

 

    A de tels changements dans les objectifs et les règles de vie, ainsi que dans la psychologie de l'homo economicus, doivent naturellement correspondre des modifications profondes dans la structure sociale et dans l'aspect démographique du pays.

    On peut prévoir de vastes transferts de populations ; migrations géographiques et migrations professionnelles.

    Il y en aura de voulues et d'organisées : le gouvernement fédéral va créer de grandes colonies destinées à se suffire à elles-mêmes et à l'intérieur desquelles devra s'établir un équilibre des productions (agricoles, industrielles et artisanales) et des prestations de service.

    On y dirigera les habitants des campagnes et des villes où le redressement économique est impuissant à faire renaître les activités anciennes ; soit qu'elles étaient consacrées à des productions désormais réglementées et limitées par l'A.A.A. ou par certains codes industriels, soit qu'elles s'étaient développées de façon excessive pendant la période de fausse prospérité, soit enfin que les récents progrès techniques les condamnent à une disparition définitive.

    D'autres transferts s'opéreront automatiquement parce qu'en même temps que se fermeront certains débouchés, d'autres vont s'ouvrir.

    La limitation des profits de la classe capitaliste est destinée à imprimer aux investissements un rythme moins rapide qu'avant la crise, et par voie de conséquence la quantité des instruments de production augmentera moins vite. Mais, simultanément, l'accroissement du pouvoir d'achat des masses développera la consommation courante.

    L'industrie lourde, l'industrie dite de capital occuperont sans doute moins de main-d'œuvre qu'autrefois. Au contraire, l'industrie de consommation offrira des places et du travail à un plus grand nombre de techniciens, d'employés et d'ouvriers. En même temps, l'amélioration des conditions d'existence dans le peuple accroîtra, suivant un processus depuis longtemps observé, la demande pour les services (1) ; d'où encore création d'emplois.

    Mais de ce développement inégal on aurait tort de conclure que les industries de capital sont d'ores et déjà vouées à la décadence, ou même que l'état de stagnation où elles se trouvent actuellement, soit destiné à se perpétuer. L'industrie des machines, par exemple, sera stimulée par le rétablissement des hauts salaires qui poussent à la découverte et à l'application des procédés économisant le travail humain (labour saving devices).

    De nouvelles inventions ont été mises au point, ou vont l'être, qui peuvent ranimer des branches actuellement délaissées de la production industrielle. Dans les chemins de fer, où d'ailleurs tout l'outillage est à renouveler, la construction d'automotrices ultra-légères et à marche extrêmement rapide offre, pour un pays où les distances sont si grandes, un intérêt capital. Une industrie nouvelle est en train de se créer pour le « conditionnement » (purification, chauffage, refroidissement, humidification) de l'air.

    Mais il est un champ presque illimité à l'activité d'une des principales industries de capital, celle du bâtiment. A tel point qu'elle y peut trouver non seulement une compensation à toutes les déficiences, mais les bases d'une extraordinaire prospérité qui gagnerait immédiatement les industries voisines pour s'étendre bientôt à toute l'économie. On assisterait alors à un phénomène analogue au développement de l'industrie électrique, au début du XXe siècle, ou à celui de l'industrie automobile depuis la guerre.

    Aussi bien dans les villes que dans les campagnes, les Américains sont d'une façon générale extraordinairement mal logés. Dans les classes moyennes où à certains égards, on jouit d'un luxe inconnu dans les milieux correspondants en Europe, où par exemple les autos, les appareils frigorifiques sont choses courantes, l'habitation est le plus souvent misérable. Partout, même au milieu des cités modernes, ou trouve de vieilles maisons de bois. Les classes pauvres vivent dans d'affreux taudis. Les loyers sont d'ailleurs exorbitants et absorbent le quart ou même le tiers du revenu. D'où un déséquilibre dont on ne saurait exagérer la gravité et qui se reflète sur toute l'économie du pays.

    La solution du problème du logement ne transformerait pas seulement les conditions d'existence des Américains ; mais l'édification de maisons neuves par centaines de mille donnerait directement et indirectement du travail à des millions de chômeurs.

    Or cette solution, qui serait aussi celle de la crise, dépend en partie de progrès techniques qui abaisseraient le prix de la construction : ils ne sont certes pas hors de la portée du génie inventif de l'Amérique. Mais dans les centres urbains le problème est compliqué par la cherté inouïe des terrains. Il y a là une situation absolument anormale, dont la spéculation est la cause première, et à laquelle il est urgent de mettre fin, quitte à recourir à l'expropriation.

    Il n'y aurait rien d'étonnant que les prochains mois ou les prochaines années vissent s'accomplir en Amérique une révolution immobilière urbaine comparable à la révolution immobilière rurale en France, à la fin du XVIIIe siècle.




1 - Par exemple les blanchisseries, l'hôtellerie. De même pour les professions libérales (médecins, dentistes, infirmières, professeurs).

 

 

 

 

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