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29 octobre 2006 7 29 /10 /octobre /2006 10:51

Rembrandt, La Pièce aux cent florins


Corinthien 1-13


Quand je parlerais les langues des hommes et des anges, si je n'ai pas l'amour, je suis un airain qui résonne, ou une cymbale qui retentit.

Et quand j'aurais le don de prophétie, la science de tous les mystères et toute la connaissance, quand j'aurais même toute la foi jusqu'à transporter des montagnes, si je n'ai pas l'amour, je ne suis rien.

Et quand je distribuerais tous mes biens pour la nourriture des pauvres, quand je livrerais même mon corps pour être brûlé, si je n'ai pas l'amour, cela ne me sers à rien.

L'amour est patient, il est plein de bonté ; l'amour n'est point envieux, l'amour ne se vante point, il ne s'enfle point d'orgueil,

Il ne fait rien de malhonnête, il ne cherche point son intérêt, il ne s'irrite point, il ne soupçonne point le mal,

Il ne se réjouit point de l'injustice, mais il se réjouit de la vérité ;

Il excuse tout, il croit tout, il espère tout, il supporte tout.

L'amour ne périt jamais. Les prophéties seront abolies, les langues cesseront, la connaissance sera abolie.

Car nous connaissons en partie, et nous prophétisons en partie,

Mais quand ce qui est parfait sera venu, ce qui est partiel sera aboli.

Lorsque j'étais enfant, je parlais comme un enfant, je pensais comme un enfant, je raisonnais comme un enfant ; lorsque je suis devenu homme, j'ai fait disparaître ce qui était de l'enfant.

Aujourd'hui nous voyons au moyen d'un miroir, d'une manière obscure, mais alors nous verrons face à face ; aujourd'hui je connais en partie, mais alors je connaîtrai comme j'ai été connu.

Maintenant donc ces trois choses demeurent : la foi, l'espérance, l'amour ; mais la plus grande de ces choses, c'est l'amour.


Ici, l'amour doit être entendu dans le sens de l'Agapè (voir plus bas). A la fin de sa vie, Johannes Brahms (1833-1897) a mis en musique ce magnifique passage de la bible, dans "Les quatre chants sérieux" ("Vier ernste Gesänge"). Je vous conseille la version chantée par Fischer-Dieskau ou par Alexander Kipnis.


Le bon Samaritain, Rembrandt


Pour continuer sur le thème de l'Agapè, un extrait du discours de Martin luther king, "aimer vos ennemis":

(...) En dernière analyse, l'amour n'est pas cet élément sentimental dont nous parlons, cette simple émotion. L'amour est une bonne volonté créatrice, compréhensive à l'égard de tous. Il est le refus de dominer quiconque. Parvenu au niveau de l'amour, de sa beauté et de son pouvoir, vous ne cherchez plus qu'à combattre les mauvais systèmes. Quant aux individus, qui peut-être sont pris dans un tel système, vous les aimez, tout en cherchant à vaincre ce système.
Le grec, comme je l'ai souvent dit, est une langue très forte à ce sujet. Il nous aide magnifiquement en précisant le sens et la profondeur de toute la philosophie de l'amour. Et, à mes yeux, il est approprié et très intéressant, voyez-vous, que le grec possède trois mots pour désigner l'amour. Le premier terme est erôs, qui désigne une sorte d'amour esthétique auquel Platon consacre de longs développements dans ses dialogues, désir de l'âme pour le bien. Et il nous est parvenu comme une forme d'amour romantique, bien que très beau. Chacun l'a expérimenté dans toute sa beauté dans l'attraction qu'il ressent à l'égard d'un individu pour lequel il déborde d'amour. C'est que l'erôs, voyez-vous, est un amour puissant, magnifique, dont parle abondamment la littérature; nous en avons entendu parler.
Le grec emploie également le terme philia, qui désigne un autre type d'amour, très beau lui aussi. C'est une sorte d'affection intime entre des amis proches. Le genre d'amour que vous éprouvez pour vos amis, vos proches amis, ou les gens à qui vous téléphonez pour les inviter à dîner, votre camarade de chambrée au lycée, ce genre de choses. C'est une sorte d'amour réciproque. À ce niveau, vous appréciez quelqu'un qui vous apprécie, vous aimez quelqu'un qui vous le rend bien. À ce niveau, vous aimez parce qu'il y a quelque chose en l'autre qui vous paraît aimable. C'est un bel amour. Il permet la communication, d'avoir certaines choses en commun, de partager des activités. C'est philia.
Le grec emploie encore un autre mot, agapè. Agapè est plus qu'erôs et plus que philia; dans l'agapè il y a une bonne volonté pour tous les hommes, compréhensive, créatrice, rédemptrice. C'est un amour qui n'attend rien en retour. Un amour débordant, que les théologiens appelleraient l'amour de Dieu travaillant au coeur des hommes. Atteindre ce niveau permet d'aimer les hommes, non en raison de leur caractère aimable, mais parce que Dieu les aime. Voir tout homme et l'aimer parce que Dieu l'aime. Même si c'est la pire personne que vous ayez connue (...)

Sainte-Anne, De Vinci

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commentaires

Thierry 02/03/2009 23:14

Et si l'on devait faire un exposé détaillé de ce qu'est l'Agapè, il nous manquerait les mots.Seul le coeur de notre coeur peut en percevoir la substance réel.

Jean-Gabriel 03/03/2009 11:30


Cher Thierry,

S'il est très vrai que la perfection de l'Amour divin est incompréhensible pour l'intellect, il n'en demeure pas moins que nous pouvons le comprendre imparfaitement et aider notre prochain à en
saisir la substance, comme l'a fait Martin Luther King.

L'Agapè, l'Amour divin, la volonté de perfectionner la relation en vue d'une union plus parfaite, se perçoit beaucoup mieux dans les actes des grands hommes que dans les discours, et l'adage "On
jugera un arbre à ses fruits" est ici l'instrument de mesure.


Carmen Molina 23/11/2006 16:42

... je crois qu'on les assassine parce que l'amour est contagieux et puissant : on a bien vu comment les Gandhis, Martin Luther kings et autres ont soulevé des montagnes. Ils tuent le mal dans l'oeuf si on peut dire parce qu'ils n'ont pas peur et forcément, ils sont suivi avec beaucoup plus de fidélité que les autres leaders. Je ne pense pas que leur mort arrête ce qu'ils ont inscrit dans l'inconscient collectif.

kévin 24/11/2006 10:06

Merci,D'une certaine façon, ils sont immortels...Kévin

Dom 30/10/2006 16:15

Je ne sais pas si je serai capable d'étendre la cape de l'agape à mes ennemis.Dans le livre Inventons la paix, Wintrebert dans sa nouvelle propose deux pays :- l'un soumis à la force de la vengeance- l'autre soumis à la règle de l\hypnose, empêchant l'homme de ressentir des pusions violentes, y compris à l'encontre de son ennemi.Que l'on puisse essayer de vivre avec pour éviter la loi du talion et l'embrasement inverse, on pourrait le comprendre. C'est ce qu'essaient de faire les rwandais dans un contexte névralgique. Mais de là à aimer son ennemi, je ne suis pas sûre. Que l'éducation serve à éviter la formation de haine entre deux ethnies, c'est évident (plutôt qu'à la renforcer...). Mais jusqu'où peut-on agir pour éviter l'éclosion du sentiment haineux, surtout lorsque celui-ci est sucité par des exactions. Un petit texte de Gandhi qui m'a fait réfléchir : " Si je suis non-violent, je dois aimer mon ennemi. Mon comportement vis-à-vis d'un malfaiteur doit être le même, qu'il s'agisse d'une ennemi étranger à ma famille ou de mon propre fils. De tous les dons qui nous ont été faits, celui de la vie est sans doute le plus précieux. Celui qui faite le sacrifice de ce don désarme toute hostilité. il ouvre la voie de la compréhension mutuelle des adversaires et à un règlement honorable du conflit. Nul ne peut vraiment faire don de ce trésor, qui reste soumis à la peur. Il est impossible d'être à la fois lâche et non-violent. Ayant renoncé à l'épée, je n'ai rien d'autre que la coupe de l'amour à offrir à mes adversaires. C'est grâce à cette offrande que je compte me rapprocher d'eux... La non-violence ne consiste pas à s'abstenir de tout combat réel, face à la méchanceté. Au contraire, je vois dans la non-violence une forme de lutte plus énergique et plus authentique que la simple loi du talion qui aboutit à multiplier par deux la méchanceté. Contre tout ce qui est immoral, j'envisage de recourir à des armes morales et spirituelles. Je ne cherche pas à émousser le tranchant de l'arme que m'oppose le tyran en employant une lame encore plus aiguisée que la sienne. Je m'emploie à désamorcer le ressort du conflit en n'offrant aucune résistance d'ordre physique. Mon adversaire doit être tenu en respect par la force de l'âme. Tout d'abord il sera décontenancé, puis il lui faudra bien admettre que cette résistance spirituelle est invincible. S'il en convient, loin d'être humilié, il ressort de ce combat plus noble qu'auparavant. On peut objecter que c'est là une solution idéale. C'est tout à fait exact".La seule chose qui déprime un peu c'est que les grands leaders de la non violence ont été assassinés par des extrémistes de leur propre bord. Que doit-on en conclure?

kévin 30/10/2006 22:06

A qui profite le crime? Martin Luther King a failli mourir bien des fois à cause d'un puissant système établi qui ne pouvait supporter son combat. Gandhi aussi. Lumumba (en Afrique) a été tué par des puissants intérêts américains, Allende au Chili, etc...On doit peut-être en conclure que les "élites", les "oligarques", les "puissants seigneurs féodaux" ont peur de l'Amour. C'est une menace insupportable pour eux que d'être opposés à des hommes qui parlent de Platon à  des gens simples, comme le faisait Luther King. Rendre la dignité de penser aux gens et les aider à développer un esprit critique, créatif, c'est mal vu (il vaut mieux regarder la télé)."Le mal, c'est l'absence de bien" disait Leibniz. Cet amour universel pour tous les hommes morts, vivants ou à venir, peut déplacer des montagnes.Ce texte de Gandhi est bien choisi: comme Luther king, ces hommes pratiquent la non violence active . C'est une véritable bataille pour des idées et aussi pour une certaine idée de l'Homme.Les "oligarques" préfèrent une opposition violente, manipulée et impuissante qui se défoule dans de fausses révoltes jacobines (genre L.C.R), ou des moutons qui s'endorment devant le poste de T.V.à bientôt.Kévin

Dom 30/10/2006 15:26

Et pour en rajouter ce texte étonnant sur l'amour, extrait du Cantique des Cantiques (tiré de la Bible aussi). Ceux qui pensent que leur religion les empêchent d'aimer (et pas au sens de l'agape !!!) devraient s'y plonger !

La voix de mon amant ! Le voici, il vient ! Il bondit sur les monts, il saute sur les collines.
Il ressemble, mon amant, à la gazelle ou au faon des chevreuils... Le voici, il se dresse derrière notre muraille ! Il guette aux fenêtres, il épie aux treillages !
Il répond, mon amant, et me dit: Lève-toi vers toi-même, ma compagne, ma belle, et va vers toi-même !
Oui, voici, l'hiver est passé, la pluie a cessé, elle s'en est allée.
Les bourgeons se voient sur terre, le temps du rossignol est arrivé, la voix de la tourterelle s'entend sur notre terre.
Le figuier embaume ses sycones, les vignes en pousse donnent leur parfum. Lève-toi vers toi-même, ma compagne, ma belle, et va vers toi-même !
Ma palombe aux fentes du rocher, au secret de la marche, fais-moi voir ta vue, fais-moi entendre ta voix ! Oui, ta voix est suave, ta vue harmonieuse.
Saisissez pour nous les renards, les petits renards, saboteurs de vignobles ! Nos vignobles sont en pousse.
Mon amant à moi, et moi à lui, le pâtre aux lotus.
Jusqu'à ce que le jour se gonfle, s'enfuient les ombres, fais volte-face, ressemble pour toi, mon amant, à la gazelle ou au faon des chevreuils, sur les monts de la rupture.

Et toc ! : )

kévin 30/10/2006 21:33

Magnifique! Merci beaucoup.