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26 avril 2009 7 26 /04 /avril /2009 21:45
    Chers amis lecteurs, je suis heureux de vous annoncer que le travail de traduction des textes et discours de Franklin Delano Roosevelt a repris.

   Voici donc le chapitre six du livre de campagne de 1932 "Looking Forward", intitulé en américain Shall we really progress, dans lequel le futur président présente les résultats de son expérience en tant que gouverneur de l'état de New York dans la lutte contre le chômage et la misère des personnes âgées, et dans la mise en place de systèmes d'assurance chômage et vieillesse.

   Il y a un point remarquable que je tenais à souligner dans le projet d'assurance chômage de FDR, et qui devrait être appliqué immédiatement en France : les contributions des employeurs au système ne sont pas mises en commun, mais versées sur des comptes spécifiques de la société elle-même et conservées en vue d'indemniser pendant une certaine durée l'éventuel employé licencié.

   Cette mesure de non-mise en commun des contributions des employeurs à l'assurance chômage visait à empêcher les grandes compagnies cherchant à maximiser constamment leurs profits à faire porter le coût de leurs écrémages réguliers de main d'oeuvre sur le grand nombre des petites et moyennes entreprises, qui elles ne licencient individuellement que très rarement tout en cotisant régulièrement. Les législateurs de l'époque, autour de Roosevelt, reprochaient aux différents systèmes d'assurance chômage qui étaient apparus en Europe au cours des années 20-30 cette politique de "pot commun", qui faisait ainsi la part belle aux cartels et à leurs politiques de chaos social.

   A ma connaissance, nous sommes en France toujours dans cette situation, où les très nombreuses PME-PMI du pays, qu'elles le veuillent ou non, payent - cher - les dégraissages saisonniers et conjoncturels des grandes compagnies ou de leurs sous-traitants, ainsi que leurs délocalisations - pour cause de shareholder value -, alors qu'elles-même ne licencient que très rarement et recherchent plutôt le profit par l'accumulation de compétence, la stabilité et le développement.

   Les PME-PMI françaises payent donc pour des compagnies parasitaires sous le contrôle d'actionnaires avides qui ne savent mesurer le profit qu'en terme financier. La méthode de Roosevelt consistait à faire constituer par chaque compagnie un fond d'assurance chômage sous sa responsabilité, duquel elles devraient tirer les indemnisations des employés qu'elles licencieraient et selon un minimum légal et une durée maximum de dix semaine par douze mois. La durée peut sembler courte, mais il faut savoir que ce programme d'assurance chômage faisait partie du programme de relance du New Deal, par lequel Franklin Roosevelt a fait créer des millions d'emplois correctement rémunérés.

  M'est avis que cette méthode, si elle était appliqué en France, refroidirait brutalement le goût des actionnaires pour les dégraissages et les délocalisations, et soulagerait nettement les PME-PMI stables et régulières.

   N'est-ce pas ?

   Bonne lecture



Franklin Delano Roosevelt

Looking Forward
Le regard vers demain


The John Day Company, New York - Imprimé en mars 1933


Chapitre six :
Progresserons-nous vraiment ? (autres chapitres)


    Notre inquiétude grandissante au sujet de l’augmentation du coût du gouvernement est due au fait que la charge des taxes semble croître si rapidement que beaucoup pensent qu’elle deviendra intolérable dans les années à venir. D’ors et déjà, cette charge affecte radicalement nos vies. Mais mis à part les extravagances, inefficacités et gaspillages, nous ne pouvons nier que cette croissance des coûts est dans une large mesure due à cette nouvelle conception du gouvernement, qui prend en compte le progrès du bonheur et de la sécurité de tout le peuple.

    Il y a eu une nette augmentation du nombre de services d’état mis à la disposition des hommes et femmes ordinaires. Ces services ne sont en général pas connus de ceux qui sont les plus susceptibles de se plaindre des très graves injustices sociales de notre temps ; ils exigent plus de services, n’étant pas familier avec ceux déjà existant. Cela mène souvent à leurs duplications. La véritable question qui nous fait face est de savoir si nous allons laisser nos difficultés économiques et notre inefficacité organisationnelle contrarier le développement sain et fondamental de notre civilisation. De mon point de vue, nos objectifs sociaux devraient soutenir notre combat contre ces problèmes.

    Deux plans particuliers concernant la sécurité sociale, en train de prendre forme, ont un impact vital sur la totalité de notre civilisation américaine présente et future. Les vies de quatre-vingt dix pour cent de nos concitoyens – tous ceux qui doivent travailler et qui ne vivent pas de leurs investissements – sont concernées par le risque du chômage (même ceux qui par bonheur sont actuellement employés) et par la possibilité d’avoir besoin d’une assistance extérieure, arrivés à un âge avancé. Jusqu’à présent, le public ne s’est pas beaucoup préoccupé d’y trouver des solutions, car premièrement, en tant que jeune nation, de nouvelles ressources se sont ouvertes à nous, et secondement, parce que les sciences sociales sont encore dans leur premier âge, et que jusqu’à récemment la pauvreté, la faim et le besoin ont été dans une large mesure traité comme des maux nécessaires et inévitables.

    Il nous faut impérativement passer brièvement en revue les conditions existantes afin de pouvoir mettre à plat ce que nous cherchons à corriger. Nous pouvons et devons penser à l’échelle nationale, étant donné que chaque état et chaque région affrontent les mêmes problèmes et sont affectés par les problèmes de chacun des autres. Un cas de 1929 illustre ce fait. Lorsque l’industrie automobile, à Detroit, licencia plusieurs centaines de milliers de travailleurs de leurs usines locales, quarante mille d’entre eux vinrent dans l’état de New-York chercher du travail – un mouvement de masse à travers près d’un tiers du continent. Aujourd’hui, du fait que la nation est énormément industrialisée, la fermeture de dix pour cent de l’industrie est très nettement ressentie dans chaque communauté.

    L’absurdité de la nouvelle théorie économique qui fut imposée à la nation en 1928 et 1929 selon laquelle, contrairement à tous les enseignements de l’Histoire, la constance du travail continuerait indéfiniment selon une échelle croissante pourvu que la politique de salaires élevés, combinée avec une campagne commerciale agressive afin d’éliminer les stocks, soit maintenue, est dorénavant évidente. On prétendait pouvoir tout vendre, tout écouler, pourvu que tout le monde travaille et gagne un bon salaire. En conséquence, si toutes les familles possédaient chacune une voiture et un poste de radio en 1930, elles auraient besoin en 1940 de deux voitures et deux postes de radio, et de trois de chaque en 1950 – l’ancienne théorie du point de saturation ayant été entièrement abandonnée. Le refus d’admettre la vieille loi de l’offre et de la demande était déjà en soi suffisamment criminel, mais il fallut encore y ajouter le spectacle d’officiers gouvernementaux et de pontes de la finance jonglant avec les chiffres afin de déformer les faits. Lorsque qu’entre douze et quinze travailleurs sur cent sont sans emploi quelle que soit l’industrie, il n’est ni honnête ni utile de leur affirmer que le marché de l’emploi est pratiquement revenu à une situation normale, quelles que soient les raisons, toutes purement psychologiques, qui pourraient gêner la production.

    La vérité, c’est que nous nous trouvons au milieu d’un nouveau tour de roue du cycle économique, et que la production a dans la plupart des cas dépassé la consommation. A cette crise domestique est venue s’ajouter une extraordinaire chute de nos exportations. En examiner la raison serait ici hors-sujet.

    Ensuite, nous devons examiner l’effet des derniers processus de fabrication et de commercialisation. Le résultat des soi-disant méthodes d’efficience est que l’âge maximum d’aptitude à l’emploi n’est plus dorénavant de soixante-cinq à soixante-dix ans, mais a chuté pour n’être plus que de quarante-cinq à cinquante ans. Bien que ces pratiques ne soient heureusement pas universelles, un nombre croissant d’employeurs n’ont plus embauché que des jeunes hommes et femmes, et lorsqu’il fallut licencier ce furent les plus vieux employés qui partirent en premier. Ce qui signifie que le problème de la retraite, qui était fixé il y a encore quelques années par consentement mutuel à soixante-dix ans, est aujourd’hui avancé pour inclure des milliers de personnes dans leurs cinquante et soixante ans. Le pourcentage de ce changement du au désastre des dernières années ne sera vraisemblablement jamais connu, mais cela n’altère pas la probabilité que ce changement  continue à s’accroître.

    Pour résumer la situation actuelle, nous faisons face ici à une situation hautement complexe – où le chômage et les besoins de la retraite deviennent de plus en plus emmêlés, où le remède de l’un doit prendre en compte l’autre, où l’aide gouvernementale doit être pensée selon des principes économiques et scientifiques plutôt que d’être jetée en vrac par charité ou pour cause d’hystérie politique.

    A en juger du passé et du présent, le chômage existera toujours parmi nous en tant que nation, variant selon les cycles économiques. Certaines tendances et étapes sont traitées différents secteurs et différentes industries dans le but de lisser, partiellement du moins, ses pics et creux. Par exemple, nous tendons vers la semaine de cinq jours. Cela signifie l’emploi de plus de gens ou, du moins, le licenciement de moins de gens, ce que produit aussi le mouvement vers la réduction des heures travaillées par jours.

    Puis nous avons ce mouvement vers une meilleure planification du travail, le système dit de Cincinnati, qui garanti au travailleur une période définie d’activité, disons quarante-huit semaine sur un an, pour laquelle il ou elle est embauché ; à ce mouvement, nous pouvons ajouter l’étalement des périodes travaillées, la coopération entre les différentes lignes industrielles et l’accélération des constructions publiques et privées en temps de dépression.

    Il est bon de constater que pratiquement tous les gouvernements d’état ont admis l’urgence de la situation et ont mis en œuvre des actions résolues. Par exemple, en 1930, la législature de l’état de New-York me confia, en tant que gouverneur, un crédit de quatre-vingt dix millions de dollars pour des travaux publics, soit vingt millions de dollars de plus que l’année précédente. Et donc, de même, les municipalités et les comtés de l’état multiplièrent ce total par quatre. Ces actions, cependant, sont des mesures d’urgences, sur lesquelles on ne peut nécessairement pas compter lors des futures périodes de chômage puisque les dettes des gouvernements locaux ont augmenté à des niveaux alarmants, voire dangereux.

    Des remèdes plus permanents ont été mis en œuvre dans différentes parties du pays. Par exemple, à New-York, un comité que j’ai appointé, composé de quatre hommes d’affaires, d’un responsable syndical et du commissaire d’état à l’industrie, réfléchit sur les problèmes industriels généraux et s’accorda sur le principe de garantir un emploi régulier en mettant en œuvre une planification attentive au sein même des industries. Toutes ces réflexions et ces plans, cependant, souffrent  d’un manque sérieux de statistiques et de faits ; ainsi, il était aisé de savoir avec une précision suffisante combien de personne étaient employées, mais très difficile d’obtenir des chiffres précis sur le nombre de personnes sans emploi. Voici un besoin fondamental à satisfaire pour l’organisation publique et privée, de manière à connaître l’entière vérité sur la situation du chômage. Les déclarations des hauts responsables à Washington ont été discréditées – bien qu’il soit évident que le peuple ait le droit de connaître la vérité.

    En outre, la planification industrielle, bien qu’elle soit excellente dans le cas des grands employeurs qui, dans certains cas, sont capables d’établir leur prévision de production une année ou plus à l’avance, est beaucoup moins réalisable pour le petit employeur ou pour celui dont l’entreprise ne produit qu’un type de produit.

    Les conclusions sont, là encore, évidentes. Une planification attentive, une réduction du temps de travail, des données plus complètes, des travaux publics et une douzaine d’autres palliatifs seront à même dans le futur de réduire le chômage, particulièrement en période de dépression industrielle, mais tous ces moyens mis ensemble n’élimineront pas le chômage. Il y aura certainement dans notre histoire future des périodes où, pour des raisons économiques ou politiques, nous nous trouverons forcé de traverser plusieurs années de difficultés, les une après les autres. Nous subirons lors de ces périodes des « accidents » de chômage, comme nous en avons connu dans le passé ; comme, par exemple, lors de changements tels que le remplacement des produits cotonniers par des produits en soie artificielle ; ou comme lors de la dépression de la scène dramatique suite à l’avènement du cinématographe et des films parlants. Et aussi, nous verrons de nouvelles inventions comparables à l’arrivée de l’automobile, et nous subirons peut-être de nouvelles pertes sur les marchés étrangers. Certains de ces changements sont prévisibles, d’autres non. Et contre ceux-ci, la seule réponse semble être l’assurance, sous une forme ou une autre.

    Nous en viendrons à l’assurance-chômage dans ce pays tout aussi certainement que nous en sommes arrivés à couvrir les travailleurs victimes d’accidents industriels, aussi certainement que nous nous trouvons aujourd’hui sur le point d’assurer contre les besoins de la retraite et du troisième âge.

    Quatre-vingt dix pour cent du chômage est entièrement en dehors de la responsabilité du travailleur. D’autres nations et gouvernements ont mis en œuvre différents systèmes assurant leurs travailleurs lorsque frappe le chômage. Pourquoi devrions-nous, dans les quarante-huit états de notre Union, craindre d’entreprendre cette tâche ?

    Il nous est bien sûr nécessaire de nous garder contre deux graves dangers. L’assurance contre le chômage ne doit pas, pour cause de lacune ou autre, devenir une simple allocation encourageant l’oisiveté et contrariant ainsi son objectif initial. Il devrait être possible, en développant un système d’assurance chômage, de tracer une ligne nette et solide contre tout homme ou femme qui refuse d’accepter une proposition de travail, et il devrait être possible aussi d’alterner l’emploi de sorte que personne ne se trouve incapable de trouver un poste pendant plus de deux à trois mois à la fois. L’autre danger est qu’il y aura une tendance naturelle à faire reposer le coût de l’assurance chômage sur les revenus courants du gouvernement. Il est clair que l’assurance chômage doit être établie sur une base actuarielle, et que les cotisations doivent être faites par les salariés eux-mêmes. Idéalement, un système d’assurance chômage bien conçu devrait être autofinancé, et une étude attentive et intelligente des faits et des lois statistiques peut rendre cela possible.

    Les suggestions faites par la Commission Inter-état sur l’Assurance Chômage dans son rapport du début de l’année 1931, à l’attention de la conférence des gouverneurs sur le chômage convoquée par moi, méritent d’être suivies d’actes. Cette commission était composée de représentants de six des sept états industriels de l’Est – New York, Ohio, Pennsylvanie, New Jersey, Massachussetts et Connecticut.

    Le plan que ses membres conçurent est solide et soigneusement encadré. Il fournirait des provisions contre l’irrégularité de l’activité industrielle, offrirait des encouragements à la régularisation de l’industrie et maintiendrait le moral et la fierté du travailleur, si essentiels aux citoyens d’une démocratie. Il contient une différence radicale d’avec tous les plans européens, en ce qu’il évite totalement la mise en commun des réserves et des fonds de secours, recommandant que chaque employeur par ses versements constitue sa propre réserve et que celle-ci ne sera en aucune manière versée à un fond commun.

    Ces versements seront des contributions correspondant à deux pour cent de la masse salariale de l’employeur, qui seront réduites à un pour cent dès que les réserves accumulées dépasseront cinquante dollars par employé. L’allocation maximum sera de dix dollars par semaine ou cinquante pour cent du salaire de l’employé, au moins élevé des deux, et la période maximum d’allocation sera de dix semaines par période de douze mois. Les versements de chaque employeur constitueront la réserve salariale de sa compagnie, qui ne sera pas versée à un fond commun. Il est suggérée la création d’une Administration du Chômage constituée de trois membres, représentant l’un les travailleurs, le second l’industrie et le troisième la population générale.

    Il y est recommandé que les états agissent promptement afin d’étendre leurs services d’emplois publics, puisqu’aucun système d’assurance chômage ne peut remplir sa mission sans les échanges d’un système d’emploi correctement organisé et efficacement dirigé.

    La Commission du Chômage encouragera les actions coopératives entre les compagnies et les industries, car les mesures les plus efficaces permettant d’obtenir la plus grande stabilisation ne peuvent être accomplies que par une seule firme.

    Le rapport indique deux raisons fondant sa recommandation de contribution au fond par les employeurs : premièrement, « l’employé ne devrait pas, selon notre jugement, être requis de réduire encore ses revenus pour cause de payement de contribution aux réserves » ; secondement, « la responsabilité financière de l’employeur impliquée par le plan servirait d’incitation continuelle à éviter autant que possible les licenciements ».

    En recommandant que les payements de chaque employeur constituent la réserve d’assurance chômage de sa société et qu’ils ne soient par versés à un fond commun, le rapport espère éviter ce qui « a été généralement admis, même par les critiques sympathisants des pratiques européennes, comme ayant eu des résultats malheureux ». Lorsque le système de fond commun est utilisé, selon le rapport, « les industries à l’activité irrégulière, rendues capables d’obtenir du fond commun des allocations pour leurs travailleurs licenciés, pourraient être tenté de faire porter leur responsabilité et le coût de leurs licenciements par les industries plus stables et profitables. Dans la mesure où un licenciement est du à une direction inattentive ou indifférente, ou à l’incapacité de prendre des précautions appropriées pour le futur, la mise en commun des réserves risque d’avoir l’effet de perpétuer de telles pratiques antiéconomiques, et pourrait en conséquence échouer à offrir les incitations à la régularisation que les nombreux avocats de l’assurance chômage en espéraient ».

    Je pense que ces suggestions sont réalisables, aussi simples que la nature de telles actions le permet, et devraient être sérieusement reprises.

    Avec les plans d’assurance retraite d’ors et déjà en train de prendre forme dans l’état de New York, étant votés et mis en œuvre, malgré les difficultés financières du moment, il me semble qu’il est certain que nous allons continuer à progresser le long de ces axes de protection sociale. Il est stupéfiant de voir quelle révolution a eu lieu dans les esprits dans un espace de temps si court – vingt ans auparavant, ces manières d’envisager les devoirs du gouvernement n’auraient éveillé que des rires ou de l’appréhension publique.

    Aujourd’hui, nul besoin d’une longue démonstration pour prouver que l’assurance retraite est logiquement et inévitablement liée entièrement au problème du chômeur et que l’on peut réellement y faire quelque chose. Chacun sait que les hommes et femmes âgés ne sont plus capables de se soutenir eux-mêmes par leur travail, et qu’ils rejoignent pour cette raison les rangs des chômeurs exactement comme s’ils avaient été victimes de licenciements industriels. La seule différence est que leur licenciement n’est plus temporaire, mais permanent.

    Il est bien entendu inévitable que ces problèmes soient résolus étape par étape. Par exemple, le passage de la loi sur la sécurité des personnes âgées dans l’état de New York en 1930 n’a été qu’une étape vers la résolution du problème général. La nouvelle loi ne s’applique qu’aux hommes et femmes de plus de soixante-dix ans, mais elle est fondée sur la théorie correcte selon laquelle il est moins cher et meilleur pour les bénéficiaires de vivre dans leurs maisons durant leurs dernières années que de devenir des pensionnaires d’institutions.

    Cette loi de l’état de New York n’a pu aller aux véritables racines de la misère des personnes âgées. Elle n’a mis en place aucune mécanique pour la constitution de qui pourrait devenir en temps voulu un fond d’assurance, auquel l’état et les travailleurs, et éventuellement les employeurs, contribueraient. Le coût de la présente loi sera porté pour moitié par l’état et pour moitié par les comtés de l’état. Elle pourra fort bien suffire en tant que mesure de dépannage pour faire face à l’urgence de la situation de ceux qui aujourd’hui manquent de tout, mais elle doit être élargie dans son application, se passer définitivement de l’aide de l’état et des comtés et établir un système d’assurance, duquel le travailleur deviendra un réel partenaire en tant qu’individu le jour même où il ou elle commencera à gagner sa vie dans la société.

    Ces situations sociales ne peuvent se contenter de réponses hasardeuses. Les principes de l’assurance peuvent être appliqués à la résolution des problèmes du chômage et de la retraite. C’est une saine proposition d’affaire. Il serait bien plus radical de suggérer que les gouvernements locaux et d’états dussent, dans les jours à venir, verser les pensions et les allocations à ceux qui sont dans le besoin.

    Il est essentiel que chacun des états cherche à résoudre ces problèmes. Il est probable qu’ils s’y attaqueront en utilisant des méthodes bien différentes les unes des autres. C’est là cependant l’un des grands avantages de notre système de quarante-huit souverainetés séparées et distinctes. Certains états auront sans aucun doute plus de succès que d’autres. Mais nous pourrons apprendre, en comparant et en échangeant les idées. Il n’y a eu jusqu’ici que très peu d’échanges ; qu’ils soient dorénavant nombreux, actifs et intelligents.


Franklin Delano Roosevelt, 1932



Texte original ici

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