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12 mars 2008 3 12 /03 /mars /2008 14:01
ECRITS POLITIQUES
FRANKLIN DELANO ROOSEVELT
COMBATS POUR DEMAIN

(autres textes) 


CHAPITRE CINQUIEME  - Troisième partie
L'Organisation internationale et la Paix
Franklin-Delano-Roosevelt-en-1944-copie-1.jpg

LES COLONIES. « L'HISTOIRE DES ILES PHILIPPINES PEUT SERVIR DE MODÈLE AUX AUTRES PETITES NATIONS DU MONDE »

    Bien qu'un drapeau étrange, celui d'un agresseur perfide, flotte provisoirement sur le territoire philippin, c'est avec la plus grande confiance dans la victoire finale que les Nations Unies commémorent aujourd'hui l'anniversaire de la naissance de leur membre le plus jeune.

    Voilà sept ans que fut instauré le Commonwealth philippin. A cette époque, les Etats-Unis exerçaient la souveraineté sur les îles Philippines depuis une quarantaine d'années. Mais comme je le disais en 1935, lors de l'inauguration du Commonwealth : « En acceptant d'exercer notre souveraineté nous n'avons fait qu'assumer une obligation, celle de servir le peuple philippin jusqu'au jour où il pourrait devenir indépendant et prendre sa place parmi les nations du monde. »

    Permettez-moi de remonter à l'époque où, après la victoire remportée par l'amiral Dewey dans la baie de Manille, l'Amérique étendit sa souveraineté aux îles Philippines. Une très grande partie du peuple américain pensait que les Etats-Unis montraient peu de sagesse et beaucoup d'impertinence en maintenant au rang de colonie 'un peuple de plusieurs millions d'êtres humains qui avaient déjà manifesté leur, désir d'indépendance.

    Cependant les Etats-Unis et les chefs du peuple philippin commencèrent bientôt à exécuter un plan à longue portée, grâce auquel, le jour où le peuple philippin serait capable de voler de ses propres ailes, les îles Philippines seraient pourvues d'établissements d'instruction publique, d'un service de santé, d'organismes commerciaux et de moyens de communication. En même temps nous accordâmes aux Philippines une autonomie locale de plus en plus étendue.

    En 1934, au cours de conférence cordiales, les autorités philippines et américaines décidèrent que l'on pouvait fixer avec précision le moment où les îles Philippines deviendraient tout à fait indépendantes. Cet événement devait se produire à l'expiration d'une période de dix ans pendant laquelle les Philippines jouiraient d'une complète autonomie locale et seraient gouvernées d'après leur propre constitution avec le statut de dominion.

    Mis en vigueur en 1935 sous la présidence de mon vieil ami, Manuel Quezon, ce statut fonctionna si bien que le 7 décembre 1941 nous étions ensemble à l'oeuvre et nous nous étions mis d'accord pour fixer à 1946 l'indépendance complète des Philippines. Pendant tout ce laps de temps nos deux nations et nos deux peuples avaient tenu leurs engagements mutuels. Ils avaient une confiance inébranlable dans leur bonne foi respective — leurs relations amicales furent cimentées d'une manière indissoluble par l'épreuve tragique qu'ils subirent pendant les mois douloureux qui suivirent l'agression traîtresse du Japon.

    Les courageux Philippins — soldats et civils —se battirent aux côtés des Américains dans des conditions extrêmement défavorables. Ils étaient résolus à verser leur sang pour défendre leur liberté. Combien largement ils la méritent, cette liberté !

    J'aime à croire que l'histoire des Philippines telle qu'elle évolua au cours des quarante-quatre dernières années, peut vraiment servir de modèle aux autres petites nations du monde. C'est un modèle de ce que les hommes de bonne volonté espèrent réaliser dans l'avenir — un modèle de civilisation globale qui n'admet aucune restriction due à la religion, aux opinions ou à la race.

    Mais nous ne devons pas perdre de vue qu'une civilisation de ce type requiert l'existence préalable de deux facteurs importants. Il faut d'abord une période de préparation au cours de laquelle on propage l'instruction en même temps qu'on reconnaît et qu'on satisfait les besoins physiologiques, sociaux et économiques du pays. Il faut ensuite entraîner le pays à exercer la souveraineté complète ; à cet effet il faut lui accorder une autonomie de plus en plus grande, commençant par le gouvernement local et se développant par étapes successives, jusqu'à l'indépendance politique totale.

    Les Etats-Unis eux-mêmes ne sont parvenus à leur indépendance nationale pleine et entière qu'après une série d'étapes préliminaires. Les assemblées communales des colonies de la Nouvelle-Angleterre, les organismes locaux analogues qui existaient dans les autres colonies, nous conduisirent progressivement au gouvernement par comtés et, plus tard, au gouvernement par états. Tout ce processus de formation et de développement politique précéda l'institution du gouvernement fédéral permanent de 1789.

    En aucun lieu du monde l'indépendance politique ne peut être durable si elle n'a été précédée d'une période d'entraînement analogue. Certains peuples doivent recevoir une formation plus poussée et plus prolongée ; d'autres n'ont pas besoin d'une formation préliminaire aussi développée et aussi longue.

    Dans le passé récent, l'histoire des Philippines se résume en une période de collaboration, de développement et de mise au point sur le plan national. A supposer même que nous en ayons douté, nous sommes sûrs, maintenant, que notre gouvernement a adopté la meilleure ligne de conduite.

    Le plan suivi en l'occurrence est intimement lié à la philosophie et aux idéaux des Nations Unies. La doctrine qui inspire les ambitions et qui meut la cruauté de nos ennemis — à savoir, qu'il existe une race de maîtres appelée à gouverner tous les autres peuples — cette doctrine est en bonne voie d'anéantissement, et pour toujours.

    Les Etats-Unis et les Philippines sont déjà en train d'étudier les problèmes économiques qui se poseront dans l'avenir — lorsque le Président Quezon et son gouvernement se trouveront à nouveau réinstallés dans la capitale de Manille. Au cours d'une conférence que nous avons tenue la semaine passée, le Président Quezon et moi-même nous avons convenu de former une Commission mixte comprenant des représentants de nos deux pays ; elle aura pour tâche d'étudier la situation économique qui sera celle de la future nation philippine et de rechercher les moyens d'en assurer la stabilité et la sécurité.

    Ce fait témoigne de l'extrême bonne foi qui existe désormais entre nos deux gouvernements.

    Mais c'est plus encore : ce fait symbolise, d'une manière réaliste, notre résolution farouche et notre certitude absolue de chasser des Philippines jusqu'au dernier Japonais.

    Président Quezon, je vous salue en cet anniversaire qui se présente sous d'heureux auspices, et je salue en vous le peuple des îles Philippines. Je salue son courage. Je salue son indépendance.


Franklin Delano Roosevelt

 

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