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12 mars 2008 3 12 /03 /mars /2008 13:40
ECRITS POLITIQUES
FRANKLIN DELANO ROOSEVELT
COMBATS POUR DEMAIN

(autres textes) 


CHAPITRE CINQUIEME  - Première partie
L'Organisation internationale et la Paix

Roosevelt1944.gif
WILSON ET L'ENTENTE ENTRE LES PEUPLES

    La compréhension doit être le terrain sur lequel croîtront les fruits de l'amitié. » Ces paroles prononcées par le président Wilson dans son discours à Mobile en 1913 peuvent parfaitement servir de base à la politique du Gouvernement des Etats-Unis. Cette politique s'applique également à la compréhension de nos problèmes intérieurs et de nos relations internationales.

    Woodrow Wilson était professeur et quand il employait le mot « compréhension » il l'entendait non pas dans l'esprit des hommes d'état et des chefs politiques, des chefs d'entreprise et des rois de finance ; il l'appliquait plutôt aux peuples de l'univers qui vont constamment apprendre à l'école des vérités premières, de telle sorte qu'eux et leurs voisins puissent mener une vie plus sûre, plus heureuse et plus complète.

    Sur tous les continents, dans tous les pays, Woodrow Wilson a facilité la compréhension entre les peuples. On peut admettre, je pense, que les événements de ces derniers mois, plus que dans aucune autre période analogue de notre histoire, ont amené les personnes à s'intéresser au gouvernement ; aux problèmes du gouvernement ; pourtant cet intérêt et cette compréhension récents, le peuple américain n'aurait pu les manifester si Woodrow Wilson ne lui avait donné l'élan et ne l'avait mis sur la voie de la compréhension dans son discours d'il y a vingt ans.

    Dans ce discours prononcé à Mobile, le président Wilson le premier, a fait cette déclaration nette que les « Etats-Unis ne chercheront jamais plus à conquérir un seul mètre carré de territoire », et les Etats-Unis ont adopté cette déclaration. Le président Wilson est allé plus loin en ajoutant — s'adressant particulièrement à nos voisins d'Amérique latine — que les intérêts matériels ne primeraient jamais la liberté humaine.

    Néanmoins, par suite des bouleversements qu'apporta la grande guerre, on n'a pu appliquer entièrement cette politique de désintéressement. Nous tous nous avons là notre part de responsabilité.

    Je n'hésite pas à dire que si j'avais participé à la campagne politique dans quelque autre pays, j'aurais été fortement tenté de miser sur les craintes de mes compatriotes et d'accuser les Etats-Unis de tendances impérialistes en vue d'un agrandissement égoïste.

    En tant que citoyen de quelque autre république, j'aurais pu difficilement croire à l'altruisme de la plus riche république américaine.

    Il m'apparaît donc clairement, en tant que Président de la République des États-Unis, que le moment est venu d'ajouter à la déclaration du président Wilson cette nouvelle déclaration : la politique des Etats-Unis s'opposera dorénavant à toute intervention armée.

    Le maintien d'un gouvernement constitutionnel dans les autres pays d'Amérique ne crée pas une obligation sacrée pour les seuls Etats-Unis. Le maintien de la loi et la bonne marche d'un gouvernement dans cet hémisphère intéresse avant tout chaque nation, prise, en particulier, à l'intérieur de ses propres frontières. Ce n'est que, si et lorsque le désordre sévit dans les autres pays du continent, que cette situation intéresse ces derniers. J'insiste sur ce point que, dans ce cas, cette situation intéresse le continent tout entier, où nous sommes tous voisins.

    C'est la compréhension de cette doctrine — non pas seulement par les dirigeants, mais encore par les peuples de toutes les républiques — qui a permis à la conférence de Montevideo d'aboutir au résultat qu'elle a obtenu. L'état d'esprit qui existe actuellement entre les nations de l'Amérique tout entière est le meilleur que l'on ait pu constater, à n'importe quelle époque que l'on remonte.

    Dans le reste du monde, la succession des événements n'a pas permis, ces derniers temps, aux projets du Président Wilson d'aboutir.

    Un observateur superficiel dirait que cet échec provient de la recrudescence du nationalisme dans le monde. Mais un tel observateur veut parler d'un nationalisme pris au sens étroit et restrictif, et de cette sorte de nationalisme que, dans chaque pays, l'immense majorité du peuple appuierait.

    Je m'oppose à cette représentation de la population actuelle de l'univers.

    Ce n'est pas aux populations que l'on peut reprocher de menacer la paix, mais à leurs dirigeants politiques.

    Le courageux appel lancé par le Président Wilson au monde pour bannir toute guerre future, frappa l'imagination des masses. Mais, pour le plus grand nombre des soi-disant hommes d'Etat réunis à Paris pour établir un traité de paix ou prétendu tel en 1919, cet appel resta lettre morte. Je vis ce spectacle de mes propres yeux, j'entendis leurs paroles de mes propres oreilles. Avantages politiques, prestige personnel, agrandissement national, tels furent les soucis au milieu desquels la Société des Nations vit le jour ; dès son enfance, elle en supporta le lourd handicap.

    Malgré tout, grâce à la Société des Nations, directement ou indirectement à ses principes, tous les Etats du monde ont tâtonné à la recherche d'un moyen meilleur que ceux qu'ils avaient utilisés jusque là pour régler leurs différents.

    La Société des Nations a fourni l'occasion de nombreuses rencontres diplomatiques : elle a servi à organiser des débats internationaux, et en maintes occasions, elle a aidé à la réglementation de l'hygiène, du travail, du commerce et de l'éducation ; enfin, elle a permis le règlement de nombreuses disputes, grandes et petites, entre nations grandes et petites.

    Aujourd'hui, plus que jamais, les Etats-Unis coopèrent ouvertement avec l'organisation de Genève.

    Je crois traduire la pensée de mes compatriotes si j'affirme que les anciennes politiques, les anciennes alliances, les combinaisons et balances de pouvoirs, se sont avérées inefficaces pour le maintien de la paix mondiale. La Société des Nations, en encourageant, comme elle le fait l'extension des pactes de non-agression, les accords sur la réduction des armements, est le pilier sur lequel s'échafaude la paix mondiale.

    Nous ne sommes pas membres de la Société des Nations et nous n'envisageons pas de le devenir. Mais nous lui apportons toute notre coopération dans tout domaine qui, en dehors de la politique représente un effort sincère pour protéger la vie et le bien-être des dirigeants politiques et à tout mouvement de tendance impérialiste.

    Si vous évaluez la population du globe à un milliard et demi d'habitants, vous ne risquerez pas de vous tromper en déclarant que quatre-vingt-dix pour cent au moins de ces êtres se contentent de nos jours des limites territoriales de leurs pays respectifs et qu'en outre ils consentiraient à réduire leurs armements si toutes les autres nations promettaient de faire de même. Derrière ce qui menace la paix mondiale, il y a la crainte et peut-être même la possibilité que les dix autres pour cent ne suivent un gouvernement qui recherche l'expansion territoriale au détriment des voisins et qui, sous divers prétextes, refuse de réduire ou d'arrêter les armements, même si tous les autres gouvernements adhèrent à un pacte de non-agression et de réduction des armements.

    De tout temps, jusqu'à la guerre mondiale de 1914-1918, les guerres ont été faites par les gouvernements. Woodrow Wilson a mis en doute la nécessité de ces guerres : ce qui a donné à penser aux peuples qui créent et qui changent leurs gouvernements. Ils se sont demandés avec Woodrow Wilson s'ils ne pourraient pas, un jour, empêcher eux-mêmes les gouvernements de faire la guerre.

    Proposons à la nouvelle génération, en reprenant simplement le mot de Wilson, que dorénavant, au lieu de guerres faites par les gouvernements, on jouisse d'une paix faite par les peuples.


Franklin Delano Roosevelt

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