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17 décembre 2007 1 17 /12 /décembre /2007 05:15
ECRITS POLITIQUES
FRANKLIN DELANO ROOSEVELT
COMBATS POUR DEMAIN


CHAPITRE PREMIER
  - Seconde partie

Démocratie et Liberté


    LES QUATRE LIBERTÉS

FDR-copie-1.jpg     Aujourd'hui, Jour du Drapeau, nous célébrons la Déclaration des Nations Unies -- cette grande alliance, dont les membres ont juré la défaite de nos ennemis et l'établissement d'une paix véritable, fondée sur la liberté humaine. Aujourd'hui, la République du Mexique et le Commonwealth des Philippines se joignent à nous. Nous souhaitons la bienvenue à ces peuples vaillants qui se rangent aux côtés de ceux qui combattent pour la liberté.
    Les quatre libertés de l'homme du peuple lui sont aussi nécessaires que l'air et le soleil, le pain quotidien et le sel. Enlevez-lui ces libertés et il meurt. Privez-le d'une partie de ces libertés et il s'étiole. Mais donnez-les-lui en toute plénitude et il franchira le seuil d'une ère nouvelle, d'une ère qui sera la plus grande de l'humanité.
    Ces libertés appartiennent de droit à l'homme, quels que soient sa race, sa religion, et son pays. Ces libertés sont son héritage, dont on l'a depuis si longtemps privé. Nous, les Nations Unies, avons enfin le pouvoir, les forces humaines et la volonté nécessaires pour assurer l'héritage de l'homme.
La croyance profonde que nous avons en ces quatre libertés, le fait que nous croyons que l'homme fut créé libre et à l'image de Dieu, sont ce qui nous distingue fondamentalement des ennemis que nous affrontons aujourd'hui. Ce sont ces convictions qui font l'unité absolue de notre alliance, opposée au groupe des forces du mal que nous détestons. Ces convictions font notre force ; elles rendent notre victoire certaine.
    Nous autres, les hommes des Nations Unies, savons que notre foi ne peut être ébranlée par aucune puissance. Nous savons aussi que cette foi est partagée par des millions de captifs silencieux.
    Nous demandons au peuple allemand, encore dominé par ses tyrans nazis, s'il préférerait être esclave dans l'enfer mécanisé du "Nouvel Ordre" hitlérien, ou bien bénéficier de la liberté d'expression et de religion, de la libération de la crainte et de la misère.
    Nous demandons au peuple japonais, écrasé sous la botte des sauvages seigneurs de la guerre, s'il opterait encore pour sa condition d'esclavage et de meurtre, s'il pouvait avoir, au lieu de cela, la liberté d'expression et de religion, la libération de la crainte et de la misère.
    Nous demandons aux braves populations des nations que l'Axe a envahies, déshonorées et dépouillées, sans pour cela parvenir à les subjuguer si elles préféreraient se soumettre aux conquérants, ou bien jouir de la liberté d'expression et de religion, en étant libérées de la crainte et de la misère.
    Nous connaissons la réponse. Les peuples connaissent la réponse. Nous savons que l'homme, créé à l'image de Dieu, est fait pour être libre et qu'il ne tolérera pas longtemps l'action du glaive de l'oppresseur. Les peuples des Nations Unies arrachent ce glaive des mains dominatrices. Avec ce glaive même, elles frapperont les tyrans à mort. Les tyrannies impudentes passent... L'homme, lui, marche vers la lumière.
    En terminant, je vais vous lire une prière qui a été composée pour les Nations Unies à l'occasion de cette journée :
    « O Dieu des hommes libres, nous consacrons aujourd'hui notre coeur et notre vie à la cause d'une libre humanité.
    « Faites que nous triomphions des tyrans qui cherchent à asservir tous les peuples et toutes les nations. Donnez-nous la foi nécessaire pour aimer et comprendre, comme s'ils étaient nos propres frères, tous ceux qui se battent pour la liberté. Donnez-nous cet amour fraternel dans l'espérance et dans l'union. Donnez-le nous tout le temps de cette dure guerre. Donnez-le nous aussi, nous vous en prions, pour les jours à venir, durant lesquels tous les hommes devront et sauront s'unir.
    « Notre terre n'est qu'une bien petite portion de cet univers immense. Pourtant, si nous le voulons, nous pouvons en faire un monde que la guerre ne tourmentera plus, un monde que la faim et la peur ne troubleront plus, un monde qui ne sera plus divisé par les distinctions insensées de race, de couleur et de doctrine. Donnez-nous le courage et la prévoyance de commencer dès aujourd'hui cette tâche, pour que nos enfants et les enfants de nos enfants puissent être fiers du nom d'homme.
    « L'esprit de l'homme s'est éveillé, l'âme de l'homme a progressé. Donnez-nous la sagesse et la pénétration qui nous permettent d'embrasser la grandeur de l'esprit humain, lequel supporte et tolère de tels maux pour atteindre un but situé au delà de sa brève existence. Accordez-nous d'honorer ceux qui sont morts pour notre cause et ceux qui travaillent et luttent pour elle. Accordez aux peuples et aux nations captives le pouvoir de se libérer et de vivre en sécurité. Accordez-nous la patience à l'égard de ceux qui ont été induits en erreur et la pitié pour ceux qui ont été trahis. Et accordez-nous le courage et l'habileté qui débarrasseront le monde des forces d'oppression et effaceront ce vieux principe au nom duquel les forts doivent dévorer les faibles du seul fait de leur force.
    « Et, plus que tout, donnez-nous la fraternité, non seulement pour ce jour, mais pour toutes les années qui nous sont accordées — la fraternité non pas verbale mais en acte. Tous, tant que nous sommes, nous sommes les enfants de la terre. Accordez-nous la conscience de cette simple vérité. Si nos frères sont opprimés, nous sommes opprimés. S'ils ont faim, nous avons faim. Si la liberté leur est enlevée, la nôtre n'est point sûre. Inspirez-nous à tous la conviction que l'homme aura droit à la paix et au pain — qu'il connaîtra la justice et le droit, la liberté et la sécurité ; et que chacun aura les mêmes chances que son voisin de pouvoir faire de son mieux, non seulement dans son propre pays, mais à travers le monde. Et, forts de cette foi, avançons vers ce monde purifié, que nous pouvons créer de nos propres mains. Amen ».




    L'ESPOIR D'UNE VIE NOUVELLE QUI SERA VÉCUE SOUS LE RÈGNE DE LA LIBERTÉ, DE LA JUSTICE ET DE LA DIGNITÉ

    Les membres du Congrès International des Etudiants apprendront sans doute avec intérêt qu'au cours de la semaine écoulée, la radio de l'Axe a consacré dans ses commentaires une place inaccoutumée à vos séances et au discours que vous entendez en ce moment même. Nos postes d'écoute ont capté un volume croissant d'émissions de l'Axe — y compris celles des stations que les nazis contrôlent en France, en Hongrie, en Hollande, et autres pays. Le Congrès des jeunes gens des Nations Unies y est pris à partie avec une haine violente, et des allégations entièrement mensongères. Nos postes d'écoute nous avertissent qu'ils s'attendent à ce qu'en ce moment précis, dans toutes les nations dominées par l'Axe, les émissions soient complètement brouillées — totalement obscurcies — afin qu'aucun des mots que je vous adresse ne soit entendu — soit en anglais, soit en traduction — par aucun de ces jeunes, frémissant sous la botte d'Hitler.
    La radio nazie de Paris, par exemple, déclare à la jeunesse française que Roosevelt est le seul responsable de la défaite de la France, que Roosevelt n'a pas qualité pour adresser un message à la jeunesse du monde, parce que l'Amérique est un pays qui n'a rien fait pour la jeunesse.
    Berlin raconte que quatre organisations de la jeunesse française ont protesté d'avance contre ce discours parce que Roosevelt est responsable de la mort de plus de cent mille jeunes Français. Pour le dire en passant, il serait curieux de savoir exactement combien il y a de vrais Français dans ces prétendues organisations de la jeunesse française.
    Un poste de Tokyo dit que je suis en train d'avouer devant vous, en ce moment, que les gens de mon pays sont en décadence, sont des poules mouillées — des fils à papa—pourris par la musique de jazz et les films de Hollywood. Evidemment, ce commentaire n'a pour auteur aucun des Japonais qui se sont battus dans le sud-ouest du Pacifique contre nos « fils à papa ».
    Il est facile de deviner la raison de cette hystérie, avec laquelle nos ennemis s'acharnent contre la réunion d'aujourd'hui tout en restant sur la défensive. Depuis de nombreuses années, ils ont lancé leur hypocrite appel à la jeunesse — ils ont essayé, par toute leur tapageuse publicité, de se présenter comme les champions de la jeunesse.
Mais le monde sait maintenant que les nazis, les fascistes et les militaristes du Japon n'ont rien à offrir à la jeunesse — sinon la mort.
    Tout au contraire, la cause des Nations Unies est la cause de la jeunesse elle-même. Elle est l'espoir de la nouvelle génération — et des générations à venir — l'espoir d'une vie nouvelle, qui puisse être vécue dans la liberté, la justice et la dignité.
    C'est un fait qui devient chaque jour plus évident pour la jeunesse de cette Europe où les Nazis essaient de créer sur le modèle nazi des organisations pour la jeunesse. Ce modèle n'a pas été établi par la jeunesse pour la jeunesse. C'est un modèle conçu par Hitler et imposé aux jeunes gens par le système du bourrage de crâne — un régime de contrevérités, de falsifications, de dissimulations, le tout appuyé par les mitrailleuses de la Gestapo.
    Si vous avez le moindre doute sur ce que la jeunesse d'Europe qui se respecte pense des promesses faites à la jeunesse du monde par les chefs de l'Axe, regardez tous ces vaillants jeunes gens de France, tous ceux des autres pays occupés, qui préfèrent affronter le peloton d'exécution plutôt que d'accepter de vivre sous Hitler dans l'esclavage et la dégradation.
    Dans des pays aussi malheureux que la Finlande, la Hongrie, la Bulgarie, la Roumanie et l'Italie, dont les gouvernements ont jugé bon de se soumettre à Hitler et d'exécuter ses ordres, les Quisling eux aussi ont mis sur pied des organisations pour la jeunesse — mais ce sont des organisations qui ont pour fin d'envoyer les jeunes gens, par dizaines de mille, se faire massacrer sur le front oriental ; car les Nazis ont besoin de chair à canon pour essayer encore, en désespoir de cause, de rompre le front d'acier de l'armée russe.
    En Chine, une héroïque jeunesse s'est dressée, inébranlable, depuis plus de cinq ans, contre toutes les tentatives du Japon qui voulait la séduire et la désarmer avec des mensonges aussi transparents que la promesse de « l'Asie aux Asiatiques ». Les Chinois savent très bien que cela veut dire simplement : « Le monde entier sous l'esclavage japonais ».
    Nous sommes joyeux à la pensée que ce seront les jeunes gens, les hommes libres et les femmes libres des Nations Unies, non pas les robots dégénérés des pays esclaves, qui donneront sa forme au monde de l'avenir.
    Les délégués de ce Congrès International des Etudiants représentent les vingt-neuf Nations Unies. Ils représentent aussi, du moins en esprit, les jeunes générations de beaucoup d'autres nations qui, bien qu'elles ne soient pas effectivement en guerre à nos côtés, sont avec nous de cœur et d'âme, dans la mesure où elles aspirent à un monde où la paix soit garantie. Avant la première guerre mondiale, il n'existait pas de pays où l'opinion courante reconnaissait à la jeunesse le droit de parler pour elle-même, ou de participer aux conseils politiques.
    Mais, depuis cette époque, nous avons beaucoup appris. Nous savons que la sagesse n'est pas nécessairement une question d'âge ; que de vieilles personnes peuvent être folles et que des jeunes peuvent être sages. Mais, dans toutes les guerres, c'est la jeune génération qui porte le fardeau du combat et qui hérite de tous les maux que la guerre laisse après soi.
    Dans les crises économiques qui ont suivi la fausse prospérité de l'après-guerre, beaucoup de jeunes, hommes et femmes, ont souffert plus encore que leurs aînés. Car ils furent privés de toute occasion de s'instruire, de s'entraîner, de travailler ; ils n'avaient pas même assez de nourriture pour former des corps vigoureux. Le résultat, c'est qu'ils étaient tentés de chercher un remède simple, non seulement à leur situation individuelle, mais encore à toutes les difficultés où se débattait le monde. Quelques-uns prêtaient l'oreille à des voix étrangères, à des sirènes qui offraient à toutes leurs questions des promesses spécieuses. « La démocratie est morte », leur disaient ces voix, « suivez-nous, et nous vous apprendrons le succès. Nous vous mènerons à la conquête du monde. Nous vous donnerons le pouvoir sur les races inférieures. Et tout ce que nous vous demanderons en échange, c'est... votre liberté ».
    D'autres jeunes gens, dans les démocraties, écoutaient les évangiles de désespoir. Ils cherchaient refuge dans le cynisme et l'âpreté.
    Cependant, un moment vint où toutes les théories durent s'effacer devant le fait, le fait redoutable et tangible : bombardiers piqueurs, divisions cuirassées, menace directe contre la sécurité de tous les foyers, de toutes les familles, dans tous les pays libres du monde. Et quand ce fait devint évident pour nos jeunes gens, par millions ils répondirent à l'appel aux armes. Aujourd'hui, ils sont résolus à combattre jusqu'à la destruction complète des forces d'agression.
    Ce que je dis, ici, à Washington, est entendu par plusieurs millions de soldats américains, de marins, de fusiliers marins, non seulement à l'intérieur des frontières et des eaux américaines, mais dans les endroits très éloignés d'ici — en Amérique Centrale, dans l'Amérique du Sud, dans les îles de l'Atlantique, en Grande-Bretagne et en Irlande, sur les côtes de l'Afrique, en Egypte, en Irak et en Iran, en Russie, dans l'Inde, en Chine, en Australie, en Nouvelle-Zélande, dans les îles du Pacifique et sur toutes les mers du monde. Dans toutes ces régions, nos combattants sont présents.
    A ces combattants, je voudrais adresser un message spécial, message qui leur vient non seulement du Commandant en chef, mais du coeur même de tous leurs concitoyens.
Jeunes Américains, vous vous montrez aujourd'hui dignes des traditions les plus élevées et les plus nobles de notre Nation.
    Ni les pèlerins qui abordèrent sur la côte inexplorée de la Nouvelle-Angleterre, ni les pionniers qui péniblement se frayèrent un chemin à travers la brousse sauvage, n'ont montré plus de courage ni plus de résolution que vous ne le faites en ce moment.
    Ni vos propres pères, en 1918, ni les pères de vos pères en 1863 ou en 1776, n'ont combattu avec plus de vaillance, avec plus de dévouement au devoir et à la patrie que vous n'en montrez maintenant sur les champs de bataille, si loin de vos foyers.
    Et qui plus est, vous savez pourquoi vous vous battez. Vous savez que la route qui vous a conduits aux îles Salomon, dans la mer Rouge ou sur les côtes de France, n'est vraiment qu'un prolongement de la Grand'Rue de votre ville. En quelque endroit que vous vous battiez le long de cette route, vous savez que vous vous battez pour la défense de vos foyers, de vos libres écoles, et de vos idéaux.
    Nous, au pays, nous avons au suprême degré le sentiment de nos obligations envers vous, pour aujourd'hui et pour l'avenir. Nous ne vous laisserons pas tomber.
    Nous savons que, dans l'esprit de beaucoup d'entre vous, il y a la pensée des études interrompues, des carrières abandonnées, des emplois qu'on aurait pu avoir. La solution de ces problèmes ne peut pas être laissée au hasard, ainsi qu'elle le fut la dernière fois. Notre gouvernement a accepté la responsabilité de s'en occuper, de telle sorte que, dans tous les cas possibles, du travail soit fourni à ceux qui veulent et qui peuvent travailler, mais qui ne trouvent pas à se placer. Cette responsabilité, il ne la reniera pas après la guerre. Et quand vous rentrerez chez vous, nous n'avons nullement l'intention de vous jeter, comme la dernière fois, dans un chaos économique dont nous serions les fauteurs.
    Vous commencez par faire ce qui doit être fait d'abord : vous combattez pour gagner cette guerre. Car vous savez que si cette guerre était perdue, tous nos plans pour la paix subséquente seraient dépourvus de sens.
    La victoire est l'essentiel. Mais la victoire n'est assez ni pour vous, ni pour nous. Nous devons être assurés que, lorsque vous aurez la victoire, vous n'aurez pas à dire à vos enfants que vous vous êtes battus en vain — que vous avez été trahis. Nous devons être assurés que, dans vos foyers, il n'y ait pas de misère — que dans vos écoles, on n'enseigne que la vérité — que dans vos églises on puisse prêcher sans crainte la foi digne de notre ferveur profonde.
    Le monde meilleur pour lequel vous combattez — et pour lequel certains d'entre vous donnent leur vie — ne viendra pas à l'existence du seul fait que nous aurons gagné la guerre, ou que nous souhaitons passionnément qu'il vienne. Il ne sera possible que si nous en avons la vision hardie, que si nous le préparons intelligemment et que si nous y travaillons avec énergie. Il ne pourra pas se bâtir du jour au lendemain, mais seulement grâce à des années d'efforts, de persévérance, et de confiance inébranlable.
    Jeunes soldats et marins, paysans et ouvriers, artistes et savants, qui combattez chacun à votre manière, pour obtenir la victoire, vous aurez tous votre part à prendre dans la construction de ce monde. Vous l'obtiendrez grâce à vos efforts actuels, mais vous ne l'aurez pas si vous laissez à d'autres la tâche de se débrouiller. Quand vous déposerez vos armes à la fin de la guerre, vous ne pourrez pas, en même temps, abandonner votre devoir à l'égard de l'avenir.
    Ce que je dis à nos soldats et marins, s'adresse à tous les jeunes des Nations Unies, hommes et femmes, qui font face à l'ennemi commun. La jeunesse tout entière, sans distinction de classe, ou d'origine, est unanime en ses sentiments à l'égard de ce combat dont l'enjeu est la sauvegarde ou la reconquête des libertés.
    En Norvège et en Hollande, en Belgique et en France, en Tchécoslovaquie et en Pologne, en Serbie et en Grèce, il existe un esprit combatif qui défie l'oppression brutale, la cruauté barbare et le terrorisme nazi. Bien que désarmés, ces peuples indomptables combattent encore leurs oppresseurs. Bien qu'il leur soit interdit de connaître la vérité, ils écoutent au péril de leur vie, les voix de la radio qui leur viennent de loin ; de bouche à oreille, et par les mêmes journaux clandestins qu'on se passe d'un patriote à l'autre, ils parviennent encore à répandre la vérité. Quand viendra le moment où ces peuples se dresseront, l'Ordre Nouveau d'Hitler sera détruit par les mains de ses propres victimes.
    Aujourd'hui, les jeunesses guerrières de Chine et de Russie inaugurent une forme nouvelle de dignité individuelle et rejettent les derniers maillons des vieilles chaînes despotiques et impériales qui les avaient si longtemps ligotées. C'est là un fait qui comptera dans l'histoire. Cela signifie que l'ancienne expression « Civilisation Occidentale » ne suffit plus. Les événements mondiaux et les besoins communs à tous les hommes réunissent la culture de l'Asie à celle de l'Europe et à celles des Amériques, afin de former, pour la première fois, une civilisation vraiment mondiale.
    Dans la formule des Quatre Libertés, dans les principes fondamentaux de la Charte de l'Atlantique, nous nous sommes proposé des buts élevés, des objectifs illimités.
Ces formules et ces principes ont été conçus en vue de bâtir un monde dans lequel les hommes, les femmes et les enfants pourront vivre dans la liberté, dans l'équité, et — par-dessus tout —sans avoir à redouter les horreurs de la guerre.
    Car nul de nos soldats, nul de nos marins, ne voudraient aujourd'hui endurer les rigueurs du combat, s'ils devaient penser que, d'ici vingt ans, leurs fils auraient à livrer une autre guerre dans les déserts ou sur les lointains océans, dans les jungles ou dans les cieux du bout du monde.
    Nous avons profité de nos erreurs passées. Cette fois-ci, nous saurons comment utiliser notre victoire. Cette fois-ci, les résultats obtenus par nos combattants ne seront pas jetés aux orties par le cynisme politique, par la timidité ou par l'incompétence.
    Il y a encore une poignée d'hommes et de femmes aux États-Unis et ailleurs, qui raillent et dénigrent les Quatre Libertés et la Charte de l'Atlantique. Ils ne sont pas nombreux, mais quelques-uns d'entre eux disposent d'un pouvoir financier qui leur permet de donner à nos ennemis l'impression, d'ailleurs fausse, qu'ils trouvent une large audience parmi nos concitoyens. Ils font de la basse politique alors qu'il y va d'une crise mondiale. Ils jouent un air de violon, avec beaucoup de fausses notes, pendant que brûle notre civilisation. Ces minables prophètes déprécient la résolution que nous avons prise de mettre à exécution nos idéaux élevés, et nos principes raisonnables. Les paroles de ces petits bonshommes de peu de foi sont citées avec approbation joyeuse par la presse et la radio ennemies.
    Nous savons pertinemment que nous n'atteindrons pas facilement notre objectif. Nous ne pourrons pas faire, du jour au lendemain, que tous nos idéaux se réalisent. Nous savons qu'il nous faudra pour cela soutenir un long et dur combat, et qu'il nous restera encore un énorme travail à faire, une fois qu'auront été abattus les derniers bombardiers allemands, japonais et italiens.
    Mais, en vérité, nous croyons que nous pourrons, avec l'aide de Dieu, réaliser dans ce monde si sombre d'aujourd'hui et dans le monde nouveau qui naîtra dans l'après-guerre, que nous pourrons, dis-je, réaliser un sérieux progrès vers les buts les plus nobles que l'homme ait jamais imaginés.
    Nous autres, membres des Nations Unies, nous possédons les moyens techniques, les ressources naturelles et, par-dessus tout, le courage hardi, la vision des choses et la volonté nécessaires pour bâtir et soutenir le seul genre d'ordre mondial qui puisse justifier les terribles sacrifices que fait aujourd'hui notre jeunesse.
    Mais nous devons nous y acharner — sans relâche, sans hésitation, sans peur — et nous devons nous y acharner tous ensemble.
Il faut que nous poussions l'offensive contre toutes les formes du mal. Il faut que nous travaillions et combattions pour garantir à nos enfants la maîtrise et la paisible jouissance de leurs droits imprescriptibles à la liberté de parole, à la liberté de conscience, à la libération de la misère, à la libération de la crainte.
    C'est seulement en ces termes hardis que la guerre totale peut se terminer par une victoire totale.

Franklin Delano Roosevelt


...à suivre : Chapitre Premier - Dernière partie

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