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Poésies

Jeudi 28 décembre 2006 4 28 /12 /Déc /2006 00:11
Colomb
 
En avant, hardi navigateur! Que l'esprit moqueur te raille; que le pilote au gouvernail laisse tomber sa main fatiguée. Vogue toujours, toujours vers l'Occident! Là se montrera, il le faut, la côte; car enfin elle s'étend, distincte et brillante, aux yeux de ton génie. Confie-toi au dieu qui te guide, et suis l'Océan silencieux. Quand elle n'existerait pas encore, elle sortirait maintenant au sein des flots. La nature est alliée au génie par un pacte éternel; ce que l'un promet, l'autre le tient à coup sûr.

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Jeudi 21 décembre 2006 4 21 /12 /Déc /2006 07:34
John Keats (1795-1821)


Ode sur une urne grecque

Ô toi! épouse encore inviolée de la quiétude,
Ô toi! nourrisson du silence et des lentes heures,
Rhapsode sylvestre, qui peut chanter
Un conte fleuri plus harmonieux que nos vers:
Quelle légende enveloppe tes contours d'une frange feuillagée ?
Est-elle de divinités ou de mortels, ou des deux,
Dans la vallée de Tempé ou les gorges d'Arcadie?
Quels dieux ou quels hommes sont là? Quelles vierges résistent?
Quelle folle poursuite? Quelle lutte pour échapper?
Quelles flûtes sont là? Quels tambourins? Quelle sauvage extase?


Les mélodies entendues sont douces, mais celles qu'on n'entend pas
Sont plus douces encore; donc, suaves pipeaux, continuez de jouer:
Non pour l'oreille sensuelle, mais des ballades plus chéries,
Des ballades pour l'esprit, sans sonorités!
Bel éphèbe, sous ces arbres, tu ne peux quitter
Ta chanson, pas plus que les arbres ne quittent leurs feuilles;
Audacieux amoureux, jamais, jamais tu n'obtiens les baisers,
Quoique tu sois proche du but - cependant, ne te chagrine pas;
Elle ne peut se flétrir, quoique tu n'atteignes pas ton bonheur,
À jamais tu aimeras, et elle sera belle!


Ah! heureux, heureux rameaux! qui ne pouvez perdre
Vos feuillages, ni jamais dire au printemps adieu;
Et toi, heureux mélodiste, jamais lassé,
Modulant à jamais des chants qui ne vieillissent jamais;
Plus heureux amour, plus heureux, heureux amour!
Que l'on peut goûter sans cesse, à jamais ardent,
À jamais haletant, à jamais jeune;
Soupirant bien au-dessus de toute passion humaine,
Qui laisse le coeur repu et plein d'amertume,
Le front brûlant et la langue desséchée.


Quels sont ces gens allant au sacrifice?
Vers quel autel verdoyant, ô prêtre mystérieux,
Conduis-tu cette génisse qui mugit aux cieux,
Ses flancs soyeux tout parés de guirlandes?
Quelle petite ville sur une rivière ou sur le bord de la mer
Ou bâtie sur une montagne avec une paisible citadelle,
Est vide de cette foule en cette pieuse matinée?
Et toi, petite ville, tes rues à jamais
Demeureront silencieuses; et pas une âme, pour dire
Pourquoi tu es déserte, ne peut revenir jamais.


Ô chef-d' oeuvre Attique! contours si purs qu'étroitement
Enserrent une race d'hommes et de vierges de marbre,
Des branches des forêts et des herbes foulées;
Forme silencieuse, ton énigme excède notre pensée
Comme fait l'éternité: Froide Pastorale!
Quand la vieillesse consumera cette génération,
Tu resteras, au milieu d'autres douleurs
Que les nôtres, une amie de l'homme, à qui tu dis:
« Beauté, c'est Vérité, Vérité, c'est Beauté», voilà tout
Ce que vous savez sur terre, tout ce qu'il vous faut savoir.

John Keats

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Lundi 18 décembre 2006 1 18 /12 /Déc /2006 07:18


Lumière et chaleur

L’homme le meilleur entre dans le monde avec une joyeuse confiance. Il croit trouver autour de lui ce qui fait palpiter son âme, et, animé d’une noble ardeur, il consacre à la vérité son bras.

Mais tout lui semble si petit, si étroit ! Dès qu’il a fait cette preuve, dans le tourbillon du monde, il ne cherche plus qu’à se garder soi-même, et dans son calme froid et fier, il se ferme à l’amour.

 

Hélas, les purs rayons de la vérité ne répandent pas toujours la chaleur. Heureux celui qui ne paye pas les joies de la science par les tristesses de son cœur. Pour assurer votre félicité, joignez aux pensées sérieuses du rêveur enthousiaste le coup d’œil de l’homme du monde.

 

Friedrich Schiller


Qui est Schiller? Cliquez ici

Merci à Messer Gaster
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Dimanche 17 décembre 2006 7 17 /12 /Déc /2006 09:26
La Ballade des pendus est le poème le plus connu de François Villon. Villon a eu des démêlés avec la justice et a été une fois condamné à mort (il a été gracié par Louis XI). Peu après cette affaire où il échappe à sa pendaison, on perd sa trace.
Dans ce poème, Villon donne la parole à des suppliciés qui revendiquent le lien fondamental qui les unit à tous les êtres humains et qui en appelle à la miséricorde des vivants. Ce poème est un appel à la charité chrétienne, valeur très puissante au Moyen Âge. La rédemption est au cœur de la ballade. Villon reconnaît qu'il s'est trop occupé de son être de chair au détriment de sa spiritualité.



Ballade des pendus


Frères humains, qui après nous vivez,
N'ayez les coeurs contre nous endurcis,
Car, si pitié de nous pauvres avez,
Dieu en aura plus tôt de vous mercis.
Vous nous voyez ci attachés, cinq, six :
Quant à la chair, que trop avons nourrie,
Elle est piéça dévorée et pourrie,
Et nous, les os, devenons cendre et poudre.
De notre mal personne ne s'en rie ;
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !

Se frères vous clamons, pas n'en devez
Avoir dédain, quoique fûmes occis
Par justice. Toutefois, vous savez
Que tous hommes n'ont pas bon sens rassis.
Excusez-nous, puisque sommes transis,
Envers le fils de la Vierge Marie,
Que sa grâce ne soit pour nous tarie,
Nous préservant de l'infernale foudre.
Nous sommes morts, âme ne nous harie,
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !

La pluie nous a débués et lavés,
Et le soleil desséchés et noircis.
Pies, corbeaux nous ont les yeux cavés,
Et arraché la barbe et les sourcils.
Jamais nul temps nous ne sommes assis
Puis çà, puis là, comme le vent varie,
A son plaisir sans cesser nous charrie,
Plus becquetés d'oiseaux que dés à coudre.
Ne soyez donc de notre confrérie ;
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !

Prince Jésus, qui sur tous a maistrie,
Garde qu'Enfer n'ait de nous seigneurie :
A lui n'ayons que faire ne que soudre.
Hommes, ici n'a point de moquerie ;
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !


Version moderne:

Frères humains qui après nous vivez,
N'ayez pas vos cœurs durcis à notre égard,
Car si vous avez pitié de nous, pauvres,
Dieu aura plus tôt miséricorde de vous.
Vous nous voyez attachés ici, cinq, six:
Quant à notre chair, que nous avons trop nourrie,
Elle est depuis longtemps dévorée et pourrie,
Et nous, les os, devenons cendre et poussière.
De notre malheur, que personne ne se moque,
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre!

Si nous vous appelons frères, vous n'en devez
Avoir dédain, bien que nous ayons été tués
Par justice. Toutefois vous savez
Que tous les hommes n'ont pas l'esprit bien rassis.
Excusez-nous, puisque nous sommes trépassés,
Auprès du fils de la Vierge Marie,
De façon que sa grâce ne soit pas tarie pour nous,
Et qu'il nous préserve de la foudre infernale.
Nous sommes morts, que personne ne nous tourmente,
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre!

La pluie nous a lessivés et lavés
Et le soleil nous a séchés et noircis;
Pies, corbeaux nous ont creusé les yeux,
Et arraché la barbe et les sourcils.
Jamais un seul instant nous ne sommes assis;
De ci de là, selon que le vent tourne,
Il ne cesse de nous ballotter à son gré,
Plus becquétés d'oiseaux que dés à coudre.
Ne soyez donc de notre confrérie,
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre!

Prince Jésus qui as puissance sur tous,
Fait que l'enfer n'aie sur nous aucun pouvoir :
N'ayons rien à faire ou à solder avec lui.
Hommes, ici pas de plaisanterie,
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre


Bruegel, La pie sur le gibet (1568)

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Mercredi 13 décembre 2006 3 13 /12 /Déc /2006 07:12
Je m’étais endormi la nuit près de la grève.
 
Un vent frais m’éveilla, je sortis de mon rêve,
 
J’ouvris les yeux, je vis l’étoile du matin.
 
Elle resplendissait au fond du ciel lointain
 
Dans une blancheur molle, infinie et charmante.
 
Aquilon s’enfuyait emportant la tourmente.
 
L’astre éclatant changeait la nuée en duvet.
 
C’était une clarté qui pensait, qui vivait ;
 
Elle apaisait l’écueil où la vague déferle ;
 
On croyait voir une âme à travers une perle.
 
Il faisait nuit encor, l’ombre régnait en vain,
 
Le ciel s’illuminait d’un sourire divin.
 
La lueur argentait le haut du mât qui penche ;
 
Le navire était noir, mais la voile était blanche ;
 
Des goélands debout sur un escarpement,
 
Attentifs, contemplaient l’étoile gravement
 
Comme un oiseau céleste et fait d’une étincelle ;
 
L’océan, qui ressemble au peuple, allait vers elle,
 
Et, rugissant tout bas, la regardait briller,
 
Et semblait avoir peur de la faire envoler.
 
Un ineffable amour emplissait l’étendue.
 
L’herbe verte à mes pieds frissonnait éperdue,
 
Les oiseaux se parlaient dans les nids ; une fleur
 
Qui s’éveillait me dit : C’est l’étoile ma soeur.
 
Et pendant qu’à longs plis l’ombre levait son voile,
 
J’entendis une voix qui venait de l’étoile
 
Et qui disait : - Je suis l’astre qui vient d’abord.
 
Je suis celle qu’on croit dans la tombe et qui sort.
 
J’ai lui sur le Sina, j’ai lui sur le Taygète,
 
Je suis le caillou d’or et de feu que Dieu jette,
 
Comme avec une fronde, au front noir de la nuit.
 
Je suis ce qui renaît quand un monde est détruit.
 
Ô nations ! Je suis la Poésie ardente.
 
J’ai brillé sur Moïse et j’ai brillé sur Dante.
 
Le lion Océan est amoureux de moi.
 
J’arrive. Levez-vous, vertu, courage, foi !
 
Penseurs, esprits ! Montez sur la tour, sentinelles !
 
Paupières, ouvrez-vous ! Allumez-vous, prunelles !
 
Terre, émeus le sillon ; vie, éveille le bruit ;
Debout, vous qui dormez ; - car celui qui me suit,
 
Car celui qui m’envoie en avant la première,
 
C’est l’ange Liberté, c’est le géant Lumière !

Victor Hugo,
Les châtiments, Livre VI, 1853.



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