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Tuez-les tous!

Samedi 1 janvier 2005 6 01 /01 /Jan /2005 01:30
IV. ANNEXES




2. EarthFirst! vue de l'intérieur -
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    Nous reproduisons ici l'article écrit par Barry Clausen pour le numéro de printemps 1994 du magazine scientifique américain 21st Century Science & Technology. Barry Clausen est un détective privé engagé par certains groupements professionels pour infiltrer le groupe écoterroriste Earth First! (La Terre d'abord !). C'est lui qui a permis d'établir la connexion entre Greenpeace et Earth First! (voir ce sujet notre chapitre sur Greenpeace). Rappelons qu'Earth First! West plus un phénomène purement américain. II est établi que des antennes existent en Angleterre et en Allemagne.

    Signalons également que le fondateur d'Earth First!, Dave Foreman, qui considère les êtres humains comme « un cancer sur la planète », s'est fait l'avocat de la famine en Éthiopie dans le magazine australien en 1990. Interrogé à ce sujet, il a déclaré que « la meilleure chose serait de laisser ces gens mourir » et a demandé de cesser l'aide au tiers monde et les recherches sur le SIDA pour « lutter contre l'explosion démographique », rejoignant en cela les souhaits des fondateurs du « respectable » WWF (voir notre chapitre sur le WWF).


   
    Un certain nombre de personnes, que j'appelle « des victimes d'Earth First! », m'ont engagé parce qu'ils estimaient que les services publics américains ne faisaient rien pour enquêter sur les crimes commis contre eux. Au départ, je n'avais jamais entendu parler du mouvement Earth First! et ma première priorité fut donc de lire un maximum d'informations disponibles pour savoir à qui j'allais avoir affaire. Ceci me conduisit rapidement à la conclusion qu'Earth First! n'est rien d'autre qu'une organisation terroriste qui se cache derrière un mouvement écologiste.

    Avant mon enquête, j'avais contacté les autorités fédérales en espérant qu'elles m'aideraient et qu'elles utiliseraient les informations que je leur fournirait pour stopper Earth First! Aussi bien le FBI que le service légal de la Direction des forêts des Etats-Unis me dirent qu'ils m'aideraient dès que j'aurais des informations sur un acte criminel spécifique.

    Au début de 1990, j'ai infiltré Earth First! dans l'Etat du Montana. Ceci me donna les références nécessaires pour voyager au sein de l'organisation. Je passai six mois dans le Montana, puis j'allai enquêter dans d'autres Etats. A partir de ce moment, je fus assisté par deux autres détectives privés. Nous avons passé toute l'année 1990 à amasser des informations.

    Au sein d'Earth First!, nous passions la plupart de notre temps à porter des pancartes et des banderoles sur la côte Ouest, de Seattle à San Francisco. Nous avons empêché des camions de rejoindre ou de quitter des exploitations forestières. J'ai personnellement arrêté des bûcherons armés de tronçonneuses en marche pour les empêcher de couper des arbres. Tout cela était destiné bien sûr gagner la confiance et à pouvoir accéder au noyau dur d'Earth First! II existe plusieurs petits groupes organisés qui voyagent à travers le pays pour commettre des actes criminels contre des sociétés liées aux mines, aux forêts ou contre d'autres cibles. Un membre m'a expliqué qu'il était responsable du sabotage d'hélicoptères d'exploration forestière dans le Montana. Un autre (qui assurait être présent au moment du crime) m'a raconté le massacre de bétail de Garfield County, dans l'Utah, où vingt-et-un veaux et vaches furent tués par Earth First! parce qu'ils avaient pénétré sur les terres de l'Etat.


   
    Des actes criminels

    Un autre membre encore m'apprit qu'il était responsable du sabotage d'un pylône électrique à Santa Cruz, en Californie, qui laissa 80 000 personnes dans l'obscurité pendant trois jours. Une autre fois, les membres me racontèrent comment ils mirent du fil de fer barbelé en travers des pistes de motoneige dans le Yellowstone. D'autres encore admirent qu'ils étaient responsables du sabotage d'équipement forestier pour des mi llions de dollars.

    En septembre 1990, lors d'un meeting secret d'Earth First! à Baker Lake (dans l'Etat de Washington), on me demanda si je voulais participer au sabotage d'un hélicoptère appartenant à Colombia Helicopters, une société spécialisée dans le service aux bûcherons. C'est au cours de ce meeting que George Daffran, chef de Earth First! pour l'Etat de Washington, a déclaré que nous devrions nous infiltrer dans d'autres groupes écologistes et utiliser d'autres noms pour nos groupes du fait de la couverture de presse négative qu'Earth First! avait eue.

    Avec l'information en notre possession sur le sabotage potentiel d'un hélicoptère, nous essayâmes d'obtenir, sans succès, l'aide des autorités fédérales. Celles-ci ne répondaient même pas à nos appels téléphoniques. Notre enquête prit donc fin à ce moment : sans l'aide des autorités fédérales, nous ne pouvions réussir. Ce fut une année intéressante.


   
    Earth First! et le Mouvement de libération des animaux

    La documentation que nous avons compilée comprend aussi des informations sur le Front de libération des animaux (ALF, dans son acronyme anglais). La plupart des individus que nous avons rencontrés dans Earth First! sont aussi membres de l'ALF et m'ont raconté les actes criminels qu'ils avaient commis pour « sauver les animaux ». L'ALF est classé par le FBl dans les dix principales organisations terroristes en Amérique. Pourquoi Earth First! n'est-il pas classé lui aussi avec l'ALF ?

    Pendant l'épidémie d'E. coli 0157-H7 sur la côte ouest, j'ai parlé à des représentants de Food Maker, la société à laquelle appartient Jack in the Box, la chaine de restauration impliquée dans cette épidémie. L'un des avocats de Food Maker m'a conseillé de lire un livre intitulé Déclaration de guerre : tuer les gens pour sauver les animaux et l'environnement. L'ouvrage affirme qu'un groupe terroriste se nommant « les libérateurs » est une branche de l'ALF et il donne plusieurs exemples de choses à faire pour « sauver les animaux ». Il conseille de se procurer un livre publié par Dave Foreman, le fondateur d'Earth First!, et Bill Haywood : Ecodéfense : un guide pratique du sabotage, qui peut s'appliquer facilement à la défense des animaux.


   
    Tuer les gens pour sauver les animaux ?

    Voici quelques exemples tirés de la Déclaration de guerre, associés à des incidents récents qui semblent correspondre au mode d'action suggéré :

    1. Le livre conseille d'envoyer des lettres de menace aux universités et aux laboratoires de recherche qui utilisent les animaux. Si la personne envoyant la menace d'attentat à la bombe ne trouve pas le courage de mettre sa menace à exécution, le livre suggère de trouver un ami volontaire en qui elle a toute confiance pour le faire ; de cette façon, les menaces suivantes sont encore plus efficaces.

    Le 25 juin 1993, un professeur de la fameuse université de Yale dans le Connecticut, a été gravement blessé par une lettre piégée, tandis que son frère, généticien au Yale Medical Center, recevait un appel téléphonique menaçant. Deux jours plus tôt, un autre généticien de l'université de Californie à San Francisco avait perdu plusieurs doigts suite à l'explosion d'une lettre piégée.

    2. Le livre suggère de se procurer des armes semi-automatiques et d'aller dans les bois pendant la saison de chasse afin d'abattre « un de ces gros pleins de soupe buveurs de bière ».

    Plusieurs chasseurs ont été tués dans les bois des Etats-Unis. Le meurtre le plus récent a eu lieu en Floride cet automne, où deux chasseurs ont été retrouvés morts à deux endroits différents.

    3. Le livre suggère de faire passer des informations aux médias selon lesquelles la viande de certains supermarchés a été traitée au cyanure.

    En décembre 1990, au cours d'une discussion avec un membre de Earth First!-ALF au sujet du mouvement « Cattle free by 93 » (ll s'agissait d'empêcher les éleveurs américains d'utiliser les terres de l'Etat pour y faire paître leur bétail), le militant me dit qu' « en 1993 nous porterons un coup dévastateur l'industrie de l'élevage et aux restaurants fast food de ce pays ».

    Déclaration de guerre se termine par un véritable appel au meurtre : « Nous ne pouvons pas stopper la vivisection, Mais nous pouvons stopper un vivisecteur. Nous ne pouvons pas mettre fin à la chasse, mais nous pouvons arrêter certains chasseurs. Nous ne pouvons pas handicaper l'industrie de la fourrure, mais nous pouvons handicaper certains trappeurs ».

    On n'a jamais pu déterminer d'où venait la souche d'E. coli 0157-H7. Je ne peux m'empêcher de me demander si c'est l'action à laquelle faisait référence le militant d'Earth First!-ALF.


   
    Des groupes terroristes paravents

    J'ai continué à surveiller les activités d'Earth First! jusqu'en juin 1993, date à laquelle j'ai révélé mon activité d'infiltrateur dans un discours à Columbia Falls. Jusqu'alors j'étais libre de participer aux réunions et de continuer à surveiller les activités de nombreux membres d'Earth First!-ALF. En me souvenant des remarques de George Draffan, leader local d'Earth First!, concernant l'utilisation de noms différents et l'infiltration de groupes écologistes, j'ai continué à suivre les actions de certains des individus que j'avais connus au sein de Earth First! Voici quelques-uns de mes résultats.

    Greater Ecosystem Alliance. Cette organisation est basée à Bellingham, Washington. Son secrétaire est George Draffan lui-même. Mitch Friedman, autre membre d'Earth First!, en est le directeur exécutif. Parmi les conseillers, on retrouve Dave Foreman ; s'agit-il du même Dave Foreman qui fonda Earth First! ?

    Des informations récentes obtenues de Greater Ecosystem Alliance montrent que l'organisation a étendu ses opérations jusqu'au Canada où, selon mes sources, ils ont ouvert un bureau dans la Colombie britannique. Les militants de Greater Ecosystem Alliance se vantent également de leur connexion au Western Canada Wilderness Commitee, qui est basé à Vancouver. Mes contacts canadiens m'ont dit que ce groupe a toujours été « raisonnable » dans le passé et qu'ils étaient très surpris d'apprendre cette connexion avec Earth First! Greater Ecosystem Alliance est-il le nouveau nom qu'Earth First! a adopté, suivant la méthode George Draffan, pour éviter l'image négative d'Earth First ! ?

    Greater Yellowstone Coalition, Sierra Club1, Wilderness Society. Le rapport sur l'ours Grizzly publié par ces trois organisations dresse la liste de tous ceux qui ont contribué à la campagne sur le Grizzly. Beaucoup sont membres d'Earth First!, y compris le groupe Keep it Wild (Gardez la sauvage). Ce groupe est basé à Whitefish, dans le Montana. Ses dirigeants sont Michael et Daniel Carter qui viennent d'être condamnés pour « tree spiking »2.

    Quand j'ai demandé au Greater Yellowstone Coalition et au Sierra Club s'ils savaient que certaines personnes mentionnées dans leur document appartenaient à Earth First!, leur réponse fut : « Ils ont fait du bon travail sur cette question et nous ne sommes pas responsables de ce qu'ils font par ailleurs ».

    Environmental Grantmake Associations. Ce groupe est le plus important centre de pouvoir financier du mouvement écologiste américain : Il rassemble 138 sociétés et fondations d'entreprise et gère des contributions écologiques de plusieurs centaines de millions de dollars. Deux des fondations au sein de cette organisation ont contribué au Greater Ecosystem Alliance. ll s'agit de la Fondation W. Alton Jones, à Charlottesville, pour 30 000 dollars et de la fondation Weeden, pour 5 000 dollars3. Ces fondations connaissent-elles la connexion entre le Greater Ecosystem Alliance et Earth First! ?




    Notes de la rédaction

    1. Le Sierra Club est l'une des plus anciennes organisations écologistes américaines et est considéré comme très « honorable ».

    2. Le tree spiking est une pratique adoptée par Earth First! consistant à insérer des morceaux de métal dans les troncs des arbres afin de briser la chaîne des tronconneuses ou de blesser les bûcherons. Cette pratique a déjà fait plusieurs blesses graves, dont l'un, défiguré, a témoigné dans un film danois sur Greenpeace.

    3. Ces noms ne disant rien au lecteur européen, il nous faut prendre une comparaison. C'est un peu comme si l'on apprenait que la Fondation Marcel Dassault, à travers un groupe écran, finançait l'alliance rouge-verte. Ou encore que le CEA finance la CRll-RAD à travers France-Nature-Environnement. Ce qui est d'ailleurs le cas...

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Samedi 1 janvier 2005 6 01 /01 /Jan /2005 01:25
    IV. ANNEXES




    1 . La galaxie du prince Philip -
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    Le prince consort, Philip Moutbatten, duc d'Edimbourg, joue un rôle de tout premier plan en sa qualité de « directeur des opérations » du Club des Iles et ancien président du World Wildlife Fund for Nature (WWF). Le Club des Iles représente le « poids » politique et financier des différentes familles royales et princières d'Europe, depuis la Scandinavie jusqu'à la Grèce. Le poids financier des membres du Club est évalué à environ 1 000 milliards de dollars, tandis que la valeur totale des sociétés dans lesquelles les membres ont une part dominante dépasserait les 9 000 milliards de dollars.

    L'approvisionnement mondial en pétrole, en matières premières et en métaux rares est dominé par des cartels au service de la couronne britannique, tels que Rio Tinto Zinc, Lonrho et de Beers Anglo American Corporation.



   
    1) Le Club des Iles-maison de Windsor.

    De par sa « présidence » du Club des Iles, la dynastie de Windsor fonctionne comme primus inter pares des différentes branches de familles royales qui règnent actuellement aux Pays-Bas, en Suède, au Danemark, en Norvège et en Belgique, et de celles qui revendiquent les trônes de Bulgarie, de Roumanie, d'Italie, de Russie, de Grèce et de Yougoslavie.

   
    2) Le prince Philip de Grèce et du Danemark, baron de Greenwich, comte de Merioneth, duc d'Edimbourg.

    Consort royal de la reine Elisabeth II, le prince Philip fonda le WWF en 1961. Il en est l'ancien président ainsi que l'ancien président de la Zoological Society of London.

   
    3) La Zoological Society of London (ZSL, Société zoologique de Londres).

    Fondée en 1826 par sir Stamford Raffles, ancien vice-roi des Indes et fondateur de Singapour, la ZSL devait servir de modèle pour les sociétés zoologiques de New-York et de Francfort. Elle administre le jardin zoologique de Londres. Le prince Philip en a été son président dans les années 70. Quant à la Royal Geographical Society (RGS), fondée en 1830, elle obtint le privilège royal en 1859 et finança d'importantes expéditions coloniales telles que celle de Livingstone en Afrique. Les comités directeurs des ZSL et RGS sont quasiment identiques à celui du WWF.

    La ZSL et la RGS se situent aux plus hauts rangs de l'establishment du renseignement britannique. Des dirigeants de la RGS ainsi que sir Peter Scott du WWF sont à l'origine de Survival International.

   
    4) RTZ, Shell, Lonrho, ICI, Unilever, de Beers, AAC.

    Les multinationales comme Royal Dutch Shell, Unilever et Rio Tinto Zinc (RTZ) qui ont tant pillé les ressources de l'Afrique et d'autres parties du monde dans l'après-guerre, représentent une version moderne, à peine déguisée, des « aventuriers pirates » qui dirigeaient les compagnies à charte à l'époque de l'Angleterre élisabéthaine. Comme leurs prédécesseurs élisabéthains, des reçoivent par « privilège royal », pour ainsi dire, le droit de commercer pour la Couronne et les familles qui lui sont associées. La création de la Royal Dutch Shell anglo-hollandaise, par exemple, qui est si présente en Afrique, date des accords financiers établis à l'époque où le hollandais Guillaume d'Orange accéda à la couronne britannique en 1688, avec l'aide des Vénitiens.

    A partir de 1880, la colonisation de l'Afrique par les puissances européennes s'effectua grâce aux compagnies ayant la charte royale dont la Royal Niger Compagny, la British East Africa Compagny et la British South Africa Compagny de Cecil Rhodes. Parmi leurs descendants directs, on trouve les multinationales citées ci dessus. L'exemple le plus frappant est celui de Lonrho (LONdresRHOdésie) : depuis 1990, avec 10 000 employés en Afrique, elle est la principale productrice alimentaire privée du continent noir et un important négociant de métaux précieux. En 1961, les opérations de cette société se renforcèrent rapidement dans le but de subvertir les nations africaines nouvellement indépendantes.

    L'argent et les relations nécessaires pour effectuer la création de cette nouvelle Compagnie des lndes orientales pour l'Afrique furent fournis par un financier de la City, Harley Drayton, et son groupe de l’Old Broad Street, représentant de la Couronne dans les colonies et gérant de la fortune privée de la reine. L'adjoint personnel de Harley Drayton fut pendant longtemps l'aristocrate écossais Angus Ogilvy, dont l'épouse, la princesse Alexandra de Kent, dirige actuellement le WWF du Royaume Uni.

   
    5) Fauna and Flora Preservation Society (FFPS).

    Explicitement fondée en 1903 pour la préservation de la faune sauvage de l'Empire, elle est dotée d'un comité de 108 consultants honoraires d'outre-mer établis dans 70 pays et maintient des liens avec les autres organisations de protection de la nature. Elle est, avec la Société eugénique, à l'origine de l'UICN et du WWF.

    Le but principal de la FFPS consiste à étendre dans le monde le système des parcs nationaux et elle organisa à cet effet des conférences internationales en 1933, en 1938 et en 1953.

   
    6) Nature Conservancy (NC).

    Créé par privilège royal en 1949, le « conservatoire » et un des quatre organes de recherche officiels gérés par le Private Council de la Couronne. Premier organisme mondial de protection de la nature à être « établi par la loi », il a servi dans l'après-guerre de paravent à des opérations clandestines de la Couronne. De son influent poste de secrétaire permanent du vice-Premier ministre, Max Nicholson rédigea les statuts du « conservatoire » avant de quitter ses fonctions officielles pour en prendre la direction de 1952 à 1966. C'est Nicholson qui élabora la plupart des stratégies et des tactiques adoptées par le mouvement écologiste mondial dans les années qui suivirent. Il fut à l'origine d'une campagne virulente contre le DDT, cause que Rachel Carson allait populariser plus tard dans son roman The Silent Spring. (L'interdiction de cet insecticide qui avait pratiquement laminé les insectes vecteur du paludisme, a stoppé l'éradication de cette maladie ; aujourd'hui, le paludisme tue 2 millions de personnes dans le monde chaque armée.) En outre, il rédigea les statuts de l'UlCN, mit sur pieds et dirigea le comité qui devait fonder le WWF en 1961, et choisit sir Peter Scott pour diriger le conseil international de celui-ci. Le sous-titre du livre de Nicholson sur l'histoire du mouvement écologiste est révélateur : Guide pour les nouveaux maîtres de la Terre.

   
    7) UICN, Unesco, PNUE.

    • L'UICN (Union internationale pour la préservation de la nature) fut fondée en 1948 par sir Julian Huxley. L'UlCN dépend officiellement de l'ONU, mais échappe à sa surveillance. De nombreuses commissions de l'UlCN sont gées par des membres du FFPS. L'UICN avec le PNUE (Programme des Nations Unies pour l'Environnement) et le World Resource lnstitute ont lancé la « stratégie pour une biodiversité globale », laquelle sert de référence pour de nombreux pays. L'UlCN continue à ce jour à planifier les stratégies et à gérer les parcs nationaux de beaucoup d'anciennes colonies.

    • L'Unesco (Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture) a été conçue par Sir Julian Huxley qui en fut le premier directeur général. Dans le document fondateur (1946), Huxley définit deux missions prioritaires pour l'organisation : rendre populaire la nécessité de mesures eugéniques et protéger la nature sauvage par la création de parc nationaux, en particulier en Afrique. Avec un budget de 500 millions de dollars, l'Unesco finance un vaste réseau de groupes écologistes et la protection de l'environnement est déclarée l'un de ses trois objectifs principaux.

    • Le PNUE (Programme des Nations unies pour l'environnement) vit le jour lors de la conférence de l'Onu sur l'environnement de 1972, organisée par le fondateur du WWF-Canada, Maurice Strong. Siégeant au Keyna, le PNUE travaille en étroite collaboration avec l'Unesco, l'UICN et le WWF. Son Centre mondial pour la surveillance de la conservation de la nature à Cambridge constitue une véritable agence centrale de renseignements pour les mouvements écologistes.

   
    8) Le World Wide Fund for Nature (WWF : Fond mondial pour la nature).

    Le WWF a été fondé en 1961 dans le but explicite de lever des fonds destinés à financer les activités de l'UlCN. Depuis sa création, le WWF est dominé par le prince Philip, qui était le président de la plus importante branche nationale, le WWF-Royaume-Uni. C'est lui qui convainquit le prince Bernhard des Pays-Bas d'acccepter la présidence du WWF-lnternational. Mais celui-ci dut démissionner à la suite du scandale Lockheed au milieu des années 70. Quatre ans plus tard, le prince Philip assura lui-même la présidence du WWF-lnternational.

   
    9) Le Club des 1001.

    Le Club 1001 fondé en 1971 par le prince Bernhard est restreint à 1001 membres très soigneusement sélectionnés. Tous les membres paient un droit d'inscription de 10 000 dollars qui est reversé à un fonds de 10 millions de dollars servant à financer les opérations du WWF.

   
    10) World Resource Institute (WRI).

    Créé en 1982 sous la direction du président du WWF-Etats-Unis, Russel Train, le WRI est le grand inspirateur des initiatives prises par les diverses organisations écologistes américaines et publie régulièrement des études prônant un nouvel ordre écologique et une stratégie pour une biodiversité globale.

   
    11) Teddy Goldsmith.

    Teddy Golsmith — ainsi qu'autrefois feu son frère James (Jimmy) — apporte sa contribution à toute la « galaxie » du WWF (en particulier à Survival lnternational et aux Amis de la Terre). En 1970, il fonda The Ecologist, magazine de la branche radicale du mouvement vert. Il lança également le parti Vert de Grande-Bretagne, qui permit l'apparition rapide d'autres organisations en Europe.

   
    12) Le Sierra Club.

    Dès 1892, un adepte américain de la préservation des espèces, John Muir, fonda ce club grâce aux fonds apportés par E.H. Harriman, qui avait fait fortune en spéculant sur les chemins de fer. Essentiellement organisateur d'excursions jusqu'aux années 50, le Sierra Club se transforma en un lobby écologiste militant sous la direction de David Brower. En 1969, celui-ci le quitta cependant pour créer une organisation encore plus novatrice, les Amis de la Terre, puis, plus tard, l'Earth lsland lnstitute. Michael McCloskey, qui remplaca Brower à la tête du Sierra Club, modifia l'orientation du Club lui donnant comme objectif principal d'empêcher toute utilisation commerciale des terres appartenant à l'Etat américain. En 1971, des dirigeants du Sierra Club créèrent Greenpeace. Huit ans plus tard, le Sierra Club et la Wilderness Society accordèrent à David Foreman un contrat de dix ans pour la création et la direction d'une organisation écologiste ouvertement terroriste qui allait devenir Earth First!


    13) Greenpeace.


    Greenpeace fut fondé en 1971 à partir du Don't Make a Wave Committee et devint une opération de recrutement à « l'action directe » pour les causes écologistes. Greenpeace-Grande-Bretagne est dirigée par lord Peter Melchett, héritier de la fortune d'ICI. Le directeur exécutif du WWF, sir Peter Scott, a financé Greenpeace pour l'achat de ses bateaux.

   
    14) Friends of the Earth (FOE, les Amis de la Terre).

    Créés en 1969 par David Ross Brower, ancien directeur exécutif du Sierra Club, les Amis de la Terre fusionnèrent en 1990 avec l'Environmental Policy lnsitute et l'Oceanic Society. Leurs « actions directes » et d'autres activités sont dirigées essentiellement contre l'énergie nucléaire. Le fondateur des Amis de la Terre en France, Brice Lalonde, a été ministre de l'Environnement.

   
    15) Survival International (SI).

    Créée en 1969 à Londres sous le nom de Primitive Peoples Funds, sous l'égide de sir Peter Scott, directeur du WWF, cette association a pour but d'apporter des aides financières à des tribus pour la « protection de leurs terres, leur environnement et leur façon de vivre
». Elle collabore étroitement avec le WWF et la RGS. Parmi les autres membres fondateurs, on trouve Teddy Goldsmith, John Aspinall, Nicolas Guppy, Francis Huxley et John Hemming, directeur de la RGS.

   
    16) Environmental Investigative Agency (EIA).

    Cette agence de détectives privés fut mise sur pieds à Londres par Alan Thornton, ex-dirigeant de Greenpeace. Elle est financée par l'Institut du bien-être des animaux et par d'autres organisations écrans du WWF pour mener des enquêtes serrées sur les infractions aux lois sur l'environnement.

   
    17) Sea Shepherd.

    Sa croisade contre la chasse à la baleine est un exemple typique des actions spectaculaires médiatisées, souvent violentes, menées par ce groupe. Cette organisation fut fondée par Paul Watson, un ancien membre du Front de libération de Vancouver. Il fut impliqué en 1973 dans la fusillade avec la police américaine dans la réserve indienne de Wounded Knee. Membre fondateur de Greenpeace, Watson décida en 1977 de fonder un groupe plus radical, le Sea Shepherd Conservation Society. Il reçut des fonds de Cleveland Amory, dirigeant du Fonds des animaux et de la Société royale pour la prévention de la cruauté envers les animaux. L'argent servit entre autres à acheter un bateau de pêche utilisé pour faire la chasse au baleinier portugais le Sierra.

    Le Sea Shepherd a mené depuis le début une campagne de terreur contre les bateaux de pêche. Watson se vante d'avoir fait couler plusieurs baleiniers islandais et norvégiens. En outre, le Sea Shepherd a percuté des dizaines d'autres vaisseaux, détruit d'innombrables filets de pêche et menées d'autres actions considérées par le droit international comme des actes de piraterie. Malgré ces actes et malgré une condamnation en Norvège au criminel, Watson reste libre de ses mouvements et n'a pas été inquiété par les autorités policières américaines.

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Samedi 1 janvier 2005 6 01 /01 /Jan /2005 01:20
    III. L'ATTITUDE DES INDUSTRIELS FACE AUX ÉCOLOGISTES




    Quelle attitude adopter ?


     Parvenus au terme de notre voyage dans la galaxie écologiste, nous sommes mieux en mesure de comprendre d'où vient le mouvement, quels sont ses véritables buts et comment le contrer. Nous abordons dans cette partie quelques recommandations pratiques à l'intention des acteurs du monde industriel et des collectivités locales, qui ont à y faire face, en nous appuyant sur des exemples concrets.


   
    1) Respecter la loi, même si elle est stupide

     II est bien entendu que nos recommandations se situent dans un contexte légal. La réglementation en matière d'environnement, même si elle est parfois sans fondement scientifique, même si elle fait parfois plus de mal que de bien, doit être respectée.

    Cette obligation en entraîne une autre : il faut avoir auparavant tout fait pour empêcher qu'une mauvaise réglementation s'établisse, par une veille permanente et par des campagnes de lobbying. A suivre tout particulièrement: les institutions parallèles, comme l'OCDE, qui ne prennent pas directement part à l'élaboration de la réglementation mais qui fabriquent des « listes noires » qui vont ensuite servir aux gouvernements nationaux ou à la Commission européenne. Lorsque l'on découvre que son produit ou son procédé est inscrit sur une telle liste, il est bien souvent trop tard.

    L'autre stratégie consiste évidemment à utiliser la recherche & développement pour trouver des procédés ayant la même efficacité avec un moindre impact sur l'environnement. Néanmoins, cette stratégie a ses limites : nous avons vu que l'écologie fonctionne souvent comme une religion. Lorsque Greenpeace déclare que la « division du sel et de l'atome sont les deux péchés mortels de l'humanité » parce qu'elle donne naissance au chlore et à la radioactivité, toute démonstration scientifique est devenue inutile. Greenpeace et le WWF seront opposés au PVC et à l'énergie nucléaire même si ceux-ci parvenaient un jour au « rejet zéro » ce qui n'existe de toute façon pas dans le monde réel.

    Nous nous préoccupons donc ici de situations dans lesquelles l'entreprise agit dans un cadre légal, ses opposants écologistes ayant recours soit à des moyens illégaux (attentats matériels, occupation, blocage de la production), soit à une guérilla juridique, soit à une campagne médiatique visant à déconsidérer l'entreprise. Comment alors se défendre ?


   
    2) Retourner l'arme de la guérilla juridique : quand des industriels se défendent contre Greenpeace.

    Greenpeace est l'exemple type d'un groupe écologiste qui se donne le droit de décider lui-même ce qui est bon et mauvais pour l'environnement et la santé publique et qui n'hésite pas, le cas échéant, à violer la loi au cours d'opérations lancées contre des industriels accusés d'être des pollueurs. C'est ainsi que dans Greenpeace Magazine de printemps 1994, André Ruwet écrit : « (...) il faut malheureusement constater que le « droit à l'environnement » est encore balbutiant. Cela signifie que l'association peut devoir agir dans une certaine illégalité. Lorsque les valeurs écologiques à défendre sont évidentes. L'entorse à la loi est alors légitime. Car elle est nécessaire pour faire cesser une agression contre l'environnement ». (Souligné par André Ruwet).

    L'exemple que nous donnons ci-dessous concerne un industriel qui ayant respecté la législation en vigueur a néanmoins été victime d'opérations de la part de Greenpeace, telles que des occupations illégales d'usines. Rompant avec son ancienne stratégie qui consistait à éviter de faire des vagues, dans ce genre de situation, l'industriel que nous citons ici a choisi de se défendre.

    Le 23 mars 1993, l'usine de Solvay d'Anvers a été la victime d'une action antichlore menée par des militants de Greenpeace, qui bloquaient d'un côté la voie ferrée et, de l'autre, le quai de l'usine ainsi qu'une grue servant au déchargement du sel.

    Le 26 mars 1993, le président du Tribunal de première instance d'Anvers, statuant en référé, a condamné Greenpeace à mettre un terme immédiat à son occupation illégale, sous peine d'une astreinte de 100 000 francs belges par personne, par jour et par infraction.

    Le 29 mars 1993, à 3 heures du matin, les militants de Greenpeace ont été évacués par la gendarmerie.

    Le 15 avril 1993, Solvay a fait bloquer le montant de l'astreinte sur un compte en banque de Greenpeace-Belgique. Cette dernière a fait appel du jugement initial et a en particulier nié être à l'origine de l'action prétendant que les militants impliqués étaient venus de Greenpeace-Hollande.

    La Cour a confirmé le premier juge dans son opinion selon laquelle Greenpeace est d'autant moins habilitée à se faire justice el le-même que la loi accordant aux associations de protection de l'environnement le droit d'ester en justice venait d'entrer en vigueur le 12 janvier 1993. La Cour a rejeté en tous points l'appel de Greenpeace-Belgique et l'a condamnée en outre aux dépens.

    Ce cas est exemplaire dans la mesure où, selon le propre aveu des dirigeants de Solvay, un an auparavant, ils n'auraient pas fait jouer la justice, pour ne pas donner de publicité supplémentaire à Greenpeace.

    Cette action de Solvay, a inspiré à la même époque d'autres chimistes tels qu'Elf-Atochem en France et Akzo en Hollande, cibles de Greenpeace pour des campagnes analogues. Le cas d'Akzo est particulièrement intéressant puisque, sur cette affaire, la multinationale verte a été condamnée proactivement ce qui signifie qu'à l'avenir, pour une action similaire d'occupation d'usine, Greenpeace sera condamnée immédiatement à payer une amende, sans nouveau jugement. Depuis que les chimistes ont décidé de répondre immédiatement à toute occupation d'usine par un procès, ces actions de Greenpeace se sont arrêtées. Greenpeace-Belgique, étranglé financièrement par les saisies-arrêts sur ses comptes, n'est plus qu'une ombre.

    Cependant, au-delà des jugements, la meilleure méthode reste bien la résistance active, consistant à s'adresser au potentiel de raison existant dans la population plutôt que de biaiser par des plans élaborés de « communication ». Le bus Solvay le démontre bien : alors que les bateaux de Greenpeace remontaient les fleuves de Belgique et de Hollande au cours d'une campagne tapageuse attaquant la production des PVC par Solvay, il les suivait par la route et s'arrêtait le plus près possible de leur point de mouillage en affichant des banderoles « Greenpeace vous trompe Solvay vous informe ». Des petits panneaux d'information étaient également placés dans la rue non loin du bus ; chacun d'entre eux dénonçant un point de la propagande de Greenpeace : « Le PVC serait dangereux à la production, C'EST FAUX ! », « Les produits emballés en PVC seraient cancérigènes, C'EST FAUX !», « Le PVC serait dangereux dans les décharges, C'EST FAUX ! », « Un incendie avec du PVC dégagerait d'importantes quantités de dioxine, C'EST FAUX ! », « Le PVC est difficilement recyclable, C'EST FAUX ! », etc. Ce message simple et direct, appuyé sur un argumentaire réduit à trois ou quatre faits pour chaque point a recu un excellent accueil dans la population ainsi que chez les journalistes locaux, à l'intention desquels on avait organisé une conférence de presse dans le bus intitulée « Greenpeace vous mène en bateau ». Cette contre-offensive basée sur des dialogues avec les populations directement touchées par la campagne de Greenpeace a eu également pour effet de redonner le moral au personnel dans la bataille. En effet, le pire pour une entreprise est de se voir attaquée sans réagir. Cela laisse l'impression dans le public comme chez les collaborateurs de l'entreprise, que « au fond, il y a peut-être du vrai dans ce qu'ils disent... »

    Le fait est qu'après ces quelques affaires coûteuses pour son prestige et ses finances, Greenpeace a limité ses attaques contre les industriels de la chimie pour recentrer ses actions sur d'autres sujets tels que les OGM ou le nucléaire. Cette simple constatation montre au passage que ce n'est pas l'impact d'une certaine activité industrielle sur l'environnement et la santé publique qui préoccupe Greenpeace et qui détermine ses campagnes, mais des considérations beaucoup plus terre à terre de rentabilité financière...

    Prenons maintenant un autre cas, celui de l'« affaire » du tuyau de La Hague, qui a été un sujet très « porteur » pour les mouvements antinucléaires en général et pour Greenpeace en particulier, surtout au cours des années 1996 et 1997. Rappelons qu'au bout de deux ans de harcèlement quasi-permanent, Greenpeace après avoir prétendu constater que la canalisation de la Cogema rejetait des particules plus grosses que la taille maximale autorisée, avait agit en référé pour obtenir qu'une expertise fût ordonnée. Elle souhaitait notamment que le dispositif de contrôle des rejets fût décrit de manière aussi précise que possible. L'enquête ayant prouvé que l'industriel respectait la législation en vigueur, le Tribunal de grande instance de Cherbourg a débouté Greenpeace de sa plainte et a rendu un jugement qui pourra faire jurisprudence en France. La décision du TGl reconnaît en effet juridiquement un point fondamental : Greenpeace ne peut prétendre représenter l'intérêt collectif, et ceci s'applique aux associations agréées pour la protection de l'environnement en général.

    Que nous dit le jugement ? Que l'agrément par le ministère ne permet pas à une association de faire n'importe quoi n'importe où : « Cet agrément administratif reconnu aux associations de protection de l'environnement leur permet d'exercer les droits reconnus à la partie civile devant les seules juridictions répressives à l'occasion des poursuites exercées contre les auteurs d'infractions aux dispositions réglementaires relatives à la protection de la nature et de l'environnement. » Ce fut le cas, par exemple, lorsque l'association Eaux et Rivières de Bretagne a fait condamner à une peine de prison un éleveur de porcs qui avait enfreint pour la quatrième fois la législation. Mais le jugement précise immédiatement que l'agrément « ne saurait les autoriser à exercer toute action à caractère « civil » devant toutes les juridictions de quelque nature qu'elles soient en dehors des modalités définies par l'article 31 du nouveau code de procédure civile ». Celui-ci, et l'on touche au point fondamental, « ne saurait être interprété comme autorisant une association, fut-elle investie par ses statuts du pouvoir « d'oeuvrer par tous les moyens non violents en faveur de la protection et de la conservation de la nature et de l'environnement, de la faune et de la flore » (extrait des statuts de Greenpeace, NdR), à agir au nom et pour le compte d'un intérêt collectif qui dépasse largement la somme des intérêts individuels et déterminés de ses membres, qui en l'espèce, se confond avec l'intérêt général et alors même que le pouvoir réglementaire, seul garant de l'intérêt général, (...)a investi le SCPRl (devenu l'OPRl) de la mission de surveiller, pour le compte de l'Etat, les rejets d'effluents en mer provenant de l'usine Cogema de La Hague ».

    Encouragée par ce succès, la Cogema a par la suite pris elle-même l'initiative de procès contre Greenpeace, obtenant notamment que celle-ci soit condamnée si ses militants franchissaient le périmètre de sécurité lors des opérations de chargement de combustible usagé ou de plutonium à Cherbourg.


   
    3) Au-delà des procès, mobiliser d'abord les collaborateurs de l'entreprise.

    « Soyez fiers de votre métier, de vos produits et ayez le courage de les défendre s'ils servent le bien commun. »
Dixie Lee Ray (Discours aux électriciens lors d'une visite en France, 1993.)

    Dixie Lee Ray (1915-1994), écologue spécialiste en biologie marine, ancienne présidente de la Commission à l'énergie atomique américaine, gouverneur de l'Etat de Washington, cette femme d'Etat a passé la fin de sa vie à lutter contre les dérives écologistes, avec un message très clair : « Si vous ne luttez pas contre les réglementations écologistes sans fondement, vous vous retrouverez rapidement dans un état fasciste ». Comme Haroun Tazieff, elle a été qualifiée de « traître » par des écologistes parce qu'elle n'a jamais cédé au catastrophisme et qu'elle a résisté aux modes. Elle est l'auteur de nombreux ouvrages dont les deux derniers sont particulièrement à recommander, Trashing the Planet et Environmental Overkill: des dénonciations factuelles, puissantes et souvent drôles des errements écologistes.

    L'exemple malheureux des incidents survenus lors de la visite de Daniel Cohn-Bendit à l'usine de La Hague montre ce qui arrive lorsqu'une direction ne répond pas ou mal aux attaques dont son entreprise est l'objet. Pendant des années, les collaborateurs de la Cogema se sont fait traiter de pollueurs, de vendus aux fascistes nucléaires et même d'assassins. Dans les cars qui les menaient à leur entreprise, ils ont souvent subi les huées et les jets de tomates des manifestants écologistes. Face à l'offensive médiatique totale qui visait La Hague, la direction de la Cogema n'a réagi que par des communiqués sybillins, se contentant de réaffirmer qu'elle respectait la réglementation, engendrant ainsi une grande frustration chez ses collaborateurs. Cette frustration a explosé lorsque Cohn-Bendit et les Verts ont visité l'usine, dans une opération de manipulation-provocation dont ils ont le secret. Avec une fausse ingénuité, ils se sont étonnés que les ouvriers d'une usine dont ils demandaient la fermeture les reçoivent aussi mal... Mais ils ont marqué des points en apparaissant une fois de plus comme des victimes. Cette défaite sur le plan médiatique aurait pu être évitée par une politique de communication plus agressive.

    De façon générale, les travailleurs d'une entreprise sont aussi des citoyens soumis à toutes les influences qui circulent dans la société en général, y compris aux changements de paradigme que nous avons décrit dans cette étude. Ce sont donc les premiers à convaincre du bien fondé de l'activité que mène l'entreprise, les premiers à mobiliser. Il est très dommageable de laisser cette tâche au seul salaire, car on peut aboutir à des situations schizophréniques, dans lesquelles le salarié continue à travailler « parce qu'il faut bien manger », mais dénonce par ailleurs l'activité de son entreprise. Le CEA en est un exemple où la majorité syndicale revient à la CFDT, un syndicat explicitement antinucléaire ! L'opération 200 000 ambassadeurs, lancée en 1992 par la plasturgie française auprès de ses collaborateurs est en ce sens exemplaire. Le plastique a longtemps été un bouc émissaire des écologistes. Matériau de synthèse, il n'avait pas bonne presse et on lui préférait les matériaux « nobles » ou « naturels » comme le cuir, le bois, le papier ou les métaux. Et toutes sortes de mythes couraient autour du plastique (« ça donne le cancer ») y compris dans des lycées professionnels où étaient formés les futurs plasturgistes. La fédération francaise de la plasturgie a décidé de passer à l'offensive, d'abord en organisant une grande journée Plasturgie & Environnement où les 700 industriels présents réfléchirent à la thématique. Il s'agissait de décliner tous les secteurs de la vie moderne associés au plastique, avec le souci constant de rétablir la vérité, de témoigner de la volonté de la profession de reconnaître le problème posé par les déchets et de trouver des solutions pratiques pour le recyclage.

    Ensuite, sur la base des conclusions de cette journée, la fédération de la plasturgie a decidé de faire appel à ses « 200 000 ambassadeurs » (les 200 000 personnes qui travaillent dans ce secteur) pour que, en tant que plasturgistes, « ils expliquent autour d'eux, à chaque occasion, la réalité des choses », notamment les raisons qui ont amené au choix du plastique, « qu'ils rappellent les utilisations indispensables du plastique », comme les poches à sang en PVC, qu'ils « adoptent un comportement exemplaire » et, en tant que citoyens, qu'ils « participent au niveau de leurs collectivités locales à la mise en place des solutions » concernant les déchets d'emballages plastiques.

    L'opération a eu d'excellents résultats, notamment en accompagnant la conquête de la vie quotidienne par le plastique, de moins en moins considéré comme un ersatz à faible coût (comme c'était le cas dans les années 60), et de plus en plus comme un matériau à la fois moderne et ludique ouvrant de nouvelles possibilités. Les opérations de démonstration sur le recyclage ont été également réussies et les problèmes spécifiques que pose l'élimination des plastiques ont été résolus.

    Notons enfin que la mobilisation des collaborateurs peut s'appuyer sur une action juridique, à condition que celle-ci ne soit pas menée de façon secrète et honteuse, mais qu'elle soit rendue publique et expliquée, dans l'entreprise comme à l'extérieur. Il s'agit là encore de donner un sens que l'on est fier de ce que l'on fait et que l'on est prêt à le défendre contre des attaques injustifiées.


   
    4) Répondre au niveau requis.

    L'une des grandes fautes d'EDF dans les années 70 a sans doute été de refuser le dialogue avec ses opposants, en considérant que toute question était illégitime dès lors que le plan nucléaire avait été décidé en haut lieu.

    Les écologistes posent explicitement où implicitement un véritable défi à la société en remettant en cause un certain nombre de ses valeurs fondamentales. Leur répondre uniquement sur des détails techniques, c'est manquer la cible. Il faut bien sûr être en mesure de répondre de façon détaillée a des critiques techniques ponctuelles, sur les nanogrammes de dioxine émis par telle cheminée ou sur les quelques becquerels que l'on retrouve dans l'environnement d'une centrale. Mais c'est largement insuffisant. Si l'on prend l'exemple d'une usine d'incinération, les écologistes choisissent de remettre en cause les rejets contenus dans les fumées d'incinération des ordures ménagères, les accusant d'avoir un impact sanitaire négatif. Mais très vite, on voit généralement apparaître des critiques sur le « gigantisme » de l'installation, auquel on préférerait des « petites unités ». Et toujours, de façon sous-jacente, c'est la « société de consommation » qui se trouve condamnée, avec la multiplication de ses déchets.

    Il faut bien entendu montrer que les dioxines ne sont pas le poison que l'on a dit, rappel ler que les expositions à très forte dose qui ont eu lieu à Seveso ont tué de nombreux rongeurs mais aucun être humain, montrer en quoi les normes sont extraordinairement sévères et garantissent une sécurité totale pour les habitants des environs. Mais il faut aussi et surtout faire appel à la raison de ces habitants, en leur montrant qu'effectivement, cette usine est directement liée leur mode de vie urbain développé et que c'est pourquoi elle est non seulement nécessaire mais souhaitable ! Les populations ultra-pauvres qui vivent de recyclage, dans les cimetières du Caire ou sur les décharges de Dakar, peuvent facilement se passer d'usine d'incinération. Leur sort est-il pour autant enviable? Autre exemple, pour les installations de production d'énergie. Il existe une corrélation très forte entre le niveau de vie et le niveau de consommation électrique d'un pays. La même corrélation se retrouve pour l'espérance de vie. Corrélation n'est bien sûr pas causalité, mais n'empêche : il n'existe pas d'exemple de pays à faible niveau de consommation électrique ayant atteint un haut niveau de vie ou une espérance de vie moyenne élevée. Or, bien souvent, dans les manifestations contre les centrales nucléaires ou les barrages hydro-électriques, c'est l'utilité même de l'électricité qui est remise en cause. On parle de surproduction ou de la possibilité d'une civilisation « sobre », ou encore des communautés autonomes.


   
    5) Montrer le véritable visage des écologistes

    Ces enjeux de société ne sont pas toujours aussi clairement exprimés. Il faut donc tenter de les mettre à jour, des les faire sortir du bois. Pour cela, il est impératif de bien connaître le terrain sur lequel se placent les écologistes, d'avoir une documentation conséquente sur leurs propositions et sur leurs failles. C'est dans la mesure où l'on connaît un peu ce terrain que l'on peut déplacer le débat en les interrogeant sur leurs valeurs.

    Cette tactique permet alors de faire le tri entre écologistes intellectuellement honnêtes et ceux qui sont profondément malhonnêtes. On peut citer comme exemple des premiers Jacky Bonnemains, qui a quitté Greenpeace, jugé « trop pourri », pour fonder le mouvement Robin des Bois. Il n'hésite pas à défendre en public la nécessité d'une décharge de classe 1 (pour les déchets dangereux) en expliquant à une audience pourtant hostile que cette décharge est la conséquence légitime de leur mode de vie (voitures, téléphones portables, etc.). Bonnemains est bien un écologiste, au sens où il propose un autre mode de vie, mais il est cohérent et sait reconnaître que, dans la mesure où la société ne suit pas complètement ses choix, il faut adopter des solutions techniques qui ne sont pas forcément celles qu'il aurait choisi, mais dont il reconnaît la nécessité. Il entretient ainsi un dialogue critique avec le monde industriel qui profite finalement aux deux parties. A l'inverse, Greenpeace ou la CRII-RAD sont des exemples de mouvements malhonnêtes (quoi que l'on puisse trouver en leur sein des personnes honnêtes) qui s'appuient sur la manipulation de demi-vérités et de mensonges pour parvenir à leur fin. Ceux-là n'ont aucun intérêt à voir les choses s'améliorer, dans la mesure où cela sape leur base de puissance.

    Lorsque l'on doit faire face à un mouvement écologiste, la tentative de dialogue permet assez vite de se rendre compte à qui l'on a affaire. Dans le cas d'opposants honnêtes, le dialogue est toujours possible. Dans le cas contraire, il est parfaitement inutile. Quant à tenter d'acheter les écologistes, cela se termine généralement par un échec retentissant. En Allemagne, certaines entreprises ont fait l'objet d'un véritable racket de la part d'organisations écologistes. Celles-ci publiaient des baromètres de l'environnement dans lesquels la position d'une entreprise donnée était directement liée à la hauteur de sa contribution au « centre de recherches sur l'environnement ». En France, de nombreuses entreprises et collectivités locales se sont mordu les doigts d'avoir collaboré avec la CRII-RAD, celle-ci se retournant contre elles après avoir perçu ses honoraires.

    Une fois établi que l'on a affaire à un adversaire malhonnête, il faut alors mener une véritable guerre (c'est le terme qu'emploient d'ailleurs ceux qui se considèrent comme des écoguerriers). Les principes classiques de la stratégie s'appliquent ici. Nous en soulignerons particulïèrement trois

    • Semer la discorde chez l'ennemi. Il s'agit de profiter d'oppositions idéologiques au sein du mouvement écologiste pour l'affaiblir.

    • Attaquer sur les flancs. La question du développement du tiers monde est particulièrement intéressante à soulever auprès des écologistes. Nous avons vu que leurs maîtres idéologiques ont tout fait pour empêcher ce développement, le considérant comme une menace. Il n'empêche que la plupart des militants écologistes de base restent attachés à l'idée du développement et de justice Nord-Sud. En leur montrant que certaines de leurs actions vont directement l'encontre de la santé ou du développement (par exemple lorsqu'ils luttent contre la chloration de l'eau de boisson ou pour interdire le DDT), on les confronte à leurs responsabilités. Ceux qui choisissent de l'ignorer peuvent alors être dénoncés.

    • Profiter des points faibles de l'ennemi. En le prenant au mot sur ses propres thèmes. Ainsi, lors d'une manifestation contre la construction d'un laboratoire d'études sur le stockage souterrain des déchets radioactifs, les écologistes antinucléaires se sont-ils ridiculisés en organisant des semailles symboliques contre « l'empoisonnement de la Terre ». Ils se sont ridiculisés aux yeux des vrais connaisseurs de la nature, parce que ces semailles ont eu lieu en juin ! Lorsque l'ennemi commet une telle erreur, il ne faut pas hésiter à s'en moquer, en mettant les rieurs de son côté.

    Mais quelle que soit l'utilité de ces conseils pratiques, il est clair qu'une entreprise industrielle ne peut pas résister seule contre un changement de paradigme affectant l'ensemble de la société. Lorsque les politiques démissionnent de leurs responsabilités éducatives sur ce point, il faut que les entreprises, par leurs fédérations, les pallient. C'est ce qu'a commencé à faire l'Union des industries métallurgiques et minières, avec son opération Jeunes-lndustrie, qui visait à revaloriser l'image des métiers de l'industrie dans les lycées. C'est aussi ce qu'a fait l'Union des industries chimiques, avec son opération Chimie-la Classe. Cette fois, il s'agissait de contrer, avec du matériel pédagogique, la propagande de Greenpeace et du WWF, très présente dans les écoles. En montrant par exemple que tout est de la chimie, que le corps humain ou l'alimentation sont régis par des processus chimiques, en montrant que la chimie joue un rôle essentiel dans les bienfaits de la vie moderne, on réhabilite auprès des enfants comme des professeurs l'image de la chimie. De façon plus générale, les Journées de l'industrie, organisées pour la première fois en juin 1999 par le Cercle de l'industrie avec de nombreuses fédérations industrielles, visent au même but. Elles ont permis à de très nombreuses personnes de rentrer pour la première fois de leur vie dans une usine et de constater la transformation profonde qu'a connu le monde industriel. De même, le tourisme industriel qu'a lancé EDF autour de ses centrales nucléaires et de ses barrages a joué un rôle certain dans l'acceptation des centrales déjà existantes.

    Toutes ces initiatives sont nécessaires dans le contexte d'une remise en cause permanente de l'industrie, mais plus généralement de l'action humaine sur la nature. Les enfants actuellement soumis à un bombardement idéologique, avec des dessins animés transmettant des valeurs écologistes : les héros de ces dessins sont généralement des animaux, col laborant avec des enfants à qui ils apprennent l'harmonie avec la nature. Les « méchants » sont la plupart du temps des adultes industrieux...

    On aurait tort de penser que ce changement est inéluctable et que l'on ne peut rien y faire, puisqu'il s'agit d'un mouvement de société. De la même façon que le Club de Rome et ses prédecesseurs ont pu opérer un changement de paradigmes, soutenus par certains cercles financiers et chefs d'entreprise, il est parfaitement possible d'opérer un changement inverse. Après tout, la Renaissance du XVème siècle, celle qui est tant détestée par les patrons des écologistes, est l'exemple d'un tel changement.

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Samedi 1 janvier 2005 6 01 /01 /Jan /2005 01:15
    II. PROFIL ET MODE D'OPÉRER DES PRINCIPAUX ACTEURS ÉCOLOGISTES



    10. Réseau « Sortir du nucléaire » -
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    Présentation générale


    Le jeune réseau « Sortir du nucléaire » est né en France en octobre 1997, suite à la fermeture annoncée de Superphénix et l'abandon du site du Carnet en Loire-Atlantique, au moment de l'arrivée d'une représentante des Verts, Dominique Voynet, au gouvernement Jospin.

    Il s'agit en fait d'un collectif d'associations antinucléaires (bien que des particuliers peuvent également y adhérer) dont l'objectif affiché est de coordonner les actions de ces groupes locaux afin d'obtenir l'abandon du nucléaire en France. Donc une stratégie de guérilla et de harcèlement inspirée des modèles « Greenpeace » et « Européens contre Superphénix ».

    Parmi les quelque 250 associations signataires de la charte du réseau à ce jour, on retrouve pratiquement tout ce que la France compte d'associations antinucléaires : Greenpeace, FRAPNA, le MEI, WISE, le CRILAN, la Coordination nationale contre l'enfouissement, les Européens contre Superphénix, etc. il faut toutefois signaler que la multiplication du nombre de groupes est un outil de propagande. En effet, par exemple, chaque section locale du parti des Verts est adhérente ce qui représente déjà une petite centaine de membres...

    Le réseau a publié un bilan financier pour la période du 1er novembre 1997 au 30 août 1998. Le montant des recettes y est d'environ 1,1 million de francs, dont 43% proviennent de dons. Au chapitre des dépenses, on trouve un montant total d'environ 930 000 francs dont 41,1% sont consacrés à l'édition de matériel pour les campagnes du réseau.



    Liens politiques

    Il semble que le réseau reprenne à son compte un argument de propagande qui a déjà déclenché des scènes de violence dans le passé : l'idée selon laquelle la défense du nucléaire serait apparentée à un comportement de fasciste ou de nazi ! Rappelons que le 30 juillet 1977, une manifestation contre Superphénix a dégénéré en faisant un mort. Dans les semaines qui avaient précédé, la presse écologiste de l'époque avait jeté de l'huile sur le feu : La gueule ouverte avait qualifié Superphénix d'Auschwitz nucléaire, et avait appelé à la violence. Ainsi dans le n°141, le rédacteur en chef qui signa courageusement « Arthur » écrivait :

    « L'EDF est une version moderne et avenante du fascisme et doit être traitée comme telle (...) ceci nous amène au débat sur le terrorisme et la violence (...). Le « terroriste » est un « résistant » à qui l'histoire n'a pas encore rendu hommage. On ne vaincra pas en condamnant les attentats, mais en soulignant la justesse de leurs objectifs. »

    Les pionniers communistes du nucléaire français tels que les Joliot-Curie, pour qui le nucléaire était une chance pour le tiers monde d'avoir enfin droit au développement, grâce à une énergie abondante, peuvent se retourner dans leurs tombes...

    Ce qui nous laisse présager l'éventualité d'une telle évolution du réseau est tout d'abord que des représentants de la partie violente de l'extrême-gauche, la LCR (Ligue communiste révolutionnaire) font partie du réseau. Par ailleurs, on trouve dans les sources d'information de Pascal Braud du réseau, des références au journal Politis et surtout au Réseau Voltaire.

    Le Réseau Voltaire, fondé en 1994 par Thierry Meyssan, a pour vocation officielle de lutter contre l'intolérance et l'extrême-droite. Il réalise en fait un trait d'union entre :

    • des mouvements écologistes (Greenpeace-France, Robin des bois, etc.)
    • des mouvements pour la légalisation de la drogue (CIRC, Act-up, ASSUD, Limiter la casse, etc.)
    • l'extrême-gauche violente (Scalp-reflex, No passaran, EZLN, etc.)
    • des associations « des droits de l'homme » (AEC, Amnesty, etc.)
    • des médias (Maintenant, Politis, Charlie Hebdo, etc.)
    • des partis politiques (les Verts, les Radicaux de gauche, etc.).

    On voit donc le réseau Voltaire jouer le rôle de source « d'information » pour cet ensemble de groupes à la manière de WlSE pour le mouvement antinucléaire.


   
    Le réseau à l'action dans la Meuse

    Les 30 et 31 mai 1998, l'un des membres du réseau « Sortir du nucléaire », la Coordination nationale contre l'enfouissement des déchets nucléaires a organisé un rassemblement à Bure dans la Meuse, contre le projet de l'ANDRA de laboratoire de recherche sur l'enfouissement des déchets radioactifs (le site de Bure qui était alors pressenti parmi d'autres a finalement été retenu).

    Cette opération avait été préparée plus de six mois à l'avance par le réseau et représentait un budget d'environ 1 million de francs. En dehors de l'opération « Terre vivante » au cours de laquelle il était prévu d'inviter les manifestants à semer 100 000 grains de blés sur un terrain voisin de celui de l'ANDRA, une grande fête se déroulait pendant les deux jours à 30 km de là, au cours de laquelle est intervenu tout ce que le petit monde antinucléaire français compte de personnalités (CRII-RAD, Verts, GSIEN, WISE, Greenpeace, etc.).

    L'événement n'a pourtant pas été à la hauteur des espérances puisque sur les 10 000 personnes attendues, 2 500 environ sont venues. Deux faits sont cependant à signaler sur cet exemple pour mettre en évidence le fossé qui sépare les écologistes de cette nature qu'ils prétendent protéger.

    • Le projet a le soutien des élus locaux qui représentent l'un des milieux les plus ruraux du pays. A ce sujet, certains d'entre eux ont écrit un communiqué de presse qui disait : « (...)planter du blé au 31 mai, alors que les semailles sont avant l'hiver, c'est comme aller planter des palmiers au Pôle Nord ! Que ces prétendus écologistes commencent par apprendre ce qu'est la nature avant de vouloir donner des leçons. »

    • Des actes de vandalisme ont été commis quelques jours avant le rassemblement : du désherbant a été jeté dans des champs cultivés à proximité, de manière à faire apparaître des dessins de cinq à dix mètres de diamètre représentant le trèfle nucléaire. Les quantités de désherbant utilisées sont dérisoires, mais lorsque l'on voit Greenpeace provoquer des scandales à La Hague pour des niveaux de radioactivité encore plus dérisoires, on ne peut que constater l'incohérence des antinucléaires.

    Que faut-il conclure de cet échec ? L'impuissance du réseau à mobiliser contre le nucléaire ? Peut-être. Son impuissance à faire sortir la France du nucléaire ? Il serait téméraire de croire cela ; en effet, c'est le harcèlement associatif contre Superphénix et son relais favorable dans la presse qui a eu raison du surgénérateur ; ce n'est pas la population française qui a provoqué cette décision, mais une minorité déterminée.

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    II. PROFIL ET MODE D'OPÉRER DES PRINCIPAUX ACTEURS ÉCOLOGISTES



    9. France-Nature-Environnement -
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    France-Nature-Environnement (son nom officiel est la Fédération francaise  des sociétés de protection de la nature) est un réseau. Plus précisément, une  fédération d'associations de protection de l'environnement extrêmement diverses. Cela peut aller d'associations bien structurées autour d'un but bien précis  (la Ligue pour la protection des oiseaux) à des groupuscules ad hoc, créés dans  le seul but de s'opposer à un projet particulier de centre industriel ou d'infrastructure (par exemple, « Corpoyer-les-Moines vivra »). Chez Alsace-Nature, l'un  des groupes régionaux de France-Nature-Environnement, on retrouve ainsi les  deux fédérations alsaciennes de chasse, qui y siègent aux côtés de membres du  Rassemblement des opposants à la chasse.

    Se côtoient donc des personnalités venues d'horizons très différents, ce qui  fait la force et la faiblesse de France-Nature-Environnement. Force parce que  c'est dans cette structure que s'opère l'interface entre le monde de la science et  celui des militants. De nombreux universitaires, particulièrement dans les domaines de la biologie, de la géographie, de l'écologie scientifique, de l'hydrologie, se retrouvent au sein des associations de protection de la nature, alors  qu'ils ne se commettraient pas avec les Verts ou avec Greenpeace.

    Faiblesse parce que France-Nature-Environnement est peu structurée et dispose de moyens relativement faibles, en tout cas inférieurs à ceux de certains  de ses membres régionaux, comme la FRAPNA (la Fédération Rhône-Alpes de  protection de la nature) ou la SEPENSO (Sud-Ouest).

    Néanmoins, elle joue un rôle important dans la construction de l'argumentation des mouvements écologistes. Bien souvent, ceux-ci s'appuient sur l'autorité que confèrent les scientifiques de France-Nature-Environnement. Celle-ci siège  d'ailleurs au prestigieux Muséum national d'histoire naturelle.

    La France-Nature-Environnement est un partenaire privilégié des entreprises  pour des opérations de mécénat dans le domaine de la nature. Contrairement  des mouvements comme Greenpeace, qui refusent par idéologie ce type de  collaboration, ou la CRll-RAD, qui joue le plus souvent un double jeu en se  retournant contre son commanditaire, France-Nature-Environnement est généralement un partenaire « fiable ». Au niveau national, ses représentants sont souvent invités comme orateurs aux différents colloques qui se déroulent en France  sur l'environnement.

    France-Nature-Environnement, 57, rue Cuvier, 75005 Paris.

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