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Tuez-les tous!

Mardi 12 juin 2007 2 12 /06 /Juin /2007 00:41
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Dans la série "Tuez-les tous!", voici quelques exemples de "grands penseurs" de l'écologie radicale, défenseurs acharnés du malthusianisme.
Aujourd'hui, nous voyons apparaître une nouvelle forme
déguisée de malthusianisme où ressurgit le mythe de la surpopulation et de l'homme parasite : critique de la croissance et du développement, réchauffement global causé par l'homme, empreinte écologique, décroissance, développement durable, création d’un nouvel organisme mondial pour l’environnement sous l’égide de l’ONU, etc.
Selon moi, la question de la place de l'homme dans l'univers est fondamentale pour envisager le futur de l'humanité et pour déterminer la politique de développement mondial des cinquante prochaines années.
Comment notre siècle perçoit-il la science, le progrès et l'homme? L'homme est-il un parasite? L'homme peut-il au contraire améliorer la terre?
Réalisé sans trucages.


Extraits de l'Essai sur le principe de population de Thomas Malthus (1766-1834) :

"La nécessité, cette loi impérieuse de la nature qui régit tout, retient les germes de la vie dans les limites prescrites. La race des plantes et la race des animaux se plient à cette grande loi de restriction. Et la race des hommes ne peut y échapper par aucun effort de sa raison."

"Plutôt que d'inciter les pauvres à la propreté, nous devrions encourager des habitudes contraires. Dans nos villes, nous devrions rendre les rues plus étroites, entasser plus de gens dans les maisons, et favoriser le retour de la peste. A la campagne, nous devrions implanter les villages dans des zones où l'eau est stagnante, particulièrement là où c'est marécageux et inconfortables. Mais par dessus tout nous devrions bannir les remèdes qui combattent les maladies mortelles; et retenir ces hommes de bonne volonté mais néanmoins dans l'erreur, qui pensent rendre un service à l'humanité par des mesures de protection tendant à l'éradication de tel ou tel désordre. "


Prince Philip, Duc d'Edimbourg, prince consort de la Reine Elizabeth II d'Angleterre. Le prince Philip participera à la création du World Wildlife Fund (WWF) et en sera le président international entre 1981 et 1993, puis président d’honneur :

"Vous ne pouvez pas maintenir un troupeau de moutons plus important que ceux que vous êtes en mesure de nourrir. En d'autres termes, pour la conservation de la nature il peut être question de débarrasser du surcroît de bêtes d'une espèce de façon à conserver un équilibre entre les nombres relatifs de chaque espèce dans chaque type d'habitat spécifique. Je suis conscient que c'est un sujet très sensible, mais le fait demeure que l'humanité fait partie du monde vivant (..) Tout nouvel acre mis en culture est un acre retiré aux espèces sauvages ".

"Je crois que la pression exercée par la population - le simple nombre de gens sur cette planète - est la cause la plus importante de la dégradation de l'environnement naturel […] Tout ceci a été rendu possible par la révolution industrielle et le développement explosif de la science a été propagé dans le monde entier par la nouvelle religion économique du développement."

Le même prince Philip, cité par la Deutsche Press Agentur, août 1988 :

"Au cas où je serais réincarné, je souhaiterais l'être sous la forme d'un virus mortel afin d'apporter ma contribution au problème de la surpopulation."
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Le WWF, sur son site:

L'empreinte écologique de l'humanité dépasse de 25% la capacité biologique de la planète. Si nous adoptions tous le style de vie américain, 5 planètes comme la Terre seraient nécessaires pour vivre durablement. Si tout le monde vivait comme un Français, il faudrait 2 planètes supplémentaires.
L’empreinte écologique des pays à hauts revenus est 6 fois supérieure à celle des pays à faibles revenus.
Si nous ne faisons rien, l’empreinte écologique mondiale pourrait en 2050 dépasser de 100 % la bio capacité de la Terre.



Paul Ehrlich, dans La bombe de la population:

"Le cancer est une multiplication incontrôlée des cellules; l'explosion de la population est une multiplication incontrôlée des gens (..) Nous devons transférer nos efforts du traitement des symptômes vers l'éradication du cancer. L'opération demandera de nombreuses décisions apparemment brutales et froides".

En savoir plus ici


Aurelio Peccei, co-fondateur du Club de Rome dans son livre Cent pages pour l'avenir (1981):

"Un autre comportement de notre espèce l'inculpe lourdement au tribunal de la vie. C'est sa prolifération exponentielle, qu'on ne peut définir que comme cancéreuse. Excepté les insectes, rares sont les espèces qui se multiplient aussi farouchement et aveuglément que la notre".

En savoir plus
ici


Tertullien, théologien d'Afrique du Nord, au 2ème siècle!:

"Notre population est si énorme que la Terre peut difficilement nous soutenir".
"La faim, la guerre et les tremblements de terre représentent le remède qu'elle possède pour éliminer l'excès de population.
"



Michael Soverstein, Président d'Environmental Economics :

"Si nécessaire, on doit forcer les populations du Tiers Monde à rester pauvres dans la mesure où leur développement menace les ressources desquelles toute la vie dépend".


Ted Turner, fondateur de CNN:

« Personnellement, je pense que la taille de la population devrait être plus proche de celle qu’on avait à l’époque des populations indigènes, avant l’apparition de l’agriculture. Il y a 15.000 ans, il y avait entre 40 et 100 millions de personnes. »



Dr Arne Schiotz, (WWF), Directeur de la conservation, 1984 :

"Les faits ont conforté le diagnostic de Malthus, la réalité est finalement en train de lui donner raison. Le Tiers Monde est surpeuplé, c'est le marasme économique, ils ne peuvent pas s'en sortir avec une population en croissance forte. Notre philosophie, c'est le retour au village".



Dr Patrick Moore, un co-fondateur de Greenpeace (qui répudia totalement le mouvement par la suite):

"Le mouvement environnemental est devenu la plus puissante force qui existe pour empêcher l'essor des pays en voie de développement. (...) Je pense qu'il est légitime que je les qualifie d'"anti-humains"



Julian Huxley, qui fut président de l'UNESCO et créateur du WWF en 1961, affirme dans le Weekend Review (années 30), au nom du comité pour la légalisation de la stérilisation eugénique:

"La sélection de ceux qui vont survivre a été énormément affaiblie par la médecine moderne, (..) par l'hygiène, (..) les aides sociales (..) et la miséricorde". Il met en garde contre la tendance "qu'ont les plus pauvres, et de façon générale, les éléments les moins désirables de la population, à avoir les familles les plus grandes".

Dans Essais d'un humaniste (sic), 1964:

"Bien trop souvent, ils [les pauvres] doivent être soutenus par des aides publiques et deviennent un fardeau pour la communauté. Malheureusement, ils ne sont pas dissuadés de mener leurs affaires de reproduction: et la taille moyenne de leurs familles est très grande, beaucoup plus grande que la moyenne de l'ensemble du pays (...)
Des tests d'intelligence et autres ont révélé qu'ils avaient un QI moyen très bas, et nous avons des indications qu'ils sont génétiquement sous-normaux dans bien d'autres qualités comme l'initiative, la persévérance, le désir et l'intérêt général de découverte, l'énergie, l'intensité émotionnelle et le pouvoir de volonté. Dans l'ensemble, leur misère et manque de prévoyance ne sont pas leur faute mais leur malchance: notre système social fournit un terrain sur lequel ils peuvent croître et multiplier, mais sans espoir d'éviter la pauvreté et la misère noire."

Dans L’Homme, cet être unique (1941) :

"Je considère comme absolument probable que les nègres authentiques ont une intelligence moyenne légèrement inférieure à celles des Blancs ou des Jaunes."



Bertrand Russel
(1872-1970). Membre de la Royal Society, conseiller de Julian Huxley à l'UNESCO, scientifique et mathématicien, "pacifiste militant", il reçoit le prix Nobel de littérature en 1950 pour son œuvre écrite.

"La nécéssité d'un gouvernement mondial se dégage avec évidence des principes de Darwin, et il sagit d'en tenir compte si l'on désire résoudre avec humanité le problème de la surpopulation (...) Cette autorité aura pour tâche de répartir les denrées du monde entier entre toutes les nations, proportionnellement au chiffre de la population de chacune d'elles au moment de la création de cette autorité".



Le commandant Cousteau, dans le Courrier de l'UNESCO de novembre 1991 :

"L'élimination des virus relève d'une idée noble, mais elle pose à son tour d'énormes problèmes. Entre l'an 1 et l'an 1400, la population mondiale n'a pratiquement pas changé.
A travers les épidémies, la nature compensait les abus de la natalité par des abus de mortalité. (...) Nous voulons éliminer les souffrances, les maladies? L'idée est belle mais n'est peut être pas tout à fait bénéfique sur le long terme. Il est à craindre que l'on ne compromette ainsi l'avenir de notre espèce. C'est terrible à dire. Il faut que la population mondiale se stabilise et pour cela, il faudrait éliminer 350.000 hommes par jour".


Les  VHEMT (Mouvement pour l'Extinction Volontaire de l'Humanité, mouvement marginal mais représentatif du problème), sur la page de présentation de leur site internet:

L'extinction progressive de l'espèce humaine par l'abandon volontaire de la reproduction permettrait à la Biosphère de recouvrer une bonne santé. Le manque d'espace vital et les pénuries en ressources naturelles trouveraient leur solution si la population humaine était moins nombreuse et moins dense.
Le Mouvement pour l'Extinction Volontaire de l'Humanité est une alternative humaniste aux désastres humains.
Nous n'insisterons pas seulement sur la façon dont l'Être Humain s'est révélé être un parasite avide et amoral de cette planète qui fut jadis saine. Ce type de négativisme n'offre aucune solution aux horreurs inexorables causées par l'activité humaine.
Le Mouvement présente plutôt une alternative encourageante à l'exploitation irrationnelle et à la destruction de l'écologie terrestre.
Comme les Volontaires du VHEMT le savent bien, l'alternative optimiste à l'extinction de millions, si ce n'est de milliards d'espèces de plantes et d'animaux est l'extinction volontaire d'une seule de ces espèces : l'Homo sapiens, c'est-à-dire nous.
A chaque fois que l'un d'entre nous décide de ne pas ajouter un autre "d'entre nous" à la masse déjà énorme qui s'est amassée sur cette planète ravagée, un nouveau rayon d'espoir perce l'obscurité.


Et pour finir, retour à Malthus dans son Essai sur le principe de population:

"Un homme qui est né dans un monde déjà occupé, s’il ne peut obtenir de ses parents la subsistance, et si la société n’a pas besoin de son travail, n’a aucun droit de réclamer la plus petite portion de nourriture, et en fait il est de trop. Au grand banquet de la nature, il n’y a pas de couvert mis pour lui. Elle lui commande de s’en aller, et elle met elle-même promptement ses ordres à exécution s’il ne peut recourir à la compassion de quelques-uns des convives du banquet."

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Par Kévin - Voir les 8 commentaires
Samedi 12 mai 2007 6 12 /05 /Mai /2007 00:35
Dans la série "Tuez les tous", le journal gratuit Métro tente de rivaliser avec son concurrent Matin Plus (voir ici). Cet article de Florence Santrot est une chronique du livre Homo disparitus d'Alan Weisman. Inquiétant.

" Vingt ans pour que le canal de Panama se referme. Deux cents ans pour que les ponts de New York s'effondrent mais moins de trente six heures pour que le métro de la ville soit inondé. Plus de 10 millions d'années avant que les sculptures en bronze soient méconnaissables.

Le journaliste américain Alan Weisman a sillonné le monde à la recherche d'experts qui, les uns après les autres, ont imaginé ce que deviendrait la Terre si… Botanistes, climatologues, architectes, géographes se sont prêtés au jeu et ont imaginé la planète libérée de l'homme. Loin d'être ésotérique, cet essai - passionnant - se lit comme un roman, s'appuyant sur des exemples bien concrets.
A chaque nouveau thème abordé, on en apprend un peu plus sur les ravages causés par l'homme sur la nature. Et on se prend à rêver d'une Terre où nous n'existerions plus."

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Par kévin - Voir les 5 commentaires
Mercredi 2 mai 2007 3 02 /05 /Mai /2007 03:48

Voici un article hallucinant paru la semaine dernière dans le journal gratuit Matin Plus (tiré d'un article de The Independant):


(...) Fermez les yeux et imaginez-vous en l'an 3000. Pour la première fois depuis les dinosaures, de grands animaux font la loi sur la Terre. Sur les ruines de son ancienne civilisation, une misérable espèce appelée humanité est isolée et proche de l'extinction.
Pour un petit groupe de fervents écologistes, le Voluntary Ruman Extinction Movement, VHEMT (prononcez «véhément»), ou Mouvement pour l'extinction volontaire de l'humanité, ce tableau apocalyptique marquerait l'issue triomphale d'une longue bataille pour sauver la planète. Son raisonnement? Toute activité humaine, de l'agriculture à l'urbanisation, en passant par l'usage d'un robinet ou d'un interrupteur, est néfaste à la biosphère.
Par conséquent, seule l'extinction de l'humanité peut réduire à néant les dégâts qu'elle cause à la planète, estime le VREMT, dont le slogan est «Puissions-nous vivre longtemps et disparaître».
«Chaque fois qu'un être humain décide de ne pas ajouter un nouvel être humain aux milliards grouillants qui occupent déjà cette planète dévastée, c'est une nouvelle lumière d'espoir qui jaillit des ténèbres, soutient le riant manifeste du VHEMT. Quand chaque être humain aura choisi de cesser de procréer, la biosphère terrestre pourra enfin retrouver sa splendeur passée et toutes les créatures survivantes seront libres de vivre, de mourir, d'évoluer, mais aussi, au bout du compte, de s'éteindre, comme c'est déjà arrivé tant de fois
La tête pensante du mouvement, un enseignant qui vit dans l'Oregon, s'appelle Les U. Knight. Engagé dans le lobby écologiste depuis son retour du Vietnam, dans les années 1970, il rejoint une organisation appelée Zero Population Growth [zéro croissance démographique]. A environ 25 ans, il décide de subir une vasectomie. Rapidement, il se rend compte que la seule stabilisation démographique ne peut résoudre ce qu'il juge être une crise imminente. La seule solution, décrète-t-il, est que « nous nous fassions totalement disparaître ».
Il fonde le VHEMT en 1991, qui revendique aujourd'hui plusieurs milliers d'abonnés à sa liste de diffusion: tous reçoivent une newsletter trimestrielle, où s'échangent des idées sur des thèmes du genre stérilisation de masse ou contraception obligatoire. «Chaque jour, nous sommes 200000 de plus dans le monde, c'est-à-dire davantage que l'ensemble de la population existante de grands singes, expose M. Knight. C'est extraordinaire, et ça n'est pas viable. Nous sommes un envahisseur exotique, et aucun écosystème ne tolère qu'un envahisseur exotique débarque » (...)


Dans une petite case "Repères", le journal Matin Plus rappelle (en passant) que nous serons certainement 36 milliards de parasites, d'individus en 2300.
Voilà. A part une petite phrase à la fin de l'article ou le journaliste annonce que les progrès scientifiques nous permettront "sans doute" toujours de survivre en exploitant moins de richesses naturelles, le message est passé. Quel message? Facile et simple à comprendre: l'homme est un vilain parasite, il faut l'éliminer.
Les propos hallucinants du VHEMT peuvent faire sourire, mais ce qu’il faut bien comprendre, c’est pourquoi ces médias complaisants diffusent
ce genre d’idéologie nauséabonde. Rappelons que cet article est paru dans Matin Plus, diffusé à des milliers d’exemplaires! Petit à petit on intoxique le cerveau de la population en lui faisant ingurgiter (presque de force) les "nouveaux" concepts néo-écologistes: développement durable, réchauffement climatique, crise des matières premières, surpopulation, bio-bio, etc... Doucement (mais sûrement) on intoxique la population avec une idéologie malthusienne et raciste (lire aussi ici).
Scandaleux.

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Samedi 1 janvier 2005 6 01 /01 /Jan /2005 01:40
    IV. ANNEXES




    4. II n'y a pas d'influence discernable de l'homme sur le climat -
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    La phrase la plus citée du rapport 1995 du Groupement intergouvernemental d'étude sur le climat (GIEC) a été reprise dans toute la littérature écologiste et dans la majorité des articles parus autour de la conférence de Kyoto. C'est sur elle que la plupart s'appuient pour exiger des mesures drastiques pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. «  L'ensemble des données suggère que l'on peut discerner une influence de l'homme sur le climat mondial ». Sans cette phrase, le rapport 1995 aurait été « politiquement inutile » puisqu'il reconnaissait, encore plus que le premier rapport du GIEC, l'étendue des incertitudes. L'histoire de cette phrase et la façon dont elle a été rajoutée au rapport est donc extrêmement intéressante. C'est à son propos que Frederick Seitz avait fait cette terrible déclaration : « En soixante années de participation à la recherche scientifique américaine, y compris en tant que président de l'Académie des sciences et de la Société américaine de physique, je n'ai jamais eu à connaître une corruption du processus de relecture aussi inquiétante que pour ce rapport du GIEC. »

    Que dénonce Seitz et, avec lui, tous les « dissidents » ? Le fait que l'on ait apporté des changements de dernière minute au texte du rapport, changements visant presque tous à éliminer les bémols que rajoutent de nombreux scientifiques lorsque l'on parle de « changement climatique ». Or si les rapports du GIEC font autorité, bien qu'il s'agisse d'une institution gouvernementale autant que scientifique, c'est qu'ils sont soumis au processus de relecture habituelle dans les revues scientifiques : chaque article est soumis à d'autres spécialistes de la discipline, lu, discuté et modifié, parfois plusieurs fois. Pourtant, le rapport 95 du GIEC a été modifié par un seul auteur, Ben Santer, du laboratoire Lawrence Livermore, et ce après ce processus de relecture. La plupart des modifications ont eu lieu dans quinze parties du chapitre 8, celui qui traite de la question clef de l'éventuelle influence humaine sur le climat.

    Voici trois phrases qui existaient dans le rapport approuvé par deux mille scientifiques, mais qui furent retirées par Santer, « auteur principal » du chapitre 8 : « Aucune des études citées ci-dessus n'a montré une preuve claire qui puisse nous faire attribuer les changements [climatiques] observés à la cause spécifique des accroissements de gaz à effet de serre. » On sait en effet que, s'il y a bien eu un réchauffement au cours du dernier siècle, il a eu lieu surtout dans la première moitié. Pas ou très peu de réchauffement au cours des cinquante dernières années, pendant lesquelles on a émis 70% du total des gaz effet de serre.

    Autre phrase supprimée : « Aucune étude à ce jour n'a pu attribuer tout ou partie [du changement climatique observé] à des causes anthropogéniques [d'origine humaine]. »  Ou encore : « Toute affirmation prétendant détecter un changement climatique significatif restera probablement controversée jusqu'à ce que l'on ait réduit les incertitudes dans la variabilité naturelle totale du système climatique. » Ben Santer a été pris à partie par ses confrères et par des groupements d'intérêts tels que la Global Climate Coalition, qui représente les industries électrique, pétrolière, automobile et minière. Il s'est défendu en disant que ces changements étaient nécessaires « pour améliorer la clarté scientifique du rapport ». En réalité, il s'est grandement appuyé sur ses propres travaux, qui devaient paraître plus tard dans Nature (A search for human influences on the thermal structure of the atmosphere, Nature, 382, 27-28), et qui prétendent démontrer une corrélation de plus en plus étroite entre les données du modèle climatique développé par le Lawrence Livermore et les observations.

    Pour mieux comprendre, il faut revenir au chapitre 8 du rapport du GIEC, qui développe la méthode des « empreintes digitales ». Il s'agit de comparer les paramètres spatio-temporels du climat, tels qu'ils sont observés dans la réalité, à ceux qui sont calculés dans les modèles informatisés qui cherchent à simuler l'influence de l'homme sur le climat. S'il existe une bonne corrélation statistique entre ces deux ensembles de données, non explicable par les seules variations naturelles, alors cela tendra à accréditer les modèles climatiques. Ceux-ci incluent désormais tous les gaz à effet de serre, mais aussi d'autres gaz, notamment les sulfates et l'ozone stratosphérique. Le chapitre 8 présente ce travail, discute les résultats et souligne les incertitudes. C'est dans la conclusion que l'on trouve la phrase sur une « influence humaine discernable ». La méthode des empreintes digitales est intéressante dans la mesure où elle permet d'arriver plus rapidement à un degré raisonnable de certitude et donc d'action politique. Cependant, plusieurs critiques peuvent lui être adressées : d'abord, elle sous-estime la variabilité naturelle, ce qui a pour conséquence de surestimer un « signal anthropique », un changement de température dû l'homme. Ensuite et surtout, elle a choisi soigneusement sa période d'étude pour faire apparaître ce qu'elle désirait voir — crime imprescriptible, mais péché mignon des scientifiques. Comme nous le montrons sur la figure ci-dessous, la période 1963-1987 choisie par Ben Santer est très particulière. Ce choix fait apparaitre une volonté délibérée de trahir la réalité. Selon les modèles, on devrait voir apparaître un réchauffement marqué dans l'hémisphère sud, alors que cet effet serait masqué dans l'hémisphère nord à cause des émissions de sulfates, qui entraînent un refroidissement. Ces émissions étant beaucoup plus fortes au nord (terres émergées, pays développés) qu'au sud (beaucoup plus de surface océanique, pays pauvres), le refroidissement dû aux sulfates ne devrait apparaître que dans le nord.

    Figure

    Donc, direction l'hémisphère sud pour vérifier cette hypothèse. Là, ô miracle, entre 30 et 45 degrés de latitude Sud, au niveau de la moyenne atmosphère, qu'observe-t-on ? Un très net réchauffement ! Santer jubile et écrit son article pour Nature en criant victoire. Dans le même temps, il change les conclusions du rapport du GIEC dans le sens que nous avons dit, avant même que son article ne soit relu et accepté, ce qui est contraire aux règles. Observons soigneusement les données ci-dessous. Tout se passe comme si Santer avait choisi sa figure exactement pour faire apparaître le réchauffement tant désiré. Le choix de n'importe quelle autre période aurait abouti à une stabilité ou à un refroidissement.

    Nous sommes allés très loin dans les détails, pour montrer à quel point on est loin de la science et proche de la politique. Santer lui-même a révélé plus tard, dans une lettre à Nature, que le département d'Etat américain lui avait fortement « recommandé » de modifier le contenu du chapitre 8 afin que celui-ci soit cohérent avec le résumé exécutif, destiné aux politiques et aux journalistes. Cette lettre venait directement du Bureau de politique écologique, au sein de la Direction des océans, de l'environnement international et des affaires scientifiques. Cette direction était sous le contrôle de l'Office du changement global, de Timothy Wirth puis de Stuart Eizenstat. II faut bien avoir conscience que sans cette petite modification, sans cette petite phrase sur l'« influence humaine discernable », Kyoto n'aurait pas du tout eu la même forme ni le même impact. C'est ce genre de manipulation qui a permis à Tim Wirth ou à Pierre Radanne d'affirmer que le débat scientifique était clos.

    En 1999, la théorie du réchauffement climatique est entrée dans des vents mauvais. En 1998, les modélisateurs pouvaient encore s'appuyer sur l'effet El Nino qui avait amené des températures record : pour la première fois depuis 1979, les satellites avaient enregistré une hausse de température, faible mais significative. Hélas pour les catastrophistes, la température est retombée avec le départ d'El Nino, à l'automne 1998. Plus grave encore pour eux, de nouvelles données scientifiques ont démoli, un par un, les piliers de leur théorie. Phénomène classique en histoire des sciences, plus leur théorie présente d'incohérences, plus ils ont recours à des explications bizarres pour la défendre. C'est le signe du début de la fin.

    Santer et al. ont publié un nouvel article (Santer B.D. et al., « Uncertainties in « observational » estimates of temperature change in the free atmosphere », Journal of Geophysical Research, 104, 6305-6334) dans lequel ils examinent les données de température disponibles, provenant principalement des ballons sondes et, depuis 1979, des satellites. Constatant une certaine divergence entre ces données (les unes indiquent un réchauffement de 0,1°C par décennie alors que les autres indiquent plutôt un refroidissement), Santer a une extraordinaire conclusion : « Jusqu'à ce que ces incertitudes soient réduites, les études climatiques devraient éviter d'utiliser un seul ensemble de données pour caractériser l'histoire des changements de température atmosphérique. »  Autrement dit, on peut jeter à la poubelle toutes les études sur les empreintes réalisées sur les températures atmosphériques, y compris celle de Santer. Puisque les données n'indiquent pas ce que les modèles prévoient, c'est que les données sont mauvaises... Le spécialiste du climat, Patrick Michaels a eu des mots très durs pour cette attitude : « C'est la fin de la science du réchauffement global si l'on ne peut plus confronter les hypothèses (les résultats des modèles) à la réalité. Appelez-cela de la cyberphilosophie ou des mathématiques, mais n'appelez plus cela de la science. »

    Un autre climatologue a délivré presque en même temps un autre coup fatal aux modélisateurs qui sont à l'origine de la grande peur climatique (Barnett, T.P., 1999, « Comparison of near-surface air temperatute variability in 11 coupled global climate models », Journal of Climate, 12, 511-518). Tim Barnett a comparé la variabilité naturelle du climat (en météorologie, il n'y a pas de « normale », il n'y a que des moyennes) aux variabilités de chacun des onze modèles, ayant tourné sur cent années. Il remarque d'abord que la variabilité interannuelle varie très fortement d'un modèle à l'autre, mais qu'elle est encore largement inférieure à celle du climat réel. Il constate ensuite qu'aucun modèle n'est capable de reproduire fidèlement le passé. Enfin et surtout, il fait une révélation dévastatrice pour ceux qui tentent de trouver l'« empreinte » de l'homme dans le climat : « Les MCG peuvent, sans aucun forçage anthropogénique [sans prendre en compte l'accroissement des émissions], produire des configurations qui ressemblent à celles attendues en cas d'influence humaine sur le climat. (...) Ceci rendra plus difficile la détection du signal anthropogénique par des études d'empreinte climatique, puisque la variabilité « naturelle » estimée par les MCG et utilisée dans le dispositif de détection ressemble au signal anthropogénique lui-même. » Dit plus simplement : les modèles ne marchent pas mais les études d'empreinte climatique pourraient faire croire qu'ils fonctionnent bien.

    En fait, si l'on compare le réchauffement prédit par les modèles qui sont à la base du traité de Rio à celui que l'on observe en réalité, on trouve un facteur 15 d'écart, selon le chef de file des climatologues contestataires, Patrick Michaels. Pour expliquer cette erreur énorme, les catastrophistes ont recours aux aérosols pollués au soufre, qui refroidissent la basse atmosphère en dispersant la lumière du soleil et en changeant les propriétés réfléchissantes de la couverture nuageuse. Les experts du GIEC expliquent que les premiers modèles ne prenaient pas en compte la pollution soufrée. En « ajustant » les modèles après coup, on trouve des valeurs plus conformes à la réal ité, quoique toujours nettement supérieures. Notons d'abord que ces modifications intervenant post-facto ne rendent pas le processus de modélisation très crédible. Ensuite et surtout, si l'explication des aérosols était correcte, on devrait néanmoins observer un réchauffement dans l'hémisphère sud, dont le contenu en aérosols soufrés est dix fois moindre que dans le nord. Or les enregistrements satellitaires aussi bien que ceux des ballons météorologiques n'observent aucun réchauffement en vingt ans, même en prenant en compte l'année record 1998.

    En fait, il est extrêmement difficile de modéliser l'impact climatique des émissions anthropiques (d'origine humaine) : si les gaz soufrés tendent à refroidir l'atmosphère, les poussières, elles, la réchauffent en absorbant le rayonnement solaire. Le climatologue James Hansen, l'un des pontes de la profession, estimait même en 1997 que son impact est quasi nul : « Concernant les aérosols anthropiques, notre conclusion (...) est que leur impact est probablement petit et même son signe est incertain. » L'année suivante, il avait changé d'avis : « Le forçage climatique actuel par les aérosols anthropogéniques est probablement important et négatif, au moins -1 W/m2. » Et de conclure, plus humblement : « Le forçage par les aérosols restera très incertain, tant qu’on n’aura pas de meilleures observations. » Surtout qu'une autre complication intervient : comme souvent en matière d'environnement, les modélisateurs ont pris en compte les émissions humaines mais pas celles de la nature !

    Lors de la dernière réunion de la Société américaine de géophysique, Jacobsen a présenté ses travaux sur l'impact des aérosols naturels. En les ajoutant aux aérosols anthropiques, il compte au moins quarante-huit sortes d'aérosols. Selon lui, le facteur naturel le plus important est le chlore contenu dans les embruns ; en prenant en compte l'ensemble des aérosols, il arrive à un forçage négatif plus de trois fois supérieur à celui calculé par le GIEC (-1,6 au lieu de 0,5 W/m2). Les implications sont grandes : puisque les modèles actuels reproduisent le climat sans prendre en compte les aérosols naturels, c'est qu'ils arrivent au bon résultat de façon erronée. Les mauvais esprits parlent eux de tripatouillage.

    La dernière polémique agitant le monde de la modélisation climatique est la décision prise par le GIEC de ne retenir que quelques modèles (on parle de seulement trois) pour son prochain rapport sur l'évolution du climat, à paraitre dans deux ans. Pourquoi trois modèles sur les trente-trois existants ? Il faudra sans doute attendre la sortie du rapport pour avoir une justification. En tout cas, l'un des modèles exclus serait la dernière version du Community Climate Model du National Center for Atmospheric Research de Boulder, dans le Colorado. Le gros avantage de ce MCG est d'être transparent : contrairement aux autres, pour lesquels ont doit se contenter des résultats, les détails de sa conception sont publics. Les chercheurs de la communauté climatique (d'où son nom de Community Climate Model) peuvent avoir accès aux hypothèses de départ retenues, aux choix de paramétrages, etc., et peuvent aussi l'utiliser gratuitement. Le fait qu'il ne soit pas retenu par le GIEC a-t-il à voir avec les prédictions de réchauffement auxquelles il aboutit, qui sont très faibles ?

Table des matières

<préc. - suiv.>
Publié dans : Tuez-les tous!
Par Jean-Gabriel - Voir les 0 commentaires
Samedi 1 janvier 2005 6 01 /01 /Jan /2005 01:35
    IV. ANNEXES



    3. L'interdiction du DDT a tué des millions d'hommes -
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    Nous reproduisons ci-dessous de larges extraits d'un article de J. Gordon Edwards paru dans le magazine Fusion n°48 de novembre-décembre 1993. L'auteur, professeur émérite d'entomologie l'université de Californie à San José, a enseigné la biologie et l'entomologie en ces lieux pendant quarante-quatre ans. Il est un membre très ancien du Sierra Club et de la Société Audubon et membre à vie de l'Académie des sciences de Californie. Il est l'auteur de plusieurs articles ornithologiques publiés par la Société Audubon et par d'autres groupes écologistes.



    Le paludisme, qui aurait pu être éradiqué il y a vingt ans, est de nos jours encore la maladie tropicale la plus grave et un obstacle insurmontable au développement économique et social d'une grande partie du monde. Avant la découverte du DDT au début des années 40, on recensait plus de 300 millions de cas par an, et plus de 3 millions d'hommes en mouraient chaque année. Grâce au DDT, des millions de vies humaines furent arrachées aux griffes du paludisme au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale. On espérait que le DDT mettrait fin à ce tueur en masse, une fois pour toutes.

    Il n'en fut rien, à cause d'une campagne irrationnelle contre les insecticides, lancée aux Etats-Unis par Rachel Carson dans son livre Silent Spring. Aujourd'hui plus de 2 milliards d'hommes — 40% de la population mondiale — vivent en territoires infestés. 270 millions d'êtres humains sont paludéens. On estime l'augmentation des cas recensés à plus de 100 millions par an (environ 300 000 cas par jour). Cette maladie constitue pour les voyageurs dans ces pays un danger plus important que toutes les autres maladies réunies. On déplore toujours plusieurs millions de morts par an, plus que par toutes autres maladies, et la plupart des victimes sont des enfants. L'Afrique est la plus touchée, avec plus de 85% des cas connus dans le monde. Plus de 30% de la mortalité infantile doit lui être attribuée directement.

    C'est à juste titre que le paludisme est la « reine des maladies ». Son taux de mortalité est effrayant. En 1923, la grande épidémie de paludisme qui ravagea l'Union soviétique frappa plus de 5 millions de personnes et en tua 60 000. En Egypte, en 1942, juste après l'invasion du moustique Anopheles gambiae dans Ia fertile vallée du Nil, 135 000 victimes. Aux Etats-Unis dans les années 30, il y avait 6 ou 7 millions de cas chaque année. Des milliers de gens faisaient la grimace en avalant l'amère quinine quotidienne pour se protéger des fièvres et des frissons qui sont le signe de la maladie. Dès l'invention du DDT, ce fléau disparut d'Amérique du Nord.


   
    Le DDT en guerre contre le paludisme

    En 1943 on dispose du DDT pour la lutte contre les moustiques vecteurs du paludisme et de la fièvre jaune, les poux de corps vecteurs du typhus, les puces vectrices de la peste, et bien d'autres insectes nuisibles. Cette découverte changea le monde, elle ouvrait une ère d'espoir pour ses habitants.

    Dès 1945, les Centres des maladies contagieuses du Service américain de santé publique assumèrent la responsabilité d'administrations locales de centres nationaux antipaludéens dans dix-huit pays, par le truchement de l'Agence internationale pour le développement (AlD) du département d'Etat. En Grèce, par exemple, un programme de contrôle débuta en 1946 et, en trois ans, le nombre de cas tomba de 2 millions à environ 50 000. (...)

    L'arme essentielle contre l'anophèle (le seul vecteur du paludisme) était le DDT. Le programme se proposait aussi d'éliminer du sang humain le Plasmodium, protozoaire infectieux cause directe de la maladie, au moyen de différents médicaments. (...)

    En 1960, 1,5 milliard de personnes vivaient dans des zones anciennement impaludées dont le DDT avait éradiqué le fléau. En 1969, l'éradication était chose faite dans 36 des 146 pays insalubres. Dans 53 d'entre eux, le programme d'éradication était en pleine expansion, et 27 autres pays se mettaient à la tâche. Le Pakistan, par exemple, comptait 7 millions de cas en 1961, mais 9 000 seulement en 1969. L'AlD américaine avait donné au gouvernement pakistanais plus de 25 millions de dollars, et avait prêté 35 millions de plus pour financer le programme d'éradication par le DDT. « Ce résultat sans comparaison possible est dû presque entièrement à l'utilisation du DDT » firent savoir les Centres américains de lutte contre les maladies contagieuses, « le DDT est le seul produit sûr et économique disponible à ce jour ».


   
    Rachel Carson entre en scène

    Ces « résultats sans comparaison possible » furent stoppés par les écrits de Rachel Carson. Ces mensonges avec lesquels elle mobilisa les mouvements écologistes naissants mirent fin à l'utilisation du DDT. En 1962, Rachel Carson fit paraître Silent Spring (Printemps sans oiseaux), livre qui accusait à tort le DDT de provoquer de nombreux maux pour les humains, les animaux utiles et l'environnement. L'hystérie déclenchée par Rachel Carson et ses disciples amena l'interdiction du DDT. Le bilan de cette interdiction se calcule en millions de morts et une somme de souffrances qui ne peut pas s'exprimer par les statistiques.

    La campagne de Rachel Carson frappa durement la lutte antipaludéenne et réussit à y mettre fin. En 1967, l'OMS modifia ses objectifs : il n'était plus question d'« éradication », mais « de contrôle de la maladie, là où c'était possible ». Quelque 63 pays, qui avaient engagé d'énormes dépenses, abandonnèrent simplement la lutte. Une résolution approuvée par un grand nombre de biologistes lors de la 22ème session de l'Assemblée de l'OMS, en 1969, supplia les fabricants de « poursuivre la production de cet insecticide salvateur en vue de pouvoir continuer à protéger les populations de la malaria ». Un arrêt de la fabrication du DDT aux Etats-Unis, disaient-ils, les priveraient d'un approvisionnement normal dans la plupart des régions impaludées. Le résultat serait « un retour en force de la maladie dans les pays concernés, des centaines de millions de malades, des millions de morts, et ce dans la décennie ».

    En dépit de la preuve scientifique de l'innocuité du DDT sur les humains, William Ruckelshaus, l'administrateur de l'Agence pour la protection de l'environnement américaine interdit le DDT en 1972. Malheureusement, quand les programmes de lutte antimoustique furent arrêtés, le paludisme resurgit, avec des taux de morbidité plus élevés qu'auparavant, à cause d'une densité de population humaine plus grande dans les zones anciennement impaludées (davantage de monde s'y était installé, sous la protection du DDT). En 1976, les cas de paludisme déclarés étaient montés à 800 millions, et les morts annuels plus de 8 millions. Jetons un coup d'oeil sur deux exemples, l'lnde et Ceylan.

    L'lnde comptait plus de 100 millions de malades dans les années 40, et 2,5 millions de morts par an. Après le début du programme DDT, les malades tombèrent à moins de 100 000, et les décès annuels à moins de 1 000. Le gouvernement indien consacrait 60% de son budget de santé publique au contrôle du paludisme, et cela fut payant. Les personnels de santé pensaient que la maladie avait été éliminée. Changement de flux à la fin des années 60, du fait de la panique déclenchée par Rachel Carson et les pseudo-écologistes. En 1972, l'lnde compte à nouveau plus de 1 million de malades. Il y en a plus de 4 millions en 1974, et plus de 6 millions en 1976 (et les personnels de santé croient que le nombre était plus près de 12 millions). Le gouvernement de l'Inde est en train de regagner du terrain avec du DDT fabriqué au Sri Lanka et au Bengladesh, mais il reste beaucoup à faire.

    Ceylan, l'actuel Sri Lanka, déplorait 3 millions de malades par an au début des années 50, et plus de 12 000 morts. L'épandage de DDT commence en 1946, et en 1962 le pays compte seulement 31 cas au total, en 1963 seulement 17, et pas un seul décès. Quand les campagnes de lutte furent arrêtées, suite au livre terrifiant de Rachel Carson, et aux protestations publiques qu'il engendra, les taux de paludisme recommencèrent à monter : 308 en 1965, 3 466 en 1967, 17 000 pendant le seul mois de janvier 1968, suivi d'un mois de février qui en compta 42000. En 1969 et 1970, des millions de malades. (...)



    Un produit chimique très utile

    Beaucoup d'autres maladies furent jugulées par l'emploi du DDT, y compris trois types de leishmanioses transmises par des moucherons du genre Phlebotomus. Les cas de leishmanioses disparurent dans les zones de lutte antipaludéenne. Les problèmes liés aux punaises et autres parasites diminuèrent près des habitations traitées.

    La communauté scientifique du monde entier a reconnu ce qu'elle devait aux bienfaits du DDT. « Le DDT est encore le moyen le plus radical et le moins cher pour faire baisser ou même éradiquer le paludisme, et ceci reste vrai en dépit de la résistance au produit (qui n'est pas totale) » disait le directeur de l'OMS en 1969, et concluait ainsi : « Le produit est tellement sûr que nous n'avons jamais rencontré de syndrome d'empoisonnement chez nos 130 000 épandeurs, ou parmi les 535 millions d'habitants des maisons traitées. Aucune toxicité ne se manifesta dans la population animale sauvage des pays participant à la lutte antipaludéenne. L'OMS n'a aucune raison d'abandonner ce produit qui a sauvé des millions de vies humaines, et si on cessait de le fabriquer il y aurait des milliers de morts et des millions de malades. Il a été utile pour au moins 2 milliards de gens sans coûter une seule vie humaine par intoxication. L'arrêt de l'usage du DDT serait un désastre pour la santé mondiale ». L'OMS a aussi mis l'accent sur le fait « qu'on n'a jamais constaté d'effet nocif du DDT pour le cheptel domestique ». En 1970, l'Académie des Sciences américaine fit cette déclaration officielle : « L'homme n'a jamais contracté une dette aussi énorme envers un produit chimique que celle qu'il doit au DDT. On estime que le DDT a sauvé 500 millions de vies humaines en un peu plus de deux décennies, vies que la malaria aurait emportées, et d'une manière inévitable
».

    En dépit de ces déclarations scientifiques, en 1972, pendant les audiences de la Chambre des représentants, il fut à craindre que William Ruckelshaus ne fit interdire le DDT, et ce quel que soit le résultat des enquêtes. Il était à prévoir que l'interdiction du DDT aux Etats-Unis aurait des répercussions sur les programmes internationaux de lutte contre le paIudisme, en créant des peurs infondées dans d'autres pays. L'interdiction du DDT aux Etats-Unis obligerait de fait les autres pays à suivre la même voie... avec toutes les suites tragiques qu'entraînerait une telle mesure. Comme c'était à craindre, William Ruckelshaus passa outre à la décision du juge Edmund Sweeney nommé aux auditions des Représentants, et décida seul l'interdiction de l'utilisation du DDT sur le territoire américain à compter du 1er janvier 1973. (On trouve les détails de tout ceci dans le Congressional Record du 24 juillet 1972, pages S 11545-46, intervention du Sénateur Goldwater). Bien que Ruckelshaus ait avoué dans une lettre au président de l'Association des bureaux fermiers américains (26 avril 1979) que « la décision était politique plutôt que scientifique », cette interdiction est toujours en vigueur aux Etats-Unis. (...)



    Le facteur malthusien

    Le but essentiel du livre si violemment controversé de Rachel Carson, Silent Spring, était de jeter le discrédit sur les pesticides, et plus particulièrement le DDT. On y trouve, et par dizaines, des erreurs sérieuses, des distorsions, des omissions des faits dans presque tous les chapitres, et elles alarmèrent et terrifièrent le lecteur de bonne foi1. Plus grave, des organismes de protection de l'environnement écologique jusque là animés du seul sens des responsabilités, répercutèrent ces contre-vérités pour s'attacher un plus grand nombre de donateurs au milieu d'un public injustement alarmé. Le résultat en est une plus grande somme de souffrances et de morts humaines dans le monde entier.

    Rachel Carson, très maligne, dédia son livre « à Albert Schweitzer, qui a dit que ‘’l'homme a perdu la capacité de prévoir et de prévenir. II finira par détruire Ia Terre’’ ». Comme le thème majeur du livre est la suppression des insecticides en tant que danger pour l'environnement et la santé humaine, les lecteurs crurent à une désapprobation implicite de Schweitzer envers les insecticides. Mais dans sa biographie ce grand humaniste écrit explicitement : « Comme ces insectes diaboliques nous font perdre du temps et nous coûtent de travail !... un rayon d'espoir nous est donné par le DDT. »2 (...)

    Quelques autorités de santé allèrent jusqu'à affirmer qu'une éradication du paludisme à l'échelle du globe déclencherait une explosion démographique et ouvrirait la boîte de Pandore. Les pilules anticonceptionnelles n'étaient pas encore disponibles dans les années 50, et nombreux étaient ceux qui pensaient que le contrôle de la population ne pouvait être obtenu que par une mortalité infantile élevée due au paludisme (de l'ordre de 40% dans le tiers monde). Comme le dit un fonctionnaire de l'AID : « Mieux vaut qu'ils meurent plutôt qu'ils ne se reproduisent de façon anarchique. »3

    Les organisations écologiques les plus connues se rangèrent du côté des moustiques et des micro-organismes qu'ils transmettent. La Société Audubon s'opposa explicitement à la campagne antipaludéenne, et, en juillet 1969, distribua 17 000 tracts pour mobiliser ses membres dans son combat contre le DDT « ... qu'il soit banni dans tout le territoire et interdit à l'exportation ». Un manque de sensibilité envers les souffrances de millions de non-blancs des pays les plus pauvres se fait entendre dans les paroles de Michael McCloskey, directeur du Sierra Club, qui écrit en toutes lettres en février 1972 : « Le Sierra Club demande l'arrêt de l'utilisation des insecticides, même dans les pays où le DDT a réussi à juguler la malaria... Avec le DDT nous faisons chuter le taux de mortalité dans les pays sous-développés sans avoir considéré la manière dont nous pourrons nourrir ces populations en surnombre. »

    Le Dr Alexander King, chef du Club de Rome malthusien, qui a des activités dans plus de quarante pays sur les cinq continents, émit une opinion semblable dans un livre, The Discipline of Curiosity (Publications scientifiques Elsevier, page 43). Il avait été de ceux qui avaient aidé à l'expansion du DDT pendant la Deuxième Guerre mondiale, écrit-il, et était saisi par « le nombre énorme de vie sauvées. Mes doutes commencèrent quand le DDT fut introduit dans les circuits civils. En Guyane, en deux ans, la malaria avait presque entièrement disparue, mais le taux de natalité avait doublé. Le principal reproche que je fais au DDT est que, après coup, je constate qu'il a grandement contribué au problème de surpopulation. »

    Quant à l'Environmental Defense Fund, qui profita de la controverse à propos du DDT pour devenir une riche organisation écologiste américaine, le congressiste John Rarick rapporte à son propos, dans une audience de la Chambre des représentants le 3 mars 1971, une remarque de son principal biologiste, le Dr Charles Wunster. Un reporter demanda à Wunster si la suppression du DDT entraînerait l'utilisation d'insecticides plus toxiques, et il répondit : « Et alors ? Ce sont les gens qui sont la cause de tous les problèmes. II y en a trop. Nous devons nous débarrasser de cet excès, et ce moyen est aussi bon qu'un autre. »4

    Après la suppression du DDT aux Etats-Unis, les activistes écologistes accélérèrent leur campagne pour en interdire aussi l'exportation. De 1974 à 1976, l'Export-Import Bank finança pour plus de 3 milliards de dollars d'exportation de pesticides, ce qui préserva de nombreuses vies humaines dans les pays tropicaux. En 1976, la Société Audubon et le Conseil national de la défense des ressources naturelles (NRDC) traîna l'Export-Import Bank devant les tribunaux fédéraux pour obtenir qu'elle cesse ses financements d'insecticides dans les pays sous-développés. Le Centre juridique national pour la défense des intérêts publics se porta au secours de la défense et, en 1980, la Cour rendit son arrêt contre les pseudo-écologistes. Comme le dit le porte-parole du Centre juridique: « L'arrêt de la Cour fédérale dit en substance que les exportations ne seront pas diminuées et que notre nation ne se pose pas en impérialiste écologiste. »

    En 1977, les groupes écologistes firent un autre procès dans le but d'obliger l'AID à soumettre des résultats de recherche d'impact sur l'environnement pour chaque pesticide avant son exportation vers le tiers monde. Cela aurait retardé les chargements urgents pendant des semaines où des mois tandis que mouraient des milliers de victimes du paludisme.

    En 1980, les pseudo-écologistes poussèrent les gouverneurs John Brown (Californie), Patrick Leahy (Vermont), Howard Metzenbaum (Ohio) et William Proxmire (Wisconsin) à déposer un projet de loi qui aurait imposé au département d'Etat de signaler aux gouvernements étrangers tout retrait de pesticide du marché américain, que ce soit de manière délibérée où autrement. Des projets de lois des représentants Cecil Heftel (Hawaii) et Michael Barnes (Maryland) tendaient à restreindre les exportations américaines et renforcer les règlements sur les produits comestibles importés quant à leur teneur en insecticides. L'effet indirect aurait été la cessation totale et immédiate de l'épandage d'insecticides dans les pays qui en avaient le plus urgent besoin dans leurs programmes de santé publique et de protection agricole, mais qui avaient aussi besoin des dollars de la vente de leur production agricole.

    Un effet néfaste plus direct sur la santé et le bien-être fut causé par le fait que les Etats-Unis suspendirent leur aide financière pour la santé publique et la lutte anti-acridienne pour tous les pays qui faisaient usage d'insecticides condamnés ou d'emploi restreint par le gouvernement américain. En Afrique, une grande famine a suivi la perte des récoltes dues aux invasions de criquets incontrôlées.

    Quoi qu'il en soit, les groupes écologistes continuèrent leur pression pour l'interdiction des exportations d'insecticides. En 1986, l'AID prit ses dispositions pour se conformer à la loi sur la Politique environnementale nationale en publiant « Comment se conformer à la Réglementation 16 ». Le secrétaire d'Etat George Shultz, prenant ce texte explicatif au pied de la lettre, télégraphia aux ambassades américaines outre-mer : « Les Etats-Unis ne peuvent pas, je répète ne peuvent pas, cautionner une politique de programmes dormant lieu à l'emploi des pesticides suivants : lindane, HCH, DDT et dieldrine. » Les pays incapables de mettre en oeuvre leurs programmes sans l'aide financière des États-Unis furent ainsi empêchés de réaliser des programmes importants de santé publique et de bien-être pour leurs malheureux citoyens.

    Les lecteurs des publications luxueuses qui émanent des organisations écologistes sont ravis des photographies en couleurs d'animaux dans leur milieu naturel tropical. Ont-ils remarqué qu'il n'y a jamais la moindre parole de consolation pour les hommes qui vivent dans le même milieu que les animaux ? Ces hommes qui sont malades, anémiques, aveugles ou mourants du paludisme, de peste, de maladie du sommeil ou de leishmaniose ne figurent pas sur les photos. On ne montre pas davantage les millions de gens sous-alimentés ou mal nourris à cause des campagnes écologistes. Sans se laisser émouvoir par les maladies et les morts qui sont le fruit de leur activité anti-insecticide, les magazines écologistes donnent beaucoup de place aux articles sur le tort que fait l'homme à la nature par la déforestation des jungles humides, et pleurent la raréfaction de l'éléphant et autres grands mammifères qui sont les cibles des objectifs photographiques des touristes.(...)



    La résistance aux pesticides

    Le développement par les insectes d'une « résistance » aux insecticides a été étudié avec soin. Individuellement, les insectes ne peuvent pas développer une résistance, et on les tue aussi facilement après qu'avant qu'ils aient été exposés au DDT. Quelques moustiques, peut-être 1 sur 1 000, ne meurent pas après avoir été saupoudrés, parce qu'ils produisent des enzymes qui cassent le DDT. D'autres moustiques fabriquent d'autres enzymes qui cassent d'autres insecticides ou les font hériter de caractères comportementaux qui les mettent l'abri de leurs prédateurs ou leur font éviter des situations qui mettraient en danger leur survie. La production d'enzymes est héréditaire, et les gènes qui détruisent le DDT sont probablement chargés de fonctions utiles (c'est-à-dire qu'ils étaient déjà utiles, et n'étaient pas à l'affût d'une attaque chimique par le DDT où d'autres insecticides).

    Si un moustique porteur d'un gène qui détoxifie le DDT se reproduit avec un autre moustique porteur du même gène, leurs descendants en seront probablement pourvus aussi. Si la population est soumise au DDT régulièrement, une plus grande proportion d'insectes porteurs de ce gène survivra. Ceux qui ne l'ont pas mourront avant de pouvoir se reproduire. Avec le temps la population d'insectes survivants sera génétiquement différente de la population originale, et semblera « résistante » àl'insecticide.

    Le DDT sur les murs intérieurs des cases tue la plupart des moustiques qui s'y posent. Si l'un d'entre eux était « résistant » au DDT, il ne mourra peut-être pas, mais il est hautement improbable qu'il puisse rencontrer un de ses semblables, et justement un du sexe opposé. Les mâles ne se nourrissent pas de sang et ne s'approchent pas des hommes. Si malgré tout devait se développer une résistance, un autre insecticide, de formule entièrement différente, pourrait alors être vaporisé sur les murs pour tuer les moustiques résistants au DDT, s'il existait encore des insecticides efficaces dans les stocks.

    Malheureusement, le DDT était si bon marché qu'il a aussi été utilisé dans les champs et les jardins près des maisons. II en résulta donc effectivement une résistance au DDT dans certaines populations d'anophèles, et d'autres insecticides durent être mis en oeuvre pour le contrôle des moustiques. Cela n'a jamais été un problème majeur : en 1970, le directeur général de l'OMS écrivait : « Les zones où sont apparus des problèmes techniques (résistance) ne constituent que 1% du territoire total soumis au programme d'éradication, mais une publicité contraire sur ces cas particuliers a eu une influence hors de proportion sur le programme global compte tenu de leur importance. » Des 107 pays impaludés, 62 signalèrent des cas de résistance dans l'une ou l'autre des populations d'anophèles, résistances à l'un ou l'autre insecticide.


   
    Efficacité du contrôle biologique?

    Les écologistes aiment à prôner ce qu'il est convenu d'appeler le contrôle naturel ou « biologique » des insectes nuisibles. Depuis plus de trente ans, l'OMS a effectué des expériences de « contrôle biologique » pour les populations de moustiques, sans grand succès. Après l'assèchement, le drainage et le remblai des flaques, on a cherché du côté du contrôle génétique et de l'incompatibilité cytoplasmique. L'efficacité d'insectes prédateurs (odonates, hémiptères et coléoptères) fut étudiée. On introduisit des gambusias et des poissons rouges dans les mares. On essaya une grande variété de virus, de bactéries, de champignons, de protozoaires et de vers nématodes qui auraient pu détruire les larves de moustiques.

    Une sous-espèce de Bacillus thuringiensis du nom d' lsraelensis et connue comme BTI se montra efficace en 1977. Le bacille synthétise en fait des endotoxines dans le système digestif de la larve et la tue, mais cette endotoxine a une vie très courte lorsqu'elle est exposée à la chaleur et à la lumière, et ne dure que quelques jours. Des virus tuent quelques fois les larves dans la nature, mais on ne sait pas les produire en masse dans les laboratoires. Des nématodes mermithides (vers ronds Romanamermis) donnèrent des résultats non systématiques, sauf dans de petites flaques. Différentes sortes de champignons furent plus prometteuses, surtout des genres Coelomomyces, Metarrhizium, Beauveria, Lagenidium et Cullcinomyces, mais aucune moisissure n'a pu être produite en quantités suffisantes pour le contrôle antipaludéen. On essaya aussi des protozoaires microspores, mais sans grand succès.

    En 1993, aucune de ces méthodes, sauf le drainage des eaux stagnantes, n'a permis une destruction significative des moustiques dans leur habitat naturel. Si les formes vivantes de contrôle biologique étaient lâchées dans l'écosystème aquatique, el les pourraient être dangereuses pour les autres formes de vie. Leur utilisation future rencontrera l'opposition de nombreux « écologistes ». Ainsi, le Bacillus thuringiensis disséminé dans les arbres pour en éliminer les chenilles nuisibles a également fortement réduit les populations d'insectes inoffensifs, et plus spécialement d'autres genres de mites et de papillons.

    L'Amérique du Nord héberge plusieurs espèces d'anophèles qui sont d'excellents vecteurs du parasite de la malaria. De nombreux insecticides qui auraient pu en contrôler les populations ont été interdits, mais seraient-ils encore disponibles, il n'est pas question de les utiliser dans l'habitat aquatique des larves de moustique. Aux Etats-Unis, ces sites ne peuvent être traités à cause de la rigidité de la loi sur l'eau propre dont les infractions sont punies de prison ferme et d'amendes énormes. (...)



    « Vivre avec le paludisme ? »

    En 1991, la Société américaine pour l'avancement des sciences publia un petit livre hors de prix intitulé Malaria and Development in Africa contenant le résultat des conférences sur la malaria dans le monde entier. C'est dans ce fascicule que l'OMS dévoile sa stratégie mondiale de contrôle de la malaria. Cette approche vise
« à mettre davantage l'accent sur le malade, et de ne faire de prévention que là où elle est bon marché et susceptible d'être soutenue ». Le but est qu'en 1997 on ait « un contrôle raisonnablement efficace » dans au moins 85 pays où la malaria est endémique.

    L'OMS dit qu'en l'an 2000, la mortalité par paludisme aura chuté d'au moins 20% dans 70 pays, par rapport aux niveaux de 1995. Plus tard, toujours selon l'OMS, « le but sera de faire baisser le taux de mortalité d'au moins 80% dans les cinq dernières années du siècle dans la plupart des pays impaludés ». L'opuscule ne mentionne nulle part de méthode d'élimination des larves ou des moustiques adultes, et ne donne aucun détail sur les produits chimiques qui pourraient éventuellement remplacer la quinine, la chloroquine ou le Fansidar pour enrayer le paludisme. Les fonds pour ce programme sont déjà exorbitants, et l'OMS estime que les coûts dépasseront 1,8 milliard de dollars en 1995, à comparer aux 800 millions de 1987. Le directeur de l'OMS, Peter de Raadt, pense qu'à ce moment-là, la moitié des pays participants « aura des programmes satisfaisants, si l'OMS atteint ses objectifs ». On n'évoque aucune autre méthode dans ce cahier, mais, d'après de Raadt, ce n'est pas un problème, « car la quinine et la tétracycline sont toujours efficaces
», et de nouvelles médications « sont prêtes à sortir de la chaîne de production (...) Grace à une stratégie correctement mise en oeuvre, c'est possible ».

    Quelle est cette « stratégie correctement mise en oeuvre » ? Nulle part dans la publication on n'évoque de méthodes de contrôle des larves et des adultes, ni les spécifications des produits chimiques qui devraient éliminer le plasmodium. Il y a de grandes discussions sur « les approches trans-sectorielles », la « planification », « convoquer des conférences », « nommer les responsables », « surveiller la santé publique », « faire la carte du paludisme dans chaque pays » et « enregistrer des données épidémiologiques précises ». Il est dit plusieurs fois que « les stratégies doivent être adaptées aux populations », ce qui induit une priorité pour le développement de nouvelles méthodes de travail pour mettre en oeuvre « la pensée nouvelle » de cette stratégie globale. Le but, dit David Nabarro, de l'administration britannique du développement de l'outre-mer, est de « vivre avec le paludisme, plutôt que de l'éliminer ». Plus surprenant encore dans sa bouche : « L'OMS a formellement mis fin à la stratégie d'éradication du moustique vecteur ». Il faut quand même rappeler que l'éradication du vecteur n'a jamais figuré dans la stratégie de l'OMS. Elle a toujours dit avec emphase que l'objectif était non l'éradication du moustique vecteur, mais la prévention de la transmission du plasmodium de la malaria par le vecteur. Cela vous semble-t-il au moins plus intelligent que d'éliminer les moustiques ?

    Tels qu'ils figurent dans Malaria and Development in Africa, on peut compter quatre composantes majeures dans la nouvelle stratégie mondiale antipaludéenne, à savoir : (1) miser sur un diagnostic rapide et un traitement immédiat ; (2) élaborer puis mettre en oeuvre des programmes sélectifs de prévention ; (3) détecter rapidement les épidémies et (4) réévaluer régulièrement l'état paludéen dans chaque pays. Avec cette stratégie, les bureaucrates vont avoir du pain sur la planche, mais la « réévaluation des catastrophes » ne sauve pas de vies humaines, et cette stratégie est bien muette sur les soins où les méthodes de prévention.

    Un rapport plus récent de l'lnstitute of Medecine conclut : « Ce sont des jours sombres dans la lutte contre la malaria ».Un des auteurs, Awash Teklehaimanot, chef du service antipaludéen de l'Ethiopie, qui manifesta sa désapprobation de ce rapport, fit connaître son avis contraire : « L'emphase est mise principalement sur la recherche (médicale) antipaludéenne (contre le plasmodium) dans ce rapport, et on prête trop peu d’attention à la prévention et au contrôle ». Un membre du comité de la malaria de l'lnstitut, le Dr James Jensen répondit: « Même en multipliant nos efforts de prévention, le parasite gagnera du terrain parce qu'il résiste de mieux en mieux à notre chimie et à nos insecticides ». Et conclut : « Nous avons désespérément besoin d'outils nouveaux. »

    Avec une stratégie aussi médiocre de la part des experts, les habitants des pays infectés sont vraiment mal partis. II est difficile de ne pas penser que l'OMS et l'AAAS (l'Association américaine pour l'avancement des sciences) ont rejoint les rangs de ceux qui pensent comme le fonctionnaire de l'AID déjà cité :
« Mieux vaut qu'ils meurent plutôt qu'ils ne se reproduisent de façon anarchique. »



    Références :

     1. J.Gordon Edwards, The lies of Rachel Carson », 21st Century, Summer 1992.

    2. Albert Schweitzer, Ma vie et ma Pensée, Albin Michel, 1986.

    3. Robert Desowitz, The Malaria Capers, W.W. Northon, New York, 1992

    4. Discours de Victor Yannacone, un des fondateurs de l'Environmental Defense Fund, ie 10 mai 1970, cité dans les auditions sur le Federal Pest Control Act de 1971, Chambre des représentants, série n°92-A, p266, 1971.

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<préc. - suiv.>
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